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Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 10:10
par Thejul
Un grand respect à vous, par cette chaleur vous avez du côtoyer l'enfer.

12500 participants, c'est sur que les descentes doivent être funky, mais c'est le prix à payer pour vivre un rêve.

Sinon personne du fofo n'a bâché?

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 10:20
par kentinmania_
Bravo les copains, finalement je n'y suis pas allé, en novembre dernier j'avais fait ce pari de m'entraîner/reprendre le vélo pour participer mais après plusieurs essais/reprises je n'avais pas réussi à m'y remettre.

Je voulais me faire un gros programme en 6 semaines mais je suis parti 2 semaines en vacances sur un coup de tête donc pas de vélo. Puis j'avais ma thèse à rédiger et j'ai pu bien avancer, donc un mal pour un bien.

Peut-être l'an prochain!

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 17:04
par GeekDuVélo
Quel plaisir de pouvoir rouler sur les routes mythiques du Tour même si ce fut difficile en particulier les 3 derniers kilomètres interminables du Glandon où la plupart montaient a pied. J'ai eu la chance d'avoir de très bonnes sensations tout le long du parcours et eu le privilège de me faire tracter pendant le col du glandon par l'ancien champion de haute savoie qui fint environ 1000 avec son dossard supérieur à 13 000. Quel régal d'être encouragé (le gars avec qui j'au monté le Glandon avait un gros niveau et faisait l'EDT pour le plaisir en provoquant les spectateurs avec un espèce de klaxon, ce qui nous a permis d'être acclamé). Quel plaisir aussi de doubler des concurrents dans un paysage splendide. Malheureusement je n'ai pas pu tenir sa roue: je craque à deux bornes du sommet. Je l'ai revu pourtant... maus à la Pasta Party au sommet de la Toussuire :green: .Au final j'ai bien géré les montées ce qui m'a permis de finir 2804 ème au terme d'une super journée avec plein de coureurs, des rencontres sympas, des cols et paysages sublimes, des amoureux de velos, le pied quoi! Seul bemol, on a été arrêté 15 minutes dans la descente du Chaussy et 10 minues à Saint Etienne de Cuines. Bref, à l'an prochain !! :danielh:

Voilà ce que ça donne sur Strava: https://www.strava.com/activities/349606755

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 19:15
par angelsbdesign
loloherrera a écrit ::applaud: :applaud: :applaud: à tous :jap: :jap: :jap:
Rien à ajouter... Respect ! :jap:

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 20:29
par On3
Bon allez, je fais un petit résumé détaillé également :



17000 inscrits annoncés, c'est 3000 de plus que l'an dernier, finalement un peu moins de 13000 partants, c'est 2000 de plus que l'an dernier.
Le parcours est vraiment costaud, on le sait, 140 bornes pour 4600m de D+, ça ne rigole pas. Là aussi, pour le même kilométrage, c'est 800m de D+ que l'an dernier. Certains avaient râlé l'an dernier, car ils jugeaient le parcours \"trop facile pour une EDT\". Ils seront servis.

Il a fait chaud voire très chaud toute la semaine, mais on annonce des orages pour le WE et ça tombe effectivement le samedi soir. Je sens se profiler le scénario de l'an dernier, avec une épreuve sous le déluge, et je ne suis pas rassuré pour les descentes (ça avait été le chemin de croix dans la descente du Tourmalet en ce qui me concerne). J'ai d'ailleurs pu voir les descentes de la Croix de Fer ou du Mollard, on est bien loin de la route parfaite, dégagée et propre du Tourmalet ...

Au final, il n'en sera rien. Bien au contraire, on aura une journée dans la droite lignée des précédentes, soit la canicule dans la plaine avec des températures entre 35 et 38°C au pied des cols en gros ...


Pour ma part, j'arrive une semaine avant, pour des vacances et pour me permettre de retrouver le coup de pédale. Je ne me rassure pas vraiment en vérité. Ma première sortie se termine de façon catastrophique, complètement à l'arrêt dans le Galibier après un énorme coup de bambou. Vélo mal réglé ? Coup de chaud ? Route la veille ?
Probablement un peu de tout.
J'ai beau faire de plus belles sorties par la suite (je constate que, l'expérience aidant et l'entraînement se cumulant, je n'ai jamais grimpé aussi bien), je note qu'après deux cols sous le cagnard, je suis rincé. Cette situation est nouvelle par rapport à l'an dernier. Et moi qui ne craignait pas l'EDT qui se profile, je commence à douter.

