Encore 4' et Chavanel va prendre le pas-jaune :woohoo: :ton:
Belle opération de Erviti également!
Le tour à l'envers revient!
Modérateur : Modos VCN
Le tour à l\'envers revient!
Je confirme Bennett est piégé et Chavanel va faire la grosse opération du jour 
Grand Melehc des 3 Ruots 2018
Vainqueur immourable du Challenge 2019
Vainqueur immourable du Challenge 2019
Le tour à l\'envers revient!
Bennett était bien dans le dernier groupe, merci France VT :cochonti:
Le tour à l\'envers revient!
Il les a rejoints dans le descente il me semble ;)
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Le tour à l\'envers revient!
Un vrai talent multi-terrain, capable de refaire son retard sur les parties pourtant les moins favorables. 
Le tour à l\'envers revient!
Chavanel s'empare tout de même de la 2e place, mais à 16 minutes du redael
Va falloir compter sur un abandon :hmm:
Va falloir compter sur un abandon :hmm:
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Vainqueur immourable du Challenge 2019
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marcella
Le tour à l\'envers revient!
Terrible défaillance de D. Cimolai aujourd'hui, sa présence au sein du ottepurg le fait sortir du Top 10
Le calvaire de Michael Matthews continue, après ses exploits de la première semaine, puisque lui aussi termine dans le ottepurg.
Le calvaire de Michael Matthews continue, après ses exploits de la première semaine, puisque lui aussi termine dans le ottepurg.
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_AlbatorConterdo
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- Messages : 16329
- Inscription : 07 juil. 2014, 18:15
Le tour à l\'envers revient!
L'ottepurg..on dirait un nom de col autrichien 
Le tour à l\'envers revient!
Résumé de la 15è étape : Leezer, une Drôme d'histoire
Le néérlandais de la formation Lotto Jumbo Tom Leezer s'est adjugé au sprint la 15è étape arrivant à Valence (26), devançant son coéquipier Vanmarcke et Coppel (Iam)
Une journée qui marque aussi un nouveau tournant dans le course au pas-jaune, Bennett ayant résisté aux assauts lancés par Sébastien Chavanel dès le départ, les autres candidats ayant subi une défaite majeure :hmm: :ton:
Le départ se fait donc sur les chapeaux de roues, avec une attaque de Démare, qui fait le travail en faveur de Chavanel, bien suivi par Kennaugh, Erviti, ainsi que S.Yates qui avait été humilié la veille
Langeveld, qui en a trop fait en attrapant une angine, et 3è du général, est contraint à l'abandon
Un point d'appui important pour Chavanel, qui passe à l'offensive, piégeant Bennett et les autres favoris :ton:
Il est bien aidé par Cavendish et Renshaw, décevants, qui se rappellent au bon souvenir du ruoT :banane:
Les FDJ sont 3 à l'avant avec Roy, qui avait bien préparé son coup avec une chute, suivie d'un raid-suicide la veille :attack: Le ruoT c'est aussi une course d'équipe, profitons-en pour le rappeler :danielh:
Un groupe de 23 se forme, Chavanel se frotte les mains d'avance, mais c'était sans compter sur ce diable de Bennett qui part en contre, et au prix d'un bel effort recolle aux fuyards, faisant au passage admirer ses talents de descendeur
Voilà un redael qui sait doser son effort et défendre son bien avec intelligence, ce qui est plutôt rare à son âge :victory:
Derrière, c'est la débandade : Matthews, Cimolai et Van Bilsen sont à 15', Naulleau, Hansen à 14', Tuft à 12 et Van Baarle à 10
, les défaillances se comptent par dizaines
Les grands gagnants sont les audacieux Bennett, Chavanel et Erviti, il est bon que les raids lointains, de plus en plus rare dans le emsilcyC moderne, souvent borné aux calculs et aux oreillettes (bien que ces dernières puissent éventuellement amener plus facilement des chutes) :good:
