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Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 16:45
par rbl85
Trinite a écrit : 14 mai 2018, 16:38
On3 a écrit : 14 mai 2018, 09:49
Déjà fait remarquer par un autre membre plus haut : bâcher pour préparer quoi ?
Le Tour de France pour un 5ème titre, faut écouter les interviews de Portal.
Ah oui c'est vrai,
il va être interdit de départ comme sur le Giro d'après les spécialistes vélocipèdes.
Ca fait un moment (plusieurs mois) qu'on sait que Froome pourrait participer au Giro
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 16:52
par Thor8_one
Trinite a écrit : 14 mai 2018, 16:38
On3 a écrit : 14 mai 2018, 09:49
Déjà fait remarquer par un autre membre plus haut : bâcher pour préparer quoi ?
Le Tour de France pour un 5ème titre, faut écouter les interviews de Portal.
Ah oui c'est vrai, il va être interdit de départ comme sur le Giro d'après les spécialistes vélocipèdes.
Alors le Tour de France je suis d'accord avec toi, pour le moment il y va.
Mais c'est là que ça devient intéressant, car si il y va, en effet ça ne vaut pas le coup de faire l'effort sur le Giro pour un Top 10.
Si il n'y va pas... Ça reste important de rouler, donc il vaut mieux finir le Giro...
Aujourd'hui, Froome comme toute la sky sauf Bernal, n'est pas le grand Froome. Il va, peut-être, aller de mieux en mieux sur le Giro, mais ça parait déjà compliqué...
Son 5ème Tour me parait son plus gros défi, sachant qu'une suspension reste possible...
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 17:25
par biquet
Question "grimpeurs", je demande plus la lune. Bahamontès, Fuente, Herrera, c'est fini . Le cyclisme a changé, la qualité de l'entrainement, la qualité des routes, etc, tout ça participe de la disparition des grimpeurs révolutionnaires, ceux qui étaient capables de te changer le cours d'un GT.
Mais un nouveau Delgado, un mec qui place une énorme pastèque à 2 ou 3 bornes de l'arrivée et qui prend 30" sur les autres, je vote pour. Mottet disait à son sujet: " On savait tous qu'il allait en mettre une, mais y avait rien à faire pour le contrer". Même ça on a de plus en plus de mal à en trouver. Attention. Je parle bien des coureurs candidats au CG, et pas du grimpeur très éloigné au général et qu'on laisse filer parce qu'il ne représente aucun danger. Bon, y a eu Yates sur l'Etna, mais c'est presque sur une partie plane qu'il a fait la diff..

J'espère vraiment qu'on verra de réels écarts sur le Zoncolan, et à partir de là, on pourrait en tirer certaines conclusions (clm en côte et cols extrêmes ?).
(Dans Marca, Contador considère que Bernal est supérieur à Quintana. Bernal, l'espoir ? Seul problème, c'est un Sky..

)
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 17:35
par bambou
On place nos espoirs en Bernal (bon avant c'était en MAL mais la hype a baissé)/
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 17:55
par Liam
biquet a écrit : 14 mai 2018, 17:25
Question "grimpeurs", je demande plus la lune. Bahamontès, Fuente, Herrera, c'est fini . Le cyclisme a changé, la qualité de l'entrainement, la qualité des routes, etc, tout ça participe de la disparition des grimpeurs révolutionnaires, ceux qui étaient capables de te changer le cours d'un GT.
Mais un nouveau Delgado, un mec qui place une énorme pastèque à 2 ou 3 bornes de l'arrivée et qui prend 30" sur les autres, je vote pour. Mottet disait à son sujet: " On savait tous qu'il allait en mettre une, mais y avait rien à faire pour le contrer". Même ça on a de plus en plus de mal à en trouver. Attention. Je parle bien des coureurs candidats au CG, et pas du grimpeur très éloigné au général et qu'on laisse filer parce qu'il ne représente aucun danger. Bon, y a eu Yates sur l'Etna, mais c'est presque sur une partie plane qu'il a fait la diff..

J'espère vraiment qu'on verra de réels écarts sur le Zoncolan, et à partir de là, on pourrait en tirer certaines conclusions (clm en côte et cols extrêmes ?).
