-Vélomen- a écrit : 04 avr. 2019, 18:35
Regarde le top 5 de la dernière Vuelta. Et même le top 10. Alaphilippe n'y a pas sa place.
Et puis il n'y a pas que des muritos. Et ça ne roule plus tranquille sur la Vuelta, c'est fini ça.
Sans parler du fait qu'Alaphillipe a du mal à enchainer les jours de course. Progresser sur les facultés de récupération, ça me parait vraiment compliqué. Alaphilippe a explosé l'an passé après quelques jours sur le Tour du Pays Basque, il est rentré dans le rang cette année sur les étapes pour puncheurs de Tirreno, alors le voir faire un top 5 sur la Vuelta ça me parait utopique.
- il a explosé l'an passé au cours d'une étape. Le truc c'est qu'Alaphilippe, il te monte une cote comme il te passe un test PMA/VmA, il s'accroche jusqu'à ce que mort s'en suive, et quand ça lâche, ça lâche net, il a les jambes imbibées de lactate, car il a cette faculté de résister jusqu'à des doses très élevées là où les grimpeurs auraient diminué de rythme bien avant.
Donc le moment où il explose, il doit mettre un temps plus important pour retrouver un rythme de croisière efficace, le temps que le pH sanguin retrouve une valeur acceptable.
Donc avec Alaphilippe, soit ça passe, soit ça casse. Et puis le lendemain, ça ne lui servait plus à rien de s'accrocher, tout ce qui l'intéressait c'était la victoire au général et pas se cramer inutilement pour la suite de sa quinzaine.
D'une part donc, il va falloir qu'il apprenne s'il veut jouer la victoire sur des courses par étapes WT à gérer différemment ses efforts, à les lisser . Alaphilippe s’entraîne à l'ancienne sans SRM, ça lui serait bénéfique parfois de monter les bosses au SRM comme un Dumoulin, Pinot ou Froome.
D'autre part, il me semble que son cousin entraîneur a souvent mentionné que l'entrainement d'Alaphilippe n'avait pas grand chose à voir avec ce que peuvent faire un Bardet ou un Pinot.
Alaphilippe fait une quantité de travail au seuil vraiment très limitée.
Et d'ailleurs, on comprend qu'un travail plus important dans cette filière pourrait à terme diminuer ses capacités phénoménales à brûler beaucoup de sucres à l'effort ce qui lui permet actuellement d'avoir une grosse puissance sur des efforts de 1 à 5 min. En contrepartie, il doit avoir un seuil aérobie corrélé à des valeurs de lactates assez hautes donc ne peut pas tellement répéter les efforts au seuil sans engendrer de fatigues musculaires, ce qui est un facteur très limitant pour la récupération musculaire sur les courses par étapes.
Il me semble, si je ne confonds pas avec un autre, que Lance Armstrong avait aussi un seuil remarquable par les valeurs de lactates sanguins qui lui étaient associées (bien supérieures aux traditionnelles 4mmol/L). C'était un excellent coureur de classiques rapide et qui faisait des places sur des courses par étapes (2e de PN, 7 du Tour de Suisse, vainqueur du Tour Dupont réputé à l'époque) avant sa métamorphose.
Et comment Michele Ferrari en a fait un coureur de GT outre le fait de l'imbiber d'EPO, de testo et de cortisone ? (parce que Ferrari n'est pas seulement reconnu pour ses qualités de dopeur, ce n'est pas seulement un Fuentes.)
Il lui a fait adopter un très petit développement pour l'époque en course (que tout le monde a copié depuis, à l'époque Armstrong passait pour un original, maintenant, on a un Roglic qui a exactement le même style, mais avec moins de pédalage en danseuse, et ça ne choque plus personne). Ça permettait de limiter la fatigue musculaire, lui qui avait une carburation très impactante sur la fatigue musculaire.
Dans le même but, pour Alaphilippe, on peut imaginer un entrainement en pré-saison et avant un GT axé sur l'endurance de force pour habituer les fibres rapides à utiliser l'oxygène et donc lui permettre de réduire la fatigue pendant les courses par étapes. (2/3h à 50/60 rpm sans interruption à intensité moyenne-basse, oui, je sais tous les entraîneurs qui liront ça feront les yeux ronds tellement ça parait totalement aberrant vu que ça se travaille normalement qu'en fractionné sur grand max 1h de temps mais je sais que quelques uns des meilleurs coureurs mondiaux en GT/classiques d'une même équipe le font presque à chaque sortie à l'entrainement en pré-saison ou avant un GT).