Ça l'est nécessairement. Le sport d'élite implique déjà un sacré processus de sélection, alors les sportifs qui dominent à ce point leur discipline sont forcément des êtres "exceptionnels" (indépendamment de l'aspect pharmacologique). Et puis "mutant", d'un point de vue biologique, on l'est tous.trevorphilips a écrit : 26 mars 2026, 02:25 C'est peut être vraiment un "mutant", quelqu'un de spécial.
Milan San Remo 2026 - 21 Mars
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Salut l'ami. Merci de ton message que je partage complètement. Je le comprends malheureusement mais je le regrette sincèrement.Dreki a écrit : 25 mars 2026, 18:53 Premier message depuis 6 mois...
Juste pour dire que je rejoins l'avis de GracchusBabeuf, et c'est justement la raison qui me pousse à ne plus poster sur ce forum.
Je ne crois pas en la probité de Pogi et encore moins de son entourage, mais je ne crois pas que sa domination actuelle ne s'explique que par ça. Du dopage, lourd, très lourd, jusqu'à l'excès, on a en déjà eu, sans jamais voir une telle domination, hormis Merckx. Il est pour moi fait d'un tout autre bois.
Je ne me fais pas d'illusion sur la Visma, la Bora, sur Remco, sur la Decathlon 2.0, la Barhein... Bien sûr, des doutes sont évoqués ici et là sur ce forum sur d'autres que Pogi, mais c'est évident que le traitement n'est pas le même, et qu'à chaque victoire du Slovène, c'est un festival, à qui tapera le plus fort, sans aucune nuance.
Malheureusement, certains détestent tellement Pogi, que même un discours réservé passe pour trop mou, et on est vite taxé de naïf, qui apprécie bêtement le spectacle sans réfléchir. Ça ne donne plus envie de participer.![]()
A dans 6 mois, ou pas...
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Je partage un peu le point de vue du fait de systématiquement être taxé de naif et l'excès de "sachants", néanmoins je pense que le forum c'est beaucoup plus que ça et que c'est vraiment dommage de ne plus y participer "seulement" à cause de l'ambiance due à des performances extraordinaires et de ce sujet "Pogacar".Xav_38 a écrit : 26 mars 2026, 09:50Salut l'ami. Merci de ton message que je partage complètement. Je le comprends malheureusement mais je le regrette sincèrement.Dreki a écrit : 25 mars 2026, 18:53 Premier message depuis 6 mois...
Juste pour dire que je rejoins l'avis de GracchusBabeuf, et c'est justement la raison qui me pousse à ne plus poster sur ce forum.
Je ne crois pas en la probité de Pogi et encore moins de son entourage, mais je ne crois pas que sa domination actuelle ne s'explique que par ça. Du dopage, lourd, très lourd, jusqu'à l'excès, on a en déjà eu, sans jamais voir une telle domination, hormis Merckx. Il est pour moi fait d'un tout autre bois.
Je ne me fais pas d'illusion sur la Visma, la Bora, sur Remco, sur la Decathlon 2.0, la Barhein... Bien sûr, des doutes sont évoqués ici et là sur ce forum sur d'autres que Pogi, mais c'est évident que le traitement n'est pas le même, et qu'à chaque victoire du Slovène, c'est un festival, à qui tapera le plus fort, sans aucune nuance.
Malheureusement, certains détestent tellement Pogi, que même un discours réservé passe pour trop mou, et on est vite taxé de naïf, qui apprécie bêtement le spectacle sans réfléchir. Ça ne donne plus envie de participer.![]()
A dans 6 mois, ou pas...
Je suis content de voir un nouveau message de Dreki mais son contenu me déprime un peu
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Je crois qu’il faut dire les choses simplement : chez certains des accusateurs, il y a surtout une frustration de voir les courses perdre, à leurs yeux, leur dimension de "spectacle " (du suspense, des renversements, de l’incertitude, bref une dramaturgie). Et c’est précisément cette frustration qui les conduit à reprocher aux plus mesurés, ceux qui refusent de condamner d’emblée Pogacar, de regarder le cyclisme avec des œillères, comme s’ils se contentaient béatement des grandes chevauchées et des performances hors normes.
