L'Europe à vélo !

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AlbatorConterdo
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Re: L'Europe à vélo !

:applaud: :applaud:
Arf, dommage pour le parcours...tu aurais tenté il Muro di Sormano sinon ? :genance:
Soyons magnanimes : Pour un arrêt de la pratique cycliste professionnelle en Italie
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Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !

AlbatorConterdo a écrit : 05 nov. 2017, 20:32 :applaud: :applaud:
Arf, dommage pour le parcours...tu aurais tenté il Muro di Sormano sinon ? :genance:
Merci ! Mais je suis un peu déçu de ne pas avoir fait San Fermo della Battaglia : j'ai cru que c'était fini après le Colma di Sormano et j'ai bien senti les kms de plat avant Côme et le Civiglio que j'avais sous-estimé ... Ca me fera de la motivation en plus pour MSR !

Quand j'ai vu le gars qui rentrait du Muro qui m'a bien répété que c'était le Muro qui était mythique en étant bien entamé, je me suis un peu voilé la face en refusant ce qu'il m'avait dit : vu comme j'avais galéré à Huy, en étant arrivé frais, je ne pense pas que j'aurai pu faire le Muro sans poser pied à terre, avec mon sac. Ca doit être monstrueux à faire car il y a la moitié du col à faire et la Madonna del Ghisallo avant de commencer le mur :w00t: J'étais scotché en voyant l'édition 2017 :love:
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Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !

Vendredi 6 Juin : Etape 45 : D'un monument à l'autre !
Côme (Italie) – Rozzano (Italie) : 73kms D+ 467m, difficulté 0/5
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La première côte au départ est Saint Fermo della Battaglia, que j'ai escaladé du mauvais côté par rapport à la course ...
Village-départ : Côme
Côme est une ville italienne de 80 000 habitants en Lombardie. La ville se trouve dans la région de la plaine du Pô, à 50km au nord de Milan.
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Vue de la ville depuis le lac de Côme, la colline à gauche étant le Civiglio

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La cathédrale Santa Maria Assunta ou Dome de Côme. La cathédrale a des statues de Pline l'Ancien, auteur de l'encyclopédie "Histoire Naturelle" et de Pline le jeune, historien ayant vécu la tragédie du Vésuve. Ils sont tout deux originaires de Côme.

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Pline le Jeune, qui n'a pas pris une ride

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Le mausolée d'Alessandro Volta, inventeur de la pile électrique, également né et mort à Côme.
La chanson du jour :

:niark:

Au réveil, deux options : ou bien je passe Milan dans la matinée et commence à m'avancer vers San Remo pour conclure mon dernier monument le lendemain (370kms en 2 jours :rip: ). Ou bien je roule tranquillement dans la matinée, trouve un hôtel en début d'après-midi près du départ de MSR et fait une sieste l'après-midi avant de tenter Milan-San Remo le lendemain :metalhead:

Je me suis réveillé comme par habitude vers 6h, mais je ne me sens pas très bien : les jambes sont douloureuses, comme le lendemain de l'Olympe :evil: . Ca sent la petite journée ... Je mange le panino froid acheté hier soir, finis mes gourdes et me rendors :sleep: . Je réfléchirais plus tard pour le programme des prochains jours.

Deuxième réveil vers 9h. Je suis à l'entrée de ce cimetière et il commence à y avoir du passage dans la rue. Je vois un robinet où je remplis mes gourdes et repars en direction de San Fermo Della Battaglia, dernière difficulté du tour de Lombardie 2015. Je pensais déjà à San Remo avant même d'avoir fini le tour de Lombardie. Chaque chose en son temps :gafauvel:

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San Fermo della Battaglia, dernière difficulté du tour de Lombardie :love:

Je me dirige en direction de cette ville, par un faux plat. Quand est-ce que je vais affronter la pente? :scratch: San Fermo approche et je vois une boulangerie : pause café :hole: . C'est décidé, aujourd'hui, je me pose à Milan, et vais faire une journée de récupération avant de m'attaquer au seul monument que je pense être capable de réussir, vues mes qualités (les cols lombards me l'ont rappelé, je préfère le plat et je n'ai pas eu le bon vélo pour affronter Roubaix). Je traîne pendant cette pause pour faire ma toilette. J'arrive à San Fermo et je demande à un riverain où se trouve la côte de San Fermo. La personne se marre, je viens de la monter. Après tous mes efforts de la veille, et en m'étant arrêté à mi-pente, je pas senti grand'chose. Il faut quand même rappeler que je n'ai pas pu faire ce "faux-plat" après avoir été complètement cramé par le Civiglio, hier soir et je l'ai monté par le côté le plus facile. Le tour de Lombardie reste un échec pour moi, et cela va me servir de motivation pour préparer Saint Rémo :cheval: .

Je repars vers Milan, et fais du "derrière cycliste" à défaut de pouvoir suivre les nombreuses mobylettes qui prennent la direction de Milan. C'est tout plat. Je tourne les jambes. Je remercie chaque cycliste qui m'aura abrité une centaine de mètre avant de me faire lâcher :green: . Cela me permet de récupérer de la veille, et de préparer le lendemain. Pendant le chemin, j'arrive au niveau d'un pont où toutes les routes sont interdites au cycliste. J'attends un peu et passe le pont avec un cycliste du coin qui me confirme qu'il n'y a pas d'autres solutions, ni de dangers à passer par-là. Encore une des nombreuses absurdités que j'aurai vu sur ma route :spamafote:

J'arrive à l'entrée de Milan. La route 35, que je dois prendre pour aller jusqu'à Gênes demain, s'engouffre devant moi sous un tunnel. Le cycliste qui arrive en ville n'a qu'à se débrouiller pour l'itinéraire bis :colere: . Je m'arrête dans un café sicilien qui vient d'ouvrir, en bordure de Milan. J'en profite pour manger tous leurs croissants de la veille qui allaient être jetés. Une calorie est une calorie, je ne fais pas le difficile ! Le propriétaire va bien m'indiquer la route à suivre pour aller vers le centre-ville :super: .