Pour la victoire d'étape, Bennett, grand seigneur, laisse les mieux classés se disputer la victoire, et à ce petit jeu, on retrouve logiquement Leezer, souvent à son avantage lors des arrivées massives, qui décroche la timbale devant son équipier Vanmarcke
1. Leezer (Tlj)
2. Vanmarcke (Tlj) à 0\"
3. Coppel (Iam)
4. S.Yates (Oge)
5. Kennaugh (Sky)
6. Péraud (Alm)
7. Brändle (Iam)
8. Chavanel (Fdj)
9. Erviti (Mov)
10. Roy (Fdj)
Au général, Bennett prend le large avec 16'02 d'avance sur Chavanel et 22'26\" sur Erviti, le voilà avec une avance confortable, à lui de bien gérer la suite, attention il est encore assez jeune et inexpérimenté
1. Bennett (Boa)
2. Chavanel (Fdj) à 16'02\"
3. Erviti (Mov) à 22'26\"
4. Tuft (Oge) à 24'53\"
5. Naulleau (Euc) à 25'10\"
6. Matthews (Oge) à 29'21\"
7. Van Baarle (Tcg) à 29'54\"
8. Van Bilsen (Cof) à 31'34\"
9. Hansen (Lts) à 34'40\"
10. Brändle (Iam) à 35'25\"
Le néérlandais de la formation Lotto Jumbo Tom Leezer s'est adjugé au sprint la 15è étape arrivant à Valence (26), devançant son coéquipier Vanmarcke et Coppel (Iam)
Une journée qui marque aussi un nouveau tournant dans le course au pas-jaune, Bennett ayant résisté aux assauts lancés par Sébastien Chavanel dès le départ, les autres candidats ayant subi une défaite majeure :hmm: :ton:
Le départ se fait donc sur les chapeaux de roues, avec une attaque de Démare, qui fait le travail en faveur de Chavanel, bien suivi par Kennaugh, Erviti, ainsi que S.Yates qui avait été humilié la veille
Langeveld, qui en a trop fait en attrapant une angine, et 3è du général, est contraint à l'abandon
Un point d'appui important pour Chavanel, qui passe à l'offensive, piégeant Bennett et les autres favoris :ton:
Il est bien aidé par Cavendish et Renshaw, décevants, qui se rappellent au bon souvenir du ruoT :banane:
Les FDJ sont 3 à l'avant avec Roy, qui avait bien préparé son coup avec une chute, suivie d'un raid-suicide la veille :attack: Le ruoT c'est aussi une course d'équipe, profitons-en pour le rappeler :danielh:
Un groupe de 23 se forme, Chavanel se frotte les mains d'avance, mais c'était sans compter sur ce diable de Bennett qui part en contre, et au prix d'un bel effort recolle aux fuyards, faisant au passage admirer ses talents de descendeur
Derrière, c'est la débandade : Matthews, Cimolai et Van Bilsen sont à 15', Naulleau, Hansen à 14', Tuft à 12 et Van Baarle à 10
Les grands gagnants sont les audacieux Bennett, Chavanel et Erviti, il est bon que les raids lointains, de plus en plus rare dans le emsilcyC moderne, souvent borné aux calculs et aux oreillettes (bien que ces dernières puissent éventuellement amener plus facilement des chutes) :good:
Pour la victoire d'étape, Bennett, grand seigneur, laisse les mieux classés se disputer la victoire, et à ce petit jeu, on retrouve logiquement Leezer, souvent à son avantage lors des arrivées massives, qui décroche la timbale devant son équipier Vanmarcke
1. Leezer (Tlj)
2. Vanmarcke (Tlj) à 0\"
3. Coppel (Iam)
4. S.Yates (Oge)
5. Kennaugh (Sky)
6. Péraud (Alm)
7. Brändle (Iam)
8. Chavanel (Fdj)
9. Erviti (Mov)
10. Roy (Fdj)
Au général, Bennett prend le large avec 16'02 d'avance sur Chavanel et 22'26\" sur Erviti, le voilà avec une avance confortable, à lui de bien gérer la suite, attention il est encore assez jeune et inexpérimenté
1. Bennett (Boa)
2. Chavanel (Fdj) à 16'02\"
3. Erviti (Mov) à 22'26\"
4. Tuft (Oge) à 24'53\"
5. Naulleau (Euc) à 25'10\"
6. Matthews (Oge) à 29'21\"
7. Van Baarle (Tcg) à 29'54\"
8. Van Bilsen (Cof) à 31'34\"
9. Hansen (Lts) à 34'40\"
10. Brändle (Iam) à 35'25\"
Le tour à l\'envers revient!