Mais c’est presque l’inverse : ceux qu’on accuse d’être naïfs sont souvent ceux qui n’ont jamais exigé que le sport soit un spectacle permanent. Ils acceptent que la logique sportive produise parfois des dominations écrasantes, et que Pogacar en soit aujourd’hui l’incarnation. Ce n’est pas de l’aveuglement, c’est simplement reconnaître que la compétition n’obéit pas toujours aux attentes narratives qu’on voudrait lui imposer.
Mais c’est presque l’inverse : ceux qu’on accuse d’être naïfs sont souvent ceux qui n’ont jamais exigé que le sport soit un spectacle permanent. Ils acceptent que la logique sportive produise parfois des dominations écrasantes, et que Pogacar en soit aujourd’hui l’incarnation. Ce n’est pas de l’aveuglement, c’est simplement reconnaître que la compétition n’obéit pas toujours aux attentes narratives qu’on voudrait lui imposer.
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Je parlais du fair-play comme concept de droite, voilà Bradounet qui nous fait l'éloge tranquille du fair-watch. Concept de droite hardcore évidemment.Bradounet_ a écrit : 26 mars 2026, 11:32 Je crois qu’il faut dire les choses simplement : chez certains des accusateurs, il y a surtout une frustration de voir les courses perdre, à leurs yeux, leur dimension de "spectacle " (du suspense, des renversements, de l’incertitude, bref une dramaturgie). Et c’est précisément cette frustration qui les conduit à reprocher aux plus mesurés, ceux qui refusent de condamner d’emblée Pogacar, de regarder le cyclisme avec des œillères, comme s’ils se contentaient béatement des grandes chevauchées et des performances hors normes.
Mais c’est presque l’inverse : ceux qu’on accuse d’être naïfs sont souvent ceux qui n’ont jamais exigé que le sport soit un spectacle permanent. Ils acceptent que la logique sportive produise parfois des dominations écrasantes, et que Pogacar en soit aujourd’hui l’incarnation. Ce n’est pas de l’aveuglement, c’est simplement reconnaître que la compétition n’obéit pas toujours aux attentes narratives qu’on voudrait lui imposer.
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Le fait que tu continues à parler de moi à la troisième personne “voilà Bradounet qui…” n’est pas un simple tic. C’est une manière de me transformer en objet plutôt qu’en interlocuteur. Tu ne t’adresses pas à moi : tu surveilles, tu qualifies, tu ranges. C’est exactement le même geste que celui que tu appliques aux supporters : un geste de classement, pas de discussion.
Et ton histoire de fair‑watch fonctionne de la même manière. Ce n’est pas une posture que je revendique, c’est une étiquette que tu fabriques comme un grand pour me situer dans ton schéma. Dans ton usage, le fair‑watch n’est pas une description, c’est plutôt un raccourci qui te permet de transformer une attitude de spectateur en identité politique.
Je remarque que la mécanique est toujours la même et elle a tendance à s'auto-alimenter :
1/apprécier une performancece serait déjà croire au “talent”
2/croire au talent, ce serait déjà adhérer à la méritocratie
3/ la méritocratie, ce serait déjà être de droite.
Donc, regarder du sport de très haut niveau = être un droitard qui s’ignore.
Ce n’est pas une analyse, c’est une assignation. Tu ne décris pas un phénomène réel, tu distribues des places : les bons (admirateurs du Pinot pastoral et subversif), ceux qui ne hurle pas au dopage les naïfs, ceux qui apprécient une performance des méritocrates de canapé, les dupes du récit médiatique.