Me voilà dans le centre ville pavé, au niveau d'un arrêt de tram. J'étudie le plan avant de repartir en cette fin de matinée, direction le sud de Milan! Je décide de rester derrière le tram et de traverser tout le centre ville de Milan ainsi : pas de voitures, et priorité à chaque carrefour :pompom: . Je vais aussi vite que le tram. je m'arrête quand il s'arrête, j'ai le temps. Et puis je prend du plaisir à retrouver mes chers pavés ! Le pavé urbain, contrairement aux pavés des champs, est tout lisse, rendu inoffensif par les passages incessants des véhicules. Ils vibrent juste assez pour me masser les jambes, parfait pour la récup' ! :banana:

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Le centre-ville et les rails du tramway de Milan. Attention à ne pas s'y planter les roues !

Sorti de la ville, je retrouve la route 35. La route longe un canal, il y a de l'autre côté de ce canal une piste cyclable. Je ne souhaite pas m'y aventurer pour me reperdre, d'autant que les voitures sont sur l'autoroute. Ici, je suis tranquille et cherche un hôtel sur la voie principale, tout en découvrant les premiers kilomètres de la Classicissima. Je trouve un hôtel à 13h à Rozzano, à 5kms du départ, plus au sud.

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La via Chiesa Rossa et son canal, lieu du départ de Milan San-Remo :metalhead:

On me laisse mettre mon vélo dans ma chambre. Parfait. Cet après-midi, c'est laverie et revue du vélo. En plus d'une sieste et d'une revue du parcours de demain. Je bois et mange pour reprendre des forces. En fin de journée, je prends le métro pour aller au centre-ville de Milan et faire un peu les boutiques. Je marche beaucoup, car le métro est à 45 minutes de l'hôtel. Mais ça fait du bien aux jambes, et je respire, pense à autre chose car je sentais la pression monter petit-à-petit à l'hôtel...

Je rentre en début de soirée, après avoir acheté des cales et des chaussettes car j'en avais perdue une en me changeant hier soir. J'ai aussi acheté de quoi faire mon petit-déjeuner et des provisions pour tenir le plus longtemps possible demain matin. J'enlève mes cales usées mais n'arrive pas à mettre les nouvelles : il y a de la terre et des cailloux et le pas de vis est usé. Là, je panique. Je décide de démonter la semelle et de nettoyer tout ça. En espérant que j'arriverai à tout remettre en place sans que cela me bousille les pieds quand j'appuierais sur les pédales, car j'ai bien attaqués les semelles ...

23h30 mes cales sont enfin mises :paf-mur: . Mon sac est fait, j'ai acheté le nécessaire pour demain et j'ai pu manger copieusement ce soir car il me faudra des forces pour l'objectif ultime de mon voyage! Réveil prévu demain à 4h45 pour le grand jour.... :pompom:
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 00:11, modifié 2 fois.
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Re: L'Europe à vélo !

Difficulté 0/5 :elephant:

Quel suspense...allez, je pari pour la réussite de MSR fait en une seule fois. Sinon, t'aura pas mon vote au prochain tour :elephant: :elephant:
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Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !

loloherrera a écrit : 06 nov. 2017, 17:54 Difficulté 0/5 :elephant:

Quel suspense...allez, je pari pour la réussite de MSR fait en une seule fois. Sinon, t'aura pas mon vote au prochain tour :elephant: :elephant:
J'avais aussi dit que je ferais Paris-Roubaix en un jour, que j'atteindrais Liège après le mur de Huy, que je ferais le tour de Lombardie en 2 jours ... On verra bien :popcorn:

Par contre quand tu dis MSR en une seule fois, ça veut dire sans s'arrêter ? Parce que je n'ai pas une voiture suiveuse pour me passer les bidons et les barres de céréales ça risque d'être compliqué :tonton:

Pour info, j'ai opté pour une stratégie offensive à 5 arrêts (Casteggio km48, Capriata d'Orba km106, Voltri km154, Finale Ligure km207, Capo Berta/Imperia km252) :hate:
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loloherrera
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Re: L'Europe à vélo !

hummm 5 arrêts ? C'est ok, je m'attendais à pire :nuts:
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Re: L'Europe à vélo !

