Bon pour moi,
Je me suis garé à l’arrivée, je me suis donc échauffé en rejoignant le départ (13km). Là dans le SAS prioritaire j’aperçois Mancebo, du coup on discute un peu et attendons le départ ensemble. Il fait déjà bon, au moins on n’a pas trop réfléchi à comment s’habiller
Départ rapide sans plus. Je fais le Pas de Souloumbrié juste à l’arrière du groupe de tête, pour le moment ça passe bien. Dans le faux-plat descendant qui suit, je rate le portique de contrôle

merde alors que je tenais le groupe de tête, je fais un petit demi-tour pour rattraper la connerie. Je ne réintroduirai malheureusement plus le peloton des favoris
Dans le col de Marmare je me retrouve dans un petit groupe juste derrière le peloton de tête, on bourrine pas mal, mais ça ne suffira pas pour rentrer, on échoue juste avant la descente.
Celle-ci s’avère un peu merdique, très pentue et scabreuse. Bref je me retrouve seul au pied du Pradel, le gros morceau de la journée.
Col certes magnifique, sur une minuscule route bien granuleuse, mais dur, et extrêmement irrégulier avec des rampes terribles entrecoupées de courts replats. De plus, on arrive sur les coups de 10h30-11h et il commence à chauffer sérieux.
Je ne le monte pas trop mal mais sans voltiger non plus, c’est de la gestion correcte pas très transcendante

J’arrive au sommet seul, où on passe tous un par un. Je recharge une première fois les bidons, je n’ai plus rien à manger par contre (une barre de céréales déjà avalée).
Bon la descente, comment dire…disons qu’elle ne sera pas franchement mon morceau de bravoure de la journée. Très pentue sur une route minuscule et bien usée, sans aucune visibilité toute en forêt, je ne fais pas le fier et me fais doubler par une dizaine de gars que j’avais distancé dans le col précédent, que c’est agaçant
Bon je me refais dans la côte suivante qui nous amène sur le venteux plateau de Sault. Je me retrouve dans un groupe d’une douzaine où ça roule assez bien pour une cyclo (on est 5 à rouler, ce n’est pas si mal, on ne peut pas demander la Lune non plus). J’ai faim, c’est embêtant, d’ailleurs je signale que les gros ravitos « solides » étaient mal placés sur le parcours toujours en plein milieu de grandes portions de plat ; impossible de s’arrêter quand on veut faire une place sous peine de se retrouver seul dans la nature et de devoir attendre le wagon suivant.
Une descente plus tranquille et un peu de plat plus tard, on aborde enfin Montségur, on franchit d’ailleurs à ce moment-là les 100 bornes.
Maintenant il fait carrément chaud, la pente devient terrible ; on est au contact d’une paroi rocheuse et il n’y a plus d’air. Bref, on se retrouve dans un four ; mon groupe se disloque. Nous sommes tous un par un, plus ou moins planté sur le bitume. Je n’ai plus rien à boire également maintenant. Bref, non sans mal, j’atteints le sommet, je bois un litre de liquide, remplis encore mes bidons, mais toujours rien à becqueter ; on m’annonce que le prochain ravito solide est à 30 bornes
Encore une descente moyenne plus tard je me retrouve seul dans le très long plat suivant. 35 km de vallée, heureusement le vent est de dos. Donc malgré tout j’avance, mais fini par me faire reprendre par un nouveau groupe. Je vais alors rouler assez fort, je vais être la locomotive de ce petit groupe, et donc quand je décide de m’arrêter pour manger (enfin) tout le monde fait de même.
Bon là, j’en ai un peu marre, pas tellement physiquement, mais surtout mentalement, je suis déçu de mes descentes aujourd’hui, je ne me sens plus franchement dans la course. Je pose donc bien 3 minutes, peut-être même 5 (plus vraiment de notion du temps dans ces cas-là) et mange une orange, 3 pattes de fruit et du saucisson (ah, du sel, le bonheur !). C’est à ce moment-là, probablement que Mancebo m’est repassé devant.
Bon, le dernier col, encore le Pas de Souloumbrié, 2ème passage, mais alors comme à chaque fois dans ces cas-là, le col n’est plus du tout le même qu’au matin, plus long, plus dur, et tellement plus chaud.
Un petit col bucolique frais et forestier le matin se transformant en une abominable horreur au bitume fondu l’après-midi sous un Soleil de plomb aux rayons verticaux (le mois de juin à 13-14h) ; j'ai mis 26 minutes le matin et 34 l’après-midi.
Bref, on est tous plantés de chez plantés, surtout accablés par la chaleur. On rattrape les âmes damnés des petits parcours, des zombies, quelques mort-vivants et beaucoup de monde faisant la sieste à l’ombre d’arbres maigrelets, ceux qui avancent encore vont presque en marche arrière ; d’autres font d’inquiétants zigzag. Je m’inquiète pour certains
Ceci dit, j’arrive au sommet, à point nommé, juste après 2 alertes :
- Km 148, quelques frissons qui sous la chaleur, peuvent être le signe d’une hyperthermie.
- km 149, apparition du feu aux pieds.
Il est temps que ça s'arrête.
Bon il ne reste qu’une descente tortueuse pour rallier l’arrivée ; bien sûr vue la météo ça fait longtemps que j’ai décidé qu’il était hors de question que je monte à Beille pour faire la XXL (227 coureurs l'ont fait quand même

)
Cela aurait une forme de suicide déguisé.
Je finis tranquille donc. 79ème sur presque 900 « finishers » et bien 200 ou 300 abandons.
Bon sur le papier ce n’est pas mal, c'est mon premier top100 sur cette cyclo, mais je ne suis pas satisfait à 100%, je pense pouvoir faire bien mieux. D’ailleurs j’ai roulé une bonne partie de la cyclo avec des gars qui terminent dans les 40 ou 50èmes.
Au moins j'ai encore de la marge de progression, c'est ce qui fait avancer aussi.