Complètement d'accord avec ça. Les pavés ne sont pas une zone rouge sur laquelle on a pas le droit de passer sinon game over. Les Porcs dépassent en passant sur les pavés.Alexstru a écrit :C'est clair que les 4 ou 5 premiers en bas dans la rigole du Taaienberg sont les seuls à pouvoir sortir au sommet. Mais tout le monde sait cela. Pourtant, se sont quasiment toujours les mêmes qui font le show dans cette bosse.dolipr4ne a écrit :Je ne regrette pas d'avoir lancé le débat car celui-ci est tres interessant.
En aucun cas je ne suis pour aseptiser/dénaturer les parcours mythiques des Flandriennes. Mais en ce qui concerne le Taaienberg sur le HN de ce weekend, j'ai vraiment été halluciné de voir les écarts énormes creusés sur cette seule ascension.
Je remercie Alexstru pour ses interventions, mais lorsque tu parles de "choix" (de prendre la rigole ou les pavés), j'ai justement l'impression du contraire: lorsque Rowe a embrayé, on n'a pas vu le moindre coureur essayer de remonter sur le pavé, tellement la vitesse imprimée dans la rigole parait tout simplement intenable sur le pavé.
En l'occurrence, il apparait alors presque impossible de jouer la victoire pour quiconque aurait eu le malheur de ne pas etre dans les 20 premiers au pied du Taaienberg. Et ça, je trouve ça dommage.
Je précise tout de meme que cela n'enlève rien au boulot réalisé par les échappés par la suite.
Par contre, quand je parle du choix à faire pour les coureurs de rester dans la rigole ou de passer sur le pavé, il faut regarder l'ascension de Benoot lors de cet Het Volk. Il entame la côte en 5ème position. Il voit Rowe et GVA partir => il passe sur le pavé pour dépasser le coureur qui est juste devant lui. Puis il refait la même chose sur le coureur BMC qui a laissé le trou derrière GVA. Bref, par deux fois, il doit choisir entre rester tranquillement dans la rigole ou passer sur le pavé, se mettre en difficulté, mais tenter de revenir sur la tête. Sagan fait la même chose.
La rigole procure seulement un avantage aux coureurs moins forts qui l'abordent en tête, et qui du coup sont invités au festival des chefs alors qu'ils n'en ont pas forcément le niveau. Samedi, les clandestins s'appelaient Rowe (qui à son corps défendant a couru comme si l'arrivée se trouvait en haut du Taaienberg) et Oss. Sur les deux gouzilleurs, Rowe ne se fera ensuite plus remarquer qu'en tançant l'ami Gougeard, et Oss pète dans la roue de Sagan 42 mètres après le sommet. Sinon, il manque Stuyven (et celui-ci reconnait qu'il aurait pu faire comme Benoot/Sagan, remonter sur le pavé, qu'il n'a pas osé, et qu'il a fait une erreur, donc aucune injustice)... Et puis voilà.
L'approche du Taaienberg fait pour moi partie intégrante du résultat final de l'OHN, c'est justement assez frais de se dire que grâce aux conditions particulières sur ce mont, la course peut se décider aussi loin de l'arrivée. Et puis, le placement, ce n'est pas de la chatte... Les BMC sont toujours des as à ce jeu, mais même l'ami Rowe, il donne sa Vie pour aborder le Taaienberg en P1 (et mettra 50 bornes pour s'en remettre !). On ne se plaint pas que sur un sprint massif, le positionnement joue un rôle capital (sinon autant mettre les mecs sur des home-trainers et se la jouer en concours de puissance). Ici, même chose dans un contexte néanmoins différent : oui la position est cruciale pour aborder le Taaienberg, oui celui-ci peut décider du sort de la course, non il ne fausse pas la course mais la lance d'une manière originale que je trouve tout aussi intéressante que des départs en facteurs entre monts.
Au passage, je pense qu'on aurait jamais eu ce débat si T-Mart ne s'était pas éclaté sur les pavés et si Terpstra n'avait pas eu la chaine volatile : Etixx au complet, à mon avis, avait de quoi revenir sur les échappés. Mais c'est une autre histoire...