J'en profite aussi pour mettre mes critères de difficultés :
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Comme je n'ai pas fait 100bornes, ni 1000m de D+, c'est un zéro pointé :twisted:

Je viens aussi de revoir en comptant 1km de pavé comme 100m de D+ ce qui donne :
6 étapes difficultés 5 et j'en ai réalisé 4 :
- Marchiennes-Roubaix (95kms, D+0,38km avec 23,5kms de pavés)
- Sozopol-Kirklareli (146kms, D+ 2,54kms)
- Le mont Olympe (60kms, D+ 2,94kms)
- Villa d'Almè-Côme (137kms, D+3,45kms)

Il m'en reste deux, et la traversée de la France sera très montagneuse... nous sommes donc dans le money-time :cheval:

Et avant de tenter Milan-San Remo, mon record de distance était il y a plus d'un mois, le long du Danube, avec vent dans le dos : 229kms, D+0,87kms donc c'était plat, alors que MSR est connu pour ses poggios et le vent ne sera pas favorable demain, il y a un monde entre 230 et 300 bornes :niark:
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Re: L'Europe à vélo !

loloherrera a écrit : 06 nov. 2017, 19:11 hummm 5 arrêts ? C'est ok, je m'attendais à pire :nuts:
C'est du prévisionnel, si tout avait été parfait :jap:
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Re: L'Europe à vélo !

Le sucre sportif a écrit : 06 nov. 2017, 19:17
loloherrera a écrit : 06 nov. 2017, 19:11 hummm 5 arrêts ? C'est ok, je m'attendais à pire :nuts:
C'est du prévisionnel, si tout avait été parfait :jap:
On se doute que ton histoire d’amour avec les abris bus n’est pas terminée... il doit y en avoir plusieurs sur le parcours! :elephant:
Toujours autant de plaisir à te lire en tout cas! :applaud:
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Re: L'Europe à vélo !

Samedi 8 juillet: Etape 46 : Le jour le plus long !
Rozzano – Milan - ???

Mais où vais-je trouver refuge ce soir ? :popcorn:
Village-départ : Rozzano (Milan)
Rozzana est une ville située juste au sud de Milan, elle est la première ville du parcours de Milan San Remo sur la via Chiesa Rossa.

Milan donc, est la capitale de la Lombardie, avec 1 400 000 habitants environ. C'est la quatrième agglomération européenne après Moscou, Paris et Londres. Elle est située sur la plaine du Pô. Elle est réputée pour être le cœur industriel et financier de l'Italie, tout en étant un haut-lieu de la mode (d'ailleurs, je n'ai jamais vu des filles aussi bien habillées qu'à Milan :love: ).

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Le dome de Milan :love:

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La Piazza Mercanti, qui était le centre de la cité médiévale, tout près de la place du Dome.

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Milan est donc la co-capitale de la mode, l'équivalent milanesque des champs-élysées étant la gallerie Victor-Emmanuel II

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Pour les amateurs de Prada, Gucci ... :italia:

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La Scala, l'opéra de Milan
La chanson de la matinée :

Je me prépare en musique, avec un esprit de compétition, comme si tout ce que j'ai appris sur le vélo et ma préparation physique ces 10 dernières années avaient été un entraînement pour ce jour. La musique que je mets est comme Milan San-Remo : longue à s'emballer (d'ailleurs on se demande si la course va vraiment commencer :reflexion: ) et je ne l'ai jamais trouvée aussi belle qu'en ce jour :love: .

4h40 : Je me réveille pour le jour le plus important de mon périple. L'objectif du jour est de partir de Milan dès l'aube (à 5h40) et d'arriver à San Remo avant la tombée de la nuit (avant 21h40) :w00t: . J'ai seulement 16h pour réaliser 300kms de la course d'un jour la plus longue du calendrier actuel, la Clasicissima. Sachant qu'en roulant à environ 20 kms/h avec mon sac et mon vélo usé, je n'ai qu'une heure de pause sur toute la journée. Ces pauses seront donc le temps nécessaires pour commander une boisson, un café, une viennoiserie, remplir mes gourdes et repartir :metalhead: . Je n'aurais pas le temps de me reposer, je vais être contraint de rester concentrer, de tout gérer même pendant les pauses. Aussi, nous sommes samedi, et il devrait y avoir du monde cet après-midi sur la côte ligurienne, rajoutant une difficulté supplémentaire à ce pari farfelu. Je vais devoir être très rigoureux et n'aurai pas le droit à l'erreur. Je n'ai fini le tour de Lombardie qu'hier matin, le monument qui me correspondait le moins, et j'ai tenté de récupérer un maximum hier mais mon vélo, lui, montre des signe de fatigue. A trop mouliner, les pignons sont usés et le dérailleur commence à jouer des siennes. Je vais donc tenter de préserver mon vélo en faisant toute le parcours en pignon fixe, sur le 39*24 :pompom: .

Le défi semble insurmontable car ma condition n'est plus optimale après ces longues semaines de randonnée à travers le vieux-continent, me voilà déjà à mon 46ème jour de route, le 17ème jour d'affilé depuis ma dernière journée sans vélo, à Thessalonique. Je suis très motivé, après avoir raté mon Paris-Roubaix pour faute de mettre trop perdu et d'avoir eu une casse mécanique; d'avoir raté le tour de Flandres et Liège-Bastogne-Liège pour faute d'une mauvaise motivation et de mettre également trop perdu et enfin, j'ai raté le tour de Lombardie en prenant les versants les plus faciles des 3 dernières difficultés, conscient de mes limites :paf-mur: .

Mais Milan-San Rémo est le monument qui me convient le mieux :metalhead: J'ai développé une grande endurance pendant mon périple, et je me suis entraîné à faire des journées marathons (environ une fois par semaine, pour rejoindre Haguenau, le long du Danube, Thessalonique, passer le Monténégro, rejoindre la Slovénie). Je me suis mis dans un rythme d'une tappone par semaine, et la dernière date de la semaine dernière. Préparation idéale ? Milan San-Remo ne devrait pas me poser de problèmes au niveau des cols, qui sont roulants mais je ne sais pas comment mon corps réagira si j'arrive à atteindre la barre des 230kms que je n'ai jamais réussi à passer, à des années-lumière de la barre des 300kms :twisted: .

