Message seulement destiné à Charlix.
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[align=center]Marcel Kittel : pourquoi il ne fallait pas l'inviter ?[/align]
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Le menu de la première semaine fera la part belle aux sprinteurs sur ce Tour de France.
Mais c'est déjà un terrible casse-tête qui vient agiter les méninges des équipes de sprinteurs : comment faire pour battre Marcel Kittel lors des arrivées massives ?
La présence très encombrante de l'hôte thuringien dans le peloton se dirigeant vers le portique d'arrivée et s'apprêtant à participer à un sprint massif pourrait déjà sonner le glas des ambitions de ses adversaires du jour devant une telle horizon funèbre.
En effet, si un sprinteur comme Alessandro Petacchi avait un taux de victoires de 35% lors des sprints massifs des grands tours lors de sa carrière, si Mark Cavendish apparaît en deuxième position dans ce classement avec un taux atteignant 53% de succès, Marcel Kittel lui tourne à 87% depuis son premier succès en grand tour.
Marcel Kittel reste sur une série de treize duels remportés au sprint contre Mark Cavendish, l'homme aux vingt-six succès sur le Tour de France n'a par ailleurs jamais devancé Marcel Kittel lors d'un sprint massif depuis le début de sa carrière.
Le Mannois, déchiré entre sa quête inassouvie d'une première médaille olympique sur l'omnium en août et celle du record de succès d'étapes sur le Tour de France de Bernard Hinault (28) et d'Eddy Merckx (34), arrive en Normandie sans beaucoup de repères sur route cette année en raison d'une base foncière réduite, on l'image difficilement déstabiliser l'épouvantail allemand.
Qu'en est-il de Andre Greipel qui est passé devant Mark Cavendish dans la hiérarchie depuis quelques saisons à présent ?
Il affiche une statistique de 31% de succès lors des sprints massifs sur les grands tours, mais, alors que certains l'annoncent, à l'orée des grands tours, sur le déclin depuis deux saisons, l'Allemand nous fait mentir à chaque fois : depuis 2015, c'est un taux de 58% de victoires lors des sprints massifs en grand tour. Une seule fois sur un grand tour, Andre Greipel a pris de vitesse Marcel Kittel, c'était à Montpellier en 2013.
Depuis que Marcel Kittel s'est mué en sprinteur redoutable, il a remporté 81% de ses duels au sprint contre Andre Greipel.
Une telle supériorité sur ses adversaires au sprint paraît sans égal dans l'histoire du cyclisme.
Pour battre Marcel Kittel, ses adversaires doivent donc impérativement refuser le duel.
Malgré sa domination écrasante, Marcel Kittel ne compte pour l'instant que treize victoires en grands tours car il n'a pris part qu'à 55% des sprints massifs des grands tours auxquels il a participé.
Un taux qui laisse donc de l'espoir à Andre Greipel, Alexander Kristoff, Peter Sagan, Dylan Groenewegen, Bryan Coquard les plus à même de profiter de son absence ou à Mark Cavendish qui lui est par exemple présent 73% du temps lors des arrivées massives.
Un problème dont un coureur comme Andrea Guardini connaît encore mieux, lui qui n'en dispute que 23% !
Pour resituer ce pourcentage dans l'histoire moderne du cyclisme, bien que les profils des étapes de plat de grands tours demandent à présent de savoir de mieux en mieux passer les bosses dans le final, un sprinteur comme Alessandro Petacchi était présent sur 80% des arrivées massives, pour Robbie McEwen 84% et enfin pour Erik Zabel 92%, ce dernier n'affichant toutefois qu'un pourcentage de 16% de victoires lors des sprints massifs de grands tours.
Il faudra donc que ses adversaires profitent du moindre relief pour durcir la course ; quant à la possibilité de le piéger grâce à des bordures, le passage de Marcel Kittel de Giant-Alpecin à Etixx Quick-Step, une équipe rodée à la mise en place d'éventails n'est pas pour réjouir la concurrence.
Voir des équipes comme Lotto-Bodisol pour Andre Greipel, Dimension Data pour Mark Cavendish, Katusha pour Alexander Kristoff se dépouiller si loin des arrivées pour revenir sur les échappées serait une aberration tactique au vue des chiffres énumérées précédemment.
Ce serait amener le train de l'équipe Etixx de Marcel Kittel sur des rails pour les derniers kilomètres, combien de fois n'a-t-on pas vu l'ancien train Giant de Marcel Kittel mettre le nez à la fenêtre seulement lors des deux derniers kilomètres pour coiffer tout le monde par le passé ?
Il leur faudra au contraire mettre une pression intense en les faisant craquer en premier et garder un maximum de fraîcheur pour tenter des coups de bordure avec des accélérations nettes ou accélérer vivement dès que la gravité rappelle à Marcel Kittel que la pente le rejette toujours autant.
La mission s'annonce presque impossible lors des premiers sprints massifs, c'est là où Marcel Kittel écrase le plus ses adversaires avec une puissance maximale encore intacte (1950 Watts) : depuis 2013, il a, à chaque fois, remporté le premier sprint massif d'un grand tour (4/4), là où justement il faut quelques étapes à Andre Greipel pour être au point.
Le défi, tout à l'heure, à Utah Beach sera à la hauteur de celui qui attend les adversaires de Christopher Froome pour le faire vaciller lors de la première arrivée en altitude.
Voici en résumé les statistiques du pourcentage de victoires sur un grand tour rapporté au nombre de sprints massifs disputés (quand ils étaient présents dans l'emballage final) pour les coureurs en activité du peloton (en gras, les coureurs présents sur ce Tour de France 2016) :
+
Marcel Kittel 81% (87% depuis sa première victoire).
+
Mark Cavendish 53 % (55% depuis sa première victoire)
+ Michael Mørkøv 50% (une anomalie : deux sprints disputés en carrière lors de grands tours pour une victoire au compteur)
+
John Degenkolb 33% (36% depuis son premier succès d'étape)
+ Andrea Guardini 33% (seulement 3 sprints de GT disputés mais une victoire devant Mark Cavendish)
+
Andre Greipel 31% (38% depuis sa première victoire, mais 58% de succès depuis 2015)
+
Michael Matthews 31%
+ Nacer Bouhanni 26% (55% depuis son premier succès sur le Giro)
+ Caleb Ewan 20%
+
Peter Sagan 16%
+ Danny Van Poppel 13%
+
Alexander Kristoff 8% (22% depuis son premier succès)
Le deuxième volet à suivre dans les prochains jours traitera de la précocité des sprinteurs concernant leur premier succès d'étape lors des grands tours et la mise en perspective sur la suite de leur carrière.
Rédacteur : Bradounet.
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