(Dans Marca, Contador considère que Bernal est supérieur à Quintana. Bernal, l'espoir ? Seul problème, c'est un Sky..

)
Je te trouve un peu dur.
Je vois mal ce qu'on pouvait voir d'autre ou de mieux sur ce début de Giro eu égard du parcours. Pour l'instant on n'a pas eu de vraie étape pour grimpeur. L'Etna comme comme course de côte de première semaine était intéressante mais pas assez violente pour produire quelque chose comme la PSM ou le Blockhaus. Montevergine n'a jamais fait d'écart, ni même occasionné d'attaque de favori, y compris au début des années 2000 où le niveau était plus hétérogène. Et Gran Sasso, il n'y avait véritablement que 4 kms exploitables pour les grimpeurs (courus vent de face en plus) et en toute fin d'étape. C'est bien maigre pour porter un quelconque jugement sur les grimpeurs. Je regrette que Pinot n'ait pas pris plus de risque à l'Etna mais ça n'aurait pas changé fondamentalement les choses. Depuis l'annonce du parcours on sait qu'il est mal tracé pour le spectacle. Ce n'est pas une surprise, et pour le coup ce n'est pas vraiment imputable aux coureurs. Des étapes intéressantes arrivent, le Zoncolan bien sûr, qui va dégager une hiérarchie naturelle grâce à sa difficulté, mais pas que. Je trouve l'étape de dimanche très intéressante. Je me demande même si ce n'est pas sur celle-ci que les grimpeurs arriveront à faire plus d'écart sur Dumoulin. Il y a un vrai enchaînement de cols, et la dernière ascension n'est pas la plus difficile, ce qui ne devrait pas bloquer la course. C'est le bon terrain pour passer à l'offensive. Et puis il y aura les deux dernières étapes très brutales qui arriveront après un chrono qui va créer des écarts. Il y a encore largement de quoi faire pour avoir du spectacle. Je comprends qu'on s'impatiente, mais ce qu'on voit est parfaitement logique compte tenu de l'agencement du parcours et du terrain proposé. Je ne vois vraiment pas ce que les coureurs pouvaient faire de plus ou de mieux. A titre personnel je suis déjà bien satisfait d'avoir vu la manoeuvre des Mitchelton sur l'Etna, qui est quand même un modèle du genre. D'ailleurs, l'attaque à la Delgado que tu réclames, on l'a aperçu avec celle de Simon Yates.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 17:58
par Bradounet_
bambou a écrit : 14 mai 2018, 17:35
On place nos espoirs en Bernal (bon avant c'était en MAL mais la hype a baissé)/
Et puis si Bernal se Fabioduartise lui aussi,on aura encore l'espoir de voir en 2023 Remco Evenepoel attaquer dès le km0 sur une étape de trois cols.

Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 18:33
par biquet
Liam a écrit : 14 mai 2018, 17:55
biquet a écrit : 14 mai 2018, 17:25
Question "grimpeurs", je demande plus la lune. Bahamontès, Fuente, Herrera, c'est fini . Le cyclisme a changé, la qualité de l'entrainement, la qualité des routes, etc, tout ça participe de la disparition des grimpeurs révolutionnaires, ceux qui étaient capables de te changer le cours d'un GT.
Mais un nouveau Delgado, un mec qui place une énorme pastèque à 2 ou 3 bornes de l'arrivée et qui prend 30" sur les autres, je vote pour. Mottet disait à son sujet: " On savait tous qu'il allait en mettre une, mais y avait rien à faire pour le contrer". Même ça on a de plus en plus de mal à en trouver. Attention. Je parle bien des coureurs candidats au CG, et pas du grimpeur très éloigné au général et qu'on laisse filer parce qu'il ne représente aucun danger. Bon, y a eu Yates sur l'Etna, mais c'est presque sur une partie plane qu'il a fait la diff..

J'espère vraiment qu'on verra de réels écarts sur le Zoncolan, et à partir de là, on pourrait en tirer certaines conclusions (clm en côte et cols extrêmes ?).
(Dans Marca, Contador considère que Bernal est supérieur à Quintana. Bernal, l'espoir ? Seul problème, c'est un Sky..

