Bradounet_ a écrit : 21 mars 2022, 00:51
Je pense que l'an prochain, les Italiens et certaines équipes vont faire pression pour faire interdire les motos dans la descente du Poggio. Une fois Mohoric s'étant escampé c'était physiquement impossible de le rattraper dans la descente à cause de ça, possibilité d'utiliser son DRS à chaque relance, même Mohoric n'aurait pas pu se rattraper lui-même.
Il l'a exploité à fond et la moto était surprise à chaque épingle de voir ce coureur débouler si vite dans son coffre.
Sinon, le Slovène va enfiler les MSR comme des perles vu qu'en plus samedi, il n'était pas à son top (maladie février + chute sur les Strade Bianche), donc le Poggio, il aurait encore les moyens de le passer mieux placé depuis qu'il a franchi quelques paliers depuis l'été dernier. Il se retrouvera cependant affublé d'un Alaphilippe qui sera peut-être plus difficile à semer dans la descente. Un Sagan et un Kwiatkowski à l'époque lui auraient aussi opposé plus de résistance que le duo van Aert/Pogacar.
Dans un plan anti-Mohoric, t'évite aussi à présent de t'engager dans un final d'usure dès la Cipressa en liquidant trop rapidement tes coéquipiers.
Je ne serais tout de même pas surpris que rien ne change, puisque ça fait maintenant quelques temps que les motos jouent un rôle majeur sur cette course, avantage à celui qui roule en tête et attaque le premier, on va dire.
Qui n'a pas l'image de Pantani entouré de motos dans la Cipressa ou d'Argentin et Jalabert escortés dans la montée du Poggio tel JFK dans son corbillard à Dallas ?
M'est d'avis tout de même que le folklore aura vite tendance à disparaitre si ça commence à profiter systématiquement à un non-Italien.
Il y a quand même eu de gros progrès par rapport à l'époque où il y avait plus de motos que de vélos dans la montée du Poggio.
De nos jours, les embouteillages de motos ça peut encore arriver, mais nettement moins souvent, et le problème le plus récurrent est celui de la moto TV. Mohoric a failli l'emplafonner au moins 2 ou 3 fois mais le reste du temps elle l'a bien aidé (Matthews s'en est d'ailleurs plaint après l'arrivée).
Mais ce n'est pas propre qu'à Milan Sanremo et ça ne concerne pas que les descentes. C'est pour toutes les courses pareil, la distance entre la moto et les coureurs est rarement suffisante.
Quant à la règle qui veut que la moto soit généralement placée devant les échappés et derrière le groupe de contre, si elle est bien sûr pleinement justifiée en cas d'écart très faible, elle a souvent tendance à trop être au profit des échappés. Cf. par exemple la dernière Drôme Classic, où il y avait eu un peu de polémique.