Re: L'Europe à vélo !
Publié : 19 sept. 2017, 17:22
Vendredi 19 mai : Etape 4 : Ronde Van Vlaanderen
Village-étape : Roubaix-Lille Métropole
La chanson du jour :
Il est six heures, Roubaix s'éveille. La nuit fut courte et rude, mais je suis arrivé à Roubaix. J'ai dompté les pavés de l'enfer du nord, eux qui m'avaient quelques jours plus tôt, mis K.O. Hier, ce fut un déclic, j’ai parfaitement géré les pavés, et je me suis fait violence pour rouler sous un temps pluvieux, et de nuit. Voilà deux verrous qui viennent de sauter. Je me sens de plus en plus libre, et capable d’improviser, de continuer dans ma lancée quelque soient les circonstances.
Et je ne compte pas m'arrêter là ! Je suis au pied de la Belgique, le pays du vélo !
Je m'apprête donc à traverser la frontière pour me tester sur les monts pavés. Mais auparavant, je reprends des forces dans un café lillois. Je suis au chaud, fait ma toilette après cette nuit éprouvante et recharge mon portable. Il faut rester connecté en cas de pépins.
Je pars donc direction Kluisberg vers 8h où m'attendent les trois premiers monts de la journée. J'ai prévu, comme pour Roubaix, une cinquantaine de bornes "d'échauffement", mais je fais du rab' car je ne suis pas au point niveau sens de l'orientation ... :boulet: N’ayant pas super bien dormir, je vais revoir mon programme à la baisse : je voulais faire 9 secteurs pavés d’ouest en est (Vieux Quaremont, Patterberg, Koppenberg, Eikenberg, Steenheekdries, Taaienberg, Kruisberg-Hotond, Kanarieberg et Grammont)
mais ça risque d’être compliqué, je vais tenter d’en faire un max, sans me prendre la tête. J’étais plus motivé par Roubaix.
J'avais noté après Roubaix que je passerai par Espierres-Helchin, traduction française d'un village flamand dont personne ici ne connaît le nom ... Je me perds pour sortir de la métropole lilloise sans prendre de 4 voies puis passe la frontière pour rejoindre Mouscron. Je m'étais bien préparé, et je baragouine quelques mots de Flamand à une passante pour lui demander la route pour « Kluisbergen, de Oude Kwaremont ». "Vous êtes en Wallonie ici monsieur". Ah... je suis trop pressé d'arriver en territoire flandrien
. Je reprends la route pour sortir de Mouscron en pleins embouteillages (il est 9h) et prend la direction de Wevelgem, plus au nord.
Me voilà en Flandres! Je découvre les ravels : ces plaques de bétons sur le bord de la chaussée, paradis du cycliste. Heureux d'avoir quitté la métropole Lilloise, je flâne sur les ravels (pistes cyclables flamandes), qui me mèneront tout à l'heure à l'enchaînement Vieux-Quaremont-Patterberg-Koppenberg. On est bien au pays du vélo ici ! Mais je vais mettre beaucoup de temps pour rejoindre Kluisbergen. Il faut dire que je suis bien fatigué de la veille (dans les deux sens du terme), donc je gère mes efforts.
Je m'arrête dans un troquet où l'on me prévient de la difficulté des monts, au vu de ma mine et de mon paquetage, les flamands, connaisseurs, me mettent au défi! Je rejoins Kluisbergen vers 11h et m'élance pour le Vieux-Quaremont.
Je demande où est le "Oude kwaremont", et l'on m'indique une belle route asphaltée montant au loin.
Comment dit-on pavé en flamand ? Tant pis, je grimpe et tourne à gauche à mi-pente. Voilà les pavés !
Le dénivelé est impressionnant. La pente maximale est de 11%, et ça grimpe pendant 2,2 kms. Je descends le début du secteur quasi à l'arrêt, par précaution, pour arriver au pied. Ça me permet de repérer un peu où je vais mettre mes roues, et je prend quelques photos-souvenirs.

La motivation !
Je descends encore quelques mètres après le bas du secteur, fait demi-tour, et c'est parti ! Rien qu’à voir les panneaux écrits en flamand et essayer de les prononcer dans ma tête me motive. La langue est rude, tout comme le pavé. Pourtant, il est plus lisse que Roubaix. Mais le « gros-cul » que je suis va devoir se lever de sa selle pour une fois et se mettre en danseuse, car c’est pentu !

