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Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 17:22
par Le sucre sportif
Vendredi 19 mai : Etape 4 : Ronde Van Vlaanderen :belgique:
Roubaix (59) – Grammont (Flandres), 95kms, 4kms de monts pavés, Difficulté 1/5
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Entre 50 et 60 kms : l’enchaînement Quaremont-Patterberg-Koppenberg, et le mur de Grammont pour un final Ilnuresque :pompom:
Village-étape : Roubaix-Lille Métropole
Lille, en flamand Rysel est la capitale des Flandres. Historiquement sous influence du comté de Flandre, de la Bourgogne, du Saint-Empire Germanique, des Pays-Bas Espagnols puis de la France, elle est au cœur de l’Europe, à une dizaine de kilomètres de la Belgique. :study: Sa métropole dépasse le million d’habitants, autant dire qu’il y a des choses à voir ici (que je ne verrais pas, traversant la métropole pendant la nuit). A commencer par le vélodrome de Roubaix :love:
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Arrivé de nuit, je n'ai pas pu admirer sa superbe :spamafote:

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Le palais des beaux-arts. Il semble bon de flâner dans le centre-ville de Lille, notamment pour admirer l’architecture du vieux-Lille, et la magnificence de la Grand Place.

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Moi, le seul truc que je vais bêtement retenir de la métropole lilloise, c’est qu’il fait bon y faire du vélo ! :cheval:
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La chanson du jour :


Il est six heures, Roubaix s'éveille. La nuit fut courte et rude, mais je suis arrivé à Roubaix. J'ai dompté les pavés de l'enfer du nord, eux qui m'avaient quelques jours plus tôt, mis K.O. Hier, ce fut un déclic, j’ai parfaitement géré les pavés, et je me suis fait violence pour rouler sous un temps pluvieux, et de nuit. Voilà deux verrous qui viennent de sauter. Je me sens de plus en plus libre, et capable d’improviser, de continuer dans ma lancée quelque soient les circonstances. :metalhead:

Et je ne compte pas m'arrêter là ! Je suis au pied de la Belgique, le pays du vélo ! :belgique: Je m'apprête donc à traverser la frontière pour me tester sur les monts pavés. Mais auparavant, je reprends des forces dans un café lillois. Je suis au chaud, fait ma toilette après cette nuit éprouvante et recharge mon portable. Il faut rester connecté en cas de pépins.

Je pars donc direction Kluisberg vers 8h où m'attendent les trois premiers monts de la journée. J'ai prévu, comme pour Roubaix, une cinquantaine de bornes "d'échauffement", mais je fais du rab' car je ne suis pas au point niveau sens de l'orientation ... :boulet: N’ayant pas super bien dormir, je vais revoir mon programme à la baisse : je voulais faire 9 secteurs pavés d’ouest en est (Vieux Quaremont, Patterberg, Koppenberg, Eikenberg, Steenheekdries, Taaienberg, Kruisberg-Hotond, Kanarieberg et Grammont) :w00t: mais ça risque d’être compliqué, je vais tenter d’en faire un max, sans me prendre la tête. J’étais plus motivé par Roubaix. :france:

J'avais noté après Roubaix que je passerai par Espierres-Helchin, traduction française d'un village flamand dont personne ici ne connaît le nom ... Je me perds pour sortir de la métropole lilloise sans prendre de 4 voies puis passe la frontière pour rejoindre Mouscron. Je m'étais bien préparé, et je baragouine quelques mots de Flamand à une passante pour lui demander la route pour « Kluisbergen, de Oude Kwaremont ». "Vous êtes en Wallonie ici monsieur". Ah... je suis trop pressé d'arriver en territoire flandrien :rieur: . Je reprends la route pour sortir de Mouscron en pleins embouteillages (il est 9h) et prend la direction de Wevelgem, plus au nord.

Me voilà en Flandres! Je découvre les ravels : ces plaques de bétons sur le bord de la chaussée, paradis du cycliste. Heureux d'avoir quitté la métropole Lilloise, je flâne sur les ravels (pistes cyclables flamandes), qui me mèneront tout à l'heure à l'enchaînement Vieux-Quaremont-Patterberg-Koppenberg. On est bien au pays du vélo ici ! Mais je vais mettre beaucoup de temps pour rejoindre Kluisbergen. Il faut dire que je suis bien fatigué de la veille (dans les deux sens du terme), donc je gère mes efforts. :tdf:

Je m'arrête dans un troquet où l'on me prévient de la difficulté des monts, au vu de ma mine et de mon paquetage, les flamands, connaisseurs, me mettent au défi! Je rejoins Kluisbergen vers 11h et m'élance pour le Vieux-Quaremont. :cheval: Je demande où est le "Oude kwaremont", et l'on m'indique une belle route asphaltée montant au loin. :colere: Comment dit-on pavé en flamand ? Tant pis, je grimpe et tourne à gauche à mi-pente. Voilà les pavés ! :love: Le dénivelé est impressionnant. La pente maximale est de 11%, et ça grimpe pendant 2,2 kms. Je descends le début du secteur quasi à l'arrêt, par précaution, pour arriver au pied. Ça me permet de repérer un peu où je vais mettre mes roues, et je prend quelques photos-souvenirs.
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La motivation ! :chimay:

Je descends encore quelques mètres après le bas du secteur, fait demi-tour, et c'est parti ! Rien qu’à voir les panneaux écrits en flamand et essayer de les prononcer dans ma tête me motive. La langue est rude, tout comme le pavé. Pourtant, il est plus lisse que Roubaix. Mais le « gros-cul » que je suis va devoir se lever de sa selle pour une fois et se mettre en danseuse, car c’est pentu !
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Le pied du Vieux-Quaremont :ouch:

Je mets mon plus petit développement. Je ne me souviens plus trop des détails mais j'ai bien galéré, car c'est long. Pourtant les pavés sont plus abordables que ceux de Roubaix mais la pente me ralenti et rend le passage des pavés plus technique. En allant moins vite, on subit bien plus les jointures qu'en les « sautant » avec la vitesse (enfin c’est mon ressenti). Aussi, le fait de mouliner avec la pente, fait que le cœur monte dans les tours plus vite, avec les vibrations des pavés, je m’asphyxie très vite ! Je suis plutôt endurant, mais pas habitué à ces efforts violents. Pourtant, au sommet, alors que je crache mes poumons, je ne m’arrête pas : des flèches m'invite à poursuivre le parcours du Ronde en direction du Patterberg. Et je veux tenter d’enchaîner les 3 premiers monts en condition course : sans s’arrêter et en faisant la descente. :cheval:

J’arrive assez vite au Patterberg, il n’y a quasiment pas de temps-mort. Ce mont est bien plus pentu, 12% de moyenne, là il va falloir s'accrocher. A ces dénivelées, plus possible de rester assis, il faut se mettre en danseuse :manolo: En me rasseyant, et avec mon sac à dos, ma roue avant se lève :w00t: Il va falloir que je passe mes épaules plus en avant, me couchant sur ma machine afin que le sac soit plus en avant pour vaincre la pesanteur. La position n'est pas agréable, il est encore plus dur de respirer qu'au Quaremont, et j'arrive en haut épuisé, alors que je n'ai fait que 50 bornes et 2 secteurs sur 9 ... Pourtant, la vue est belle en haut des monts.
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Depuis le Koppenberg, vue sur le Patterberg (si ma mémoire est bonne)

Le Koppenberg est le mont que j'ai le plus apprécié de la trilogie. Il y a un côté Arenberg avec les arbres des deux côtés de la route. Ce mont là, je le passe un peu mieux que le Patterberg car j'ai trouvé la technique. Par contre je suis quasiment à l'arrêt, il faut rester concentré car ça glisse … ça serait moche de tomber comme ça  :green:
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Pied du Koppenberg (ok je me suis arrêté en voyant le monstre) :w00t:

Arrivé en haut, je fais une courte pause pour reprendre mes esprits, il est midi. Je suis les indications vers Oudenaarde mais je me retrouve à tourner en rond. :sarcastic: Finalement je prend une 4 voies pour arriver au centre-ville pour la pause déjeuner. Je fais un tour au musée du tour des Flandres. J'en profite pour prendre une carte et je vois que trois boucles mènent vers Oudenaarde. Je tournais en rond car je suivais les fléchages des trois boucles à la fois, qui vont et viennent depuis Oudenaarde... :paf-mur: J'avais prévu ensuite de prendre le sud pour faire 3 autres secteurs (Eikenberg, Steenheekdries, Taaienberg) puis vers l'est pour en refaire deux jusqu'à Grammont (Kruisberg, Kanarieberg). Mais je suis en retard, et je souhaite assurer pour faire le mur de Grammont avant d'aller à Bruxelles où j'ai une soirée de prévue. Je ne veux pas arriver là-bas de nuit …

Je me dirige donc vers Grammont pour le secteur que j'appréhende le plus, le mur de Grammont. Arrivé à Grammont en milieu d'après-midi, je traverse l'Escaut puis monte en direction du mur. :niark:

