Review sur mon EDT
Je m'étais inscrit à cette cyclo en mode touriste total, car le parcours passait devant chez moi, c'est donc très peu entrainé spécifiquement que je me suis présenté sur la ligne de départ (j'avais seulement 1200km dans les pattes depuis Janvier).
L'EDT étant ma première cyclo j'ai hérité du sas 9 qui partait plus d'une heure après les premiers, sans grand problème pour moi ne sachant absolument pas quel niveau j'ai.
Ca part à fond, comme dans toutes courses de n'importe quel sport, forcément vu que je suis aussi débile que les autres, je suis en étant directement en musculaire, je remonte de groupe en groupe, l'allure ne me convenant pas. J'allais en moyenne 4 ou 5 km/h plus vite que les groupes que je doublais donc hors de question de me caler dans les roues et de m'ennuyer sur un train de sénateur.
Forcément, quand on voit un bourrin passer on se cale dans sa roue et on suit, c'est donc avec une file de type dans ma roue que je remonte, à un moment je m'écarte pour être relayé, personne ne prend l'initiative..
Je décide de continuer à remonter, que l'on m'aide ou pas, et j'arrive au ravito de Baratier après 1h30 de route, j'ai hésité à sauter le ravito en voyant le monde qu'il y avait, mais j'ai assuré mes arrières en refaisant le plein d'eau, j'ai bien fait quand je vois la chaleur qu'il à fait sur le reste du parcours, dès que le soleil a commencé à vraiment taper.
La côte des demoiselles coiffées est avalée sans problème, je remonte fort en doublant énormément de monde, puis je plonge sur le Sauze du Lac, j'ai été étonné du niveau médiocre des gens en descente, avec des trajectoires vraiment dangereuses et des points de freinage vraiment pas adaptés.. Soit, je trace et me retrouve sur ce fameux plat montant qui nous mène vers Barcelonette, j'essaie d'économiser de l'énergie à ce moment la, car il y a quelques rampes qui tapent un peu si tu es seul, j'adopte donc une stratégie: Je remonte les groupes mais à chaque fois que j'atteins un groupe je me repose 2 ou 3 minutes avant de refaire le jump sur un autre groupe. Ça fonctionne plutôt bien, j'emmène encore un chapelet de ratons sur mon porte bagage mais tant pis, je ne suis pas la pour les autres.
On arrive sur le plat qui est vraiment plat, et nous formons un groupe de 4 avec un papy du coin et 2 autres bons rouleurs, un grand anglais bouffe le vent en tête et ne demande pas de relais, je reste donc dans la roue et en profite pour me reposer un peu.
Arrivée au ravito de Barcelo, c'est le bordel, des mecs se rentrent dedans, tombent, foncent sur la bouffe comme si leur vie en dépendait, assez fun à regarder
Je repars après avoir fait le plein, direction le col de Vars! je saute le ravito au pied, continue à remonter les groupes et suit un type en club avec un dossard 12 000 qui avait certainement volé son départ, il roule le cochon! On fait les contreforts de Vars à pleine balle et je viens m'écraser sur les premières pentes, trop habitué à avoir bourriné sur les plats
Je trouve mon rythme après 1.5km, met le 39*28 (Tout à gauche pour moi

) et commence à embrayer.
Je ramasse littéralement les morts, je vois des mecs à pied, arrêtés à l'ombre, un carnage avec la chaleur qui règne.
J'en chie grave dans les passages raides, obligé de passer en force, et j'arrive au sommet tant bien que mal, je passe 10 minutes au ravito en haut pour reprendre mes esprits, descendre une bouteille de Perrier et m'alimenter avant de plonger sur la descente. je comptais faire la descente à bloc, la connaissant par coeur, c'était sans compter sur les crampes, qui viennent me frapper après 3km de descente, mes adducteurs ont pas été trop d'accord avec mon braquet utilisé et ma relative déshydratation (j'ai bu énormément mais visiblement pas assez).
La je me dis que je suis dans la merde, qu'il reste 50 bornes et que ça risque d'être un long calvaire.
J'arrive sur Guillestre tant bien que mal, passe devant mon collège et m'arrête au ravito, le fait de poser le pied à terre me fait cramper au vaste interne gauche, je suis incapable d'étirer, je reste la comme un con en souffrance pendant 3 minutes avant d'enfin pouvoir plier le genou et étirer la crampe. la je me dis que les 30 derniers km vont vraiment être rock, je m'alimente beaucoup en sel, descend 1.5L d'eau en 20' et repars tant bien que mal, je fais toute la vallée du Guil sur le 39*28 pour éviter les crampes et j'arrive au pied de l'Izoard très frais cardiaquement mais vraiment au bout du rouleau musculairement, j'attaque doucement, connaissant parfaitement l'Izoard, m'arrête au ravito de La Chalp pour m'étirer 5 minutes et refaire le plein d'eau et repars pour les 8 derniers Km, vous n'imaginez pas ma tronche en passant devant chez moi à Brunissard, en me disant que j'ai des bières au frigo mais que j'ai tout fermé.. Bref, je débranche le cerveau et pars à l'attaque du plus dur, étonnamment l'Izoard passe plutôt bien, je continue à remonter tout le monde et j'arrive à la Casse
sans trop de casse. La je me dis qu'il reste 2km et que je peux tout mettre, malheureusement il ne me reste plus grand chose et le bon gros vent de face m'achève à 1 km du sommet, je fais le dernier km à 8km/h, mais tiens à finir au sprint!
Résultat: 7h21 d'effort, 50km de crampes, je suis passé devant mon lycée, mon collège, ma maison, les Hautes Alpes sont toujours aussi magnifique et la plongée sur le Sauze est vraiment à couper le souffle!
Vraiment heureux d'avoir terminé, j'avais vraiment hésité à bâcher à Guillestre mais je me suis dit que c'était l'occasion de travailler le mental!
Si c'était à refaire, je le referais, mais avec un compact cette fois-ci!