Tu expliques que ta droite valorise le mérite, l’effort, l’accomplissement par le travail. Très bien (tu ne l'as jamais définie rigoureusement donc excuse-moi d'en faire une définition avec les quelques éléments que tu as pu disséminer ça et là). Mais alors admirer des "prodiges" comme Seixas ou Evenepoel n’ont strictement rien à voir avec ça. Ce ne sont pas des figures de la réussite par le labeur : ce sont tout juste des anomalies physiologiques. Evenepoel gagne sa première grande classique après deux ans de vélo. Seixas n'a même pas un GT dans les pattes qu'il accapare la lumière. S’il y a bien un domaine où le mérite frappe le moins, c’est le sport de très haut niveau dans des disciplines presque exclusivement physique. Ce n’est pas la récompense d’un ethos du travail : c’est la consécration d’inégalités biologiques. On est plus dans une aristocratie biologique. Le récit du mérite que vendent les médias ne sert pas à justifier des inégalités sociales, mais des inégalités physiologiques. Et si on suit ta logique, un “droitard” aurait justement du mal à se reconnaître dans un prodige comme Seixas : il n’incarne rien de ce que tu associes à la droite, ni l’effort, ni la discipline, ni la construction progressive d’un capital technique. Ce n'est pas un Nicolas Prodhomme qui a gravi les échelons un à un dans le respect et la discipline de l'ordre social.
D’ailleurs, si on devait vraiment jouer à ton jeu de l’assignation politique, les sports qui correspondent le mieux à l’imaginaire méritocratique que tu décris ne sont pas le cyclisme de prodiges, mais des disciplines comme le tennis, le golf voire le piano si l'on change de domaine. Dans ces domaines, la maîtrise est lente, souvent coûteuse, socialement située et marquée surtout en France, et l’accès précoce à la pratique fait une énorme différence. L’investissement, le temps, le coaching, le réseau et la socialisation jouent un rôle central, on peut dire l’effort n’y est jamais “pur”, mais il s’ajoute à des conditions sociales déjà favorables. C’est là que l’imaginaire du mérite peut se construire et servir à justifier des inégalités sociales.
Dans le cyclisme de prodiges, en revanche, ce récit s’effondre : les performances dépendent d’abord de prédispositions biologiques, et l’effort ou le travail progressif ne peuvent légitimer les écarts observés, la réussite suprême (gagner le TdF), c’est l’actualisation d’un capital corporel hérité, une loterie génétique que l’entraînement ne fait qu’optimiser à la marge.
On n’entre pas dans le top 10 mondial du classement ATP ou WTA après deux ans de pratique. Et pour être clair : je ne nie pas qu’il existe des lectures politiques du sport. Toute une tradition sociologique a montré comment le sport peut servir à naturaliser des hiérarchies, à mettre en scène des formes de domination, à produire de l’adhésion symbolique. Mais alors justement : ces analyses ne passent pas par la fable du mérite. Elles montrent que le sport met en scène des inégalités naturelles, pas qu’il glorifie l’effort.
C’est ça, la vraie dimension politique du sport : la naturalisation de l’arbitraire, pas la célébration du mérite.
Ce qui montre bien que ton schéma ne décrit pas le réel : il le simplifie pour pouvoir classer les gens.
Et d’ailleurs, si on veut vraiment politiser le sport, ce n’est pas la fable du mérite qu’il faut pointer. Le cyclisme n’est pas une parabole de l’effort récompensé : c’est une parabole du capital génétique hérité. Le très haut niveau ne consacre pas ceux qui travaillent le plus parmi les pros, mais ceux qui disposent d’un avantage physiologique que personne ne peut “mériter”.
Si tu veux en faire un outil idéologique, c’est là qu’il faut regarder : dans la manière dont le sport naturalise l’arbitraire biologique. Et ce n’est pas un point de vue “de droite”, même le préambule de la Déclaration de 1789 distingue l’égalité en droits de l’inégalité naturelle. Les révolutionnaires n’ont jamais prétendu que tous les hommes naissaient égaux en capacités, seulement qu’ils devaient être égaux devant la loi.