Ce dont je suis sûr maintenant, c'est que les fortes chaleurs comme on a actuellement, grèvent terriblement mes performances. Autant, psychologiquement, j'avais subi la pluie de l'an dernier, autant les fraîches températures du Tourmalet m'avaient permis de monter comme un cabri et de reprendre des mecs par centaines, bien loin de ce que j'ai fait dans le Glandon cette année.

Autre souci, j'ai changé de chaussures il y a un mois, les vacances par dessus, je n'ai pas réussi à (et je n'ai pas eu le temps de) retrouver ma position, et si la hauteur de selle semble à peu près bonne, impossible de retrouver mes appuis. On en reparlera vous verrez.


Ainsi, je me présente sur l'EDT dans le sas 5. Le temps est dégagé, on annonce seulement les orages pour le milieu d'aprem. Il faudra être arrivé avant 15h. ^^
Comme chaque on poireaute dans le sas, mais à 5' près, on va dire qu'on part à peu près à l'heure. C'était pas toujours ça les années précédentes (notamment à Annecy avec tous les sas en enfilade).


Après même pas 5' de route, le Chaussy se profile déjà. Pour moi, l'objectif est clair, gérer dans le Chaussy et le Glandon, puis tenter de terminer plus fort.
Le Chaussy se fait à la fraîche, heureusement car c'est blindé. Il faut souvent temporiser pour passer, la route avant n'a, évidemment, pas permis d'allonger le sas.
Je me retiens sans cesse de lâcher les chevaux, la route est longue, pourtant cette montée me convient bien. Première contrariété, le Garmin s'éteint pour cause \"batterie faible\" après même pas 2 ou 3km dans le Chaussy. Ça signifie faire l'EDT aux sensations, puis aucune analyse possible de l'effort plus tard, super ! :paf-mur:

Le Chaussy se fait bien, en haut je ne m'arrête pas au ravito. 5' plus tard, bouchon dans la descente on est à l'arrêt. Des clampins tentent de se faufiler par l'herbe, des mecs finissent par râler et ils ont raison. En fait, des gars se sont vautrés et ils sont évacués. Les pompiers ne veulent pas que les coureurs passent.
Je note notamment un Pinarello plié en deux dans l'herbe. :ouch:

À ce moment, je rage intérieurement. Préparer une telle épreuve implique une implication et un certain stress qui monte jusqu'au jour J. Tout ça pour se retrouver dans les bouchons de la descente du premier col, comme un départ en vacances, sérieux ? Où est le plaisir ? À ce moment, je me dis que je ne reviendrai pas l'an prochain. J'avais déjà hésité cette année.


Finalement, après 10 à 15' d'arrêt, on repart par à-coups. Je fais la descente du Chaussy sur des oeufs, là non plus je ne me suis pas rassuré les jours précédents avec les descentes crades que j'ai pu faire. C'est étonnant, j'étais plutôt à l'aise l'an dernier (stigmates de ma descente pourrie du Tourmalet ?).

Arrive la vallée, qui va être longue avec une chaleur déjà bien présente et qui, de mon humble avis, ne sert à rien (si ce n'est fluidifier le trafic et c'est sans doute nécessaire !). Là, je trouve des groupes de costauds qui bombardent. D'ailleurs, je me retrouve à lâcher prise à un moment donné, car ça envoie trop et j'ai peur d'arriver un peu sur les rotules dans le Glandon.

En bas du Glandon, je m'arrête au ravito. Je recharge les bidons (j'en rince un des deux que je remplis avec de l'eau claire pour pouvoir m'asperger copieusement), puis je commence mon chemin de croix.
Je suis collé dans une très grosse première moitié. Pas mal de types me dépassent, mais beaucoup d'autres sont également entrain de naviguer à la même vitesse que moi. Moi qui voulais \"gérer\", je suis servi, je serais bien incapable d'accélérer de toute manière.