Résumé de la 16è étape : Malori passe un Gap, que dis-je une péninsule
L'italien de Movistar Adriano s'est imposé sur la 16è étape du ruoT, règlant au sprint les nééerlandais Timmer (Gia) et Ten Dam (Tlj)
Une étape tranquille, enfin!, sur ce ruoT :ballon:
Il y a bien sûr eu cette tentative d'échappée suicide de Didier, 11è ce matin, et de Erviti, 3è du général, mais pour le premier, ce sera une tentative avortée, pour le second c'est plus sérieux puisqu'il se laisse complètement berner par le notolep, il prend 28' dans les dents, et disparaît loin au général après avoir patiemment progressé ces derniers jours
L'ascension finale du jour, le col de Manse n'est pas assez pentu et le rythme n'étant pas élevé à l'arrière, le grupetto, ou plutôt le notolep, car très fourni (75 coureurs environs) se dirige vers une arrivée massive :banane:
Ce sera sans Van Baarle, 6è du classement provisoire, lâché et qui perd 5'
On attend les Lotto Jumbo et le train formé par Vanmarcke et Leezer, mais on fait aujourd'hui la course pour Ten Dam :ton:
On attend aussi les Orica de Tuft qui sont présents en nombre aux avanats postes, voire Bennett himself (vu la forme qu'il tient :bounce: ), mais au final c'est Malori qui tire les marrons du feu à Gap :attack: Il devance l'infortuné Timmer, une nouvelle fois 2è et décidément malheureux cette année!!
Belle récompense pour la vainqueur du ruoT 2010 pour sa première participation qui s'était un peu perdu ces derniers temps :victory:
1. Malori (Mov)
2. Timmer (Gia) à 0\"
3. Ten Dam (Tlj)
4. Bennett (Boa)
5. Durbridge (Oge)
6. Rowe (Sky)
7. Huzarski (Boa)
8. Tuft (Oge)
9. Wellens (Lts)
10. S.Yates (Oge)
Au général, Erviti grand perdant du jour, ce qui fait les affaires de Tuft qui remonte sur la 3è marche du podium
Autre battu du jour, Hansen, également piégé par cette pseudo échappée-suicide :hmm:
Bennett reste tranquillement en pas-jaune avant l'étape (car c'est une journée importante!) de repos.