Pourtant, j'ai eu des récits sur VCN, de mémoire par Bodo, et d'un cycliste qui avait fait Toulouse-Arcachon (400kms) dans la journée. Cette performance reste donc humainement possible :reflexion: .

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L'hôtel dans lequel je me prépare, les chambres de gauche donnant sur la route de Milan-San Remo, d'où mon stress hier après-midi en m'y installant.

4h50 : Le rappel de mon réveil sonne. :manolo: Arrête de réfléchir, il faut aller rouler maintenant ! Aujourd'hui, chaque mouvement, pensée, respiration doit être dédié au mon but ultime et j'ai déjà perdu 10 minutes sur mon programme ...

Je savoure l'importance de ce moment, mange mon petit-déjeuner "préparé" la veille (du pain et des tomates), je me nourri longuement de calories et de motivation, car j'aurai moins de temps pour manger sur la route. Dehors, il fait toujours aussi sombre mais le soleil pointe le bout de son nez ...

5h40 : Petit-déjeûner terminé ! Vélo vérifié ! Tenue cycliste enfilée ! :niark: Tout est prêt mais je ne suis pas correctement réveillé. Peut-être que l'air frais du dehors m'y aidera. Je sors et demande au réceptionniste de m'ouvrir la grille avec un large sourire. "Pourquoi souriez-vous ?" "Je vais à San Remo ! :hate: "

Je me mets en selle et repars en direction de Milan, pour le point de départ de la course, Via Chiesa Rossa. Milan-San Remo a pour particularité d'avoir toujours eu le même parcours (exception faite de l'ajout de la Manie). Je vais rouler sur les mêmes routes que les légendes qui ont gagné cette classique tels que Gino Bartali, Fausto Coppi, Eddy Merckx, Arnaud Démare ... Rien que d'y pensé, et sans avoir encore effectué aucun de ces mythiques 291kms, je suis fier rien que d'arriver devant le panneau de sortie de Milan, ma ligne de départ :pompom: .

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5h50 : Je prends une photo pour immortaliser ce moment. Je m'apprête à faire le plus long contre-la-montre en solitaire, bien au-delà de tout ce que j'avais pu faire jusqu'à présent :w00t: .

5h55 : C'est parti, heure officielle du départ . Je ne suis pas bien réveillé, il n'y a personne et c'est une longue ligne droite toute plate qui me mène en direction de Pavie. L'endroit est agréable, il y a un canal que je suis et une piste cyclable que je vais prendre, car je l'ai reconnue la veille, elle me mènera bien jusqu'à Certosa di Pavie :super: .

6h50 : Passage à Certosa di Pavia (km20). Je vais assez vite, mais j'ai un quart d'heure de retard :paf-mur: . J'essaie de trouver du rythme mais je ne suis pas réveillé, je n'arrive pas à m'échauffer. Déjà que je devais m'échauffer pendant 1h avant une course, mais là je n'ai pas envie de me cramer alors que la route est longue ... je fais face à un dilemme et décide de continuer sur ce train de sénateur afin de préserver mes jambes.

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Le pont-couvert sur le Tessin, à Pavie (km29)

7h : je commence à fatiguer après une heure de route, voir même à m'endormir :tdf: En fait, la nuit à été courte et je suis en train de la finir. Sensation étrange : mes jambes tournent, mais je ne les sens pas. Mon cerveau est en veille, je baille souvent... Soudain, je fais un léger écart vers la droite pour laisser passer une voiture, comme je l'ai fait des milliers de fois. Je réagis brusquement par sursaut pour revenir sur la route, sortant de mes songes :contador1: . Je suis tombé correctement, mais la tête à un peu tapé. Je me relève groggy, vois passer une étoile filante. Je fais signe aux automobilistes qui me suive de ralentir le temps que je me remette en selle. Ils s'arrêtent et veulent que je me repose. Merci, mais je n'ai pas le temps. Je repars en les (me) rassurant "va bene". Le choc m'a réveillé, la troisième alarme fut la bonne! Mais cela me fait prendre conscience qu'il faudra faire plus de pause pour éviter ce genre de frayeur. Plus de pauses ... c'est aussi le risque de ne pas atteindre San Remo avant ce soir :evil: Je me fais violence pour me réveiller mentalement car finalement, le plus important est d'être réveillé, pas besoin que je me tape des sprints pour faire chauffer la machine. :manolo: Je gueule un "ALLEZ PLUS QUE 250KMS" et c'est reparti :cheval:

8h20: Première pause à Casteggio (km48) comme prévu :metalhead: , mais avec maintenant 20 minutes de retard sur le programme. Je teste le protocole "arrêt éclair" : un café, une viennoiserie et un jus d'orange s'il vous plait. Je rempli mes gourdes aux toilettes (je préfère avoir de l'eau tiède plutôt que l'eau glaciale que l'on me donne d'habitude au comptoir, pas envie de me flinguer les boyaux). Je mange une ration des dattes que j'avais acheté la veille : ça prend peu de place dans le sac, et c'est très nutritif. J'optimise tout! Sauf que la pause a pris 15 minutes, j'ai donc toujours du retard sur mes prévisions ...