)
Je te trouve un peu dur.
Je vois mal ce qu'on pouvait voir d'autre ou de mieux sur ce début de Giro eu égard du parcours. Pour l'instant on n'a pas eu de vraie étape pour grimpeur. L'Etna comme comme course de côte de première semaine était intéressante mais pas assez violente pour produire quelque chose comme la PSM ou le Blockhaus. Montevergine n'a jamais fait d'écart, ni même occasionné d'attaque de favori, y compris au début des années 2000 où le niveau était plus hétérogène. Et Gran Sasso, il n'y avait véritablement que 4 kms exploitables pour les grimpeurs (courus vent de face en plus) et en toute fin d'étape. C'est bien maigre pour porter un quelconque jugement sur les grimpeurs. Je regrette que Pinot n'ait pas pris plus de risque à l'Etna mais ça n'aurait pas changé fondamentalement les choses. Depuis l'annonce du parcours on sait qu'il est mal tracé pour le spectacle. Ce n'est pas une surprise, et pour le coup ce n'est pas vraiment imputable aux coureurs. Des étapes intéressantes arrivent, le Zoncolan bien sûr, qui va dégager une hiérarchie naturelle grâce à sa difficulté, mais pas que. Je trouve l'étape de dimanche très intéressante. Je me demande même si ce n'est pas sur celle-ci que les grimpeurs arriveront à faire plus d'écart sur Dumoulin. Il y a un vrai enchaînement de cols, et la dernière ascension n'est pas la plus difficile, ce qui ne devrait pas bloquer la course. C'est le bon terrain pour passer à l'offensive. Et puis il y aura les deux dernières étapes très brutales qui arriveront après un chrono qui va créer des écarts. Il y a encore largement de quoi faire pour avoir du spectacle. Je comprends qu'on s'impatiente, mais ce qu'on voit est parfaitement logique compte tenu de l'agencement du parcours et du terrain proposé. Je ne vois vraiment pas ce que les coureurs pouvaient faire de plus ou de mieux. A titre personnel je suis déjà bien satisfait d'avoir vu la manoeuvre des Mitchelton sur l'Etna, qui est quand même un modèle du genre. D'ailleurs, l'attaque à la Delgado que tu réclames, on l'a aperçu avec celle de Simon Yates.
J'ai évoqué le finish explosif de Yates (bon, j'ai l'impression qu'il a creusé l'écart sur le plat

). J'ai précisé aussi que si le Zoncolan faisait de vraies différences, il faudrait en tirer des conclusions, après la réussite du chrono en côte du Tour de Romandie ( chrono en côte+ cols extrêmes= avenir ?). Car l'Etna, c'était long, irrégulier, usant, avec plusieurs km autour des 8/9 °/°, un sacré col, quoi, en tout cas par ce versant. Mais ça ne suffit plus. Quand tu vois que ça finit au sprint sur l'Alpe di Pampeago, faut plus s'étonner. Sur le Zoncolan, faudrait que Pozzovivo (après un petit tempo rapide et bref d'un Visconti) prenne le manche de la course dès de le début de la partie monstrueuse (8km du sommet), et qu'il tente d'asphyxier l'opposition. Car sur une telle pente, le phénomène d'aspiration ne joue plus. J'attends beaucoup du petit Pozzo.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 18:36
par biquet
Bradounet_ a écrit : 14 mai 2018, 17:58
bambou a écrit : 14 mai 2018, 17:35
On place nos espoirs en Bernal (bon avant c'était en MAL mais la hype a baissé)/
Et puis si Bernal se Fabioduartise lui aussi,on aura encore l'espoir de voir en 2023 Remco Evenepoel attaquer dès le km0 sur une étape de trois cols.
Actuellement, ça attaque souvent au km 0,4. Avant l'arrivée..

Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 18:43
par Noé
biquet a écrit : 14 mai 2018, 18:36
Bradounet_ a écrit : 14 mai 2018, 17:58
Et puis si Bernal se Fabioduartise lui aussi,on aura encore l'espoir de voir en 2023 Remco Evenepoel attaquer dès le km0 sur une étape de trois cols.