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Les flamands font les choses bien : l’approche du Muur est parsemée de pancartes motivantes. J’y comprends rien, mais c'est pas grave : aujourd’hui, moi aussi je suis flandrien :belgique:

Pas de risque de se perdre, les secteurs mythiques du RVV sont fléchés, contrairement à Roubaix :siffle:
J'arrive à une intersection et voit un mur pavé droit. Je ne sais pas quels sont les pourcentages mais c'est impressionnant. Il y a une barrière au milieu du secteur, je ne comprend pas. Arrivé là, je vois un couple amusé et leur demande où se trouve le mur ? "C'est tout là haut, mais le tour des Flandres passent par une autre route pour y aller". Je fini de monter à pied et arrive à la Pachtersstraat. Je suis têtu et obstiné, ce qui me permet de ne pas me poser de question et de faire des bornes mais je ne suis pas assez concentré sur mon parcours, j'ai tendance à aller là où ça me plaît le plus :tonton: Je ne sais pas à combien il était ce mur (si quelqu’un connaît bien le centre-ville de Grammont), mais me voilà prêt pour Huy :green:

Me voilà au pied du mur ! Une pancarte m'encourage à vaincre la pente :manolo:
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Je tourne à droite et me retrouve dans une sorte de bois. C'est très pentu! Les pavés, à l’ombre, sont glissants. Je suis "tout à gauche" et je force déjà comme un dingue, toujours assis sur ma selle. Au plus fort de la pente, je vois une pancarte HOP! :manolo: Déjà dans le rouge, je me mets, comme par réflexe, en danseuse. Je suis en mode "automatique". Ça pique aux jambes et j'alterne les positions, quasi à l'arrêt. Dans l'état où je suis, je ne réfléchi pas où mettre les roues. Je zig-zag, ça me fait plus de pavés à franchir comme ça. :sweat: Je sors du bois, tourne sur la gauche, il y a un "replat" et je vois au loin la chapelle. Je fais la fin en sprintant (pas très vite mais je tiens à tout donner) :metalhead: . Arrivé au sommet, je fais une crise d'asthme. Ça m'arrive très rarement (je ne suis jamais à 100 % en sprint car je fais de l’asthme d’effort); je prends de la ventoline, et fais une sieste sur l’herbe. :saoul: Le couple qui m'avait aiguillé au pied arrive lui-aussi un peu plus tard au sommet et me félicite, vraiment sympa !
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La chapelle au sommet du Muur :love:

Après ces efforts, je redescends prendre les photos ci-dessus puis m'arrête dans un café. Mes jambes sont dures, ça va être compliqué de continuer. Il est 16h, je suis à 2h à vélo de Bruxelles mais je n'aime pas rouler en ville, il se met à pleuvoir et l'on me conseille de prendre le train car je ne suis plus très frais :sylvain84: Ce que je fais pour avoir le temps de trouver un hôtel à Bruxelles avant la nuit. Après deux monuments en deux jours, et une nuit galère, quelques averses, une crevaison, je vais pouvoir me reposer au chaud ce soir, prendre un vrai petit déjeuner demain matin. :hole: Mais avant ça, je vais passer une super soirée à Bruxelles, j'abuse un peu du vin et de la bière et marche une heure dans la nuit bruxelloise pour retrouver mon hôtel. Encore perdu ? Oui, mais je profite et marche un peu avant de remettre ça demain. :jap:

Mon prochain objectif est la citadelle de Namur, et il y a autant de bornes entre Grammont et Namur qu'entre Bruxelles et Namur. Donc techniquement, c'est comme si j'avais tout fait à vélo. :siffle:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 17:49
par Allobroges
moué, pas très drôle, la série tend déjà à s’essouffler mais bon, l'épisode précédent était tellement énorme... :popcorn:



Sinon, :applaud:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 18:49
par Le sucre sportif
Merci ! Je vais avoir du mal à surenchérir comme dans ton teaser, il y a des jours où je suis resté sage, la route est encore longue :jap:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 20:55
par chargain55
@Le sucre sportif
Bon, je crois que j'ai trouvé un meilleur sens de la désorientation que le mien : bravo ! :green:
A part ça, je trouve que sur tes photos, les pavés ont l'air propres, bien alignés, pas trop piégeux. C'est une impression ou la réalité ?

@El_Pistolero_07
On comprend mieux le visage fermé sur la photo du podium si tu imagines qu'au même moment ton Trek s'est fait la malle

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 21:03
par El_Pistolero_07
C'est surtout que j'aime pas trop le fait d'être sur la plus haute marche sans avoir gagné...