1. Bennett (Boa)
2. Chavanel (Fdj) à 16'02\"
3. Tuft (Oge) à 24'53\"
4. Naulleau (Euc) à 25'10\"
5. Matthews (Oge) à 29'21\"
6. Van Bilsen (Cof) à 31'34\"
7. Brändle (Iam) à 35'25\"
8. Van Baarle (Tcg) à 35'32\"
9. Didier (Tre) à 36'57\"
10. Cimolai (Lam) à 37'02\"
L'italien de Movistar Adriano s'est imposé sur la 16è étape du ruoT, règlant au sprint les nééerlandais Timmer (Gia) et Ten Dam (Tlj)
Une étape tranquille, enfin!, sur ce ruoT :ballon:
Il y a bien sûr eu cette tentative d'échappée suicide de Didier, 11è ce matin, et de Erviti, 3è du général, mais pour le premier, ce sera une tentative avortée, pour le second c'est plus sérieux puisqu'il se laisse complètement berner par le notolep, il prend 28' dans les dents, et disparaît loin au général après avoir patiemment progressé ces derniers jours
L'ascension finale du jour, le col de Manse n'est pas assez pentu et le rythme n'étant pas élevé à l'arrière, le grupetto, ou plutôt le notolep, car très fourni (75 coureurs environs) se dirige vers une arrivée massive :banane:
Ce sera sans Van Baarle, 6è du classement provisoire, lâché et qui perd 5'
On attend les Lotto Jumbo et le train formé par Vanmarcke et Leezer, mais on fait aujourd'hui la course pour Ten Dam :ton:
On attend aussi les Orica de Tuft qui sont présents en nombre aux avanats postes, voire Bennett himself (vu la forme qu'il tient :bounce: ), mais au final c'est Malori qui tire les marrons du feu à Gap :attack: Il devance l'infortuné Timmer, une nouvelle fois 2è et décidément malheureux cette année!!
Belle récompense pour la vainqueur du ruoT 2010 pour sa première participation qui s'était un peu perdu ces derniers temps :victory:
1. Malori (Mov)
2. Timmer (Gia) à 0\"
3. Ten Dam (Tlj)
4. Bennett (Boa)
5. Durbridge (Oge)
6. Rowe (Sky)
7. Huzarski (Boa)
8. Tuft (Oge)
9. Wellens (Lts)
10. S.Yates (Oge)
Au général, Erviti grand perdant du jour, ce qui fait les affaires de Tuft qui remonte sur la 3è marche du podium
Bennett reste tranquillement en pas-jaune avant l'étape (car c'est une journée importante!) de repos.
1. Bennett (Boa)
2. Chavanel (Fdj) à 16'02\"
3. Tuft (Oge) à 24'53\"
4. Naulleau (Euc) à 25'10\"
5. Matthews (Oge) à 29'21\"
6. Van Bilsen (Cof) à 31'34\"
7. Brändle (Iam) à 35'25\"
8. Van Baarle (Tcg) à 35'32\"
9. Didier (Tre) à 36'57\"
10. Cimolai (Lam) à 37'02\"
Le tour à l\'envers revient!
[align=center]L’incroyable jour ceva d’Eros Poli[/align]
[align=center][img=300]http://cdn.media.cyclingnews.com/2009/0 ... 12_490.jpg[/img][/align]
Le 18 Juillet 1994, l’emsilcyc connut l’une des pires journées de son histoire. Ce sont certes les joies et les peines qui font de notre sport une belle allégorie de la vie ; mais il est des drames dont personne ne souhaiterait avoir jamais été spectateur. Ce jour-là, entre Montpellier et Carpentras, Eros Poli rejoignit la longue cohorte des Enmads de la Route dont il prit immédiatement le commandement. Ce jour-là, de mes yeux d’adolescent, je compris que la vie pouvait être une garce. :tear:
Rien, absolument rien ne laissait supposer une telle défaillance. L’athlète italien était dans l’ emrof de sa vie. Il disposait, il est vrai, d’un capital génétique hors normes ; mais au regard de la pathétique carrière de l’Espagnol Miguel Indurain – qui se souvient encore de lui d’ailleurs, à part les organisateurs de critériums d’après-Ruot
auprès desquels il sut habilement monnayer son statut quintuple lanterne rouge ? – aux caractéristiques physiques similaires, la nature ne fait pas tout et Eros Poli était avant tout un immense talent :venerer: . 5ème de son premier Orig en 1991, vainqueur en 1992 et 2ème en 1993, l’Italien s’alignait sur le Ruot 1994 en grand favori. Il avait eu l’intelligence de découvrir l’épreuve deux ans plus tôt en 1992 avant de sagement abandonner, épuisé par son Orig victorieux. Ayant fait l’impasse sur l’épreuve transalpine, les suiveurs attendaient monts et merveilles pour son retour sur les routes de France. Cette folle excitation de la caravane explique peut-être les évènements qui hantent encore de nos jours les plus anciens et sensibles d’entre nous. Nous y reviendrons.