Actuellement, ça attaque souvent au km 0,4. Avant l'arrivée..
Je tiens un calcul assez ardu sur ce Giro. J'ai entrepris de comptabiliser, sur chaque étape, chaque attaque d'un leader du classement général qui intervienne à une distance inférieur à 5 kilomètres de la ligne d'arrivée. Si le compte est bon, avec les nombreux paramètres qu'il a fallu inclure pour obtenir un résultat fiable et représentatif, j'en suis pour l'instant à un chiffre nul, se situant exactement entre 1 et -1. Je vous tient au courant quant à l'évolution de mes statistiques, dignes des graphiques de Tuco.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 21:37
par mazinho93
levrai-dufaux a écrit : 14 mai 2018, 15:06
biquet a écrit : 14 mai 2018, 11:27
Autre constat, provisoire j'espère (je mise sur le monstre Zoncolan pour éclaircir tout ça) : toujours pas de grimpeur décisif dans ce peloton, dès que les gars sont proches les uns des autres au général.
Hier, j'ai regardé en replay les 3 derniers kilomètres de l'étape. Quelle tristesse quand même. Le parcours est ce qu'il est, mais je me faisais la réflexion que les grimpeurs ressemblaient de plus en plus à... des sprinteurs de côte.
On se retrouve en montagne avec exactement les mêmes scénari que sur les étapes de plaine : les équipes de leader jouent avec l'échappée, les trains se mettent en place dans l'ascension finale et, finalement, la seule différence est qu'une fois les équipiers fatigués, le sprint se déroule sur 2-3 kms plutôt que 200-300m.
J'ai l'impression qu'on est entrain d'assister depuis le Tour 2016 à la concrétisation de la tendance qui se dessinait sous nos yeux depuis des années. La mentalité des coureurs comme des suiveurs change. Aujourd'hui, on s'attaque pour gratter 20-30 secondes. 1 minute est considérée comme un écart gigantesque. Je lisais sur le site d'eurosport un avis selon lequel Froome ne pouvait pas viser autre chose qu'un podium désormais... alors qu'il est tout juste à 2'27 et que les principales étapes de montagne et un chrono sont encore à aborder. Le point n'est pas de débattre de la forme de Froome mais je suis simplement interpellé par le fait qu'un écart de 2'30 en fin de première semaine d'un GT paraisse insurmontable pour des suiveurs... alors même qu'on parle d'un coureur qui a gagné 4 TdF.
Mon opinion est qu'il existe toujours des différences de niveaux importantes entre les meilleurs en montagne, mais ces différences ne se matérialisent pas par des écarts importants car personne ou presque ne court pour créer de manière à les provoquer. C'est un peu l'histoire de l'oeuf et la poule : un type de schéma de course émerge progressivement qui favorise les grimpeurs explosifs, capables d'envoyer de gros watts sur quelques kilomètres, mais qui ne sont plus des grimpeurs endurants capables de s'extraire d'un groupe puis de maintenir une grosse allure sur plusieurs ascensions. Conséquence : les leaders des équipes deviennent petit à petit des coureurs qui correspondent aux qualités requises par ce schéma de courses et ont ensuite raison de courir en fonction de leurs caractéristiques, c'est-à-dire d'attendre les derniers kms pour s'expliquer. C'est beaucoup moins risqué pour eux et ils ont bien plus de chances de performer en procédant ainsi.
On est en plein dans un cercle vicieux entre des courses qui favorisent l'émergence de la génération de grimpeurs explosifs peu endurants que l'on a, et des coureurs qui ne s'attaquent que sur quelques kilomètres et alimentent l'idée qu'une arrivée au sommet est la seule garantie pour les organisateurs d'avoir une explication entre leaders.
Pour compléter ce que tu dis on peut regretter l aseptisation des grimpeurs endurants ou supposés tel ; ou est passé le pinot qui ose attaquer a 11 km du sommet à chamrousse en 2014, alors qu' il joue le podium...?
Désormais il ne mise plus que sur son sprint alors qu' il est annoncé comme un grimpeur d endurance....le seul leader qui joue cette filiere longue avec des tactiques adaptés c est nibali, tous les autres rivalisent de frilosité. ..ce qui nous donne ces courses de surplace en montagne. ....