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Vue panoramique de Casteggio (km48). Je m'arrête juste avant l'église.

Le second relais se passe mieux : la route est toujours aussi plate, je suis maintenant en court. Je trouve ma position, mon rythme, il ne fait pas trop chaud. Le moral s'améliore. Je ne pense qu'à la prochaine pause. C'est à 50kms, distance normale pour n'importe quel cycliste un peu entraîné, pas de quoi m'inquiéter :pompom: . Je dois cependant faire attention dans cette portion car je change de route et vais progressivement vers l'ouest, moi qui allait plein sud, afin de passer une rivière et de mettre le cap sur le passo del Turchino. La route que j'avais prise entre Milan et Pavie devenant une autoroute menant à Gênes.

10h50 : Deuxième pause à Novi Ligure (km94). C'est le village précédent mes prévisions, je devais initialement m'arrêter à Capriata d'Orba (km106) mais mes gourdes sont vides :spamafote: . J'ai toujours 20 minutes de retard sur les prévisions. Je m'arrête dans le centre-ville, où c'est le marché, donc les cafés sont bondés. Pour aller au plus vite, je prend une part de pizza froide dans la boulangerie et un soda en bouteille. Pendant que le café se prépare, re-remplissage de gourde. Pour l'instant je gère bien, mais la température augmente, et je redoute le passage du Passo del Turchino, où il sera dur de se ravitailler quand le soleil sera au zénith...

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Les paysages viticoles autour de Novi Ligure (km94) on aperçoit les premiers vallons, à 50kms du Turchino

Troisième relais donc, le dernier de la matinée. Je dois atteindre maintenant atteindre la mer près de Gênes, où sera sifflée la mi-temps :cheval: . Si je réussi cela, mon Milan San Remo en sera facilité, confiant de respecter mes prévisions. Je vois autour de moi les montagnes s'approcher, je ne coupe pas à un long faux-plat.

Je vais sagement faire une nouvelle pause à Ovada (kms118) à midi pile, juste avant d'entamer la première bosse de ce Milan San Remo. Mes gourdes étaient déjà vidées en 34kms :evil: . Je vais galérer si la chaleur m'oblige à faire des arrêts toutes les 90 minutes, la montre est en train de gagner le duel, elle qui n'avait rien demandé :duel:

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La vallée du Turchino entre Ovada et le Passo del Tuchino, avec le train qui me fera ralentir quelques secondes, un peu comme à Roubaix !

J'arrive dans la vallée menant au Passo Del Turchino, et là, alors que j'étais résolument seul, je vois de nombreux cyclistes, se promenant dans ce paysage valloné et verdoyant :banana: . C'est parfait, certains vont à la même vitesse que moi et je peux m'accrocher, ou avoir des points de mire. Idéal pour rompre la monotonie des kilomètres qui défilent et imprimer un bon rythme. Je n'ai pas de soucis à passer le col sur mon 39x24 car c'est une montée plate, autour de 5% avec un beau bitume. Les pros ne doivent même pas les sentir dans le peloton encore compact.J'ai même le plaisir d'être à l'ombre des arbres qui se dressent des deux côtés de la chaussée, je ne souffre pas de la chaleur et vais pouvoir passer les heures les plus chaudes à l'ombre :hole: . Subir la canicule entre 12h et 16h était ma plus grosse crainte, car j'ai l'habitude de faire une heure de pause le midi pour éviter tout problème, cela me motive pour la suite !

13h50 : Passage du Passo del Turchino (kms 142) j'ai environ 30 minutes de retard. Je vais basculer sur la rivera et entrevoir le bord de mer après une courte descente. La montée était très abordable pour un rouleur comme moi, et ce devrait être la difficulté la plus dure de la journée.

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14h10 : Quatrième arrêt maintenant, à Voltri (kms 154) après une courte descente. Ce qui devait être le troisième arrêt à mi-parcours. Je trouve une boulangerie et vais améliorer mon protocole "pause éclair". Maintenant, je demande une bonne part de Foccacia, n'ayant plus de dattes à disposition. J'en place une autre part dans mon sac. C'est idéal pour moi : du pain, du sucre, parfois des légumes en supplément. C'est adopté :metalhead:

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Pause devant la plage, c'est la mi-temps !

Je suis mitigé à la mi-temps : je ne suis pas entamé physiquement mais il va falloir que j'accélère pour rattraper mon retard qui s'est accumulé progressivement. Mais il est surtout dû à ma chute et ma pause supplémentaire pour remplir mes gourdes. En attendant, je profite de ma première pause sur la côte ligurienne, je vois qu'il y a du monde, je vais devoir faire face au traffic important sur la côte entre Gênes et la frontière française.

A suivre ...
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 00:22, modifié 3 fois.
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Re: L'Europe à vélo !

Argh, nous laisser en rade en plein milieu d'un épisode.. c'est pas cool ça. :pt1cable:

Belle aventure encore :super:
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Re: L'Europe à vélo !

Pour l'instant ton meilleur épisode, sans aucun doute! Je suis en sueur, je stress, j'ai les moins moites, la suite, La Suite, LA SUIIIIIIITE !
Immature et juvénile.
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Re: L'Europe à vélo !

