[Retro L'Equipe] TDF 1994
Modérateur : Modos VCN
Re: [Retro L'Equipe] TDF 1994
Je n'ai jamais grimpé le Tourmalet par la Mongie, juste descendu. Mais par Luz, c'est probablement l'ascension que j'ai préféré faire de ma vie. Comme dit plus haut, la sensation de haute montagne et surtout, de fouler la légende du Tour de France. J'étais d'ailleurs vraiment, vraiment bien dans ce col.
- levrai-dufaux
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Re: [Retro L'Equipe] TDF 1994
Pour Vietto, il a même utilisé un 47x18 pour gravir le Tourmalet cette année-là (développement de 5m59biquet a écrit : 20 mai 2020, 11:24A propos de l'étape du Galibier 34, ayant tendance à me méfier des paroles de Vietto (et des champions en générallevrai-dufaux a écrit : 18 mai 2020, 18:37
Ezquerra avait distancé Vietto dans le Galibier car celui-ci ne s'y était pas livré à fond (d'après ses déclarations). Il avait contrôlé le petit Espagnol avant de le doubler dans la descente et de s'imposer au terme de 100 km d'échappée.
Dans ce Tour 1934, Vietto était intouchable en montagne et refit deux raids mémorables. Trueba disait de lui qu'il était le plus grand grimpeur qu'il avait affronté (devant Binda qu'il avait affronté sur le Giro 33).
Quelques années plus tard, Bartali mettra tout le monde d'accord sur ce point et si l'on devait décerner un titre de "meilleur grimpeur d'avant-guerre", ce serait sans hésiter pour Gino. Les commentateurs de l'époque sont unanimes sur ce point : jamais ils n'ont vu un tel phénomène en montagne avant lui.
En ce qui concerne le style des grimpeurs, j'ai été frappé de constater que le style en "danseuse" n'était pas associé aux purs grimpeurs avant-guerre. Au contraire, celui qui se déhanchait était celui en difficulté, contraint de se contorsionner pour avancer en souffrant. Le grand grimpeur était celui qui ne levait pas les fesses de sa selle, ou alors très peu, et restait le buste droit. Coppi est peut-être à l'origine de cette évolution dans notre perception du grimpeur.), je pense pour ma part que le Roi René avait fait un choix trés risqué, mais qui s'est avéré payant, en optant pour un plateau de 47. Il devait être le seul coureur du peloton à utiliser un tel braquet, car les coureurs choisissaient majoritairement un 44 (comme Trueba l'année précédente) pour passer les étapes de montagne. Sur les rares images qu'on peut voir de Vietto dans l'ascension, c'est impressionnant, car il donne un coup de pédale toutes les 24 heures, mais en restant assis, avec un tronc qui ne bouge absolument pas. Les grimpeurs espagnols ont escaladé le Galibier plus vite (c'est Trueba et pas Ezquerra qui a réalisé la montée la plus rapide, car il l'avait abordé trés trés attardé, selon le compte rendu du Miroir des Sports), mais Vietto les a ensuite écrabouillé dans la descente et sur la longue plaine menant à Grenoble. Il avait la force suffisante (ce devait être le seul) pour enrouler des braquets hors mesure en montée avant de faire la différence sur son 47.
Car en une époque ou les arrivées étaient souvent situées loin du dernier grand col , les coureurs devaient faire un choix délicat pour trouver l'équilibre idéal. Celui qui spéculait uniquement sur l'ascension pouvait finir trés loin en raison du temps perdu à pédaler dans le vide en plaine, et inversement, il fallait éviter de se retrouver dans l'obligation d'escalader un col à pied pour cause de braquet trop ambitieux. Il fallait pouvoir étudier parfaitement le terrain (comme Antonin Magne), ou disposer de capacités phénoménales (comme Vietto).
Il a également utilisé ce braquet pour les cols de Vars et d'Allos lors de sa plus belle victoire sur ce Tour (150 km d'échappée solitaire).
Évidemment, avec Vietto, il faut prendre ses déclarations avec des pincettes. Néanmoins, l'idée qu'il ait été prudent dans le Galibier m'apparaît relativement fondé. Il l'a gravi moins vite que les Espagnols alors qu'ils les a dominé assez nettement le reste du temps dans les cols, notamment dans les Pyrénées. Il n'y a pas que sur le plat et dans les descentes qu'il s'est révélé supérieur à eux. Il était vraiment en état de grâce cette année-là.
- loloherrera
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Re: [Retro L'Equipe] TDF 1994
D'ailleurs, j'avais lu aussi quelque part que le déclin du "Roi René" était dû également à l'abus de gros braquets, en plus d'un certain relâchement. Mais c'est vrai qu'en 1934, il volait. Peu de coureurs ont survolé la montagne comme lui l'a fait.