On a une génération de grimpeur épicier , des directeur sportifs du même acabit, cela nous donne ces tristes spectacles , je ne vois pas trop comment cela pourrait changer hélas avec cette mentalités de gagné petit
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 21:57
par papou06
mazinho93 a écrit : 14 mai 2018, 21:37
levrai-dufaux a écrit : 14 mai 2018, 15:06
Hier, j'ai regardé en replay les 3 derniers kilomètres de l'étape. Quelle tristesse quand même. Le parcours est ce qu'il est, mais je me faisais la réflexion que les grimpeurs ressemblaient de plus en plus à... des sprinteurs de côte.
On se retrouve en montagne avec exactement les mêmes scénari que sur les étapes de plaine : les équipes de leader jouent avec l'échappée, les trains se mettent en place dans l'ascension finale et, finalement, la seule différence est qu'une fois les équipiers fatigués, le sprint se déroule sur 2-3 kms plutôt que 200-300m.
J'ai l'impression qu'on est entrain d'assister depuis le Tour 2016 à la concrétisation de la tendance qui se dessinait sous nos yeux depuis des années. La mentalité des coureurs comme des suiveurs change. Aujourd'hui, on s'attaque pour gratter 20-30 secondes. 1 minute est considérée comme un écart gigantesque. Je lisais sur le site d'eurosport un avis selon lequel Froome ne pouvait pas viser autre chose qu'un podium désormais... alors qu'il est tout juste à 2'27 et que les principales étapes de montagne et un chrono sont encore à aborder. Le point n'est pas de débattre de la forme de Froome mais je suis simplement interpellé par le fait qu'un écart de 2'30 en fin de première semaine d'un GT paraisse insurmontable pour des suiveurs... alors même qu'on parle d'un coureur qui a gagné 4 TdF.
Mon opinion est qu'il existe toujours des différences de niveaux importantes entre les meilleurs en montagne, mais ces différences ne se matérialisent pas par des écarts importants car personne ou presque ne court pour créer de manière à les provoquer. C'est un peu l'histoire de l'oeuf et la poule : un type de schéma de course émerge progressivement qui favorise les grimpeurs explosifs, capables d'envoyer de gros watts sur quelques kilomètres, mais qui ne sont plus des grimpeurs endurants capables de s'extraire d'un groupe puis de maintenir une grosse allure sur plusieurs ascensions. Conséquence : les leaders des équipes deviennent petit à petit des coureurs qui correspondent aux qualités requises par ce schéma de courses et ont ensuite raison de courir en fonction de leurs caractéristiques, c'est-à-dire d'attendre les derniers kms pour s'expliquer. C'est beaucoup moins risqué pour eux et ils ont bien plus de chances de performer en procédant ainsi.
On est en plein dans un cercle vicieux entre des courses qui favorisent l'émergence de la génération de grimpeurs explosifs peu endurants que l'on a, et des coureurs qui ne s'attaquent que sur quelques kilomètres et alimentent l'idée qu'une arrivée au sommet est la seule garantie pour les organisateurs d'avoir une explication entre leaders.
Pour compléter ce que tu dis on peut regretter l aseptisation des grimpeurs endurants ou supposés tel ; ou est passé le pinot qui ose attaquer a 11 km du sommet à chamrousse en 2014, alors qu' il joue le podium...?
Désormais il ne mise plus que sur son sprint alors qu' il est annoncé comme un grimpeur d endurance....le seul leader qui joue cette filiere longue avec des tactiques adaptés c est nibali, tous les autres rivalisent de frilosité. ..ce qui nous donne ces courses de surplace en montagne. ....
On a une génération de grimpeur épicier , des directeur sportifs du même acabit, cela nous donne ces tristes spectacles , je ne vois pas trop comment cela pourrait changer hélas avec cette mentalités de gagné petit
Chaves aussi, qui a construit ses 2 podiums sur des attaques lointaines.