Donc si tu veux vraiment analyser le sport politiquement, il faut accepter que le cyclisme ne raconte pas une fable du mérite : il raconte une fable de l’inégalité naturelle. Et c’est précisément pour ça que ton schéma “mérite -> droite” ne fonctionne pas ici.
Et le paradoxe, c’est que tu prétends déconstruire le “talent” comme mythe social, mais tu reconstruis immédiatement une autre fiction : celle d’un public uniformément fasciné par le mérite, donc uniformément classable. Tu produis à ta guise des catégories dont tu as besoin pour exercer un espèce de pouvoir ici.
Beaucoup d’entre nous regardent simplement une domination sportive pour ce qu’elle est, sans y projeter ton schéma idéologique.
Et ton histoire de fair‑watch fonctionne de la même manière. Ce n’est pas une posture que je revendique, c’est une étiquette que tu fabriques comme un grand pour me situer dans ton schéma. Dans ton usage, le fair‑watch n’est pas une description, c’est plutôt un raccourci qui te permet de transformer une attitude de spectateur en identité politique.
Je remarque que la mécanique est toujours la même et elle a tendance à s'auto-alimenter :
1/apprécier une performancece serait déjà croire au “talent”
2/croire au talent, ce serait déjà adhérer à la méritocratie
3/ la méritocratie, ce serait déjà être de droite.
Donc, regarder du sport de très haut niveau = être un droitard qui s’ignore.
Ce n’est pas une analyse, c’est une assignation. Tu ne décris pas un phénomène réel, tu distribues des places : les bons (admirateurs du Pinot pastoral et subversif), ceux qui ne hurle pas au dopage les naïfs, ceux qui apprécient une performance des méritocrates de canapé, les dupes du récit médiatique.
Tu expliques que ta droite valorise le mérite, l’effort, l’accomplissement par le travail. Très bien (tu ne l'as jamais définie rigoureusement donc excuse-moi d'en faire une définition avec les quelques éléments que tu as pu disséminer ça et là). Mais alors admirer des "prodiges" comme Seixas ou Evenepoel n’ont strictement rien à voir avec ça. Ce ne sont pas des figures de la réussite par le labeur : ce sont tout juste des anomalies physiologiques. Evenepoel gagne sa première grande classique après deux ans de vélo. Seixas n'a même pas un GT dans les pattes qu'il accapare la lumière. S’il y a bien un domaine où le mérite frappe le moins, c’est le sport de très haut niveau dans des disciplines presque exclusivement physique. Ce n’est pas la récompense d’un ethos du travail : c’est la consécration d’inégalités biologiques. On est plus dans une aristocratie biologique. Le récit du mérite que vendent les médias ne sert pas à justifier des inégalités sociales, mais des inégalités physiologiques. Et si on suit ta logique, un “droitard” aurait justement du mal à se reconnaître dans un prodige comme Seixas : il n’incarne rien de ce que tu associes à la droite, ni l’effort, ni la discipline, ni la construction progressive d’un capital technique. Ce n'est pas un Nicolas Prodhomme qui a gravi les échelons un à un dans le respect et la discipline de l'ordre social.
D’ailleurs, si on devait vraiment jouer à ton jeu de l’assignation politique, les sports qui correspondent le mieux à l’imaginaire méritocratique que tu décris ne sont pas le cyclisme de prodiges, mais des disciplines comme le tennis, le golf voire le piano si l'on change de domaine. Dans ces domaines, la maîtrise est lente, souvent coûteuse, socialement située et marquée surtout en France, et l’accès précoce à la pratique fait une énorme différence. L’investissement, le temps, le coaching, le réseau et la socialisation jouent un rôle central, on peut dire l’effort n’y est jamais “pur”, mais il s’ajoute à des conditions sociales déjà favorables. C’est là que l’imaginaire du mérite peut se construire et servir à justifier des inégalités sociales.