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 19 sept. 2017, 22:25
par Le sucre sportif
chargain55 a écrit : 19 sept. 2017, 20:55 @Le sucre sportif
Bon, je crois que j'ai trouvé un meilleur sens de la désorientation que le mien : bravo ! :green:
A part ça, je trouve que sur tes photos, les pavés ont l'air propres, bien alignés, pas trop piégeux. C'est une impression ou la réalité ?
C'est un de mes grands défauts, je vais au fil du voyage progresser sur cet aspect-là.

Concernant les pavés, clairement, ils sont plus propres et moins "dangereux qu'à Roubaix". Les secteurs sont moins longs aussi mais c'est clairement la pente qui change tout. J'ai mieux compris pourquoi des coureurs performent uniquement sur Paris-Roubaix et d'autres uniquement sur les Tour des Flandres (comme Gilbert par exemple) car ce sont deux efforts, deux techniques différentes (tout ça c'est mon ressenti à l'issue des deux journées). Le problème des pavés flamands, c'est l'humidité quand les secteurs sont ombragés : on patine et avec la pente, on se retrouve à l'arrêt, il faut pédaler en danseuse tout en gardant de l'adhérence. C'est, je trouve, une bonne transition avec les murs wallons qui m'attendent demain :metalhead:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 20 sept. 2017, 19:27
par Le sucre sportif
Samedi 20 mai : Etape 5 : A travers la Wallonie !
Bruxelles (Belgique) – Tinlot (Wallonie) 128kms, D+963m, Difficulté 1/5
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On peut voir sur le profil la citadelle de Namur, que j'ai monté par différents versants, et le mur de Huy sur la fin, pour un nouveau final punchy, mais sans pavés.
Ville-départ : Bruxelles :
Je passe la nuit dans un hôtel bruxellois, j'ai eu le temps de visiter quelques monuments à la tombée de la nuit, j'ai apprécié l'ambiance festive, il y avait même des concerts (improvisés ?) en centre-ville pour bien débuter le week-end :chimay:

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Le célèbre Manneken Pis !

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La Grand'Place

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Je profite de cette vue avant de rentrer à l'hôtel :love:

Après mes deux premiers monuments, je suis claqué, d'autant que je me suis couché tard, après une belle soirée bruxelloise, je décide de faire la grasse mat', et t'attendre un peu que ma tenue, lavée au savon de l'hôtel, finisse de sécher dans la salle de bain. :tdf:
La chanson du jour :



Il est midi, je quitte l'hôtel. J'avais prévu de faire la citadelle de Namur, suivre la Meuse jusqu'à Huy et de terminer par le triptyque final de Liège-Bastogne-Liège. Sauf que j'ai la flemme. En me levant, je me rend compte que j'ai bu tellement d'eau durant la semaine que je n'ai pas la gueule de bois. C'est toujours ça de gagné. :hole:

Etant plutôt rouleur, je n'apprécie guère les côtes et les efforts violents comme j'ai pu le constater hier. Encore une fois j'ai du plat pour quitter Bruxelles, dont les artères sont bien encombrées pendant cette pause déjeuner. Je prend la direction du sud-est et Namur. J'aperçois des panneaux Waterloo que je prends le soin de contourner. :baguette: J'arrive assez vite en Wallonie ou je suis accueilli par une première bosse. Le ton est donné, il va falloir gérer la traversée des Ardennes qui me semble redoutable. :pompom:

Je fais ma pause déjeuner à Wavre, capitale du Brabant Wallon, et discute avec le propriétaire de la brasserie des ravels et de la route en Wallonie. Il n'y a pas de ravels en Wallonie ? J'en ai vu plein dans les Flandres c'était un régal ! "Malheureusement ici c'est plus dur de faire du vélo, c'est vallonné, et les routes sont trop étroites pour faire ces aménagements". "On est plus latins aussi, les automobilistes sont moins disciplinés". C'est bien d'être prévenu. Je vais donc rejoindre Namur par la nationale, une longue et large ligne droite où je roule tranquillement sur la bande d'arrêt d'urgence, évitant les routes de campagnes que je juge moins sécurisantes. J'ai droit à une petite averse en ce début d'après-midi, mais globalement, ça va mieux que les deux derniers jours.