Il y a une question de parcours effectivement. La part des CLM est devenue tellement ridicule que les mecs n'ont même plus besoin de travailler l'exercice, et en plus les écarts étant minimes, ils espèrent tous un miracle jusqu'au bout et ne prennent donc aucun risque de tout perdre. La raréfaction des étapes longues aussi. Qu'il y ait des étapes sprint ok, mais il faut alterner avec des étapes longues, qui sont celles qui usent les organismes.
Il y a les capteurs de puissance : plus un mec ne va se mettre dans le rouge de peur de péter. Ca limite les défaillances d'une part, mais ça limite aussi les attaques, puisqu'ils préfèrent rester à des allures qu'ils sont sûrs de pouvoir tenir.
Il y a le retour des bonifs, qui dans ce contexte là est très néfaste, puisque prendre des bonifs semble être une bonne opération. Un Pozzovivo, qui est celui qui a le plus "osé" avec Pinot dimanche, perd finalement pas mal de temps avec les bonifs.
Tout ça participe à une mentalité hyper conservatrice. Et on voit bien qu'enlever un équipier n'a pas changé grand chose à ça sur cette 1e semaine, c'est une béquille sur une jambe de bois.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 14 mai 2018, 23:12
par wallers
Bradounet_ a écrit : 14 mai 2018, 17:58
bambou a écrit : 14 mai 2018, 17:35
On place nos espoirs en Bernal (bon avant c'était en MAL mais la hype a baissé)/
Et puis si Bernal se Fabioduartise lui aussi,on aura encore l'espoir de voir en 2023 Remco Evenepoel attaquer dès le km0 sur une étape de trois cols.
Evenepoel sera en Conti Pro dès l'an prochain chez Axeon. On n'aura peut-être pas besoin d'attendre 2023.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 15 mai 2018, 08:46
par jimmy39
On3 a écrit : 14 mai 2018, 11:40
jimmy39 a écrit : 14 mai 2018, 11:06
Tu n'as pas tout suivi non plus, Dumoulin s'est plaint de surentraînement et
a passé une mauvaise passe psychologiquement en constatant qu'il n'avançait plus

Si je me souviens bien, il dit qu'il s'est remis sur pied en partageant les entraînement de Ten Dam entre autres...
Et il est bien en retrait sur la 3ème étape avant son abandon sur TA
Pas vu cette histoire de surentraînement.
Il parlait surtout de la question mentale. Il disait s'être mis beaucoup la pression, et qu'avoir ragé autant sur ses problèmes mécaniques à Abu Dhabi en était le parfait indicateur (en gros, ce n'était "pas lui", "il ne se comporte pas comme ça").
Les 3 (?) semaines dans la Sierra Nevada lui ont fait du bien, dans la mesure où il avait pu prendre du recul sur ce qui comptait vraiment, et retrouver du plaisir à rouler avec ses équipiers (de qui il s'était un peu coupé, en s'entraînant et en roulant seul).
Relu l'article, il dit bien qu'il s'est trop entraîné cet hiver, en étant obnubilé par les résultats et n'yant plus aucun plaisir à rouler. Il dit s'être retrouvé dans les Ardennes avec Ten Dam et Tankink pour enfin avoir du plaisir. C'est juste pour dire que je ne vois pas comment on peut dire qu'il arrivé au Giro frais mentalement après être passé près du burn-out au printemps
Avec en plus avec des chutes et des maladies, sa préparation est certainement plus mauvaise que l'année passée ...
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 15 mai 2018, 08:49
par Wombat
levrai-dufaux a écrit : 14 mai 2018, 15:06
biquet a écrit : 14 mai 2018, 11:27
Autre constat, provisoire j'espère (je mise sur le monstre Zoncolan pour éclaircir tout ça) : toujours pas de grimpeur décisif dans ce peloton, dès que les gars sont proches les uns des autres au général.
Hier, j'ai regardé en replay les 3 derniers kilomètres de l'étape. Quelle tristesse quand même. Le parcours est ce qu'il est, mais je me faisais la réflexion que les grimpeurs ressemblaient de plus en plus à... des sprinteurs de côte.
On se retrouve en montagne avec exactement les mêmes scénari que sur les étapes de plaine : les équipes de leader jouent avec l'échappée, les trains se mettent en place dans l'ascension finale et, finalement, la seule différence est qu'une fois les équipiers fatigués, le sprint se déroule sur 2-3 kms plutôt que 200-300m.