Dans le cyclisme de prodiges, en revanche, ce récit s’effondre : les performances dépendent d’abord de prédispositions biologiques, et l’effort ou le travail progressif ne peuvent légitimer les écarts observés, la réussite suprême (gagner le TdF), c’est l’actualisation d’un capital corporel hérité, une loterie génétique que l’entraînement ne fait qu’optimiser à la marge.
On n’entre pas dans le top 10 mondial du classement ATP ou WTA après deux ans de pratique. Et pour être clair : je ne nie pas qu’il existe des lectures politiques du sport. Toute une tradition sociologique a montré comment le sport peut servir à naturaliser des hiérarchies, à mettre en scène des formes de domination, à produire de l’adhésion symbolique. Mais alors justement : ces analyses ne passent pas par la fable du mérite. Elles montrent que le sport met en scène des inégalités naturelles, pas qu’il glorifie l’effort.
C’est ça, la vraie dimension politique du sport : la naturalisation de l’arbitraire, pas la célébration du mérite.
Ce qui montre bien que ton schéma ne décrit pas le réel : il le simplifie pour pouvoir classer les gens.
Et d’ailleurs, si on veut vraiment politiser le sport, ce n’est pas la fable du mérite qu’il faut pointer. Le cyclisme n’est pas une parabole de l’effort récompensé : c’est une parabole du capital génétique hérité. Le très haut niveau ne consacre pas ceux qui travaillent le plus parmi les pros, mais ceux qui disposent d’un avantage physiologique que personne ne peut “mériter”.
Si tu veux en faire un outil idéologique, c’est là qu’il faut regarder : dans la manière dont le sport naturalise l’arbitraire biologique. Et ce n’est pas un point de vue “de droite”, même le préambule de la Déclaration de 1789 distingue l’égalité en droits de l’inégalité naturelle. Les révolutionnaires n’ont jamais prétendu que tous les hommes naissaient égaux en capacités, seulement qu’ils devaient être égaux devant la loi.
Donc si tu veux vraiment analyser le sport politiquement, il faut accepter que le cyclisme ne raconte pas une fable du mérite : il raconte une fable de l’inégalité naturelle. Et c’est précisément pour ça que ton schéma “mérite -> droite” ne fonctionne pas ici.
Et le paradoxe, c’est que tu prétends déconstruire le “talent” comme mythe social, mais tu reconstruis immédiatement une autre fiction : celle d’un public uniformément fasciné par le mérite, donc uniformément classable. Tu produis à ta guise des catégories dont tu as besoin pour exercer un espèce de pouvoir ici.
Beaucoup d’entre nous regardent simplement une domination sportive pour ce qu’elle est, sans y projeter ton schéma idéologique.
Faible pour l'éphèbe, fort pour l'effort.
Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Difficile de passer après le message de Bradounet (le respect m'ordonne de te mettre à la 3ème personne également
)
Personnellement je vis ma meilleure vie devant le vélo actuellement, j'ai toujours admiré les sportifs qui écrasent et surdominent leur sport, ceux qui ont du talent inné. J'ai en plus de cela la chance de n'être ni chauvin, ni jaloux, ça aide pour ne pas crier au dopage à chaque performance, je crois. Que serait le sport sans toutes ces légendes... juste un ramassis de nazes qu'on ne retiendrait presque pas. Il faut mesurer la chance d'avoir des Pogi et des MDVP, des Klaebo, des Mondo, des MM93, des Malinin, des Brignone et des Shiffrin, des pêcheurs et des Carlitos,...
Personnellement je vis ma meilleure vie devant le vélo actuellement, j'ai toujours admiré les sportifs qui écrasent et surdominent leur sport, ceux qui ont du talent inné. J'ai en plus de cela la chance de n'être ni chauvin, ni jaloux, ça aide pour ne pas crier au dopage à chaque performance, je crois. Que serait le sport sans toutes ces légendes... juste un ramassis de nazes qu'on ne retiendrait presque pas. Il faut mesurer la chance d'avoir des Pogi et des MDVP, des Klaebo, des Mondo, des MM93, des Malinin, des Brignone et des Shiffrin, des pêcheurs et des Carlitos,...
Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Envie de répondre sur plein de points mais la flemme. Grosso modo mon ressenti c'est que ça campe sur ses positions au lieu de poser vraiment des questions.
Je vais juste te dire il y a une phrase où je suis absolument d'accord "si il y a bien un domaine où le mérite frappe le moins, c'est celui du sport de haut niveau (...)"
Evenepoel et Seixas gagnent des dix ou cent fois plus que Prodhomme, ont dix ou cent fois plus d'attention médiatique que Prodhomme. Jamais ils sont dix ou cent fois plus en qualités physiques. Tu compares les Pmax, PMA, seuils lactiques, temps de soutien à x watts, réflexes : on est sur du % ou du dizaine de % maxi de différence.
Et pourtant le discours du professionnalisme, du temps d'entraînement, des sacrifices, de cette connerie de "panache", du spectacle (non mais sérieux Vingegaard vs Evenepoel et les relais... 1 minute dans les dents fin de l'histoire), qui mettent en avant des traits de caractère supérieurs, de l'acharnement à l'entraînement, ce sont des mots hyper fréquents dans les commentaires comme dans le récit médiatique. Particulièrement dans le cyclisme, qui est un sport de légende, avec des figures quasi mythiques construites de toutes pièces. Et le discours du mérite revient toujours pour justifier ça. Le gars est une légende parce qu'il a fait un truc extraordinaire largement supérieur aux autres. La réalité, c'est 10%. Et 10% c'est déjà un gouffre en sport de haut niveau. Mais le système du sport -spectacle amplifie et magnifie ce gouffre, là où il n'y a objectivement qu'une légère crevasse. Et il justifie tout en même temps. L'exil fiscal à Monaco, les millionnaires, le pognon dépensé dans du matériel, des staffs à rallonge et de la poudre de perlimpinpin goût framboise. C'est tellement grandiose qu'il faut de la préparation derrière. Même si t'as le talent, le cyclisme n'est pas un sport où tu enlèves la toile d'araignée du vélo le samedi pour aller gagner le dimanche.
Je vais juste te dire il y a une phrase où je suis absolument d'accord "si il y a bien un domaine où le mérite frappe le moins, c'est celui du sport de haut niveau (...)"
Evenepoel et Seixas gagnent des dix ou cent fois plus que Prodhomme, ont dix ou cent fois plus d'attention médiatique que Prodhomme. Jamais ils sont dix ou cent fois plus en qualités physiques. Tu compares les Pmax, PMA, seuils lactiques, temps de soutien à x watts, réflexes : on est sur du % ou du dizaine de % maxi de différence.
Et pourtant le discours du professionnalisme, du temps d'entraînement, des sacrifices, de cette connerie de "panache", du spectacle (non mais sérieux Vingegaard vs Evenepoel et les relais... 1 minute dans les dents fin de l'histoire), qui mettent en avant des traits de caractère supérieurs, de l'acharnement à l'entraînement, ce sont des mots hyper fréquents dans les commentaires comme dans le récit médiatique. Particulièrement dans le cyclisme, qui est un sport de légende, avec des figures quasi mythiques construites de toutes pièces. Et le discours du mérite revient toujours pour justifier ça. Le gars est une légende parce qu'il a fait un truc extraordinaire largement supérieur aux autres. La réalité, c'est 10%. Et 10% c'est déjà un gouffre en sport de haut niveau. Mais le système du sport -spectacle amplifie et magnifie ce gouffre, là où il n'y a objectivement qu'une légère crevasse. Et il justifie tout en même temps. L'exil fiscal à Monaco, les millionnaires, le pognon dépensé dans du matériel, des staffs à rallonge et de la poudre de perlimpinpin goût framboise. C'est tellement grandiose qu'il faut de la préparation derrière. Même si t'as le talent, le cyclisme n'est pas un sport où tu enlèves la toile d'araignée du vélo le samedi pour aller gagner le dimanche.
