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Bradounet craque totalement depuis quelques jours. Dopage lourd là.
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 12:17
par Teteoo
*Chouchou* a écrit : 11 mars 2019, 03:43Entretien exclusif : la nouvelle vie "forcée" du cycliste manchois Lloyd Mondory
Dimanche 10 mars 2019 à 19:19
Ce dimanche 10 mars prenait fin la suspension de 4 ans infligée au coureur cycliste manchois Lloyd Mondory suspecté de dopage suite à un contrôle hors compétition à l'hiver 2015. Entretien avec l'ex-coureur pro, devenu restaurateur.
"Les gens qui me prennent pour un tricheur, je ne les rencontre pas et ils ne m'intéressent pas. S'ils pensent cela, qu'ils montent sur un vélo, qu'ils essaient de faire ce que j'ai fait, dopé ou non dopé, et on verra s'ils arrivent à avoir la carrière que j'ai eu."
zwhisop a écrit : 10 mars 2019, 18:28
On est dans une logique manichéenne du tout ou rien
Ou on est un type nickel ,propre et pur, sain etc
ou un infâme tricheur a mettre au rebut ostraciser et haïr
Le plus grand nombre évolue entre les deux , plus prés du cote négatif ou à l inverse, de la morale sportive
Mensonge, langue de bois et lynchage juridique et médiatique prospèrent dans un climat délétère
Preidler n est pas une immonde charogne, Madiot et pinot ne sont pas des saints, prêts à juger et a rejeter un coureur jusqu’alors apprécié. C'est un peu trahir et ne pas chercher à comprendre le fond du problème et ce recours contraint et malheureux au dopage.
Je dois dire que je suis plutôt d'accord, non pas que cela excuse ce qu'a fait Preidler, et ce pour quoi il mérite une sanction lourde, mais on est en effet dans un gris plus ou moins foncé. Combien d'équipes et de coureurs ont recours à des traitements considérés comme non dopants mais utilisés non pas pour soigner mais bien dans une optique d'amélioration des performances et donc dopante ? Beaucoup je le crains, mais je suis sûr qu'une bonne partie de ces coureurs pensera en toute bonne foi (et non à l'insu de son plein gré comme pour les pochettes de sang) que ce qu'ils font n'est pas répréhensible.
Malheureusement j'ai l'impression que nous sommes condamnés à continuer à patauger dans un gris plus ou moins foncé...
Je suis pas fan de Pinot et Madiot, loin de là, mais j'ai pas trouvé qu'ils ont pris une posture "ayatollesque" (y a un H à mettre, mais je sais pas ou). Surtout pas Pinot. Il a parlé de "haute trahison" sur le coup de l'émotion, mais le reste de ses propos était quand même assez mesuré et sensé. Certains autres ont vite dressé la guillotine, par contre..
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 13:01
par Macro
Ce qui m'inquiète surtout, c'est qu'on finisse par se reprendre un bon gros taquet dans la G.... un jour ou l'autre.
Je m'explique: je suis d'une nature plutôt optimiste et quand on dit, ça va mieux, le peloton et de plus en plus sain, etc, j'ai envie d'y croire. Vraiment. Mais ce que je crains par dessus tout, c'est que les cas tels que celui de Preidler ne soient que la partie visible de l'icerberg et qu'un jour - dans un mois, six mois, un an, deux ans, ...-une bonne grosse affaire éclate et qu'on se rende compte qu'il y a problème massif, tel que celui mis à jour en 1998. J'espère vraiment me tromper mais l'histoire de notre sport me semble inviter à la prudence.
Et pour en revenir à la réaction de Pinot...oui globalement elle est plutôt bien. Et je le disais plus tôt, ça doit être bancal de s'exprimer sur le sujet car la moindre maladresse peut te faire passer pour un suspect que tu n'es pas forcément. Non il n'est pas spécialement question de Pinot et du cas de Preidler. Mais disons que d'une manière générale, le monde du vélo a vite fait de faire des mecs qui se font pincer les personnes à fuir comme si elles portaient une maladie honteuse et contagieuse.
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 14:30
par On3
À la lecture du craquage de slip complet de Bradounet, j'en viens à me poser cette question : Johannes Durr est-il le JCVD/Roi Heenok du ski de fond ?
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 14:54
par boris74
Post fantastique de Bradounet
J'en veux encore
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 17:01
par biquet
Macro a écrit : 11 mars 2019, 13:01
Ce qui m'inquiète surtout, c'est qu'on finisse par se reprendre un bon gros taquet dans la G.... un jour ou l'autre.
Je m'explique: je suis d'une nature plutôt optimiste et quand on dit, ça va mieux, le peloton et de plus en plus sain, etc, j'ai envie d'y croire. Vraiment. Mais ce que je crains par dessus tout, c'est que les cas tels que celui de Preidler ne soient que la partie visible de l'icerberg et qu'un jour - dans un mois, six mois, un an, deux ans, ...-une bonne grosse affaire éclate et qu'on se rende compte qu'il y a problème massif, tel que celui mis à jour en 1998. J'espère vraiment me tromper mais l'histoire de notre sport me semble inviter à la prudence.
