Pour les flops "convenus", j'en conviens: impossible de ne pas citer la Colombie ou la Grande-Bretagne (et en plus, pour ces derniers, c'est cathartique). Encore que pour l'UK, plus qu'une faillite stratégique, c'est plutôt le cas Yates qui fait question. Les limites de Simon Yates en endu et en côte, ç'a quand même plus de résonance que les errements de Iain Dyer (si c'estb toujours lui qui dirige la sélection). Pareil sur le top. Equipe d'Espagne aussi dense que l'équipe de France, Castroviejo à la planche, Izagirre et Herrada au contrôle, pourquoi on ne rebondit pas sur la gestion de la Vuelta par Movistar ? Là ça ferait dialectique.
Bon, la critique est facile: je trouve que c'est super agréable à écouter, et je vous juge mille fois plus compétents que moi pour décrypter une course. Mais je viens d'écouter le bilan de la Vuelta, et ça me laisse la même impression, que je n'avais pas au printemps: un consensus large sans angle d'attaque. Par exemple, sur le bilan des Français "remarquable", et je crois même qu'Albator ajoute "tout le monde en conviendra, tout le monde DOIT en convenir" (je n'ai pas le verbatim). On pourrait pourtant rétorquer (ce n'est pas ma position) que sur le GT le plus faible de l'année (ou de la décennie

), retrouver un podium de jeunots sans Français, c'est une nouvelle preuve de l'impuissance de notre cyclisme, historiquement fondé davantage sur les GT que sur les monuments, que voir Pinot craquer à nouveau sans explication ou Gallopin faire mumuse avec le top10 alors qu'il en a passé l'âge, c'est un peu désolant. Ou que Bardet devait être là. J'arrête là le HS (et encore bravo, j'adore, je trouve ça même trop court).
Pour la course, que j'ai regardée avec plus d'attention que d'habitude (comme j'ai regardé Sallanches ou Duitama), ce qui me paraît suspect, dans les commentaires, c'est qu'on n'attache aucune importance au scénario des 250 premiers kms, sous prétexte qu'il est connu d'avance, et que le hors-d'oeuvre n'est là que pour mettre en bouche et saler l'addition. Je n'ai jamais été d'accord avec cette idée-là: le premier coup de pédale me paraît être aussi décisif que le dernier. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'apprécie ce sport (et ce seul sport): même quand il ne se passe strictement rien, on subodore qu'il se déroule quelque chose en coulisses, le drame se noue, les muscles et les nerfs avec, et 19 minutes ça n'est pas une bagatelle quand on attend un relais des Italiens ou des Espagnols. Comme on l'a beaucoup répété, en gros, dans le 25% du raidard, il n'y a plus grand'chose à faire, et donc l'essentiel s'est joué plus tôt, peut-être à 9h40, quand j'étais en train de boire mon café en lisant la page wiki de Farantakis. C'est là que Guimard et Cassani ont failli à mon (très-humble) avis.