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
ouais pareil y aurait beaucoup à redire sur ce que Bradounet/il/tu/lui/toi/vous dites
Je vais juste m'arrêter sur ça , il me semble quand même il y avoir un léger souci de cohérence dans l'analyse du cas Pogacar; ce qui interpelle même les plus mesurés c'est la trajectoire de sa progression, par exemple pas plus loin que dans ce taupique quelques pages avant
-Vélomen- a écrit : dim. mars 22, 2026 11:44 am
Quelqu'un a un début d'explication sur le fait que Pogacar arrive à prendre 20 watts chaque hiver (si ce n'est pas plus) depuis la l'hiver 2024/2025 ?
A quoi tu réponds honnêtement que tu n'en sais rien:
"Je ne sais pas si c'est une question rhétorique car tu te doutes bien que personne en dehors du tout premier cercle de Pogacar ne connait précisément la recette."
Et puis là subitement le cas Pogacar semble devenir transparent, c'est juste que le gonze a gagné a la loterie génétique, point barre faut pas chercher plus loin...
Je vois pas bien la cohérence là dedans
Je vais juste m'arrêter sur ça , il me semble quand même il y avoir un léger souci de cohérence dans l'analyse du cas Pogacar; ce qui interpelle même les plus mesurés c'est la trajectoire de sa progression, par exemple pas plus loin que dans ce taupique quelques pages avant
-Vélomen- a écrit : dim. mars 22, 2026 11:44 am
Quelqu'un a un début d'explication sur le fait que Pogacar arrive à prendre 20 watts chaque hiver (si ce n'est pas plus) depuis la l'hiver 2024/2025 ?
A quoi tu réponds honnêtement que tu n'en sais rien:
"Je ne sais pas si c'est une question rhétorique car tu te doutes bien que personne en dehors du tout premier cercle de Pogacar ne connait précisément la recette."
Et puis là subitement le cas Pogacar semble devenir transparent, c'est juste que le gonze a gagné a la loterie génétique, point barre faut pas chercher plus loin...
Je vois pas bien la cohérence là dedans
Dernière modification par _fondelataule le 28 mars 2026, 13:03, modifié 1 fois.
Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Non je pense pas que c'est ce que dit bradounet. Ce qu'il a dit me fait aussi penser quelque part à une relecture du World Tour façon Rougon-Macquart. La question du patrimoine génétique et donc de l'hérédité y est centrale. Après on peut essayer d'analyser cette hérédité combinée au milieu social. Entre un Rogliche arrivé tard sur le vélo et qui a grandi loin de ce milieu, un Evenepoel arrivé aussi relativement tard mais qui a grandi dans ce milieu, et un van der poel qui a baigné dedans depuis toujours on a des différences intéressantes. Ça donnerait un beau roman.
Mais bref à part ça comme j'ai dit hier je partage des analyses qu'il fait sur le sport. Ce que je lui reprocherait c'est de totalement déconnecter le sport de tout le reste : milieu social, système médiatique, cercles de pouvoirs, et même du système de compétition qui naturellement pousse les athlètes à vouloir dépasser leurs limites. Et donc ce qu'on pourrait appeler leur "talent" original, je mets le mot entre guillemets car on peut jouer sur la définition du terme et je pense pas que tout le monde l'entende de façon identique.
L'autre point sur lequel il a une réflexion inscrite dans une tradition de droite, c'est sur ce qu'on attend du sport de haut niveau. Clairement c'est la victoire. Or ce n'est pas un besoin pour les athlètes, en tout cas pas dans le sens d'une réflexion de gauche. Et en ce sens là, des figures sportives qui renoncent à la victoire pour aller vers autre chose (alors attention l'accent est plus à mettre dans le regard qu'on a sur le sportif que dans le sportif lui même) sont en ce sens plus subversives et remettent en cause ce système de compétition.