Et pour en revenir à la réaction de Pinot...oui globalement elle est plutôt bien. Et je le disais plus tôt, ça doit être bancal de s'exprimer sur le sujet car la moindre maladresse peut te faire passer pour un suspect que tu n'es pas forcément. Non il n'est pas spécialement question de Pinot et du cas de Preidler. Mais disons que d'une manière générale, le monde du vélo a vite fait de faire des mecs qui se font pincer les personnes à fuir comme si elles portaient une maladie honteuse et contagieuse.
Le problème, c que ça va toujours aussi vite (ou pratiquement). Oui, la qualité du matériel, les routes, tout ça. Et puis ce sont peut-être des cas isolés, des gars qui se sont perdus sur un sentier et qui jamais ne retrouvèrent, tel Avide Vincent. Mais il est possible (je dis bien il est possible) que ça trafiquote toujours pas mal, d'une manière ou d'une autre. Je pensais que ça ne pouvait toucher que l'élite, les gros salaires, ceux qui sont payés pour faire briller l'étoile du sponsor, mais finalement non.
Re: Dopage 2019
Publié : 11 mars 2019, 18:23
par flahutes12
Macro a écrit : 11 mars 2019, 13:01
Et pour en revenir à la réaction de Pinot...oui globalement elle est plutôt bien. Et je le disais plus tôt, ça doit être bancal de s'exprimer sur le sujet car la moindre maladresse peut te faire passer pour un suspect que tu n'es pas forcément. Non il n'est pas spécialement question de Pinot et du cas de Preidler. Mais disons que d'une manière générale, le monde du vélo a vite fait de faire des mecs qui se font pincer les personnes à fuir comme si elles portaient une maladie honteuse et contagieuse.
La réaction de Pinot a été à son image. Très digne, mesurée. Tous les autres intervenants dans cette histoire n'ont fait que du bla bla, avec parfois du mal à croire.
*Chouchou* a écrit : 11 mars 2019, 03:43Entretien exclusif : la nouvelle vie "forcée" du cycliste manchois Lloyd Mondory
Dimanche 10 mars 2019 à 19:19
Ce dimanche 10 mars prenait fin la suspension de 4 ans infligée au coureur cycliste manchois Lloyd Mondory suspecté de dopage suite à un contrôle hors compétition à l'hiver 2015. Entretien avec l'ex-coureur pro, devenu restaurateur.
"Les gens qui me prennent pour un tricheur, je ne les rencontre pas et ils ne m'intéressent pas. S'ils pensent cela, qu'ils montent sur un vélo, qu'ils essaient de faire ce que j'ai fait, dopé ou non dopé, et on verra s'ils arrivent à avoir la carrière que j'ai eu."
Je ne sais meme pas pourquoi, sauf pour faire du buzz, on lui tend encore un micro.
Quelqu'un est abonné ici, ça à l'air bien intéressant
Re: Dopage 2019
Publié : 14 mars 2019, 20:00
par rbl85
L’opération « Aderlass » (« la saignée », en allemand) va-t-elle provoquer une hémorragie dans le sport allemand et autrichien ? Deux semaines après l’arrestation coordonnée de Mark Schmidt, le médecin au centre du réseau de dopage, en Thuringe, et de cinq fondeurs ayant bénéficié de ses services aux championnats du monde de ski nordique en Autriche, les contours du réseau apparaissent progressivement aux enquêteurs.
Ils laissent entrevoir une organisation très structurée, couvrant de nombreux sports et plusieurs pays, et comparée à la mafia russe ou des Balkans par le chef des enquêteurs autrichiens.
Les premiers aveux de sportifs ont également permis de lever le voile sur des méthodes de dopage inédites, conçues pour échapper au passeport biologique, l’arme des fédérations sportives pour détecter le dopage sanguin.
Depuis l’arrestation de cinq fondeurs à Seefeld (deux Autrichiens, deux Estoniens et un Kazakh), trois sportifs ont avoué leur implication dans ce réseau : un autre fondeur estonien et deux cyclistes autrichiens, Stefan Denifl et Georg Preidler (membre de l’équipe française Groupama-FDJ).
« Bien plus gros que ce que l’on en connaît aujourd’hui »
L’interrogatoire de Mark Schmidt par la police allemande a débuté mercredi 13 mars et se poursuivait jeudi. Après son arrestation, son avocat avait fait savoir qu’il collaborerait avec les autorités.
Selon nos informations, d’autres cyclistes ont été identifiés parmi ses clients. Ce qui ne serait pas une surprise : il fut jadis médecin de l’équipe cycliste Gerolsteiner, disparue fin 2008 après une succession de cas de dopage dont l’encadrement était parfaitement au courant, selon les témoignages des coureurs. Il avait ensuite rebondi dans l’équipe allemande Milram, évoluant elle aussi en première division et fermée en 2010.
