Re: BB Hotels 2021
Publié : 04 nov. 2021, 12:38
La suite des bilans coureurs, avec aujourd'hui au programme notre prometteur italien, j'ai nommé Luca Mozzato
Résultats remarquables : 3ème de Nokere Koerse, 3ème de l’Egmont Cycling Race, 7ème de Scheldeprijs, 7ème du Tour d’Allemagne, 6ème du GP Marcel Kint, 8ème de la Roue Tourangelle, 8ème de l’Elfstedenronde et 20ème de Paris-Roubaix.
La saison de Mozzato commença assez tardivement sur le Gp Samyn début mars. D’ailleurs l’italien a eu un début de saison timide avec pour meilleur résultat une 14ème place au GP Monseré. C’est sur sa 4ème course, sur Nokere Koerse, qu’il a véritablement lancé sa saison : alors que les membres de l'échappée semblaient se diriger vers la victoire, Mozzato et Ethan Hayter sortent du peloton à 10km de l’arrivée pour boucher le trou. Le peloton réagit rapidement derrière mais les 2 contre-attaquant résistent, rattrapant un à un les échappées du jour sauf 2 coureurs qui se disputeront la victoire (Robeet et Gaudin). Hayter craque dans les derniers hectomètres alors que Mozzato avait encore suffisamment de jus pour sprinter et garder quelques mètres d’avance sur le peloton : il prendra une belle 3ème place, acquise de belle manière dans un registre qu’on ne le soupçonnait pas. Derrière, il devait participer aux Flandriennes mais l’équipe changea son programme : il ne fera que Brugge-De Panne au service du Coq (course sur laquelle il a fait un travail remarquable, plaçant Coquard en tête de peloton dans le final avant que ce dernier ne stoppe malheureusement son effort) puis les Coupes de France. Si ce choix ne fut pas une réussite pour Coquard, il ne le fut pas plus pour Mozzato : sur Cholet Pays de Loire d’abord, l’équipe mise tout sur lui, quitte à brider les offensives de ses coureurs (alors que Cyril Barthe semblait bien parti avec Cosnefroy et Grmay pour assurer au moins un podium). Malheureusement, une vague empêche Mozzato de sprinter et il termine 24ème. Sur la Roue Tourangelle ensuite, l’équipe adopte la même stratégie : cette fois-ci, Mozzato n’est pas gêné et prend la 8ème place, un résultat qui peut paraitre décevante à première vue mais je pense que Mozzato est à sa place quand on voit les sprinteurs devant lui (Demare, Bouhanni, Sarreau, Consonni ou encore Pasqualon).
Pour la suite, l'italien revient en Belgique pour Scheldeprijs. Constamment bien placé à l'avant du peloton, il ne se fait pas piéger par les bordures (contrairement à un certain Bryan C.), ce qui lui permet de disputer le sprint final et de prendre une belle 7ème place. Derrière, il dispute le Tour de Turquie mais manque de vitesse sur les sprints, ne faisant pas mieux qu'une 6ème place d'étape. Il traverse ensuite une période assez creuse sur mai-juin, avec pour seul résultat notable une 8ème place au sprint sur l'Elfstedenronde.
Pas sélectionné pour le Tour, il est aligné sur le Tour de Wallonie où il semble revenu en bonne forme, passant bien les bosses et décrochant deux quatrièmes places d'étapes. La Belgique va d'ailleurs lui réussir : dans des conditions difficiles qu'il affectionne, il va chercher un podium sur une classe 1 à l'Egmont Race. Il enchaine avec un nouveau bon résultat sur le GP Marcel Kint, 6ème du sprint. Et c'est en Allemagne que Mozzato va conclure son joli mois d'août : toujours manquant de vitesse sur les 3 premières étapes (7ème-9ème-14ème), il change d'approche sur la dernière étape et lance son sprint de loin, surprenant tous les autres sprinteurs. Il n'est repris et dépassé que dans les derniers mètres par Kristoff et Ackermann, mais les bonifications engrangés grâce à cette 3ème place d'étape lui permettent de terminer 7ème au général de ce Tour d'Allemagne.