Et là le discours de gauche est à double tranchant car on revient à ces histoires de panache, de dépassement, qu'un discours de gauche peut en même temps décrire comme des attrapes-nigauds de droitard.
Mais bref à part ça comme j'ai dit hier je partage des analyses qu'il fait sur le sport. Ce que je lui reprocherait c'est de totalement déconnecter le sport de tout le reste : milieu social, système médiatique, cercles de pouvoirs, et même du système de compétition qui naturellement pousse les athlètes à vouloir dépasser leurs limites. Et donc ce qu'on pourrait appeler leur "talent" original, je mets le mot entre guillemets car on peut jouer sur la définition du terme et je pense pas que tout le monde l'entende de façon identique.
L'autre point sur lequel il a une réflexion inscrite dans une tradition de droite, c'est sur ce qu'on attend du sport de haut niveau. Clairement c'est la victoire. Or ce n'est pas un besoin pour les athlètes, en tout cas pas dans le sens d'une réflexion de gauche. Et en ce sens là, des figures sportives qui renoncent à la victoire pour aller vers autre chose (alors attention l'accent est plus à mettre dans le regard qu'on a sur le sportif que dans le sportif lui même) sont en ce sens plus subversives et remettent en cause ce système de compétition.
Et là le discours de gauche est à double tranchant car on revient à ces histoires de panache, de dépassement, qu'un discours de gauche peut en même temps décrire comme des attrapes-nigauds de droitard.
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
ben je le/te relis il me semble bien que c'est qu'il dit pourtant tout du long :
Par exemple
"Dans le cyclisme de prodiges (...) les performances dépendent d’abord de prédispositions biologiques, et l’effort ou le travail progressif ne peuvent légitimer les écarts observés, la réussite suprême (gagner le TdF), c’est l’actualisation d’un capital corporel hérité, une loterie génétique que l’entraînement ne fait qu’optimiser à la marge."

Maintenant si prendre 20 watts tous les hivers ça devient une progression "à la marge" ok j'ai rien dit
Par exemple
"Dans le cyclisme de prodiges (...) les performances dépendent d’abord de prédispositions biologiques, et l’effort ou le travail progressif ne peuvent légitimer les écarts observés, la réussite suprême (gagner le TdF), c’est l’actualisation d’un capital corporel hérité, une loterie génétique que l’entraînement ne fait qu’optimiser à la marge."
Maintenant si prendre 20 watts tous les hivers ça devient une progression "à la marge" ok j'ai rien dit
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Re: Milan San Remo 2026 - 21 Mars
Je pense que le raisonnement tient considérant que tout le monde a peu ou prou les mêmes moyens et temps d'entraînements. Je parle de moyens techniques et méthodiques. Après les volumes et intensités qui sont supérieurs chez certains, ce serait davantage lié au talent génétique.
Dans l'extrait que tu cites il y a la question de la "réussite suprême", qui serait de gagner le TDF. C'est là aussi que c'est questionable. Je posais la question, la réussite suprême de Seixas n'est-elle pas cette sortie de 300 bornes en octobre dans les montagnes, sans objectifs, sinon le plaisir?
Là je pose une question politique. Le sport de haut niveau télévisé qui réclame l'assertion silencieuse des masses ne facilite pas ce questionnement.
Dans l'extrait que tu cites il y a la question de la "réussite suprême", qui serait de gagner le TDF. C'est là aussi que c'est questionable. Je posais la question, la réussite suprême de Seixas n'est-elle pas cette sortie de 300 bornes en octobre dans les montagnes, sans objectifs, sinon le plaisir?
Là je pose une question politique. Le sport de haut niveau télévisé qui réclame l'assertion silencieuse des masses ne facilite pas ce questionnement.
Pourisseur. 