« D’autres sports d’été sont très probablement concernés, dit au Monde Michael Cepic, directeur de l’Agence autrichienne antidopage (NADA), associée à l’enquête par les autorités locales. Compte tenu du style d’organisation, je pense que c’est bien plus gros que ce que l’on en connaît aujourd’hui. »
En 2014, le docteur Schmidt s’était vanté dans la presse locale de suivre 50 à 60 sportifs pratiquant notamment le handball, le football et l’athlétisme. Il parlait alors en tant que dirigeant d’un centre agréé de médecine du sport, donc tout à fait fréquentable.
Dans les faits, il approchait lui-même des sportifs pour leur proposer de se doper, gratuitement dans un premier temps afin qu’ils puissent constater eux-mêmes le bénéfice qu’ils en tireraient.
A l’automne 2018, déjà, les autorités autrichiennes avaient contacté la NADA pour se renseigner sur le profil de certains sportifs soupçonnés de faire partie de ses clients. La police locale avait pu mettre sur écoute quelques membres du réseau Schmidt.
Les confessions, en janvier à la télévision allemande ARD, de l’ancien fondeur Johannes Dürr, client du médecin, a déclenché un vent de panique. Des changements de mode opératoire ont été ouvertement évoqués et ont permis l’accélération des événements, explique une source proche de l’enquête.
Dans le cabinet du médecin à Erfurt, les policiers allemands ont saisi une grosse quarantaine de poches de sang. « Les experts nous disent que cela doit correspondre à 10 ou 15 sportifs, pas plus, explique Michael Cepic. Mais compte tenu de la logistique – transfusion, transport du sang, traitement du sang – et de l’implication des parents de Mark Schmidt, nous pensons que la liste des clients est beaucoup plus longue. Sa mère est médecin, son père avocat renommé, ils connaissaient les risques et ne se seraient pas mouillés pour des revenus de seulement 50 000 euros par an. Les enquêteurs s’interrogent donc sur l’existence d’une deuxième cache. »
Le praticien avait-il deux bases, à l’instar de l’Espagnol Eufemiano Fuentes, au centre de l’affaire Puerto qui avait impliqué des figures du cyclisme mondial en 2006 ? Chez Mark Schmidt a été trouvée une liste de noms codés, comme chez l’Espagnol, dit une source proche de l’enquête. « A la différence de Fuentes qui opérait depuis l’Espagne, Schmidt et ses proches voyageaient beaucoup, même sur les compétitions », ajoute cette source.
A la différence de l’opération Puerto, où l’expiration du délai n’a jamais permis de connaître la liste complète des propriétaires des poches de sang saisies dans le repaire du docteur Fuentes, l’Agence mondiale antidopage s’est rapidement assurée de pouvoir exploiter celles d’Erfurt. Les rapprochements entre les ADN des poches de sang et ceux des sportifs suspects seront faits dans les prochains mois.
La lutte antidopage va par ailleurs bénéficier des détails des modes opératoires donnés par les sportifs. « A la lumière des premières informations, on se rend compte que les protocoles de dopage à partir desquels on travaille sont complètement dépassés », se désole le responsable antidopage d’une grande fédération internationale.
Les clients du docteur Schmidt réalisaient des transfusions trois à quatre heures avant une compétition et non la veille au soir, après l’heure limite de contrôle (23 heures), comme le pensaient les spécialistes.
Ce timing leur permettait de ne pas faire apparaître de variations considérables dans leurs valeurs sanguines. « Tous présentaient des passeports biologiques hautement suspicieux », dit toutefois au Monde le directeur général de l’Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli, mais pas au point d’engager une procédure contre eux.
De grandes poches de sang avant la compétition
« Le sang était injecté peu de temps avant la compétition, on le reprenait juste après, et on évitait de faire un podium entre-temps car sinon on pouvait être testé juste après la compétition, détaille Olivier Niggli. Cela permettait à certains de ces athlètes de finir à une position honorable qui les satisfaisait, sans s’exposer à un contrôle à l’arrivée. »
Alors que les chercheurs pensaient avoir, grâce au passeport biologique, contraint les tricheurs à pratiquer des microtransfusions (entre 70 et 150 millilitres de sang), certains sportifs du docteur Schmidt se transfusaient jusqu’à 800 ml de sang à quelques heures de leur épreuve, puis allaient uriner deux ou trois fois avant le début de la compétition. De sorte que la proportion de globules rouges dans leur sang grimpait considérablement, facilitant l’alimentation de leurs muscles en oxygène.
Après l’épreuve, l’absorption d’un litre d’eau salée permettait de faire baisser rapidement l’hématocrite, l’un des éléments entrant dans l’évaluation des passeports biologiques des sportifs. Et en se retirant le sang juste après la course, les sportifs bénéficiaient d’un sang enrichi en globules rouges qu’il pourraient se réinfuser pour les prochaines échéances.
Faudra-t-il, dès lors, que les préleveurs antidopage fassent des prises de sang juste avant les compétitions, quitte à perturber les athlètes dans leur préparation ? « On doit tirer les conséquences de cette affaire », estime Michael Cepic. « Il va falloir étudier cela de près », confirme Olivier Niggli. Les conséquences de l’opération « Aderlass » ne se limiteront pas aux seuls clients du docteur Schmidt.