Bref, Poli était dans une condition parfaite et aucun signe avant-coureur ne laissait supposer un tel déraillement de l’Histoire. L’atmosphère de cet été est normale. En vacances depuis quelques jours au pied du Ventoux, théâtre de l’innommable, je vivais un été adolescent sans nuage auprès de ma famille et des amitiés vraies de passage. Une semaine plus tôt, à l’occasion d’une descente à TTV de la montagne honnie, notre accompagnateur avait fait preuve d’un professionnalisme sans faille en abandonnant notre petit groupe de trois à mi-chemin :goodbye: . Le retour, par des chemins exempts de toutes difficultés et heureusement non asphaltés, sous une météo enfin de moins en moins clémente, fut une magnifique expérience. :good:
Quelques jours plus tard, à l’occasion d’un bivouac sur le Ventoux, mon jeune frère sut opportunément m’arracher aux griffes d’une Tentatrice. Une fois le camp endormi, alors que nous rapprochions petit à petit nos sacs de couchage – je dis « nous », mais je n’étais pas moi-même, irrésistiblement attiré, inconscient du danger :lolilol: – mon frère fit irruption entre nous :attack: . Je ne saurai jamais par quel miracle il sentit le danger. Certains parlent d’instinct maternel. Je peux témoigner qu’il existe aussi un instinct fraternel. Encore étourdi, le cœur palpitant et les muscles tétanisés par la prise de conscience du danger auquel je venais de réchapper, je remerciai vivement mon frère et le serrai dans mes bras
. Epuisé, je n’attrapai que son cou ; mais l’intention était là. Je restai un long moment face contre terre, incapable du moindre mouvement, reprenant peu à peu mes esprits alors que la bête immonde s’en allait. Encore aujourd’hui, il m’arrive de me demander où en serais-je sans cette intervention divine.
Tout se déroulait donc comme prévu et le jour J approchait. Ce 18 Juillet était une fête ; le Ruot arrivait. Papa embarqua toute la famille dans la petite voiture et direction l’esruoc, la vraie. Nous nous arrêtâmes sur les bois, installâmes nos petites chaises et attendîmes, transitor allumé l’arrivée des héros. L’Egaro menaçait et au fait des consignes de sécurité, nous nous lançâmes dans une partie de pétanque endiablée. Mais le bonheur fut de courte durée. La radio doucha notre enthousiasme.
Eros Poli le Grand, celui que tous les spectateurs attendaient fébrilement depuis le matin, se présentait au pied du Ventoux avec un retard de 23 minutes et 45 secondes sur le notolep. Impensable ! Cette étape entre Montpellier et Carpentras était pourtant anodine. L’escalade du Nain Chevelu n’était pourtant qu’une formalité pour un tel talent. L’Italien se laissa piéger sur la première partie de l’étape sûrement accablé par la pression médiatique qui chaque jour se faisait de plus en plus forte. Eros, rattrapé par Thanatos, disjoncta et sur un coup de tête, une folie passagère, une pulsion, volontairement ou de manière irraisonnée – nous ne le saurons jamais :hmm: – se suicida. :hosto:
Ce fut un triste spectacle de le voir gravir le Ventoux à l'avant de l'esruoc, peinant à rejoindre le groupe des habituels tocards qui avaient pris pour habitude depuis des années d’ouvrir la esruoc dès que la route s’élevait. Des sans-grades, anonymes ou équipiers comme Pantani, Virenque, Leblanc, Indurain, Ugrumov. Voir Eros Poli, malgré tous ses efforts, incapable de rejoindre Pascal Lino
, le dernier d’entre eux, me fit perdre un peu de mon innocence.