Samedi 8 juillet: Le jour le plus long (suite et fin)
Pas de spoiler aujourd'hui :non:

Village "départ" : Gênes
Nous nous sommes arrêtés à la moitié de Milan San-Remo, et nous voici donc à Gênes, capitale de la Ligurie, face à la mer ligurienne. Gènes est une cité historique d'Italie qui fut autrefois la capitale du royaume de Gênes occupa des cités tout autour de la Méditerranée, avec des colonies en Crimée, sur la côte Egéenne, en Corse, en Sardaigne :gafauvel:

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Cette histoire maritime est devenue d'autant plus glorieuse que le navigateur Christophe Colomb découvrit l'Amérique au XVème siècle, poursuivant l'essor entamé par la ville pendant le Moyen-Âge :study: .

En 1797, c'est Napoléon qui proclama une république soeur à Gênes qui l'annexe en 1805. En 1815, C'est le royaume de Sardaigne qui annexe la Ligurie. Enfin, en 1861, Giuseppe Garibaldi lança à partir de Gênes l'expédition des Mille qui permit d'unifier l'Italie telle que nous la connaissons aujourd'hui, plaçant le roi de Sardaigne sur le trône de l'Italie :italia:

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La statue rendant hommage à Garibaldi, place de Ferraris

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La Porta Soprana. Bienvenus à Gênes !

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Le belvédère de Castelletto, avec une vue sur le port en arrière-plan

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La lanterne de Gênes

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Mais j'ai surtout retenu la fougasse, idéale en cas de fringale :banana:
La chanson de la fin de journée :


14h10 : C'est la mi-temps à Voltri, à l'ouest de Gênes. Je viens de passer le Turchino et j'ai en face de moi une vue sur la méditerrannée, mangeant une part de foccacia (fougasse). Je suis satisfait de cette matinée qui s'est globalement passée sans encombre, malgré une chute, mais j'ai perdu du temps à trouver mon rythme ce matin, et me voilà avec 30 minutes de retard. J'ai effectué la moitié du parcours (150kms) et je ne suis pas encore entamé, il faut dire que je n'ai pas forcé de la matinée, j'ai été tout en gestion, accumulant du retard sur mes objectifs. Il va falloir accélérer désormais :manolo:

Je vais maintenant profiter de la mer le long de la côte ligurienne, c'est toujours plat. Mais nous sommes samedi, et il y a du monde sur la route (les pros, ils n'ont pas ce soucis-là). Tout se passe bien, je suis alerte, j'ai une sorte de pic de forme, l'adrénaline me rendant confiant dans ma conduite, je deviens de plus en plus euphorique. Je roule bien plus vite que je ne le pensais (la puissance de la focaccia, sans doute :metalhead: ), et fais tomber des dents, mais sans aller jusqu'à passer la plaque, car le dérailleur est fatigué.

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Le littoral à Savona. On peut voir qu'il y a du monde sur la route, des voitures tout le temps, aucun répit !

15h30 : Cinquième arrêt, à Savona (km 184). Me voilà quasiment dans les temps de départ, j'ai pu pendant le relais précédent rattraper du temps perdu, plus que 15minutes de retard :metalhead:

Pendant ce sixième relais, le dernier vraiment plat avant d'entamer les capi, je garde ce rythme élevé pour moi (22-23km/h). Mais le trafic s'intensifie, il faut être vigilant. Mais c'est l'adrénaline qui me fait avancer à ce rythme, je suis sorti de ma zone de confort et ne suis plus à l'abri d'une défaillance :cheval:

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La plage de Pietra Ligure, juste avant les Capi, on commence à voir du relief à l'approche des Alpes...

17h10 : Sixième arrêt, à Pietra Ligure (km 214). Je m'arrête au bout de 30 bornes seulement, car la chaleur pèse et je dois remplir mes gourdes plus souvent. Heureusement que je roule au-delà des 20kms/h, je peux me le permettre, je vais faire des arrêts supplémentaires sur mes prévisions. Ça passe ou ça casse !

C'était mon dernier arrêt avant les capi. Les capi sont des côtes assez pentues, mais courtes (moins d'un kilomètre). Je me surprends à les passer en force, la chaîne au milieu, je ne peux de toute façon pas remettre des dents :w00t: . Je suis en train de faire MSR en pignon fixe ! Le passage du capo Mele, le premier des trois capi à passer, me surmotive : je vois un panneau "Camping Mele" et me voilà euphorique à l'approche du grand final :niark: . Je suis à bloc dans les descentes, et cherche à reprendre du temps, en prévision du final où je risquerai de piocher. Les 300kms ne sont plus un objectif farfelu, bien au contraire, aucun problème au niveau des jambes, et je crois que je suis tout aussi frais dans la tête :pt1cable:. J'ai l'impression de repousser mes limites, d'avoir un second souffle avec les hormones qui petit à petit, m'anesthésient. Le fait de ne plus ressentir de douleur me rend euphorique, et l'idée que je me rapproche de San Remo me fait aller encore plus vite !

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Le phare du Capo Mele (km240) :love:

Au sommet du capo Cervo, une voiture me fait une queue de poisson :colere: . Je la redépasse dans la descente, en lui faisant l'extérieur dans un virage. J'avais de la visibilité mais je suis surpris d'être aussi entreprenant, mon euphorie annihilant mes habituelles limites. Car en fin d'après-midi, en bord de mer, il y a du monde. D'ailleurs, en bas de la descente, une voiture qui avait le cédez-le-passage me coupe la route. Je la redépasse sur la voie d'en face. Bis repetita :paf-mur: . Petite altercation quand la voiture me redépasse. "Je ne vous avez pas vu" me dit-on. Je me contente d'un simple "Figurati" (faites attention), n'ayant pas envie de rentrer dans une longue explication, gardant mon énergie et mon influx nerveux pour la suite. D'ailleurs je n'ai plus trop de souffle donc je n'ai pas dû être très compréhensible ...