Arrivé à Namur en milieu d'après-midi, je m'élance vers la citadelle. Je grimpe en haut par une route bien bitumée. Pour le coup, la côte est très accessible, c'est entre 2 et 5%, fini les bergs à plus de 10%, je monte à un rythme soutenu, mais je ne vois pas la citadelle. J'arrive à un château, avec une superbe vue sur la ville puis fait une pause au club de Tennis. Où j'apprend que je suis monté par le mauvais versant, et que la citadelle est en contrebas. :paf-mur: Je fais donc demi-tour et redescend sans voir la citadelle. Il y a 3 routes apparemment. Je remonte une deuxième fois sur le bitume et tombe sur le parking où est jugé l'arrivée du GP de Wallonie. Encore raté. Je redescend de l'autre côté et voilà les pavés et les remparts. :metalhead:

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Vue depuis la citadelle sur Namur et la Meuse :love:

Je descend jusqu'au bord de la Meuse, et fais la montée à bloc. C'est vraiment une belle montée, assez roulante. J'apprécie le passage sur un pont tout en pierre avec une petite chicane. Une fois en haut, et connaissant la descente, je me fais de nouveau plaisir et prend de la vitesse. Elle est un peu sinueuse et les pavés sont supportables. Voilà mon premier objectif de la journée réalisé. :cheval:

Il me faut maintenant longer la Meuse jusqu'à Huy. Je découvre une piste cyclable qui m'y amène. C'est parfait, je me repose dans un premier temps. Je fais même une petite vidéo avec mon portable en train de rouler avec la vue sur la vallée de la Meuse. Mais je suis un piètre cameraman. :green:

Puis je me reconcentre mentalement sur le monstre qui va arriver : le mur de Huy. Une côte de 1,7km, 17% de moyenne et des passages à plus de 20%. :w00t: J'avais suivi sur ce forum le final de la Flèche Wallonne et j'étais émerveillé de voir les meilleurs puncheurs du monde quasiment arrêtés au plus fort de la pente. Il va falloir que je sois fort, qui-plus-est avec mon sac de 8kilos sur mon dos. La soirée arrive, et je vois de nombreux pêcheurs et les barbecues fleurir sur la rive. C'est samedi soir, ambiance festive et décontractée. Mais pas pour moi : je ne me déconcentre pas. Je regarde à peine la Meuse. Je suis un compétiteur avant d'être un touriste et je regarde avec appréhension les falaises qui se dressent à ma droite. C'est ça que je vais devoir monter!

Passée la ville d'Andenne, je redoute chaque virage vers la droite. C'est Huy ! Non pas encore .... La pression monte, je suis impatient. Je sais que c'est la côte la plus cruciale de mon voyage. Ça ne me dérange pas de mettre pied à terre sur une côte non répertoriée au fin fond de l'Autriche. Mais là c'est Huy, je veux la passer correctement ! l'an dernier, j'avais mis pied à terre, et fini à pied de grimper un mur pour sortir de Saumur en direction de Poitiers. Je ne l'ai pas oublié. Enfin Huy arrive. Je resserre mes chaussures comme pour préparer un sprint, mets le grand plateau pour me chauffer un peu les cuisses, mais surtout pour ne pas être tout à gauche avant d'entamer la côte. :green: Il commence à être tard, c'est mort pour LBL, je reporte le reste du programme à demain, je suis parti trop tard ce matin, donc je vais pouvoir, comme hier, tout donner sur un dernier mur. :metalhead:

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Depuis le ravel en bord de Meuse, à l'approche de Huy.

Dans le village, un habitant m'interpelle. "Vous allez où comme ça ?" "Chemin des Chapelles", lui répondis-je fièrement. "J'habite ici, et j'ai tenté de nombreuses fois de le faire à vélo, jamais réussi. Mais c'est joli, il y a des chapelles tout le long." Le ton est donné. J'arrive au pied et je vois écrit HUY sur le sol, c'est parti. Je joue du dérailleur et arrive très vite sur mon plus petit développement. Je mouline main en haut du guidon, me concentre sur mon pédalage, l'effort va être assez long vue ma vitesse et les plus forts pourcentages sont plus loin. Je gère le pied. Après une première courbe vers la gauche, je vois un riverain sortir sa voiture, juste avant le virage à droite. Il a le temps de faire sa manœuvre. Il baisse sa vitre, et me gueule "COURAGE" :manolo: je me mets en danseuse. Comme pour le mur de Grammont, j'avais besoin de me faire violence pour me relancer car je n'avançais plus. Voilà les plus forts pourcentages. Ca tire de partout, je me remets à faire des roues arrières comme la veille, à cause de la pente. Je dois me pencher vers l'avant. Je tire très fort sur mes pédales, je suis quasiment à l'arrêt mais suis persuadé que ça va passer... c'est la que Gaudu à attaqué. Il a fait comment , sérieux, pour changer de rythme à cet endroit là ? :w00t: Je commence à voir le replat final. La pente s'adoucit, je remets du braquet pour sprinter jusqu'à l'église qui est au bout. Les 200 derniers mètres m'ont paru plat. Je me retourne, et m'aperçoit que ça grimpait bien (comme quoi tout est relatif :elephant: ), et je profite d'un magnifique couché de soleil sur la vallée de la Meuse.