J'ai l'impression qu'on est entrain d'assister depuis le Tour 2016 à la concrétisation de la tendance qui se dessinait sous nos yeux depuis des années. La mentalité des coureurs comme des suiveurs change. Aujourd'hui, on s'attaque pour gratter 20-30 secondes. 1 minute est considérée comme un écart gigantesque. Je lisais sur le site d'eurosport un avis selon lequel Froome ne pouvait pas viser autre chose qu'un podium désormais... alors qu'il est tout juste à 2'27 et que les principales étapes de montagne et un chrono sont encore à aborder. Le point n'est pas de débattre de la forme de Froome mais je suis simplement interpellé par le fait qu'un écart de 2'30 en fin de première semaine d'un GT paraisse insurmontable pour des suiveurs... alors même qu'on parle d'un coureur qui a gagné 4 TdF.
Mon opinion est qu'il existe toujours des différences de niveaux importantes entre les meilleurs en montagne, mais ces différences ne se matérialisent pas par des écarts importants car personne ou presque ne court pour créer de manière à les provoquer. C'est un peu l'histoire de l'oeuf et la poule : un type de schéma de course émerge progressivement qui favorise les grimpeurs explosifs, capables d'envoyer de gros watts sur quelques kilomètres, mais qui ne sont plus des grimpeurs endurants capables de s'extraire d'un groupe puis de maintenir une grosse allure sur plusieurs ascensions. Conséquence : les leaders des équipes deviennent petit à petit des coureurs qui correspondent aux qualités requises par ce schéma de courses et ont ensuite raison de courir en fonction de leurs caractéristiques, c'est-à-dire d'attendre les derniers kms pour s'expliquer. C'est beaucoup moins risqué pour eux et ils ont bien plus de chances de performer en procédant ainsi.
On est en plein dans un cercle vicieux entre des courses qui favorisent l'émergence de la génération de grimpeurs explosifs peu endurants que l'on a, et des coureurs qui ne s'attaquent que sur quelques kilomètres et alimentent l'idée qu'une arrivée au sommet est la seule garantie pour les organisateurs d'avoir une explication entre leaders.
Encore un qui n'a pas aimé l'étape de frappadingue (dixit chassé) de dimanche.
Il y a quelques années encore les commentateurs gueulaient quand ça bougeait pas au pied de l'ascension. Maintenant ça part à deux ou trois kms du sommet et y a toujours un type dans la cabine commentaire pour dire ( souvent avec raison ) "Ah c'est risqué c'est un peu loin ça "
Après je suis assez d'accord avec toutes les raisons avances sur ses dernières pages :
-le parcours qui privilégie le suspens, donc exit les CLM long et les grosses étapes de montagne trop tôt dans la course. Comme ça tout le monde y croit le plus longtemps possible quitte à aller à l'abbatoire tel un Romain Bardet avant le CLM de Marseille
- Les SRM qui donnent trop d'infos au coureur et leur permet d'optimiser leur potentiel et leur forme du moment.
- La mentalité des coureurs qui sont paralysés par l'enjeu. Ce qui fait que ces dernieres années le nombre de belles envolées sur une course par étape est inversement proportionnel à son importance dans le calendrier.
Re: Giro 2018 : 9e étape - dimanche 13 mai Pesco Sannita - Gran Sasso d'Italia (225 km)
Publié : 15 mai 2018, 09:14
par allezlasse
je pense que les SRM jouent beaucoup dans ces scénarios que vous décrivez, plus que le reste (je vois que je suis pas dans le rouge, donc je tiens)
les réflexions sur les parcours ou même les attitudes des coureurs m'ont toujours paru un peu contradictoires (exemple : le étapes de montagne et les chronos sont toujours + courts ? pourtant le Tour 2017 faisait 3540 km, soit plus que les éditions 88, 89, 90, 01, 02, 03, 04, 09, 11, 12, 13, 15, 16)
je crois que la première mesure ce serait de supprimer les SRM, et je pense qu'on y viendra. Ça mettra du temps, comme réduire le nombre de coureurs par équipes, mais j'y crois plus qu'à la suppression des oreillettes