Après le bled qui se targue d'être l'alpage du Glandon, je me sens mieux. Pas vraiment étonnant, le vent est plus frais et on trouve parfois un peu plus d'ombre avec le ciel qui se couvre et se découvre. Je ne vole pas non plus, mais j'adopte un rythme un peu plus soutenu.
Ça sera de courte durée, je sens mes pieds me brûler, signe de mauvais appuis et le soleil tape toujours das la partie supérieure du Glandon où il n'y a plus un arbre. Les 3 derniers km sont terribles en plus. Je prends la décision de faire une pause en haut afin de régler mes cales et de me ravitailler convenablement.
Là je perds facilement 20', mais j'en ai besoin pour que les pieds refroidissent et pour essayer de me remobiliser après une ascension terrible (après coup, j'ai pu constater au challenge Strava que j'étais monté à 11km/h et j'étais classé 2700, ce qui est loin d'être dégueu si je considère que j'avais la très nette impression d'être scotché).


Je me lance à l'attaque du sommet de la Croix de Fer avec des jambes retrouvées. Il fait beaucoup plus frais, je suis bien mieux, je remonte les types un par un, la différence de vitesse est parfois saisissante et je reprends nettement confiance.
Je me lance rapidement dans la descente et là, même chose, des types n'osent pas. Moi je me retrouve enfin à prendre du plaisir dans les descentes, et j'accroche la roue de bons descendeurs qui m'avaient dépassé en haut.
Après Saint Solin d'Arves, quand les pentes sont moins abruptes, je continue de faire la descente -que je connais pas trop mal-, jusqu'au pied du Mollard.

Par ce côté, je le connais, c'est court, il y a de l'ombre, parfois des replats salvateurs et les pentes sont peu abruptes. Bref, je suis confiant. Encore une fois, je remonte nettement les concurrents, je ne trouve personne pour me dépasser et les mecs qui s'accrochent finissent par sauter. C'est bon pour le moral !
En haut du Mollard, je prends le temps de me restaurer, de remplir les bidons, et de parler avec mes proches venus me soutenir. Je sais en effet que la Toussuire est interminable, qu'il fera très chaud au pied, et je veux prendre le temps d'arriver dans les meilleures conditions.
Là encore, je lâche facilement 15' dans l'affaire à discuter.


Je me lance dans la descente et, ô miracle!, la descente que je redoutais se fait très bien. Je la connais un peu pour l'avoir pratiqué à vélo et en voiture, et finalement, je l'ai bien mémorisé. Une fois encore, je me cale dans la roue d'un type qui semble bien connaître le coin et on file tout droit vers la Toussuire en reprenant des gars au passage.
Là, je suis très content, car j'ai retrouvé des sensations en descente. Il y a moyen de se faire vraiment plaisir dans danger sur route fermée, et une fois la confiance retrouvée, ça envoie du bois.


On arrive au pied de la Toussuire, il y a beaucoup de spectateurs, c'est très sympa et ça rappelle le pied d'Hautacam l'an dernier, mais avec bien plus de monde !
Heureusement d'ailleurs, car c'est une fournaise en plein après-midi.
Néanmoins, je suis confiant, et j'attaque sereinement cette montée. Il fait chaud, voire très chaud, mais on profite des tuyaux d'arrosage des riverains et des verres d'eau fraîche du public et des camping-cars. Heureusement d'ailleurs, car sans cela je pense qu'on aurait eu beaucoup plus d'abandons.

Sur les premiers kilomètres, je reprends beaucoup de types sans être repris, et je m'aperçois que je fais jeu égal avec une petite nana qui a visiblement fait la même chose que moi : En garder sous le pied pour terminer au mieux.
La plupart des gars que je ramasse sont des types que j'avais déjà doublé dans le Mollard et qui se sont sans doute arrêter bien moins longtemps que moi ...

Malheureusement, après quelques kilomètres, les spectateurs se raréfient et l'eau qui va avec également ...
En plus de ça, j'ai de nouveau les pieds qui me brûlent. :paf-mur:
Mes bidons se vident rapidement et je prends donc la décision de faire un arrêt (le plus éclair possible cette fois) à mi-Toussuire pour refroidir mes pieds et remplir les bidons avec de l'eau fraîche. Il n'était pas prévu sur la liste, mais je n'avais pas prévu de les vider aussi vite.