Le pied du Vieux-Quaremont
Je mets mon plus petit développement. Je ne me souviens plus trop des détails mais j'ai bien galéré, car c'est long. Pourtant les pavés sont plus abordables que ceux de Roubaix mais la pente me ralenti et rend le passage des pavés plus technique. En allant moins vite, on subit bien plus les jointures qu'en les « sautant » avec la vitesse (enfin c’est mon ressenti). Aussi, le fait de mouliner avec la pente, fait que le cœur monte dans les tours plus vite, avec les vibrations des pavés, je m’asphyxie très vite ! Je suis plutôt endurant, mais pas habitué à ces efforts violents. Pourtant, au sommet, alors que je crache mes poumons, je ne m’arrête pas : des flèches m'invite à poursuivre le parcours du Ronde en direction du Patterberg. Et je veux tenter d’enchaîner les 3 premiers monts en condition course : sans s’arrêter et en faisant la descente.
J’arrive assez vite au Patterberg, il n’y a quasiment pas de temps-mort. Ce mont est bien plus pentu, 12% de moyenne, là il va falloir s'accrocher. A ces dénivelées, plus possible de rester assis, il faut se mettre en danseuse
En me rasseyant, et avec mon sac à dos, ma roue avant se lève
Il va falloir que je passe mes épaules plus en avant, me couchant sur ma machine afin que le sac soit plus en avant pour vaincre la pesanteur. La position n'est pas agréable, il est encore plus dur de respirer qu'au Quaremont, et j'arrive en haut épuisé, alors que je n'ai fait que 50 bornes et 2 secteurs sur 9 ... Pourtant, la vue est belle en haut des monts.

Depuis le Koppenberg, vue sur le Patterberg (si ma mémoire est bonne)
Le Koppenberg est le mont que j'ai le plus apprécié de la trilogie. Il y a un côté Arenberg avec les arbres des deux côtés de la route. Ce mont là, je le passe un peu mieux que le Patterberg car j'ai trouvé la technique. Par contre je suis quasiment à l'arrêt, il faut rester concentré car ça glisse … ça serait moche de tomber comme ça

Pied du Koppenberg (ok je me suis arrêté en voyant le monstre)
Arrivé en haut, je fais une courte pause pour reprendre mes esprits, il est midi. Je suis les indications vers Oudenaarde mais je me retrouve à tourner en rond.
Finalement je prend une 4 voies pour arriver au centre-ville pour la pause déjeuner. Je fais un tour au musée du tour des Flandres. J'en profite pour prendre une carte et je vois que trois boucles mènent vers Oudenaarde. Je tournais en rond car je suivais les fléchages des trois boucles à la fois, qui vont et viennent depuis Oudenaarde...
J'avais prévu ensuite de prendre le sud pour faire 3 autres secteurs (Eikenberg, Steenheekdries, Taaienberg) puis vers l'est pour en refaire deux jusqu'à Grammont (Kruisberg, Kanarieberg). Mais je suis en retard, et je souhaite assurer pour faire le mur de Grammont avant d'aller à Bruxelles où j'ai une soirée de prévue. Je ne veux pas arriver là-bas de nuit …
Je me dirige donc vers Grammont pour le secteur que j'appréhende le plus, le mur de Grammont. Arrivé à Grammont en milieu d'après-midi, je traverse l'Escaut puis monte en direction du mur.

Les flamands font les choses bien : l’approche du Muur est parsemée de pancartes motivantes. J’y comprends rien, mais c'est pas grave : aujourd’hui, moi aussi je suis flandrien
Pas de risque de se perdre, les secteurs mythiques du RVV sont fléchés, contrairement à Roubaix
J'arrive à une intersection et voit un mur pavé droit. Je ne sais pas quels sont les pourcentages mais c'est impressionnant. Il y a une barrière au milieu du secteur, je ne comprend pas. Arrivé là, je vois un couple amusé et leur demande où se trouve le mur ? "C'est tout là haut, mais le tour des Flandres passent par une autre route pour y aller". Je fini de monter à pied et arrive à la Pachtersstraat. Je suis têtu et obstiné, ce qui me permet de ne pas me poser de question et de faire des bornes mais je ne suis pas assez concentré sur mon parcours, j'ai tendance à aller là où ça me plaît le plus
Je ne sais pas à combien il était ce mur (si quelqu’un connaît bien le centre-ville de Grammont), mais me voilà prêt pour Huy
Me voilà au pied du mur ! Une pancarte m'encourage à vaincre la pente