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Le "replat final" avec le couché de soleil sur la vallée de la Meuse :love:

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Même si je ne borne pas beaucoup pour l'instant, j'emmagasine de la confiance pour la suite!

Il est déjà très tard et je suis carbo. Impossible de poursuivre jusqu'à Liège. Je m'arrête dans l'Auberge. J'y resterai deux heures et demi. Je ne me souviens plus ce que j'y ai mangé mais c'était vraiment délicieux :green:

Lorsque je repars, il fait nuit. Je n'ai plus de jambes mais je compte faire quelques bornes pour trouver un endroit correct pour dormir. Sur les plateaux menant vers Tinlot et le final de Liège-Bastogne-Liège, c'est calme. Il y a très peu de voiture et je m'arrête volontiers sur le bas côté lorsque l'une d'entre elles est sur le point de me dépasser. Je suis trouillard de nature, et plus très frais à ce moment-là. Je mouline, je fais mon décrassage pour demain. Au bout de 5 kilomètres, dans une zone artisanale, je trouve un abri me protégé du vent et surtout bitumé (finie la rosée du matin!). L'entreprise voisine a un chien qui surveille. Il comprend vite que je ne suis pas un cambrioleur, tant mieux pour moi. Mais comme il n'y a pas de toit là où je m'arrête (je suis contre un mur), je vais certainement repartir dans la nuit pour trouver un endroit plus correct après cette pause. :reflexion: Je ne veux pas être mouillé comme je l'ai été au premier soir. Il est alors 23h.

Il fait très froid cette nuit-là, pas plus de 5°C car j'expire de la vapeur. Ca sera la nuit la plus froide de mon périple. :euh: Heureusement que je me suis bien reposé la veille. J'ai beau avoir sur moi 5 couches de vêtement, et être couvert de la tête au pied, rien n'y fait. Au bout de deux heures, je me réveille, je suis gelé. Je décide de faire un sprint pour me réchauffer. 2*100m aller-retour sur la route à une heure du mat'. Je conclus cet échauffement en ingurgitant quelques barres énergétiques et me rendors. Je viens d'adopter le protocole "nuit froide". C'est adopté :metalhead:

Il est maintenant 3h, et de nouveau je suis perturbé par le froid. Je décide de prendre mon vélo cette fois-ci. Quitte à faire des efforts physiques, autant que j'avance non ? Je mets tout à droite, et me fait brûler les cuisses pendant 5-6 kms jusqu'au village de Tinlot. Là, je me rendors à un arrêt de bus, face à l'église du village. Je coupe le résumé ici, mais comme pour la courte nuit à Tourcoing, je me réveillerai de nouveau 2 heures plus tard pour prendre la direction de Liège...

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 20 sept. 2017, 20:08
par Noé
Tu es décidément totalement fou, je suis fan absolu.

Et j'adore ta manière de raconter, on est vraiment imprégnés et investis dans ton histoire, tu as un vrai talent :super:
Bravo encore, tu dois être fier de toi en relisant ton périple!

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 20 sept. 2017, 21:42
par loloherrera
Dormir (?) dans ces conditions...dur dur. Et bien sûr pas top pour la récup'. Faut être barjot :green:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 20 sept. 2017, 22:08
par Nopik
Ah j'en peux plus :rieur :rieur:

Oui c'est bien raconté, comme si on y était, superbe ! Tu as pris des notes au jour le jour ou bien tous les détails sont dans ta mémoire ?

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 20 sept. 2017, 23:50
par Le sucre sportif
J'étais vraiment à fond, ça m'a vraiment plu et je prends plus de plaisir à m'en rappeler et à le raconter qu'à le faire , car j'ai les désagréments en moins :elephant:

J'avais fait les parcours et la liste des villes par lesquelles je suis passé. J'ai commencé à rédiger pendant le voyage, ça m'a permis de me remotiver dans les moments difficiles. Heureusement que j'ai rédigé assez vite. Maintenant je fais une relecture en ajoutant une touche touristique, et les profils des étapes, ça me permet de voir à côté de quoi je suis passé :genance: Aussi j'ai pris un peu de recul, car le récit brut le jour même doit pas être facile à faire, j'étais plus concentré sur la suite plutôt qu'à regarder en arrière :reflexion:

