Dimanche 14 Août 2016 :
La Cyclosportive de la Madeleine
Parcours \"Le Chaussy\" :
Avec mon frère, nous nous sommes inscrits sur cette cyclo, considérée comme l'un des plus dure de France. Nous arrivons en famille le samedi à St François Longchamp, où nous avons loués un appartement pour le week-end. Avec nous, nos parents, sa femme, ses filles, son fils et ma copine.
Dimanche matin, le départ fictif est donné à 9h à St François où nous commençons avec la descente \"neutralisée\" de la Madeleine. Je rencontre un collègue de club, un costaud, je lui demande quelles sont ses ambitions, il me dit \"aucune, il y'a de sacrées machines !\"
Et c'est vrai, contrairement à toutes les autres cyclos, il n'y'a que des mecs hyper-affûtés et bien préparés, ce sera dur !
Nous voici partis, la descente est un carnage, j'ai vu au moins 5 chûtes dont un accrochage entre un italien et un autre gars qui a faillit tourner au pugilat. Venus sans autres ambitions que celle de finir la course et de prendre le maximum de plaisir, nous nous laissons décrocher avant le départ réel de La Chambre.
On part, mon frère me dit, au bout de 100m, \"cool ça part peinard !\" quand tout le peloton s'étire, je prends les roues, fait un effort monstrueux pour boucher une cassure et me retrouve dans le 1er peloton !
D'un seul coup, tout le monde s'arrête ou presque. Que ce passe t'il ? Aucune idée, on est au moins 250 dans ce peloton, je ne vois rien. La réponse se trouvera au sol, de belles bouses bien fraîches ! Chrisroyer fait une sortie avec des copines ! Oui, un paysan n'a rien trouvé de mieux que de sortir ses vaches juste avant le passage de la course ! :fouet:
Nous repartons de plus belle, on roule à plus de 50 km/h, je vois qu'une cassure semble se créer, je suis trop loin pour boucher le trou cette fois-ci (et bien trop limité). Tout le monde est en file indienne, je sers les dents, regarde mon compteur sur une partie plate : 70 km/h ! Je pensais pas être capable d'aller aussi vite (185 BPM à ce moment là :lolilol: ).
A la faveur d'une longue ligne droite, je vois qu'un peloton de tête s'est fait la malle (ils sont environ 30) et que je suis dans le 3ème peloton bien étiré. Tout à coup, 25 mètres devant, un gars tombe tout seul, se relève et retombe aussi tôt ! Cette chute à pour effet de casser notre groupe et de calmer tout le monde dans mon peloton... On vient de faire la première heure à 43 de moyenne !
Le mec a du se faire très mal, il s'est lever pour récupérer son vélo et est retombé tout de suite !
On entame alors une première côte, je me sens bien et vais faire le train dans la montée. A mi-pente, je m'aperçois que mon frère n'est plus dans mon groupe (réduit à 10 unités) mais 50 m plus bas, ayant décidé de rouler ensemble, je me laisse glisser jusqu'à lui. Les gars ont du se poser des questions, je roule tout le début de la côte et me laisse lâché ensuite !
Arrivé avec mon frère, le groupe devant file, mais nous récupérons 3 gars qui vont nous relayer avant le premier gros morceau : le col de Champlaurent.

Je lâche mon frère dans les premiers kilomètres, rattrape un gars, on roule ensemble sous les arbres. Ce col est surprenant, je m'attendais pas à un si gros morceau, le type me lâche, une voiture de médecin de course se met à ma hauteur \"ça va ?\" \"Oui oui ! mais le col est dur !\". 1 km avant le sommet, un ravito, je prend un verre d'eau que je me verse sur le casque et je rattrape le mec avec qui je roulais au pied, il n'avance plus ! J'attends le frangin au sommet et on se lance dans la courte descente (3kms) avant l'ascension du Grand Cucheron :

Les pourcentages exigeants de ce col me vont à ravir et je dois doubler une trentaine de concurrents ! Cependant, le frangin étant moins à l'aise en montagne, ceux ci me re-doublent pendant que je l'attends au sommet. Mais dans la descente, mon frère roule fort, je le suis et on reprends 7-8 gars que j'avais passé dans le col ! On s'organise dans la vallée avec 4 autres (dont un qui gueule sur ceux qui ne roule pas, nous incite à relayer fort alors que lui passe des tout petits relais, bref un Thomas Voeckler, sauf qu'il n'avait aucunes jambes, dans une petite côte, on le distance terriblement ).
Une pause ravito et on va démarrer le 3ème col le Chaussy par les Lacets de Montvernier ! Souvenez-vous, le TDF 2015 :