Je tourne à droite et me retrouve dans une sorte de bois. C'est très pentu! Les pavés, à l’ombre, sont glissants. Je suis "tout à gauche" et je force déjà comme un dingue, toujours assis sur ma selle. Au plus fort de la pente, je vois une pancarte HOP!
Déjà dans le rouge, je me mets, comme par réflexe, en danseuse. Je suis en mode "automatique". Ça pique aux jambes et j'alterne les positions, quasi à l'arrêt. Dans l'état où je suis, je ne réfléchi pas où mettre les roues. Je zig-zag, ça me fait plus de pavés à franchir comme ça.
Je sors du bois, tourne sur la gauche, il y a un "replat" et je vois au loin la chapelle. Je fais la fin en sprintant (pas très vite mais je tiens à tout donner)
. Arrivé au sommet, je fais une crise d'asthme. Ça m'arrive très rarement (je ne suis jamais à 100 % en sprint car je fais de l’asthme d’effort); je prends de la ventoline, et fais une sieste sur l’herbe.
Le couple qui m'avait aiguillé au pied arrive lui-aussi un peu plus tard au sommet et me félicite, vraiment sympa !

La chapelle au sommet du Muur
Après ces efforts, je redescends prendre les photos ci-dessus puis m'arrête dans un café. Mes jambes sont dures, ça va être compliqué de continuer. Il est 16h, je suis à 2h à vélo de Bruxelles mais je n'aime pas rouler en ville, il se met à pleuvoir et l'on me conseille de prendre le train car je ne suis plus très frais
Ce que je fais pour avoir le temps de trouver un hôtel à Bruxelles avant la nuit. Après deux monuments en deux jours, et une nuit galère, quelques averses, une crevaison, je vais pouvoir me reposer au chaud ce soir, prendre un vrai petit déjeuner demain matin.
Mais avant ça, je vais passer une super soirée à Bruxelles, j'abuse un peu du vin et de la bière et marche une heure dans la nuit bruxelloise pour retrouver mon hôtel. Encore perdu ? Oui, mais je profite et marche un peu avant de remettre ça demain.
Mon prochain objectif est la citadelle de Namur, et il y a autant de bornes entre Grammont et Namur qu'entre Bruxelles et Namur. Donc techniquement, c'est comme si j'avais tout fait à vélo.
Il est six heures, Roubaix s'éveille. La nuit fut courte et rude, mais je suis arrivé à Roubaix. J'ai dompté les pavés de l'enfer du nord, eux qui m'avaient quelques jours plus tôt, mis K.O. Hier, ce fut un déclic, j’ai parfaitement géré les pavés, et je me suis fait violence pour rouler sous un temps pluvieux, et de nuit. Voilà deux verrous qui viennent de sauter. Je me sens de plus en plus libre, et capable d’improviser, de continuer dans ma lancée quelque soient les circonstances.
Et je ne compte pas m'arrêter là ! Je suis au pied de la Belgique, le pays du vélo !
Je pars donc direction Kluisberg vers 8h où m'attendent les trois premiers monts de la journée. J'ai prévu, comme pour Roubaix, une cinquantaine de bornes "d'échauffement", mais je fais du rab' car je ne suis pas au point niveau sens de l'orientation ... :boulet: N’ayant pas super bien dormir, je vais revoir mon programme à la baisse : je voulais faire 9 secteurs pavés d’ouest en est (Vieux Quaremont, Patterberg, Koppenberg, Eikenberg, Steenheekdries, Taaienberg, Kruisberg-Hotond, Kanarieberg et Grammont)
J'avais noté après Roubaix que je passerai par Espierres-Helchin, traduction française d'un village flamand dont personne ici ne connaît le nom ... Je me perds pour sortir de la métropole lilloise sans prendre de 4 voies puis passe la frontière pour rejoindre Mouscron. Je m'étais bien préparé, et je baragouine quelques mots de Flamand à une passante pour lui demander la route pour « Kluisbergen, de Oude Kwaremont ». "Vous êtes en Wallonie ici monsieur". Ah... je suis trop pressé d'arriver en territoire flandrien
Me voilà en Flandres! Je découvre les ravels : ces plaques de bétons sur le bord de la chaussée, paradis du cycliste. Heureux d'avoir quitté la métropole Lilloise, je flâne sur les ravels (pistes cyclables flamandes), qui me mèneront tout à l'heure à l'enchaînement Vieux-Quaremont-Patterberg-Koppenberg. On est bien au pays du vélo ici ! Mais je vais mettre beaucoup de temps pour rejoindre Kluisbergen. Il faut dire que je suis bien fatigué de la veille (dans les deux sens du terme), donc je gère mes efforts.
Je m'arrête dans un troquet où l'on me prévient de la difficulté des monts, au vu de ma mine et de mon paquetage, les flamands, connaisseurs, me mettent au défi! Je rejoins Kluisbergen vers 11h et m'élance pour le Vieux-Quaremont.

