8. Bernard HINAULT
L'un des plus inclassables de cette liste tant il m'a paru difficile de dissocier ses performances de grimpeur du reste de son immense carrière.
En montagne, Hinault connaît grosso modo deux périodes : une première de 1977 à 1982 pendant laquelle il est globalement en contrôle et dominateur, puis une seconde de 1984 à 1986 consécutive à sa blessure au genou contractée sur la Vuelta 83 durant laquelle il subit davantage dans les ascensions.
En la matière, son premier coup d’éclat remonte au Dauphiné 1977. Après avoir distancé Van Impe et Thévenet dans le col de Porte, il fait une chute de plusieurs mètres dans la descente puis, encore sonné, pose pied à terre dans la Bastille et ses pentes à 18% qui restaient à escalader. Il songe à abandonner, parcourt quelques mètres à pied, soutenu par le public, avant de remonter sur son vélo et de s’imposer.
Le Dauphiné est une course qui inspirait Hinault, il y réalise plusieurs démonstrations notamment lors des étapes de Chambéry en 79 et de Villard-de-Lans en 81.
Entre temps, il avait confirmé sur les GT en 1978, remportant une étape montagneuse sur la Vuelta, puis en étant le plus constant en montagne avec Zoetemelk sur le Tour. En 79, il est de nouveau le meilleur en montagne avec le Hollandais, il gagne notamment le chrono en côte de Superbagnères puis écrase ses adversaires dans celui de Morzine, réalisant de loin le meilleur temps dans l’ascension.
Sur le Giro 1980, il réalise l’une de ses performances les plus mémorables dans le Stelvio. Après plusieurs attaques, il parvient à distancer un coriace Panizza puis, avec l’aide de Bernaudeau parti en éclaireur à l’avant, il creuse des écarts importants sur ses adversaires et récupère le maillot rose.
Cette année-là, il devient champion du monde à Sallanches après avoir abandonné sur le Tour, blessé au genou (son seul abandon en 13 GT, pour le reste : 10 victoires et deux fois 2e, il est invaincu sur le Giro et la Vuelta

). Dans une ambiance incroyable, il se défait de Baronchelli dans la sévère côte de Domancy et franchit la ligne d’arrivée en solitaire.
Sa domination se poursuit sur le Tour 1981 où, derrière l’éternel Van Impe, il éparpille ses adversaires dans le Pla d’Adet puis remporte le chrono vallonné de Pau le lendemain, un exercice dans lequel il excellait. Il s’impose ensuite dans la dernière étape alpestre après avoir été 2e au sommet de l’Alpe d’Huez derrière Winnen dans une étape où il avait fait exploser le peloton dans la Madeleine.
Sur le Giro 1982, il signe une nouvelle victoire de prestige en montagne en s’imposant en solitaire au sommet du Monte Campione où il reprend le maillot rose à Contini qu’il l’en avait dépossédé la veille.
Après une très difficile victoire lors de la Vuelta 83, décrochée sur les pentes du Serranillos avec l’aide de Fignon, Hinault connaît une fin de carrière plus difficile en montagne.
En 1984, il est dominé par les Colombiens sur le Dauphiné puis par son ancien équipier sur le Tour (Hinault ayant rejoint la Vie Claire en début d'année)
Il réalise néanmoins encore quelques belles performances, en particulier une belle chevauchée avec Herrera dans les Alpes sur le Tour 1985 qui lui assure la victoire cette année-là. En 1986, il est le premier Français à s’imposer au sommet de l’Alpe d’Huez, main dans la main avec Lemond.