10 minutes plus tard, c'est les embouteillages. Il y a eu un accident. Aucune voiture arrive en face, je remonte la file. Je vois un scooter à terre, du sang, une femme qui hurle en sanglots. Je me dégoûte de passer sans m'arrêter. Mais que pouvais-je faire ? Mon corps commence à réagir bizarrement, j'ai l'impression de ne plus rien ressentir : ni douleur, ni peur, ni tristesse. Le néant :neutral: .

19h : Septième arrêt, juste après le dernier capo (Capo Berta, km 253). Je suis en avance de 20 minutes sur les prévisions :w00t: Je n'arrive plus à marcher, et j'ai des sensations étranges. Mes jambes ne peuvent plus rien faire d'autre que de mouliner. En m'arrêtant du vélo, cependant, le cerveau se réveille, comme s'il s'était effacé pour me concentrer sur mon effort. J'ai une grosse migraine et mes jambes me brûle. Je commande avec difficulté une part de pizza froide,prends un soda, puis, comme toutes les tables sont prises par des clients, je mange sur le trottoir, à côté de mon vélo.

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Impéria, sur le Capo Berta (km253). Prochaine difficulté, la Cipressa :love:

Je repars l'adrénaline m'anesthésie à nouveau. Je ne sens plus mes jambes. J'ai l'impression de voir une go-pro sur youtube. Je vois des jambes tourner, le paysage défiler, des voitures qui me dépassent. Parfois ma tête refait des siennes, je ne maîtrise plus rien : un coup j'ai trop chaud, puis trop froid. Je mets ma veste thermique à un feu rouge alors qu'il fait 30°C dehors, pendant que les automobilistes à ma gauche sont torse-nus. 2kms plus loin, je l'enlève, je transpirais sans m'en être vraiment rendu compte :pt1cable: . Parfois j'ai faim, parfois j'ai envie de vomir. De temps en temps, je sens à nouveau mes jambes douloureuses. Pourtant je roule bien. J'ai aussi des picotements au niveau du cœur et du bras gauche, les mêmes que j'avais ressenti lors de ma dernière journée en Croatie. Peut-être le stress de l'accident qui fait effet à retardement? J'angoisse en me rendant compte de mon état ? Mais il m'est plus facile aussi d'arrêter de penser. Les minutes et les kilomètres passent plus vite ainsi.

Je continue ma route donc, j'ai encore 2h30 pour faire les 40kms restants :hole: . Dans ma tête c'est gagné, j'ai vraiment rouler très vite pendant cet après-midi, il faut maintenant gérer la fatigue. 40Kms, c'est une distance normale pour un cycliste un peu entraîné, qui part rouler deux heures après le boulot.

Mais je me rappelle du marathon que j'avais fait 6 ans plus tôt et je suis en train de répéter le même schéma : 12kms de chauffe, 20kms à allure trop rapide, 10kms en marchant :paf-mur: Et les sensations sont bien plus extrêmes aujourd'hui, je paye mon arrêt trop long au Capo cervo, qui m'a déréglé, peu avant le final. Là, il n'est pas question de se déconcentrer et puis je ne peux plus marcher de toute façon. Je suis dans mon monde, incapable d'apprécier la beauté de la rivera. Je m'amuse à faire un petit salut au panneau Manie. Non, je ne passerai pas par là :hello:

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San Lorenzo al Mare (km263) :love:

Je ne pouvais pas faire un monument sans me tromper de route. J'avais noté qu'après San Lorenzo al mare de prendre la Cipressa. Tout excité à l'idée d'arriver sur le final de cette course mythique, je tourne à droite, mais me rend compte au bout d'un kilomètre que ça ne va pas à la Cipressa. Demi-tour. Au village suivant, je vois le panneau "Cipressa 5,8kms". C'est parti :metalhead:

La montée est régulière, je monte en force, je ne ressens plus aucune fatigue, juste une satisfaction d'être arrivé là, je profite :smile: . Partout sur la route, des inscriptions pour supporter les pros qui ont roulé ici-même. Bronzini chez les dames, Degenkolb et Nizzolo chez les hommes ont la côte! Un peu comme pour l'Olympe, je pars de la côte et je vois au fil des lacets s'éloigner la baie de San Lorenzo. Arrivé quasiment au sommet, je tourne vers la droite, et je profite d'une magnifique vue panoramique sur la baie de San Lorenzo puis, au bout du virage d'une vue sur San Remo, en contrebas :love: .

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Photo souvenir :love: On devine le soleil couchant à l'arrière-plan mais j'ai le temps :banana:

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Le village de Cipressa sur les hauteurs de la baie de San Remo :love:

20h10 : Voilà, j'arrive à Cipressa (km 270), et ayant mémorisé le final, je n'ai aucun problème à en reconnaître le centre-ville, et la descente qui me mènera vers le Poggio. Je fais les 10 bornes de plat qui suivent avec un large sourire, je suis devenu complètement fou! Ma tête m'a certes lâché par moment, mais mes jambes et mon vélo ont tenu la distance. Je m'apprête donc à monter le Poggio :metalhead: .

La montée est tout aussi plate, mais là, les jambes me font comprendre que je suis à la limite. Fini la moulinette, là, je dois mettre la braquasse.

