C'est multifactoriel et évidemment que les glucides n'expliquent pas tout puisque pour transformer ces glucides en énergie pour le muscle, le fameux ATP : il faut enchainer plein de réactions chimiques. Ces réactions chimiques nécessitent plein de vitamines, d'enzymes... Il y a aussi une fatigue nerveuse au niveau central mais tout est lié. Consommer plus de glucides à l'effort, ça améliore la performance en compétition mais aussi à l'entrainement donc les coureurs peuvent tolérer des charges plus fortes. La récupération est meilleure donc les blocs sont mieux tolérés et peut être plus productifs que par le passé. Avec un meilleur ravito et un meilleur entrainement, on arrive à repousser les seuils de désadaptation liées à la fatigue et c'est probable que les meilleurs perdent peu d'efficience au fil des kilomètres. C'est aussi lié à l'intensité relative puisque forcément, MVDP force moins que les autres pour le même rythme. On reprend le Tour des Flandres de cette année, Mads Pedersen laisse des forces dans son raid. Pas hyper étonnant qu'un MVDP soit au dessus ensuite.trevorphilips a écrit : 10 avr. 2024, 23:21C'est très intéressant tout ça, mais je suis partagé.Bradounet_ a écrit : 10 avr. 2024, 05:59
La dépense énergétique horaire a EX-PLO-SE sur les grandes courses et lors des grandes étapes de montagne du TdF.
A courir comme ça à bloc ou presque dès le départ il y a 10/15 ans, tu risquais de finir sur la jante la dernière heure de course pour n'importe quel coureur car il était impossible d'obtenir les calories nécessaires même avec le meilleur dopage sanguin possible, les calories à bruler ne tombent pas du ciel. Avant les coureurs ne pouvaient ingérer que 60/70 g de de glucides par heure, on est passé à 90g/h et depuis le Covid, dans certaines équipes ça tourne à 120 g/h sur toute une journée.
Je pense qu'elle est là la révolution du cyclisme après COVID. La consommation est passée du simple au double en quinze ans.
Ineos a perdu son avantage compétitif en partie à cause de ça, ils avaient plusieurs années d'avance avec leur mélange optimisé de maltodextrine/fructose (SIS BETA FUEL,120g glucides/h + 800 mg de sodium/h) associé aux cétones qui permettait à leur leader de sortir des watts ébouriffants après 5h de course et de se faire des étapes à fond dès le premier col. Depuis, le Maurten (FDJ) et d'autres produits semblables (Precision Fuel pour Lotto, Science in Sport pour Ineos, Enervit pour Pogacar, 6D pour Evenepoel) ont conquis le peloton et on a cette tendance des courses où ça ne débranche plus du départ à l'arrivée et malgré tout des leaders ultra frais après 4h de course et qui n'ont plus peur de la défaillance à sortir seul à 50 bornes.
J'ai le sentiment qu'une partie de la compétition qui se joue entre les meilleurs (car avoir un gros moteur est une condition nécessaire) se fait désormais sur la tolérance à pouvoir ingérer des quantités gargantuesques de glucides en course sans avoir de troubles intestinaux/gastriques (les nouveaux produits permettent à l'organisme une meilleure tolérance (les glucides et les sels sont protégés par un hydrogel qui se forme au contact de l'acide gastrique et qui délivre les nutriments directement à l'intestin s, on cheate ainsi sur l'osmolalité des boissons au niveau de l'estomac pour une meilleure vidange gastrique et ainsi une meilleure absorption) ou une forme de satiété du gout sucré après plusieurs heures. Les facultés d'endurance ne se résumerait ainsi plus qu'à une histoire de transit intestinal/gastrique dans des conditions extrèmes.
D'après mes sources, Pogacar a explosé à Courchevel parce qu'il n'arrivait plus à "manger autant" en fin d'étape, son organisme lui a dit stop, ce n'était pas une fringale mais juste qu'il ne pouvait plus continuer à faire du plus de 100 g de glucides/h, il était arrivé à saturation, d'où une vitesse d'ascension redevenue "_normale", avec une vraie fringale, il finissait à 20 min, bref, ça met la puce à l'oreille quant aux nouvelles limitations des coureurs. Surement une assimilation de glucides moins bien efficace chez Pogacar en pleine chaleur et par un organisme qui commençait à fatiguer.
J'en viens à me demander si Pogacar ne tourne pas à des doses aberrantes de plus de 150/160 g de glucides par heure avec une énorme tolérance au fructose par temps frais/froid d'où son bonus, chose qu'il ne peut bien évidemment pas reproduire en pleine chaleur. Une étude mentionne des capacités d'oxydation musculaire des glucides pouvant aller jusqu'à 1.7g/min soit 150 g/h (glucose et fructose sont absorbés par différents transporteurs au nveau de l'intestin d'où l'intérêt des nouveaux mélanges, on repousse la saturation)
Vingegaard n'utilise pas de cétones surement parce que son organisme peut tolérer sans soucis un afflux massif de glucides sur plusieurs heures avec un protocole nutritif idoine pour lui, donc aucun intérêt pour les cétones s'il peut bénéficier d'une orgie de glucides, carburant de choix, instantanément. On aimerait le voir un jour sur LBL.
Autant vous dire que s'il y a encore des équipes qui sont restées au cyclisme à la papa avec un apport en glucides de 60/70g/h, c'est finito pour elles.
Sans compter que de grosses prises de glucides tout au long des étapes ou pendant un stage intensif d'entrainement ont des bénéfices immenses sur la récupération.
Comment est-ce possible qu'il ait fallu attendre si longtemps pour que les équipes découvrent l'intérêt d'ingérer des calories ?![]()
Alors je veux bien que des compagnies aient sorties de nouveaux produits, mais là aussi je pensais que l'essentiel avait été découvert y'a bien longtemps.
Puis tu parles d'une révolution qui date de y'a 10-15 ans, mais moi le virage que je vois date de 2020.
L'histoire des coureurs qui ingèrent 100 gr et + de glucides par heure je l'ai déjà vu. Bizarrement moi ça m'impressionne pas mais peut être que c'est sur sur la durée que c'est dur ? Car moi je dépasse guère les 3h d'efforts. Et consommer des glucides no soucy. Par contre la perf baisse avec la durée mais je mettais ça sur le compte peut être de l'assimilation des glucides et le processus de transformation en énergie, des pertes contractiles par pertes minérales, sûrement des raisons hormonales et physiologiques complexes auxquelles je ne connais pas grand chose... Pour moi la baisse de la perf avec la fatigue c'est dû à un ensemble de choses. Que ce soit les calories la solution miracle me paraît bien trop simple (et étonnant qu'on ne trouve la solution que maintenant).
Mais sinon oui, les courses sont menées à haut rythme plus longtemps et c'est peut être pas qu'une question de mode![]()
Bon cela dit on pense surtout à la jumbo des dernières années
Pour ce qui concerne les méga perfs de mutants, là c'est différent. Il n'y a pas 36 MVDP. Dimanche dernier il était hors catégorie, glucides ou pas glucides. Et pogacar + vingegaard restent hors norme sur les GT.
L'augmentation des allures globales, c'est aussi une superposition de phénomènes entre gains sur les vélos (l'aéro notamment, les pneumatiques), la hausse du niveau global, la nutrition et peut être l'émergence d'athlètes mieux encadrés depuis leur adolescence. Il faut aussi ajouter les conditions climatiques comme PR 2024 avec un vent portant qui change tout.