C'est reparti, juste après on trouve une redescente, les panneaux indiquent 5km du sommet, mais c'est long 5km surtout quand on cherche désespérément les panneaux indiquant le kilomètre suivant. :sweat-lol:
D'ailleurs au panneau 5km, j'entends un type dire \"Merde 5 ? Je croyais qu'on arrivait à 4 moi ...\" dans un pur dépit. Je me retourne et je le vois s'écraser sur son vélo tel l'homme accablé par son fardeau.

Et il faut dire qu'avant les 2 km beaucoup plus plats de la fin, les 3 précédents affichent des beaux pourcentages entre 8 et 9%. Pas évident quand t'es au radar !
D'ailleurs, à ce moment, j'ai l'impression qu'on est tous au même rythme, fini de reprendre des gars. On lutte tous contre nous-même avec de plus en plus de spectateurs qui nous disent qu'on en voit le bout. Les femmes sont toujours très encouragées et elles sont plusieurs autour de moi, du coup le public est réceptif à notre passage.

Quand on entend un spectateur dire \"allez les gars, ce sont les derniers mètres compliqués après ça redescend un peu puis ça grimpe moins !\", j'entends un gars répondre \"ouai bah ils sont longs les derniers mètres !\".
J'avoue, ça me fait rire, car on avait l'impression d'entendre ça depuis 30 mins. :sweat-lol: :sweat-lol: :sweat-lol:

Au final, la descente arrive bien. Un petit vent frais (de face !) arrive avec, mais ça ne me gène pas, je retrouve des jambes avec la perspective d'arriver bientôt et une chaleur moins écrasante.
À la manière des pros (et surtout pour ne pas attraper froid), je referme complètement mon maillot et je commence à accélérer quand je comprends qu'il n'y aura plus vraiment de pentes. On est encore à plus d'un kilomètre. Les mecs ont fait ça bien, il y a des barrières pour \"contenir\" les spectateurs qui sont effectivement très nombreux. Les encouragements sont nombreux et je lance mon sprint loin de la ligne. Je reprends quelques gars à l'arrêt mais je me fais sauter sur la ligne par un Marc Cavendish qui lance même son vélo. :sweat-lol: D'ailleurs le speaker s'enflamme en disant que ça vole sur la ligne ! :sweat-lol: :sweat-lol:

Sacré plaisir de se prendre pour un champion à l'arrivée d'une étape de montagne !

Même les bénévoles qui donnent les médailles et qui me voient arriver à bloc, me demandent si je ne suis pas fatigué ? Si si, je suis à bout, mais surtout ravi d'avoir fini. :copain:
Après avoir récupéré ma médaille et mon t-shirt, je descends de vélo et passe toute la pasta party à pied. Les larmes me montent aux yeux quand je comprends que j'en ai enfin fini et que je n'ai pas terminé -complètement- lessivé.


Voilà pour mon résumé ! Et pour l'an prochain, on verra en fonction du parcours. :jap:

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 20:50
par Alexstru
Superbe récit On1 !

Franchement, l'étape du tour, c'est ça pour moi ! Les larmes dans les yeux à la fin, tout simplement heureux d'en avoir fini après avoir connu l'enfer.

En attendant mon ami qui a du abandonner au sommet du Glandon perclus de crampes après avoir du faire la moitié de Glandon au Perrier, je me suis posté dans les 50 derniers mètres pour regarder les gens en terminer. Il était 18h30. Les gens en étaient déjà à 10 heures de galère. Quelle émotion dans cette dernière ligne droite. Incroyable de voir le bonheur, le sourire, les pleures des gens qui en terminent. J'ai failli chialer plusieurs fois.

Pour moi, l'EDT doit rester quelque chose de difficilement accessible afin que les émotions et le mythe soit proportionnels. En 2016, si le parcours est à nouveau très difficile, j'y serais. Si c'est facile, je passerais mon tour.