La motivation !
Je descends encore quelques mètres après le bas du secteur, fait demi-tour, et c'est parti ! Rien qu’à voir les panneaux écrits en flamand et essayer de les prononcer dans ma tête me motive. La langue est rude, tout comme le pavé. Pourtant, il est plus lisse que Roubaix. Mais le « gros-cul » que je suis va devoir se lever de sa selle pour une fois et se mettre en danseuse, car c’est pentu !

Le pied du Vieux-Quaremont
Je mets mon plus petit développement. Je ne me souviens plus trop des détails mais j'ai bien galéré, car c'est long. Pourtant les pavés sont plus abordables que ceux de Roubaix mais la pente me ralenti et rend le passage des pavés plus technique. En allant moins vite, on subit bien plus les jointures qu'en les « sautant » avec la vitesse (enfin c’est mon ressenti). Aussi, le fait de mouliner avec la pente, fait que le cœur monte dans les tours plus vite, avec les vibrations des pavés, je m’asphyxie très vite ! Je suis plutôt endurant, mais pas habitué à ces efforts violents. Pourtant, au sommet, alors que je crache mes poumons, je ne m’arrête pas : des flèches m'invite à poursuivre le parcours du Ronde en direction du Patterberg. Et je veux tenter d’enchaîner les 3 premiers monts en condition course : sans s’arrêter et en faisant la descente.
J’arrive assez vite au Patterberg, il n’y a quasiment pas de temps-mort. Ce mont est bien plus pentu, 12% de moyenne, là il va falloir s'accrocher. A ces dénivelées, plus possible de rester assis, il faut se mettre en danseuse

Depuis le Koppenberg, vue sur le Patterberg (si ma mémoire est bonne)
Le Koppenberg est le mont que j'ai le plus apprécié de la trilogie. Il y a un côté Arenberg avec les arbres des deux côtés de la route. Ce mont là, je le passe un peu mieux que le Patterberg car j'ai trouvé la technique. Par contre je suis quasiment à l'arrêt, il faut rester concentré car ça glisse … ça serait moche de tomber comme ça

Pied du Koppenberg (ok je me suis arrêté en voyant le monstre)
Arrivé en haut, je fais une courte pause pour reprendre mes esprits, il est midi. Je suis les indications vers Oudenaarde mais je me retrouve à tourner en rond.
Je me dirige donc vers Grammont pour le secteur que j'appréhende le plus, le mur de Grammont. Arrivé à Grammont en milieu d'après-midi, je traverse l'Escaut puis monte en direction du mur.

Les flamands font les choses bien : l’approche du Muur est parsemée de pancartes motivantes. J’y comprends rien, mais c'est pas grave : aujourd’hui, moi aussi je suis flandrien
Pas de risque de se perdre, les secteurs mythiques du RVV sont fléchés, contrairement à Roubaix
J'arrive à une intersection et voit un mur pavé droit. Je ne sais pas quels sont les pourcentages mais c'est impressionnant. Il y a une barrière au milieu du secteur, je ne comprend pas. Arrivé là, je vois un couple amusé et leur demande où se trouve le mur ? "C'est tout là haut, mais le tour des Flandres passent par une autre route pour y aller". Je fini de monter à pied et arrive à la Pachtersstraat. Je suis têtu et obstiné, ce qui me permet de ne pas me poser de question et de faire des bornes mais je ne suis pas assez concentré sur mon parcours, j'ai tendance à aller là où ça me plaît le plus
Me voilà au pied du mur ! Une pancarte m'encourage à vaincre la pente


Je tourne à droite et me retrouve dans une sorte de bois. C'est très pentu! Les pavés, à l’ombre, sont glissants. Je suis "tout à gauche" et je force déjà comme un dingue, toujours assis sur ma selle. Au plus fort de la pente, je vois une pancarte HOP!

La chapelle au sommet du Muur
Après ces efforts, je redescends prendre les photos ci-dessus puis m'arrête dans un café. Mes jambes sont dures, ça va être compliqué de continuer. Il est 16h, je suis à 2h à vélo de Bruxelles mais je n'aime pas rouler en ville, il se met à pleuvoir et l'on me conseille de prendre le train car je ne suis plus très frais
Mon prochain objectif est la citadelle de Namur, et il y a autant de bornes entre Grammont et Namur qu'entre Bruxelles et Namur. Donc techniquement, c'est comme si j'avais tout fait à vélo.





