Tiens au vu de profil, je ne reconnais pas ce col ! Alors on commence par les fameux lacets, 2 mecs du groupes (parmi les gars ne relayant pas bien sur !) accélèrent hyper fort. Je ne m'emballe pas, reste un peu dans les roues et en prenant un relais, je pars seul et revient sur les 2 gars. Une fois dans leur roue, je mets 2 dents de plus et les passent en danseuse en ne leur laissant aucune chance de s'accrocher ! La pente est exigente, nous sommes sous une chaleur de plomb (36°), mes pieds sont douloureux, je m'arrose abondamment dépasse 5 coureurs et dans l'antépénultième lacet, je découvre un concurrent allongé à l'ombre sur la partie gauche de la route ! Tout va bien, à mon passage, il se relève et repart ! A Montvernier, je m'arrête pour remplir mes bidons à une fontaine, parle avec un anglais qui me dépassera plus haut, dans la voiture-balai, il faut dire qu'il n'était pas frais du tout ! Et je repars à l'assaut du Chaussy, un col super dur, de longs kilomètres à 10 % et une rampe terrible à flanc de falaise, à vue de nez du 15% ! Dans ce col je suis au milieu de la pampa, personne en vue pendant 5 kms, puis je double un duo, un cycliste me dépasse (ouf il ne fait pas la course !) et je double un gars à 3 kms du sommet. Et là plus d'eau ! Avec cette chaleur, j'ai tout bu ! Heureusement à Montpascal, je découvre une fontaine, je refais le plein, trempe mes pieds dans l'eau (avec la chaleur, les semelles carbones sont une torture !) et je finis le col assez bien malgré sa difficulté, relative au vu du profil...
J'attends mon frère pendant 10 minutes... On fait le plein au ravito et nous repartons ! Maintenant, place à la Madeleine :
On arrive à 15 kms du sommet de la Madeleine et dès le début de l'ascension, je repars seul. Je suis en train de gagner mes galons de \"Meilleur Grimpeur de la Famille\" ! Après 2 kms d'ascension, j'entends mon prénom, la famille est là, une de mes nièces me dit \"donne ton bidon, on te le rempliras !\" je m’exécute, donnant également mon matos de dépannage afin de m'alléger au maximum ! La route n'étant pas bloquée, je retrouverais régulièrement les encouragements et le ravitaillement en boisson, je disais même ce que je voulais (eau ou eau + pastille de magnésium), j'ai une gourde pour boire et une pour m'arroser, la montée est plein sud et il fait toujours aussi chaud !
La Madeleine est très dur, le kilomètre à 11% parait interminable, mais j'ai refais le plein d’énergie. J'ai compté 18 cyclistes dépassés pendant ce col (ma grande satisfaction fut de ne pas avoir était doublé par un concurrent dans les deux derniers cols du jour !), un passage plus plat me permet d'atteindre les 20 km/h :ton: .
Passé St François Longchamps, il n'y a plus d'arbre du tout et donc, plus d'ombre, je reprends de l'eau à 2 kms du sommet et là, c'est le bonheur, à la faveur d'un lacet, j'aperçois le toit du batiment situé au sommet ! Je savoure, le dernier kilomètre est une joie totale ! Putain je l'ai fais ! Plus que 500 m, je relance, j'en pleure presque, les jambes sont dures, lourdes, mais quel pied, je viens (à 200 mètres près) de finir une cyclo de tarés ! Je passe la ligne sous les applaudissements de la foule (15 gars que mes nièces ont invités à m'encourager). Je descend du vélo, cuit, sec mais content et m'assoit au pied du monument représentant les pentes du col :
L'organisation annoncait 127 kms et 4300 de D+, en fait c'est plus 3800, mais ça reste très costaud ! Je pense que l'an passé, j'aurais étais incapable de finir cette épreuve ! Certes, ma performance (21,2 km/h, 105 / 145) est pas terrible, mais il n'y avait que des costauds ! D'ailleurs, le vainqueur est :
Ludovic Turpin !