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Puis je vois une inscription "We love cycling, Veloclub" par terre, entre deux Degenkolb :green: . Je ne sais pas si ça vient du forum, mais c'était un clin d'oeil sympa de voir ça sur la route.

J'avais décidé de faire le Poggio "à bloc", mais là, c'est sauve-qui-peut, étant à bout de souffle. Puis je vois écrit par terre "300m" et la courbe où Sagan avait attaqué :w00t: . Je me mets en danseuse, à bloc, me refaisant le film du final version 2017 :metalhead: . Puis je vois marqué "1000m". Merci au gus qui a effacé le "1" 300m plus bas... ou alors je ne l'avais pas vu :paf-mur: . Bref, je fais le dernier km dans le rouge, revoit le vrai endroit où Sagan avait attaqué. Mais là, je ne peux plus faire l'idiot :evil: .

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Je ne suis pas très selfie mais je devais tirer la même grimace que le trek, essayant coûte-que-côute de se lever :stereoking:

21h: Me voilà au sommet du Poggio (km 286) :banana: . Belle moyenne de 15km/h sur ce final, il est tant que j'aille me coucher. Je m'arrête pour reprendre mes esprits, seule une chute peut me faire rater mon objectif maintenant, car j'ai encore 3/4 d'heure pour faire la descente :hole: . Je me mets en long, et en fluo car il commence à faire sombre, ainsi que l'éclairage à l'arrière.

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Nouvelle photo souvenir, avec le soleil toujours de plus en plus bas

J'entame la descente, le vent frais me fait retrouver des sensations, puis je vois le panneau San Remo. Les nerfs lâchent, j'ai fait Milan-San Remo dans la journée :champagne: Gros cri de joie, je lève les bras, le type derrière en voiture a dû se demander ce que je faisais ... Puis j'entends quelque chose tomber. J'avais oublier de refermer mon sac :boulet: . Je m'arrête reprendre mon matos de réparation étalé sur la route. Bien joué. Je reprends mes esprits, et descends au ralenti, la descente est plutôt dangereuse avec la fatigue ...

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Sentiment de surprise et de joie à l'entame de la Via Roma :champagne:

Arrivé, dans San Remo, je vois que la ville est en effervescence : c'est samedi soir, et tout le monde est de sortie. Les voitures sont partout et je perds mes repères. Je demande aux passants "dov'è la via Roma ?" :italia: . Mais mon style rustre/souffle à moitié coupé, ajouté à la dégaine de Tom Hanks dans seul au monde font plus fuir les charmantes demoiselles que j'interpellais :mouchoir: . Alors que j'erre dans la rue principale, un jeune homme me voit, et m'indique le chemin. Lui m'a compris, il me salut d'un bref bravo. Voilà, il faut tourner à gauche puis à droite en direction du port :jap: .

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21h20 : J'arrive à la via Roma. Peut-être à 21h30 je ne sais plus. Bref, j'ai fait les 291kms reliant Milan à San Remo en 15h25, à environ 19km/h de moyenne, en comptant les pauses et avec un vent venant globalement de la mer (et donc de côté) sur le final. Il était plutôt favorable avant le passo Turchino, mais très faible. C'était la journée idéale pour le faire, et je peux vous dire que je ne le referai plus :non:

J'ai le coeur en fête ce soir, je me dirige vers la rue piétonne, trouve un parc à vélo, l'attache, et me dirige vers un bon restaurant. Je vais me remplir la panse comme jamais :banana: . Le festin durera jusqu'à 23h, je peux aller aux toilettes me changer, me débarbouiller avant de me mettre à table. Et j'ai l'impression, ce soir, d'être un touriste à peu près normal qui profite d'une douce soirée estivale :glasses: .

Après manger, je repars, il fait nuit, et tout est privatisé, grillagé ici :pascontent: . Je cherche un abri où dormir comme à Côme. Je ne trouve rien. Je commence à grimper dans une ruelle pour m'éloigner du bord de mer trop touristique puis, à bout de force, j'escalade un muret, et décide de dormir, comme personne ne m'a vu, sous les fenêtres de la cuisine d'une auberge :sleep: . Mon vélo est couché là sur les cailloux.
Rozzano (Italie) – Milan - San Remo (Italie) 310kms, D+ 2023m
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J'ai fait donc d'après openrunner 20kms supplémentaires, car j'ai dû en faire 10 de plus le matin pour rejoindre le départ, 5 en me trompant de route pour aller à Cipressa et 5 autres après manger pour chercher un refuge :study: .

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Le plan d'attaque, avec les indications, que je regardais furtivement à chaque pause, avec marquage de l'heure et du lieu de chaque pause. Tout était chronométré !
Dernière modification par Le sucre sportif le 10 août 2018, 00:39, modifié 3 fois.
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Re: L'Europe à vélo !

Wahou :metalhead: :metalhead: :metalhead:

Bravo, sacré aventure, c'est vraiment impressionnant. Tu as de quoi être fier de toi.
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Le sucre sportif
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Re: L'Europe à vélo !

Xav_38 a écrit : 08 nov. 2017, 18:27 Wahou :metalhead: :metalhead: :metalhead:

Bravo, sacré aventure, c'est vraiment impressionnant. Tu as de quoi être fier de toi.
Merci ! J'avoue que cette journée restera gravée dans ma mémoire :love: Je m'en souviens encore comme si c'était hier
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