Pour la fin de saison, notre ami Luca se mettra dans un premier temps au service de ses coéquipiers (comme à Isbergues pour lancer Lecroq) avant de reprendre le leadership sur l'Eurométropole Tour : là encore, son placement lui permet de ne pas louper le coche et l'accélération des QuickStep à 8km de l'arrivée. Un groupe de 20 arrive alors pour la victoire et il va chercher un nouvel accessit en Belgique (8ème). Et puis arriva l'Enfer du Nord : après 70km de tentatives infructueuses dans le peloton, Mozzato réussit à prendre la bonne échappée du jour avant le début des secteurs pavés. A l’aise sur les pavés et souvent bien placé à l’avant, il est malheureusement victime d’une crevaison avant la Trouée d’Arenberg et perd définitivement le contact avec les rescapés de l’échappée. Il parvient malgré tout à prendre la roue du groupe Van Der Poel mais juste avant la sortie d’Arenberg, Luke Rowe réalise un strike mettant Pedersen et Mozzato à terre. Malgré tous les efforts de la journée, il s’accroche, montrant une endurance intéressante, pour terminer 20ème sur le vélodrome de Roubaix et signer un premier résultat significatif en WT. Ce Parix-Roubaix laissera des traces pour l’italien, fatigué, il manqua de jus sur la côte finale de Binche-Chimay (12ème) et se mettra au service de Coquard sur Paris-Bourges et Paris-Tours.
Après un exercice 2020 prometteur (4ème de Monseré et Paris-Camembert, 6ème de GP Isbergues et 21ème de la Bretagne Classic), on pouvait croire que l’italien avait un profil de sprinteur passant bien pour les bosses mais la saison 2021 nous a permis d’affiner les qualités et les défauts de l’italien : toujours bien placé, il rate rarement les coups de bordures ou les accélérations aux moments clés des courses. Il apprécie particulièrement les conditions difficiles (pluie, tracé long), ce qui, additionné à son placement et sa pointe de vitesse, en font un coureur qui performe sur les courses belges. On peut regretter d’ailleurs que l’équipe ne l’aligne pas plus souvent en WT : il n’a disputé que 2 courses WT en 2021, Paris-Roubaix et Brugge-De Panne. On peut espérer qu’au vu de sa saison, on le voit au moins sur l’ensemble des Flandriennes avec un ticket Lecroq-Mozzato mais aussi sur une course à étape de haut niveau (Paris-Nice avec les habituelles étapes à bordures ou le Tour si l’équipe est invitée, la première semaine pourrait lui plaire). Par contre, il a encore des progrès à faire en sprint car il a souvent du mal à se faire sa place et se trouve souvent enfermé (son sprint long en Allemagne peut être une solution) mais aussi dans son punch, se retrouvant souvent en difficulté sur les finals en bosse comme à Dwars door Het Hageland ou Binche-Chimay. Ce qui est sûr, c’est que l’italien mérite d’aborder la saison avec un statut encore plus important avec un calendrier plus fourni. Signalons d’ailleurs, que son contrat se termine en 2022, Jérôme Pineau serait sans doute bien inspiré de le prolonger rapidement s’il en a l’occasion.
Luca Mozzato : 526 pts UCI, 45 jours de courses
Résultats remarquables : 3ème de Nokere Koerse, 3ème de l’Egmont Cycling Race, 7ème de Scheldeprijs, 7ème du Tour d’Allemagne, 6ème du GP Marcel Kint, 8ème de la Roue Tourangelle, 8ème de l’Elfstedenronde et 20ème de Paris-Roubaix.
La saison de Mozzato commença assez tardivement sur le Gp Samyn début mars. D’ailleurs l’italien a eu un début de saison timide avec pour meilleur résultat une 14ème place au GP Monseré. C’est sur sa 4ème course, sur Nokere Koerse, qu’il a véritablement lancé sa saison : alors que les membres de l'échappée semblaient se diriger vers la victoire, Mozzato et Ethan Hayter sortent du peloton à 10km de l’arrivée pour boucher le trou. Le peloton réagit rapidement derrière mais les 2 contre-attaquant résistent, rattrapant un à un les échappées du jour sauf 2 coureurs qui se disputeront la victoire (Robeet et Gaudin). Hayter craque dans les derniers hectomètres alors que Mozzato avait encore suffisamment de jus pour sprinter et garder quelques mètres d’avance sur le peloton : il prendra une belle 3ème place, acquise de belle manière dans un registre qu’on ne le soupçonnait pas. Derrière, il devait participer aux Flandriennes mais l’équipe changea son programme : il ne fera que Brugge-De Panne au service du Coq (course sur laquelle il a fait un travail remarquable, plaçant Coquard en tête de peloton dans le final avant que ce dernier ne stoppe malheureusement son effort) puis les Coupes de France. Si ce choix ne fut pas une réussite pour Coquard, il ne le fut pas plus pour Mozzato : sur Cholet Pays de Loire d’abord, l’équipe mise tout sur lui, quitte à brider les offensives de ses coureurs (alors que Cyril Barthe semblait bien parti avec Cosnefroy et Grmay pour assurer au moins un podium). Malheureusement, une vague empêche Mozzato de sprinter et il termine 24ème. Sur la Roue Tourangelle ensuite, l’équipe adopte la même stratégie : cette fois-ci, Mozzato n’est pas gêné et prend la 8ème place, un résultat qui peut paraitre décevante à première vue mais je pense que Mozzato est à sa place quand on voit les sprinteurs devant lui (Demare, Bouhanni, Sarreau, Consonni ou encore Pasqualon).
