Grimpée du Serre de la Mûre 2017
Aaah le Serre de la Mûre (ou Serre de Mûre ou col de la Mûre, c'est selon), c'est un peu un marronnier, j'en parle souvent et le décrit comme
le plus dur col d'Ardèche ! Avis aux amateurs, ce col est situé dans le village de Saint Laurent du Pape.
Voici son profil :

7,7 kms à 8,5% de moyenne. Outre ses chiffres, la difficulté de ce col est son irrégularité, impossible de maintenir un rythme constant, la pente changeant sans cesse atteignant par endroit les 15%. On peut le comparer à un gigantesque escalier.
La course est organisée par un club d'une ville voisine (La Voulte sur Rhône), il y'a 6 kms environ entre le départ du chrono et le lieu d'inscription, un bon début d'échauffement. Je choisis 9h33 pour partir, il est 8h40, j'ai un peu de temps devant moi, parfait. Je m'échauffe tranquillement, faisaint même un bout de la montée pour travailler le coup de pédale. D'ailleurs, je fais jeu égal avec un concurrent en pleine course à ce moment là.
Je redescend au départ, encourage le cadet que je croise et me dévêtit, l'organisation met en place un système de motos qui montent les vestes et affaires des coureurs ! Top ! D'ailleurs le concurrent devant moi s'élance. Je me place sur la ligne, un bénévole me tient et je tremble comme une feuille... Il me le fait remarquer, nous plaisantons un peu et il est l'heure de partir...
Je pars sur la plaque (on a 150 m de plats avant de bifurquer sur le col) je prend le virage à droite et je vois le mur :
Continuant sur ma lancée, je tiens la plaque 250 bons mètres ! je trouve mon rythme en ce début d'ascension et vais bien. Les kilomètres sont indiqués ainsi que le pourcentage moyen dudit kilomètre. Assez rapidement je reviens sur le concurrent de 9h32, le dépasse sans un regard, j'imagine que ça doit pas être facile de se faire doubler si rapidement.
Pour l'instant nous sommes dans une forêt de chênes et la pente n'a de cesse de se radoucir pour se cambrer 100 mètres plus loin. Ici on aperçoit un replat :
Je re-dépasse un coureur, relance, me sens fort et là je sens une présence sur ma gauche. Je tourne la tête et me fait avaler par un gars, wahou, on fait pas le même sport... Il va gagner le chrono au scratch et m'a repris, à ce moment là, 2 minutes en 3 kms... Il n'a que 19 ans.
Cruelle désillusion, je reste concentré (après avoir accrocher sa roue 15 mètres...) et arrive à mi-pente, le lieu-dit Boussenac :
On sort de la forêt, mon chrono semble excellent mais un nouvel ennemi fait son apparition : le vent. Il est de face et très très fort. Le col est déjà assez dur comme ça, mais là avec le vent ça devient terrible. Je double coup sur coup deux nanas passe un virage à droite, relance sur une partie plus raide (je pense que c'est la zone la plus raide) et au replat, je remet du braquet. Arrive une maison, un beau virage à droite :
La pente se cabre à nouveau mais surtout je suis plein vent sans protection. Je dépasse un gars qui ne fait pas la compet et vois au loin 2 coureurs, le cadet que je connais et, je pense, son père, un concurrent avec qui je fais souvent jeu sensiblement égal (étant généralement devant lui). Je rentre dans une forêt, j'essaye de boire mais abreuve plus le vélo que le cycliste, sous l'effort, impossible d'avaler toute la gorgée, j'ai donné une belle part au Trek !
Je double le cadet ici :
Et j'aperçois le dernier virage, tiens j'ai pas vu le panneau dernier kilomètre... Personne ne l'a vu d'ailleurs ce panneau...
J'accélère aussi fort que je peux, pas beaucoup, je suis pas loin de mon rival, 250 m environ...
500 derniers mètres, la dernière épingle approche. Je serre les dents, mets le gros plateau, prend l'épingle, l'arrivée est là :
Je distingue un gars au bonnet rouge, je crois me rappeler que la ligne est à son niveau, paf je sprint, remet une dent, arrive au bonnet rouge et vois la ligne encore 50 mètres plus loin, les jambes brûlent mais je maintiens mon effort, j'ai mal, je ne sais plus où je suis je passe la ligne, regarde mon compteur, 31'30" environ, 1minute15 de moins que l'an dernier (sans vent). Grosse satisfaction, au printemps, j'avais réussi un 31'45" vent dans le dos, sans compter les 100 premiers mètres plats.
En haut, je parle avec un gars du club local que je connais, il me félicite, mon temps est "énorme" selon lui. J'ai trop mal pour analyser à ce moment là. Je bois un coup, retrouve un collègue, mes affaires, on va faire un boucl sur le plateau, il reste du temps avant les remises de coupes. On va jusqu'à la ville voisine de Vernoux par une petite côte plus roulante, je vois en cet enchaînement un petit "Mortirolo-Aprica" Ardéchois.
Arrivée à La Voulte, je regarde les classements et dans ma catégorie, je suis à nouveau second. Je suis le cousin de Julian Alaphilippe et le petit fils de Raymond Poulidor...
Je regarde plus en détail, celui qui m'a battu la semaine dernière est 4eme, le père du cadet 5eme... Mais qui est sur le podium avec moi ?
Troisième un certain A. qui n'est autre qu'On3 et le premier, un gars de mon club qui ne fait pas souvent de course... Mais il est originaire du village au pied du col et m'avoue avoir du grimper 50 fois ce col. De toutes façons, aucun regret, il me met 40 secondes, il était intouchable aujourd'hui.
En tout cas, ma campagne cronoscelata 2017 fut un excellent cru, 3 secondes places et une quatrième.
Lien Strava :
https://www.strava.com/activities/1220663432 échauffement + course + récup
Photos :
#Warriorface
Le podium, a noter l'excellente vanne du président du club,
"Avec deux chocolats et une raviole, y'a à manger sur ce podium !"
On3, comme d'hab en cuissard long et qui gagne une bouteille de Clairette de Die. Seulement, étant venu à vélo, il se trouva bien embarrassé et me la remit afin qu'il puisse la récupérer plus tard. Et oui, vous voyez la différence entre lui et moi, moi j'ambitionne de ramener des trophées et donc je prend de quoi les ramener !
Pour redevenir sérieux, c'était ma dernière course de 2017, une belle saison qui, je l'espère, en appellera d'autres !
Source des photos de la grimpée :
http://mesmontagnes.over-blog.com/pages ... 76627.html