Non le vélo est une épreuve avant tout physique où la tactique et la stratégie sont largement secondaires. ça a toujours été le cas d'ailleurs, les grands champions gagnent parce qu'ils peuvent rouler plus fort, plus longtemps que leur rivaux, pas par génie manoeuvrier.FloLMA a écrit : 17 oct. 2017, 15:05faut un peu accepter le monde dans lequel on vit aussi...veji2 a écrit : 17 oct. 2017, 14:46
Je fais partie de ceux qui trouve que l'on abouti à des cadres trop spécialisés et pointus. Pour moi une course cycliste devrait être courue intégralement avec 1 seul modèle de cadre : on ajuste les rapports, les roues, on rajoute des prolongateurs pour les CLM et hop c'est tout. la pub pour le vélo c'est aussi ça : c'est un modèle capable de tout faire à un haut niveau. dans ce cas de figure le matos resterait important, mais les coûts resteraient encadrés. Alors que quand on peut changer intégralement de vélo selon les parcours pour optimiser à mort, ça veut dire une course à la technologie de pointe très spécialisée et là on se retrouve avec un effet "formule 1" et une TRES TRES GROSSE prime aux équipes et équipementiers qui ont le plus de moyens.
C'est en grande partie pour niveler les différences qu'être plus restrictif sur le matériel serait une bonne chose, sans pour autant que ce soit une cata pour les équipementiers : t'es un marchant de cycle, tu peux vendre le vélo performant et généraliste que tu as fait pour le TDF ou le GIRO à des paquets d'exemplaires, la pub sera très bonne.
Parce que bon, en interdisant les vélos carbones, les guidons de contre la montre, les oreillettes, les capteurs de puissance, l'entraide entre coéquipier, le passage des vitesses au guidon, les asthmatiques, les migraineux, les allergiques aux pollens, aux piqures d'abeille, ce ne sera plus du cyclisme mais une sortie entre copains qui se tirent la bourre dans chaque petite cote le dimanche matin et ça n'attirera pas grand monde.
L'intérêt des marques est au contraire de segmenter à mort pour pouvoir vendre non pas 1 vélo généralistes, mais 3 vélos par cycliste.
Par ailleurs, quand tu parles de grosses primes aux équipementiers qui ont le plus de moyens, aujourd'hui, ce sont les équipementiers qui dépensent le plus dans le vélo professionnel. On me dira que c'est normal, mais ce n'était pas le cas dans les années 90... Maintenant ça frise la consanguinité ... On tourne en rond et le vélo n'attire plus autant les entreprises qu'auparavant si ce n'est les entreprise de leur propre monde.
Et enfin, comme dans toute discipline sportive, l'évolution technique fait partie du sport et intéresse une grande majorité des suiveurs. Demander à ce que tout le monde court avec le même vélo, les mêmes roues, les mêmes boyaux, c'est justement dénaturer le cyclisme... autant enlever le vélo à ce compte là et faire du trail... Ah ben non, parce que même au trail il y a une course à l'armement avec la légèreté maximale recherchée par les coureurs sur l'ensemble du matériel de sécurité à transporter...
Le vélo même avec des différences matériel reste une épreuve largement tactique, où la stratégie est prépondérante. Et c'est aussi vrai pour les CLM. Il ne faut pas croire que si Dumoulin gagne c'est parce que son vélo Giant est mieux que Pinarello de Froome, le Bianchi de Roglic ou le Canyon de Castroviejo...
Et tu as raison qu'il faut vivre avec son temps, mais il faut aussi savoir préserver ce qui fait ce sport. le jour où on réalise que pour un coureur x si tu le fais rouler dans le matos de l'équipe A un CLM et qu'il te fait 1mn de moins que dans le matos de l'équipe B à parcours égal, on se demandera quel est l'intérêt de pédaler.