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 21:24
par gradouble
Et bien, encore une fois, bravo à tous.
De superbes récits en effet.
Faudra quand même que je la fasse un jour :)

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 21:53
par Thejul
Bah l'année prochaine si ça change demassif, une chance de la faire près de chez toi. Sauf si on part sur un massif style Vosges, Jura... :)

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 22:41
par Angels
Félicitations à tous :winner: Et spécialement à Alexstru ;) Quand je pense qu'il y a 10 ans, tu ne voulais pas venir rouler avec nous...Quelle métamorphose :good:

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 22:52
par Alexstru
Angels a écrit :Félicitations à tous :winner: Et spécialement à Alexstru [b:3cpi99o6]Quand je pense qu'il y a 10 ans, tu ne voulais pas venir rouler avec nous..[/b:3cpi99o6].Quelle métamorphose :good:
Effectivement :green:

A ma décharge, je roulais comme un touriste et pesais quasiment 40 kg de plus que maintenant...

Etade Du Tour 2015

Publié : 21 juil. 2015, 22:54
par Alexstru
Thejul a écrit :Bah l'année prochaine si ça change demassif, une chance de la faire près de chez toi. Sauf si on part sur un massif style Vosges, Jura...
Je parie sur une EDT dans un massif intermédiaire. Alsace/Vosges, Jura ou massif central, il y a franchement de quoi faire un truc sympa.

Etade Du Tour 2015

Publié : 22 juil. 2015, 00:33
par Tsirtsi
Je vous fais un compte rendu demain. Un super EDT pour moi, que du plaisir. Le petit bémol pour le moment, je ne suis pas (encore) classé ma puce n'a pas fonctionné, mais c'est en cours de rectification.

Bravo On1, Alextru, Veloment, Geekduvelo et Guigui pour être finisher.

A demain

Etade Du Tour 2015

Publié : 22 juil. 2015, 02:42
par Chadmild85
Vis ma vie de galérien : 8800e, j'évite le top 1000 inversé de peu !
Et bien moi qui explose avec la chaleur, j'ai été servi...Je partais pourtant confiant après avoir vu les prévisions météo la veille annonçant une très forte probabilité de pluie l'après-midi et des températures plus douces que les jours précédents.

