C'est marrant mais dans une course totalement folle, et même alors que les coureurs sont censés avoir des oreillettes on a l'impression que certains n'ont pas trop suivi le déroulement. Je prends l'interview de Gaudin reprise dans Velopro :
C'était l'une des plus belles chances de résultat côté tricolore mais Damien Gaudin a joué de malchance à l'image d'une partie de son équipe. Après la crevaison de Sébastien Turgot lorsque la course s'est emballée dans le secteur d'Haveluy, Gaudin a quant à lui chuté dans le secteur de Mons-en-Pévèle, victime de la chute de Fabian Cancellara. A l'arrivée, il y avait forcément beaucoup de déception du côté du pensionnaire d'Ag2r – La Mondiale. « Je suis déçu, dit-il dans un communiqué. J'étais leader de l'équipe, on m'avait fait confiance et je pense à raison puisque j'étais en grande forme. L'équipe a super bien travaillé. Les gars comme Sébastien Turgot et Sébastien Minard m'ont idéalement placé avant Haveluy et Arenberg, c'est d'ailleurs la première année que je rentre dans la Trouée d'Arenberg en seconde position. »
Bien placé, au contact des meilleurs, le cinquième de Paris-Roubaix 2013 a gardé le contact avec Peter Sagan et Fabian Cancellara, même si la proximité avec ce dernier lui a peut-être coûté une nouvelle place d'honneur, lui qui rêvait d'un podium. « On n'était plus que 12 à Mons-en-Pévèle et il y a cette chute qui intervient avec Cancellara, Terpstra et moi, raconte-t-il. J'ai dit au revoir à mon Paris-Roubaix ici. Au milieu du secteur, il y avait de l'eau sur le pavé, ça glissait et je pense que devant quelqu'un a mis un petit coup de frein et tout le monde a fait pareil derrière. J'ai glissé et je me suis retrouvé par terre avec six ou sept coureurs. Je me suis dépêché de repartir et après avoir remis ma chaîne j'ai été à fond jusqu'à la sortie mais quand on y est arrivé, on n'était plus que deux et je n'ai pu qu'apercevoir au loin quatre ou cinq coureurs avec Peter Sagan. »
A 29 ans, le ''terre et ciel'' aura l'occasion de saisir de nouveau sa chance dans les années à venir en se servant de l'expérience acquise sur cette édition. « C'est dommage car j'étais avec les douze meilleurs du peloton et même les deux meilleurs dans les classiques, Cancellara et Sagan. J'avais réalisé ce que je devais faire à ce moment là je n'attendais qu'une chose, c'est que le final approche. C'est dommage car l'équipe a fait un super travail. J'ai hâte d'être à l'année prochaine pour revenir. »
Je me trompe où il n'a pendant la course jamais vraiment réalisé qu'un énorme groupe de costauds était parti devant et qu'ils étaient loin, en poursuite, non à peser sur la course mais à essayer de la rattraper ??
Si d'autres dans la même situation que lui pensaient la même chose, à juste sucer les roues de Cancellara et Sagan et se dire "yes je les suis ça va être fou"... ben tu m'étonnes aussi qu'ils n'allaient pas rentrer.
J'étais vraiment étonné de voir que seuls les Giant roulaient avec les Trek, Cancellara et Sagan. J'aurais pensé qu'un Gaudin et d'autres comme lui auraient eu tout intérêt à passer quelques relais car sur Paris Roubaix on se fait mal de toutes façons, un petit relais de temps en temps ne dégrade pas beaucoup plus et permet de garder les chances vivantes.
Ce serait intéressant d'entendre le témoignage de Robin là dessus : une fois dans une course folle et débridé à 120 bornes de l'arrivée (sachant qu'elle avait déjà foncé avant cela), les coureurs réussissent-ils à suivre son déroulement un temps soit peu ou bien a-t-on les œillères et c'est de la survie ?