Vendredi 2 Août 2019 : Etape 2 : En passant par Camembert
L'Orne, ses chevaux, ses vaches, son dénivellé
Réveil au petit matin, et devant moi s'étend le brouillard. Il faut dire qu'il y a une végétation dense ici, ce qui est plaisant niveau paysages mais plus problématique quand on doit prendre la route. Je vais devoir serrer les fesses jusqu'à Argentan, ou trouver un itinéraire bis
Pendant la nuit, je me suis rendu compte que ma couverture de survie est partie en lambeau. J'ai dû acheter un modèle jetable alors que j'avais été satisfait de celle prise pour mon Tour d'Europe, qui m'avait été d'un grand secours contre le froid nocturne. Je fais quelques mètres pour satisfaire un besoin naturel, et me retrouve devant une clôture. Les bruits hostiles qui m'avaient réveillés pendant la nuit étaient en fait ceux de chevaux, nombreux dans l'Orne. Mon imagination a trop travaillé
Je repars et fais quelques kilomètres sur la grande route, éclairages à bloc (j'ai bien fait de ne pas trop rouler de nuit finalement), et je n'ai finalement aucun problème pour être visible, roulant en "tout fluo". Pourtant, mes gourdes sont vides et il me faut trouver un endroit pour les remplir au plus vite. La déshydratation étant le pire ennemi de quiconque veut enchaîner les bornes efficacement, et après avoir fait ma toilette du matin, ce problème risque de se répéter tout les jours lorsque je reprendrai la route
A Ecouché, après 10kms, seulement, je vais au café de la place du marché, qui commence d'ailleurs à s'installer. Je prends mes précautions pour garer mon vélo. Pendant que je prends mon café, on me conseille un itinéraire cyclable pour rejoindre Argentan en longeant l'Orne, avec quelques bornes sur une route caillouteuse. Je m'engage sur une voie le long d'un chemin de fer, comme dit, mais me retrouve dans une impasse

La journée commence bien ! En tout cas, le vélo tient bien dans cette portion gravelle et je reprends la route normale. Arrivé à hauteur d'un centre commercial, une piste cyclable commence et me permet d'éviter de prendre la 4 voies
Je m'attaque ensuite à une série de côtes, par des petites routes calmes, qui m'emmènent, moi qui aime ressentir l'atmosphère et l'Histoire des lieux saints du cyclisme, vers Camembert

Mais le mercure monte et je ne suis pas à l'aise quand il s'agit de grimper. Mon double plateau fait le taf' mais je m'attends à une longue journée et mon objectif d'arriver vers 16h, avant le début du weekend et du trafic, me semble secondaire.
En fait, il y a 4 maisons
Arrivé à Camembert, je me rends compte qu'il n'y a à peine 3 maisons, dont une église et une maison du Camembert. Je m'y arrête, achète un camembert puis prend un deuxième petit-déjeuner. Pendant que je me restaure, je discute brièvement avec des touristes belges puis avec le livreur de camembert qui m'interpelle :
"Vous allez où comme ça ?"
"A Rouen. Je dois passer par Vimoutiers je crois, je dois redescendre c'est bien ça ?"
"C'est la route, mais si vous remontez par là, vous prendrez le circuit final de Paris-Camembert. Dans le sens inverse, mais le même que la course"
Défi relevé ! Après avoir mis la dose de crème solaire, je remonte la pente et traverse une série de descentes techniques et de côtes longues de plusieurs kilomètres (enfin ça m'a paru très long). Je me rends compte, dépité, qu'Alexis Gougeard ne pourra jamais gagner ce monument

Je passe Vimoutiers et refait une pause à Orbec, il est midi
Sur les traces des plus grands
Me voilà dans l'Eure et j'ai maintenant prévu de passer par une route plus au sud que d'habitude, avec pour objectif d'arriver au sud de Bourg-Achard pour éviter de prendre la route qui longe l'autoroute entre Rouen/Le Havre/Deauville. A chaque fois je me retrouve à la prendre, et elle est particulièrement dangereuse, tant les véhicules y roulent vite et les camions nombreux
Dans l'après-midi, je prends donc des petites routes, mais pas toujours facile de s'aiguiller quand le soleil est à son Zénith. Et j'ai noté les routes spécifiées sur Google Maps, ce qui n'est pas le cas des routes communales. Après avoir pris un bon coup de chaud, pause diabolo vers le Teil, et coup de bol (ou pas), la tenante du bar est elle-aussi, cyclotouriste. Elle me conseille une route à prendre, mais me voilà déviant trop au nord, jusqu'à Montfort-sur-Risle

Je sors de la ville part une côte assez longue, et me retrouve sur une route large, bitumée, et blindée de camions. Il est 16h passés, tout le monde rentre du boulot

Le calvaire commence. Je tourne vers la gauche, et pense entrevoir la vallée de la Seine au loin. Je descends dans un petit village, mais après avoir discuté avec des riverains, je suis bien loin du compte. Je m'offre donc une côte supplémentaire par les petites routes, et fait une boucle dans les champs, au moins je roule en toute tranquillité
Vallée de la Risle
Me voilà quasiment arrivé à Bourg-Achard, il ne me reste qu'à plonger vers la Seine, dans une route que je connais par coeur : un repecho, une longue descente puis un vent de 3/4 face tandis que mes gourdes se vident, et mes jambes victimes de mes détours et de cette dénivelée, qui n'est certes pas importante mais avec une prépa 100% plat/bord de canaux/Roubaix, je suis cramé
J'arrive finalement vers 18h, j'embarque dans le bac qui traverse la Seine, mais complètement cramé j'espère pouvoir embarquer sans déchausser car je n'ai pas eu le temps de mettre mes chaussures de villes. Mais c'est interdit, et je manque de tomber à cause des cales et de la fatigue. Derrière on me fait la morale comme quoi c'est interdit d'embarquer sur le vélo. Bref, je mets mes chaussures de ville, et je traverse Duclair à pied pour arriver chez ma mère, 0 risques sur ce dernier km

Voilà un weekend qui tombe à pic pour récupérer et se focaliser sur Roubaix, que je tenterai de rallier avant mardi soir
