D'abord merci à ceux qui apprécient mon intervention sur la rubrique de Lefevere.
Ci-après un extrait (également traduit) d'une très longue (3 pages) interview exclusive que ce même journal Het Nieuwsblad (vous comprenez donc pourquoi j'y suis abonné!

) a réalisée avec W. Van Aert: il s'agit de la partie consacrée au Tour et a sa préparation:
Au Dauphiné, tu y vas déjà pour la performance ?
Le Dauphiné va d’abord servir à s’améliorer, comme préparation au Tour. Dans ce sens, j’ai la même approche qu’à Paris-Nice cette année. Mais naturellement, je n’y vais pas pour simplement faire acte de présence. C’est bien le but de gagner des étapes. Et en même temps de mettre au point les mécanismes pour le Tour. Aussi dans les étapes plus dures, je vais vraiment me mettre minable, alors qu’à Paris-Nice – à l’exception de la dernière étape – je me suis plus tenu à carreau.
Mettre au point les mécanismes pour le Tour : ça veut dire trouver une balance tactique dans laquelle ton maillot par points ne va pas être sacrifié aux ambitions de classement de Roglic ?
Pas dans le sens où j’ai comme but de gagner le classement par points au Dauphiné, mais c’est bien un bon test. Si je vais à fond pour un résultat dans les étapes plus faciles – ce que je vais certainement faire – le reste va de soi devoir se conformer à Roglic. Le Dauphiné va aider à trouver le juste équilibre.
Il y a eu cette semaine des nouvelles sur la sélection du Tour de Jumbo-Visma. Seuls Roglic, Jonas Vingegaard et toi êtes encore certains de leur sélection. Pour le reste, c’est encore ouvert. Tu veux sans doute volontiers quelqu’un qui puisse t’aider dans les sprints ?
J’espère naturellement avoir un peu de soutien dans la préparation, oui. Il y aura bien quelqu’un dans la sélection qui pourra remplir un double rôle : un coureur de classiques qui peut m’aider dans les sprints, mais qui peut aussi tenir Jonas et Primoz hors de la zone de danger. On a toujours besoin d’un tel profil dans le Tour. Alors, nous pouvons toujours voir au jour le jour ce que son rôle devient précisément.
Un seul suffira ?
Les dernières années, j’ai déjà terminé deux fois top cinq au classement par points. Sans me focaliser dessus. Si je regarde là où j’avais laissé tomber à l’époque, le vert est bien un but, aussi dans une équipe qui s’oriente plus vers le classement.
Le parcours du Tour est bien à ton avantage. Il y a très peu d’étapes spécifiques pour sprinters.
Evidemment un parcours dur est un avantage. En beaucoup d’endroits où les purs sprinters vont devoir lâcher, je vais bien pouvoir prendre des points. Mais ça reste néanmoins un fait que le système de points est plus orienté vers les purs sprinters. Ils ont toujours un coup d’avance. Si façon de parler je gagne trois étapes
medium, je n’engrangerai pour le vert pas beaucoup plus que le pur sprinter qui gagne un seul sprint massif. Aussi dans ces étapes purement plates, je vais toujours devoir terminer devant.
Ça sonne comme si tu avais déjà tout comptabilisé.
C’est le cas. Autant moi-même que l’équipe avons déjà envisagé dans quelles étapes et combien je peux ou dois scorer. Avec les dernières années un peu comme fil conducteur. Le grand ajustement est que je vais aussi devoir participer aux sprints intermédiaires.
C’est bien un challenge, oui. Ça demande pour chaque étape un effort supplémentaire et un focus supplémentaire. Ça implique bien plus que switcher le dernier kilomètre sur le bouton on. Il faut réfléchir aux scénarios possibles. Si le sprint intermédiaire se situe après une montée, les équipes de coureurs à la Colbrelli ou à la Matthews vont mettre en route. Ou essayer de s’intégrer eux-mêmes dans une échappée. Les sprints intermédiaires vont ainsi coûter de l’énergie physique et mentale.
N’as-tu pas cette année dans le Tour une chance unique de prendre le jaune ? Un contre-la-montre inaugural suivi de deux étapes plates.
Dans cette première semaine, je veux dès lors prendre le plus de points possibles et partout concourir pour la victoire. Mais on peut prévoir ça si difficilement. Cette première semaine n’est pas normale, pour ainsi dire la plus dure que j’aurai jamais eu à courir. Seules les deux premières étapes sont vraiment plates et même celles-là vont devenir super chaotiques. Je connais un peu le coin. Au Tour du Danemark, j’ai déjà roulé une fois en bus sur ce pont de 18 kilomètres de long que l’étape deux emprunte. Le vent va y jouer un grand rôle, ce qui pour notre équipe est certainement une chance. Disons-le comme ça : si ces premières étapes se passent bien, je serai toujours près du jaune.