Effectivement, c'était une nouvelle fois une très belle étape hier. Après une première semaine insipide, nous vivons un beau Giro débridé et ouvert. Cela montre une nouvelle fois que ce sont les coureurs qui font la course et que les tracés sont secondaires.fred30 a écrit : 28 mai 2025, 17:19 Je trouve que pour une étape "moisie" que beaucoup critiquaient, il s'est passé pas mal de choses agréables à regarder, non ?
Carapaz est décidément offensif et prêt à faire feu de tout bois. Son attaque était certainement placée au mauvais endroit, trop tôt. Ou alors trop tard. Qui sait si en attaquant plus loin du sommet du Mortirolo ... ? Mais avoir essayé est tout à son honneur. Il semble le plus fringant parmi les favoris sur un terrain montagnard.
Del Toro, beau coureur définitivement. Il ne s'est pas affolé et on peut se demander s'il est distancé sur le Mortirolo par manque de jambes ou seulement parce qu'il savait que ça rentrerait avec le terrain proposé derrière. Sacré caractère et belle victoire d'étape. Toutefois je me demande si ce n'est pas le chant du cygne pour lui.Hier sur une distance de 200 bornes et un enchaînement de cols, il a montré des limites. Réelles ? Jour sans ?
En tous cas si j'étais Carapaz ou Yates, je tenterais de l'attaquer vendredi dans le col de Joux, car il s'enchaîne parfaitement avec l'arrivée sur Champoluc. Si ça ne suffit pas il y aura encore le samedi, Finestre, 205 km.
Je remarque que Gee court très juste aussi. Il prend les bonnes décisions au bon moment. Reste à savoir s'il aura les jambes pour se hisser sur le podium.
Les organisateurs du Giro peuvent remercier Bernal et Carapaz, ainsi que leurs équipes respectives, de chercher à exploiter pratiquement chaque difficulté du tracé, même lorsqu'elles sont placées loin de l'arrivée.
La fin de ce Giro me paraît très ouverte. Car si Carapaz a montré qu'il avait le meilleur démarrage en montagne et était très légèrement au-dessus de la concurrence, le sommet du Mortirolo a aussi rappelé, comme la veille, qu'il avait tendance à rapidement plafonner. Hier, il ne prend que 12 secondes à ses poursuivants suite à son attaque. Je ne suis pas certain que son entêtement à poursuivre son attaque avec Steinhauser dans la vallée derrière était des mieux senties et il lâche tout de même beaucoup de forces à travers toutes ses offensives.
Il est donc a priori le plus fort mais va devoir courir plus juste s'il veut s'imposer à mon avis. Et comme les étapes de montagne restantes ne se terminent pas par une ascension au sommet difficile, il va devoir être malin. Une inversion de forme en fin de Giro n'est pas à exclure entre Carapaz et un Yates voire un Gee qui monte en puissance au fil des jours. L'Equatorien pourrait connaître un scénario proche au Giro 2022 perdu dans la dernière étape de montagne face à Hindley.