Le début a été parfait, petit rythme sympa dans le Chaussy sans griller de cartouche, idem sur les 30 bornes de plat, température quasi idéale. Mais j'ai compris dès le mi-Glandon que la météo ne correspondait pas trop aux prévisions et que la suite allait alors devenir un véritable calvaire. Un enfer, la plus grosse galère de ma carrière cyclistique, pour ne pas dire de ma vie. Les premières pauses s'enchaînent au bord de la route (hors ravitos j'entends) pour trouver de l'ombre. A partir de là, j'ai fait une croix sur le classement et seul l'objectif de finir était présent. Je n'arrivais même pas à monter 2 kms sans pause, accablé par la chaleur alors que ma FC n'était même pas au max. Me mettre de l'eau sur la tête n'y changeait pas grand chose. A cet instant, je réalisais ce qui m'attendait encore : 3 derniers kms du Glandon, la Croix de Fer, le Rudy Mollard et la Toussuire en m'arrêtant parfois tous les 500m...Autant dire que l'abandon a commencé à me hanter, je me demandais si ce n'était pas vain de continuer comme ça !
Après être passé au sommet du Glandon à pied (la lose totale mais peut-être plus rapide que pédaler/pauser de façon répétitive) - avec un ravito bien bordélique au passage - je constate que la liaison vers la croix de fer se fait facilement, plutôt à l'ombre et poussé par le vent. Avec la descente qui suit en mode maillot grand ouvert pour un max de fraîcheur, mon moral remonte. Même si j'avais toujours conscience qu'il restait 2 montées à vivre de la même manière, je prenais du temps sur la voiture-balais qui me menaçait de plus en plus. Je m'étais souvenu entre temps d'un horaire pour les délais. Même galère donc dans le Mollard, en gros 5 min de pédalage suivies de 5 min de pause à l'ombre. Ridicule. En cédant parfois à la tentation de faire comme d'autres arrêtés dans un virage et allongés peinards dans l'herbe...Arrivé au pied de la dernière difficulté, il est 15h30, je pensais avoir 1h d'avance sur la voiture-balais. Au bout de 3 bornes, j'effectue déjà ma 2e pause toussuirienne à un endroit où plusieurs mecs se reposent. L'abandon me revient à l'esprit, le calvaire allait encore durer 2 bonnes heures et les kilomètres semblaient interminables. Avec toujours les mêmes pensées dans ma tête du style \"qu'est-ce que je fous dans cette galère ?\" ou encore \"plus jamais ça, je ne reviendrai plus\". Voir tous les mecs me doubler ne me faisait plus rien, le classement ne m'importait plus et je savais que je disposais toujours d'une petite marge pour les délais. Comme toujours, je me secoue tout de même un peu pour repartir en ayant l'objectif cette fois d'atteindre le dernier ravito. Mon logement se situant au Corbier, j'avais fait cette montée en voiture et savais que ce serait plus facile ensuite. J'arrive au ravito toujours autant en surchauffe (après ce qui devait être ma 20e pause au total !) mais me mets à croire au finish miraculeux étant donné l'heure. Je repars sous un ciel plus nuageux et un peu plus frais, j'arrive à rallonger un peu le temps de mouvement sans pause et comprends alors que je verrai enfin le bout du tunnel. La fin s'est bien effectuée, avec néanmoins toujours mon maillot grand ouvert, et me tape un sprint pour finir sur la ligne. Mes heures de masochisme étaient enfin terminées avec beaucoup plus de souffrance que de plaisir au final...
Conclusion : j'ai peut-être réussi à me dire à chaque fois \"allez, je repars\" mais le sentiment de déception prend largement le pas. Déçu d'une part de ne pas m'accrocher assez mentalement (pas normal de faire autant de pauses même en admettant que mon organisme supporte moins la chaleur que d'autres), et déçu d'autre part car les jambes étaient bien là au final, ce n'était pas ça la cause de mon calvaire. Donc très frustrant. Et au regard de mon entraînement et du classement de mes potes de +/- niveau équivalent, j'aurais pu (dû) accrocher au minimum un top 5000 si j'avais été plus fort mentalement... :sad:

Etade Du Tour 2015

Publié : 22 juil. 2015, 03:17
par Chadmild85
Un petit mot aussi sur les événements bien plus graves qui ont eu lieu dimanche...
D'après le proprio de l'immeuble dans lequel j'étais et avec qui j'ai discuté lundi matin, la personne qui a lourdement chuté dans le Chaussy n'aurait pas survécu (rien là-dessus sur le net par contre) :sweat:
J'ai en effet vu comme On1 un vélo abandonné à gauche de la chaussée sur l'herbe, je ne me souviens plus s'il était cabossé mais si c'était bien celui de l'accidenté, la chute a dû être vertigineuse vu l'endroit où étaient situés les secours (bien plus bas, dans un virage à gauche de mémoire).
Autre drame : en prenant la descente du Corbier vers St-Jean pour rejoindre le départ, j'ai été ralenti quasi tout en bas par un accident sur la chaussée. Un petit bouchon s'était formé dans les 2 sens et après avoir lentement doublé les quelques voitures arrêtées, un homme à terre se trouvait en plein sur la chaussée. Ca avait dû arriver 5/10 min avant mon passage, une personne était à côté pour voir s'il réagissait à son prénom mais il ne bougeait pas...On a su après coup qu'il était devenu tétraplégique. D'ailleurs, on pouvait voir depuis les sas de départ (vers 7h30) l'hélico qui le prenait en charge.
Le virage était pourtant bien indiqué et ne se trouvait pas au bout d'une longe ligne droite, je me demande comment ça a pu se produire.
Passer à 2 mètres de ce \"spectacle\", ça fait vraiment froid dans le dos, même sans présence de sang. Et je ne préfère pas imaginer l'état de ceux qui ont vu voire même provoqué involontairement ces accidents :S

Etade Du Tour 2015

Publié : 22 juil. 2015, 07:57
par Thejul
C'est triste oui, comme le hollandais décédé suite à la marmotte, de déshydratation à priori.