Pour la suite, l'italien revient en Belgique pour Scheldeprijs. Constamment bien placé à l'avant du peloton, il ne se fait pas piéger par les bordures (contrairement à un certain Bryan C.), ce qui lui permet de disputer le sprint final et de prendre une belle 7ème place. Derrière, il dispute le Tour de Turquie mais manque de vitesse sur les sprints, ne faisant pas mieux qu'une 6ème place d'étape. Il traverse ensuite une période assez creuse sur mai-juin, avec pour seul résultat notable une 8ème place au sprint sur l'Elfstedenronde.
Pas sélectionné pour le Tour, il est aligné sur le Tour de Wallonie où il semble revenu en bonne forme, passant bien les bosses et décrochant deux quatrièmes places d'étapes. La Belgique va d'ailleurs lui réussir : dans des conditions difficiles qu'il affectionne, il va chercher un podium sur une classe 1 à l'Egmont Race. Il enchaine avec un nouveau bon résultat sur le GP Marcel Kint, 6ème du sprint. Et c'est en Allemagne que Mozzato va conclure son joli mois d'août : toujours manquant de vitesse sur les 3 premières étapes (7ème-9ème-14ème), il change d'approche sur la dernière étape et lance son sprint de loin, surprenant tous les autres sprinteurs. Il n'est repris et dépassé que dans les derniers mètres par Kristoff et Ackermann, mais les bonifications engrangés grâce à cette 3ème place d'étape lui permettent de terminer 7ème au général de ce Tour d'Allemagne.
Pour la fin de saison, notre ami Luca se mettra dans un premier temps au service de ses coéquipiers (comme à Isbergues pour lancer Lecroq) avant de reprendre le leadership sur l'Eurométropole Tour : là encore, son placement lui permet de ne pas louper le coche et l'accélération des QuickStep à 8km de l'arrivée. Un groupe de 20 arrive alors pour la victoire et il va chercher un nouvel accessit en Belgique (8ème). Et puis arriva l'Enfer du Nord : après 70km de tentatives infructueuses dans le peloton, Mozzato réussit à prendre la bonne échappée du jour avant le début des secteurs pavés. A l’aise sur les pavés et souvent bien placé à l’avant, il est malheureusement victime d’une crevaison avant la Trouée d’Arenberg et perd définitivement le contact avec les rescapés de l’échappée. Il parvient malgré tout à prendre la roue du groupe Van Der Poel mais juste avant la sortie d’Arenberg, Luke Rowe réalise un strike mettant Pedersen et Mozzato à terre. Malgré tous les efforts de la journée, il s’accroche, montrant une endurance intéressante, pour terminer 20ème sur le vélodrome de Roubaix et signer un premier résultat significatif en WT. Ce Parix-Roubaix laissera des traces pour l’italien, fatigué, il manqua de jus sur la côte finale de Binche-Chimay (12ème) et se mettra au service de Coquard sur Paris-Bourges et Paris-Tours.
Après un exercice 2020 prometteur (4ème de Monseré et Paris-Camembert, 6ème de GP Isbergues et 21ème de la Bretagne Classic), on pouvait croire que l’italien avait un profil de sprinteur passant bien pour les bosses mais la saison 2021 nous a permis d’affiner les qualités et les défauts de l’italien : toujours bien placé, il rate rarement les coups de bordures ou les accélérations aux moments clés des courses. Il apprécie particulièrement les conditions difficiles (pluie, tracé long), ce qui, additionné à son placement et sa pointe de vitesse, en font un coureur qui performe sur les courses belges. On peut regretter d’ailleurs que l’équipe ne l’aligne pas plus souvent en WT : il n’a disputé que 2 courses WT en 2021, Paris-Roubaix et Brugge-De Panne. On peut espérer qu’au vu de sa saison, on le voit au moins sur l’ensemble des Flandriennes avec un ticket Lecroq-Mozzato mais aussi sur une course à étape de haut niveau (Paris-Nice avec les habituelles étapes à bordures ou le Tour si l’équipe est invitée, la première semaine pourrait lui plaire). Par contre, il a encore des progrès à faire en sprint car il a souvent du mal à se faire sa place et se trouve souvent enfermé (son sprint long en Allemagne peut être une solution) mais aussi dans son punch, se retrouvant souvent en difficulté sur les finals en bosse comme à Dwars door Het Hageland ou Binche-Chimay. Ce qui est sûr, c’est que l’italien mérite d’aborder la saison avec un statut encore plus important avec un calendrier plus fourni. Signalons d’ailleurs, que son contrat se termine en 2022, Jérôme Pineau serait sans doute bien inspiré de le prolonger rapidement s’il en a l’occasion.