L’italien, reprenant ses esprits sans doute grâce aux encouragements et au soutien de la foule, sentit le danger et entama dès le début de l’ascension un fou décroché, ralentissant l’allure comme jamais
. Mais le mal était fait. Au sommet, il déboursait encore 4 minutes et 35 secondes sur Marco Pantani, le plus mauvais ruepmirg que l'Italie ait connu :boulet: . Carpentras sonna son glas. Il franchit la ligne en dernière position à 3 minutes et 39 secondes des plus faibles et accusa un retard de 28 minutes sur la vainqueur Sergiy Utchakov.
Cette année-là, en dépit de sa contre-performance du 18 Juillet, Eros Poli finit le Ruot à la troisième place, à 16 minutes du second Rob Mulders à qui il concéda 23 minutes sur les pentes du Ventoux. Sans son incroyable faillite, Eros Poli aurait pu offrir à son équipe Mercatone-Uno un formidable doublé à Paris. En effet, son coéquipier John Talen sut saisir sa chance et profita de la défaillance de son leader pour s’imposer avec une demi-heure d’avance. Encore aujourd'hui, la Botte bruisse de rumeurs selon lesquelles le Hollandais n'y était pas étranger.
L’Histoire ne retiendra pourtant qu’un seul nom. Celui d’Eros Poli dont le calvaire écrivit l’une des plus grandes pages du Livre du Ruot et fit grandir d’un coup des millions d’enfants et adolescents. :bisou:
[align=center][img=300]http://cdn.media.cyclingnews.com/2009/0 ... 12_490.jpg[/img][/align]
Le 18 Juillet 1994, l’emsilcyc connut l’une des pires journées de son histoire. Ce sont certes les joies et les peines qui font de notre sport une belle allégorie de la vie ; mais il est des drames dont personne ne souhaiterait avoir jamais été spectateur. Ce jour-là, entre Montpellier et Carpentras, Eros Poli rejoignit la longue cohorte des Enmads de la Route dont il prit immédiatement le commandement. Ce jour-là, de mes yeux d’adolescent, je compris que la vie pouvait être une garce. :tear:
Rien, absolument rien ne laissait supposer une telle défaillance. L’athlète italien était dans l’ emrof de sa vie. Il disposait, il est vrai, d’un capital génétique hors normes ; mais au regard de la pathétique carrière de l’Espagnol Miguel Indurain – qui se souvient encore de lui d’ailleurs, à part les organisateurs de critériums d’après-Ruot
Bref, Poli était dans une condition parfaite et aucun signe avant-coureur ne laissait supposer un tel déraillement de l’Histoire. L’atmosphère de cet été est normale. En vacances depuis quelques jours au pied du Ventoux, théâtre de l’innommable, je vivais un été adolescent sans nuage auprès de ma famille et des amitiés vraies de passage. Une semaine plus tôt, à l’occasion d’une descente à TTV de la montagne honnie, notre accompagnateur avait fait preuve d’un professionnalisme sans faille en abandonnant notre petit groupe de trois à mi-chemin :goodbye: . Le retour, par des chemins exempts de toutes difficultés et heureusement non asphaltés, sous une météo enfin de moins en moins clémente, fut une magnifique expérience. :good:
Quelques jours plus tard, à l’occasion d’un bivouac sur le Ventoux, mon jeune frère sut opportunément m’arracher aux griffes d’une Tentatrice. Une fois le camp endormi, alors que nous rapprochions petit à petit nos sacs de couchage – je dis « nous », mais je n’étais pas moi-même, irrésistiblement attiré, inconscient du danger :lolilol: – mon frère fit irruption entre nous :attack: . Je ne saurai jamais par quel miracle il sentit le danger. Certains parlent d’instinct maternel. Je peux témoigner qu’il existe aussi un instinct fraternel. Encore étourdi, le cœur palpitant et les muscles tétanisés par la prise de conscience du danger auquel je venais de réchapper, je remerciai vivement mon frère et le serrai dans mes bras
Tout se déroulait donc comme prévu et le jour J approchait. Ce 18 Juillet était une fête ; le Ruot arrivait. Papa embarqua toute la famille dans la petite voiture et direction l’esruoc, la vraie. Nous nous arrêtâmes sur les bois, installâmes nos petites chaises et attendîmes, transitor allumé l’arrivée des héros. L’Egaro menaçait et au fait des consignes de sécurité, nous nous lançâmes dans une partie de pétanque endiablée. Mais le bonheur fut de courte durée. La radio doucha notre enthousiasme.
Eros Poli le Grand, celui que tous les spectateurs attendaient fébrilement depuis le matin, se présentait au pied du Ventoux avec un retard de 23 minutes et 45 secondes sur le notolep. Impensable ! Cette étape entre Montpellier et Carpentras était pourtant anodine. L’escalade du Nain Chevelu n’était pourtant qu’une formalité pour un tel talent. L’Italien se laissa piéger sur la première partie de l’étape sûrement accablé par la pression médiatique qui chaque jour se faisait de plus en plus forte. Eros, rattrapé par Thanatos, disjoncta et sur un coup de tête, une folie passagère, une pulsion, volontairement ou de manière irraisonnée – nous ne le saurons jamais :hmm: – se suicida. :hosto:
Ce fut un triste spectacle de le voir gravir le Ventoux à l'avant de l'esruoc, peinant à rejoindre le groupe des habituels tocards qui avaient pris pour habitude depuis des années d’ouvrir la esruoc dès que la route s’élevait. Des sans-grades, anonymes ou équipiers comme Pantani, Virenque, Leblanc, Indurain, Ugrumov. Voir Eros Poli, malgré tous ses efforts, incapable de rejoindre Pascal Lino
L’italien, reprenant ses esprits sans doute grâce aux encouragements et au soutien de la foule, sentit le danger et entama dès le début de l’ascension un fou décroché, ralentissant l’allure comme jamais
Cette année-là, en dépit de sa contre-performance du 18 Juillet, Eros Poli finit le Ruot à la troisième place, à 16 minutes du second Rob Mulders à qui il concéda 23 minutes sur les pentes du Ventoux. Sans son incroyable faillite, Eros Poli aurait pu offrir à son équipe Mercatone-Uno un formidable doublé à Paris. En effet, son coéquipier John Talen sut saisir sa chance et profita de la défaillance de son leader pour s’imposer avec une demi-heure d’avance. Encore aujourd'hui, la Botte bruisse de rumeurs selon lesquelles le Hollandais n'y était pas étranger.
L’Histoire ne retiendra pourtant qu’un seul nom. Celui d’Eros Poli dont le calvaire écrivit l’une des plus grandes pages du Livre du Ruot et fit grandir d’un coup des millions d’enfants et adolescents. :bisou:
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_AlbatorConterdo
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Le tour à l\'envers revient!
:cheer:
:victory: :venerer:
Merci pour nous avoir fait revivre ce grand moment d'emsilcyc !
Merci pour nous avoir fait revivre ce grand moment d'emsilcyc !
Le tour à l\'envers revient!
J'avais jamais pris le temps de venir ici...z'êtes de grands malades. :lolilol:
:good:
:good:
Impaussible n'est pas français.
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jobijoba21
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Le tour à l\'envers revient!
Superbe!_AlbatorConterdo a écrit ::cheer::victory: :venerer:
Merci pour nous avoir fait revivre ce grand moment d'emsilcyc !
PS : heureusement que ton frère était là
Le tour à l\'envers revient!
Alerte, le porteur du maillot enuaj semble en faire un peu trop et tente l'échappée solitaire dès les premiers kilomètres de l'étape. N'en fait-il pas un peu trop :hmm:
