ThomasBen a écrit : 19 sept. 2019, 09:03
Quand je vois ta réponse très étayée et bien construite, je me dis que nos avis ne sont pas si loin puisque je suis assez d'accord avec la majorité des tes explications.
Je pense qu'il ne que tu te méprennes sur le fond de mes (et d'autres) propos. La question n'est pas de dire que c'est tout le temps catastrophique, qu'il ne faut jamais rouler ou qu'il ne faut pas désigner de leader unique. Le sens des remarques est plutôt de dire qu'il faut plus de variations, de palette et de recul dans la façon d'aborder les courses.
Il s'agit plutôt à mon sens (ou en tout cas dans mon intention) dans critiques constructives, de recherches de solutions et volonté d'amélioration de montée en gamme. Pas de tout remettre en cause.
J'avais bien compris ça, et effectivement on n'est pas si loin sur le fond.
1. Je suis complètement OK sur le fait de dire que souvent les limites sont physique et que par conséquent ce n'est pas forcément l'aspect tactique qui pêche. Pour ceux qui voient mes commentaires réguliers, j'insiste énormément sur ce facteur là quitte parfois à ce qu'on me le reproche.
C'est donc dans ces cas là un impératif de construire une façon d'aborder la course qui permettrait d'estomper cela.
Exemple :
où est l'exemple ?
2. C'est notamment dans ces cas là qu'il faut impérativement avoir un collectif soudé, regroupé et cohérent (à l'image de ce qu'il a pu exister dans le gpe Pinot). Au chacun pour soi, je préférerait pas exemple le chacun a sa chance, ce qui n'empêche pas d'avoir un groupe compact et organisé. C'est là que le bas blesse souvent. Regardons par exemple du côté d'Ag2r qui est intéressante à ce niveau (notamment ces dernières semaines) avec parfois plusieurs coureurs ayant une carte à jouer mais tout le monde court ensemble, bien placés. Ensuite les coureurs ciblés font leur course (mais pas chacun de leur côté) avec Naesen souvent privilégié, mais Cosnefroy, Peters ou Gallopin qui sont là et peuvent attaquer, relancer ou rouler (en fonction) ; après que des équipiers (2 ou 3) aient fait le taff pour favoriser que ce petit groupe soit dans de bonnes conditions aux abords des finaux. Tu sens que c'est préparé, qu’il y a une vision et une façon d'aborder la course (avec des scénario envisagés).
Je ne vois pas ce qui empêcherait la FDJ de le faire avec un Roux, un Madouas et un Molard qui auraient les jambes des AG2R que tu cites. Mais ils ne les ont pas actuellement...
Ce que tu décris c'est la stratégie de l'équipe à chaque championnat ou presque, et c'est couronné de succès à chaque championnat ou presque (alors qu'AG2R n'arrive pas à ramener de maillot de champion... Je dis ça sans guéguerre mais puisque tu les cites...)
Bref, je pense que dans certains type de course/profil et avec un certain groupe (notamment le groupe Puncheur/Ardennaise) il y a un vrai levier d'amélioration à ce niveau. Après c'est logique c'est le groupe le plus jeunes et avec le leader le moins intouchable de l'équipe (ou disons plusieurs coureurs de niveau relativement semblable).
-> En plus de la tactique et de la stratégie (je partage tes def et j'en parle en ce sens), il y a une cohérence à mettre, c'est une exigence du haut niveau et un véritable levier de progression de l'équipe à mon sens, sur un certain nombre de course.
Oui mais comme tu le dis c'est plus une question de niveaux que d'approche ! J'ai l'impression en tout cas.
Quand Gaudu, Madouas, seront à maturité, avec un Molard ou un Roux en soutien, on aura peut-être droit à ce type de tactique à géométrie variable sur l'Amstel ou Liège.
3. Il est évident que dans la grande majorité des courses il faut rester dans la lignée de ce qu'il est fait aujourd'hui, notamment autour de Pinot/démare (pour simplifier). Après il n'est pas obligatoire d'avoir toujours la même réponse, chaque jour, chaque étape. C'est là où personnellement je suis dubitatif, d'autres équipes, bien qu'ayant un sprinter (par exemple) peuvent passer 2 jours avec la même stratégie puis changer sur une étape (avant de repartir sur le même plan après). Tu ne peux pas chaque jour calquer le même modèle, il faut varier et, si possible, tenter de surprendre ses adversaires voir de leur mettre la pression. Le bluff est également un facteur à prendre en compte, ce que l'équipe fait finalement peu.
Effectivement, le temps de l'apprentissage et de l'affirmation doit être considéré comme terminé, sa composante "systématiquement rouler en tête" pourrait être abandonnée et la palette s'enrichir un peu. Néanmoins, les autres possibilités ont elles aussi leurs inconvénients, il ne faut pas les idéaliser par frustration.
On ne dit pas qu'il faut que sur chaque course moins rouler pour Démare, mais que parfois, mettre ne mec dans l'échappée peut être intéressant, pour les raisons évoquées plus haut. Ca peut aussi remobiliser un mec du groupe si tu lui dis "ajd tu ne vas pas rouler pendant 100 bornes en tête du peloton, on aimerait que tu prennes l'échappée" (par exemple mis ça peut être pleins d'autres choses).
Ça arrive parfois - rarement je te l'accorde, trop rarement à ton goût, mais ça arrive. Pourquoi pas ouvrir un peu plus les vannes.
C'est l'exemple le plus simple, ce n'est pas le panacée, et ce n'est surtout pas a adopté tous les jours. Il peut aussi y avoir d'autres solutions à employer, en fonction des contexte : ne pas rouler ; mettre un énorme coup à 60km et pas avant ; relancer à 30 bornes en attaquant (DQS le fait régulièrement) si y a un gars intéressant dans la compo pour le faire. Par exemple sur certaines courses où il y a Démare et Kung, il faut savoir les utiliser le mieux pour favoriser l'un ou l'autre.
Démare et Kung c'était l'idée sur les flandriennes. On l'a un peu vu de façon très embryonnaire. On peut espérer que ça avance l'an prochain si Démare retrouve un bon niveau et Kung garde le sien, voire progresse ce qui est très possible en étant mieux intégré à l'équipe + en raison de son jeune âge.
On voit aussi que certaines équipes reste en second plan plus longtemps dans les finaux avant de remonter d'un coup. Là ou parfois la Gfdj s'épuise (entre 10 et 3kms souvent) et s'enlise autour de Démare.
Là encore, on a vu plusieurs fois cette saison l'équipe "disparaître" judicieusement une fois que l'échappée était condamnée, pour mieux ressurgir aux 5/3 km. Ce qui est un progrès, relativement nouveau. Bon après il reste toujours des cafouillages de wagon manquant, de Démare lancé trop tôt, etc. mais ça ce sont les aléas du "direct", l'absence de Guarnieri, la finesse des réglages et la réussite le jour J, des facteurs conjoncturels et non strucurels.
Bref, pas de solution miracle, pas de remise en cause totale, pas de velléités de dire que c'est mauvais ; juste de se demander si ponctuellement il ne faudrait pas tenter quelques choses pour se réinventer et surprendre. Surtout en période de doutes.
Sinon +1 avec Quef, même si le manque de profondeur, on l'a déjà largement évoqué, est incontestable n'est pas forcément un problème à résoudre à mes yeux compte tenu des différents paramètres, mais je ne vais pas replonger là-dedans ;)