Concernant la récup' Lolo, tu as raison, parfaite transition pour demain :popcorn:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 21 sept. 2017, 17:01
par Le sucre sportif
Dimanche 21mai : Etape 6 : Liège-Bastogne-Liège
Tinlot (Wallonie) – Spa (Wallonie), 159 kms, D+ 2091m, Difficulté 3/5
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Les trois premières difficultés aux 60 premiers kilomètres sont la Côte de la Redoute, la Roche-aux-Faucons, et Saint Nicolas, puis un autre correspond à la sortie de Liège et la descente raide après 120kms est le Mont-Theux, que je passe dans le sens inverse de la course avant de remonter en faux-plat vers Spa.
Village-départ : Tinlot :
Tinlot est une commune de Wallonie de la province de Liège, elle se trouve à une dizaine de kilomètres au sud-est de Huy, sur le plateau. Rien de spécial à voir ici à part la campagne pleines de pâturages que j'ai trouvée magnifique. Il y a aussi dans la campagne wallonne des vallées verdoyantes comme celle de l'Ourthe que je vais plus ou moins suivre pour rejoindre Liège.
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Château de Laminne à Tinlot.

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L'église en face de laquelle je vais finir ma nuit

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L'Ourthe et sa vallée :love:
La chanson du jour :

La loose, en cette froide matinée :elephant:

A l'image de ma nuit roubaisienne, j'ai encore passé une nuit très courte. :sleep: Certes, j'étais au sec et mieux abrité, mais j'ai souffert du froid. Je me réveille aux aurores, il est dimanche et il va être difficile de trouver de quoi se réchauffer au beau milieu de la campagne ardennaise. Je m'élance donc frigorifié vers le final de Liège-Bastogne-Liège. Les paysages sont magnifiques. Je suis au milieu des pâturages, et le soleil levant qui me fait face commence à me réchauffer. La brume apparaît et je contemple les bovins et ovins apparaître et disparaître dans le brouillard. Ces dix kilomètres m'amenant à Hamoir sont un de mes plus beaux souvenirs de ce voyage. :love: (Aussi parce que je suis content d'avoir passé la nuit) Je trouve une boulangerie ouverte au sommet d'une bosse, à Xhoris. Il est 7h. Je prend une boisson chaude, mange à volonté et prépare le parcours du jour.

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Sougné-Rémouchamps, première difficulté de la journée, comme d'habitude, en partant d'un cours d'eau

8h je repars vers Sougné-Rémouchamps où m'attend la première grosse difficulté du jour : la côte de la Redoute. :metalhead: Après avoir franchi le mur de Huy, cette côte, contrairement à son nom, ne me fait pas peur. Elle me parait plus longue mais moins violente que celle de la veille. Elle devrait mieux me correspondre. J'arrive donc en bas de la côte, longeant une autoroute et aperçoit les premières inscriptions sur la route. Les supporters d'Arashiro s'en sont donnés à cœur joie mais c'est Gilbert qui est le plus populaire ici. :belgique:

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Mon enthousiasme s'estompe rapidement car je ne suis pas en forme : les jambes sont lourdes de la veille et je suis très vite sur mon plus petit développement. Je me concentre sur mon pédalage et me rend compte que mes semelles commence à se détacher du reste de la chaussure, à force de tirer avec les pieds (Huy a fait des dégâts). :w00t: Je ne m'inquiète pas plus que ça, débranchage de cerveau. Je suis concentré sur le haut de la bosse que j'atteins péniblement. J'arrive alors sur une crête. Logiquement, je devrai tourner à droite, mais je vais à gauche pour longer cette crête. J'apprécie la vue. La descente devient de plus en plus raide et je décide de faire demi-tour pour rejoindre Cornémont, comme prévu. Sauf que je me perds en continuant trop à l'est, refusant de prendre une nationale menant vers Liège. Je vais me retrouver près de Theux où je reprend la direction de l'ouest et Esneux.

A Esneux, je monte à la Roche aux faucons. Je n'ai plus trop de souvenir de cette montée. Plus de la descente vers Liège où je vais faire un détour, en passant par Seraing, ville dont j'ai trop entendu le nom sur le forum. Il aurait pourtant fallu arriver à Sclessin pour traverser la Meuse et arriver pile en bas de la côte de Saint Nicolas. Du coup je ne suis pas sûr d'avoir pris le bon parcours :reflexion:

Il est 11h et je descends Seraing sur des pistes cyclables. Il commence à y avoir du monde, je retrouve la ville. Je traverse la Meuse puis la longe quelques kilomètres en direction de Saint Nicolas. De là, je cherche les panneau Ans. Je ne vois pas d'indication donc je grimpe et verrais plus tard pour le final. Le pied de la bosse est très pentu puis ça va un peu mieux. Au sommet, je cherche Ans, et suis bien aiguillé par les passants. Je vois ensuite une piste cyclable et un panneau "Ans". J'y vais. Il y a un plein de randonneurs du dimanche, je suis donc prudent. De toute façon vu ma forme, je ne serai allé guère plus vite. Arrivé à Ans, je tombe sur une grande avenue avec de mémoire, un tram. Je m'arrête à un point chaud. Je n'ai pas fait la bonne côte de Saint Nicolas apparemment. :paf-mur:

Alors que je marche vers la cafétéria pour commander mon repas ... crac. Ma chaussure gauche se déchire complètement. HS. :mouchoir: Il faut dire que mes chaussures de vélos avaient 10 ans. On est dimanche, et pas moyen d'acheter une nouvelle paire. Je dois finir la journée avec mes chaussures en toile, pédales retournées. Les vallons qui m'attendent cet après-midi ne vont pas faciliter la tâche. :stereoking:

Mais en attendant, je me repose et savoure mon troisième monument. Globalement c'est un échec car je me suis perdu trop souvent mais de toute façon, à la vitesse où je vais (20km/h sur le plat), et roulottant seul, je suis loin de comprendre ce que peuvent ressentir les pros lorsqu'ils abordent les secteurs, côtes et finals sur lesquels j'ai roulé. Rien ne sert d'être trop pointilleux donc. :spamafote: Tant pis pour le final de LBL, je redescend vers le centre-ville de Liège.

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Passage de la Meuse, à Liège

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Centre-ville de Liège

Je traverse la ville en direction du sud-est. Mon objectif est maintenant de rallier le plus vite possible Haguenau, dans l'Alsace, à 370kms de Liège, où se trouve mon frêre et où je pourrai faire une pause bienvenue pour clore cette première semaine. :metalhead: De l'autre côté de la rive, je continue tout droit et monte vers Soumagné alors que je cherchais la ville de Trooz. Je me retrouve sur un plateau et longe le précipice, cherchant une route pour descendre.

J'en trouve une ! Mais c'est une impasse, seuls les VTT peuvent continuer dans la forêt. Je remonte dépité. Je fais un deuxième essai dans une autre route tout aussi gravillonneuse. Nouvel échec. :evil: Dommage, si je trouve un raccourci, je gagne de précieux kilomètres. A contre-cœur, je fais tout une boucle pour descendre. Je retombe sur une grande route près de Chaudfontaine. C'est dimanche après-midi, et il y a pleins de cyclistes qui roule le long la vesdre, c'est tout plat! Super, je vais pouvoir me planquer et faire quelques bornes au chaud. :hole:

Mais je crève de l'arrière. Je n'aurai pas dû tenter de forcer le passage dans les sentiers forestiers pour descendre. Je décide de changer mon pneu arrière 23" en Kevlar pour un pneu plus large (25") et plus résistant. Après coup, c'est une erreur quand je vois combien de kms a tenu le pneu avant. Mais je préfère prendre mes précautions pour mon pneu et ma roue arrière qui est plus fragile. Et je me moque d'aller vite, il faut que le vélo résiste à la distance. Arrivé à Trooz, je m'arrête dans un troquet où je peux refaire le plein, et regarder le final du Giro.

Je repars le long de la Vesdre et profite des paysages. Je commence à avoir mal au pieds et tente sans succès de m'accrocher derrière des cyclistes qui me mettent des vents. :genance: La différence de vitesse est trop importante et je ne veux pas me cramer encore plus. La fatigue de ma nuit ardennaise se fait de plus en plus sentir et je m'arrête à Spa, où je trouve un hôtel dans lequel je vais pouvoir me reposer, laver ma tenue, et surtout chercher un vélociste près d'ici qui pourra me vendre une paire de chaussures et des cales demain, car je n'irais pas loin si je continue à ce rythme...

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 21 sept. 2017, 17:37
par AlbatorConterdo
:hate:

Pas de courses aujourd'hui, mais heureusement, notre Susucre répond toujours présent. :applaud:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 21 sept. 2017, 18:14
par blaireau59
Enorme, mes respects pour cette aventure. Dormir à la belle étoile c'est cool, mais alors à Roubaix, là faut pas déconner :rieur:

Récit à garder en bonne place pour la postérité. J'adore ce genre d'aventure :love:

Re: L'Europe à vélo !

Publié : 21 sept. 2017, 20:50
par gradouble
Bravo encore l'homme "qui se perdait un million de fois"...guerrier des temps modernes.

Je déconne, en terrain inconnu il est normal de se perdre sans arrêt à vélo; et quand je pense que tu es allé en Hongrie, en Roumanie et en Turquie; ça promet grandement pour la suite, j'ai hâte.

:pompom: