Froome n'est pas Merckx ou Binda, sa domination n'est pas extraordinaire. C'est surtout la maitrise inplacable de sa formation qui fait chier. Trop forte, cette Sky, en tout cas depuis l'an dernier.
Si encore Froome était un styliste (comme Binda, Indurain ou Anquetil) ou un monstre de panache servi par une grande supériorité athlètique (comme Merckx, Hinault ou Coppi), ça pourrait aider à faire passer le truc, au moins chez certains. Mais non. Son style est dégueulasse et il n'est pas capable de faire du Mourenx 69 ou Pau 86, en montagne. Donc, il s'en remet à ses chers tueurs de spectacle, les Poels, Nieve, Landa, Poels, Thomas, Henao, Stannard, Kwiat, etc, tous de "bons petits coureurs".
Pour retrouver un peu de joie ou de passion, faudrait que la Sky baisse d'un gros niveau, sur le plan collectif, ou qu'apparaisse un nouveau Ocana, un nouveau Fuente, bref, un grimpeur hors-pair capable de démarrer et sortir du rang lorsque Moscon ou Kwiat mettent les derniers rescapés du train Sky en file indienne, en montagne. Sur les images du Giro 74, vers les Tre Cime, on voit bien Manuel Fuente démarrer sèchement et creuser rapidement l'écart sur le groupe Merckx, pourtant mené à trés vive allure par De Schoenmacker. Mais qui est capable de faire ça, actuellement ? Personne. Les grimpeurs actuels sont déjà bien contents d'être dans les roues. Ou alors lorsqu'ils en ont la possibilité, comme dans Peyresourde, ils sont morts de trouille et ne bougent pas..
C'est Sky qui fait peur, davantage que Froome.