De ce que j'ai lu de cette Vuelta 1957 (articles + bio de Loroño et bio de Bahamontes) et c'est un peu différent de ce que tu dis, même si Bahamontes semble s'être fait bien avoir dans l'histoire.
10° de la Vuelta 1950, 4° en 1955 et 2° en 1956, Loroño veut une place de leader dans la sélection espagnole. Mais le problème c'est que Bahamontes et Salvador Botella aussi. Lluis Puig, le sélectionneur de l'Espagne, est Valencien comme Botella donc il s'arrange pour que ce soit lui le n°1. Puig était apparemment vraiment mauvais. Aucune autorité. Ruiz ne voulait pas rouler avec Bahamontes donc il se présente sur la course avec la petite sélection de la Méditerranée. Dès la deuxième étape Loroño est le mieux classé de la sélection espagnole. Bahamontes, qui est à 2', attaque le lendemain et devient leader. Botella est 3ème, Loroño loin à 14'. Quelques jours après Botella attaque, Bahamontes décide de rouler sur lui mais Botella devient leader devant Bahamontes et Loroño.
Dixième étape : Loroño, attaque très tôt et, grâce à une échappée, prend 22'. Il devient leader. Ruiz l'aurait aidé et l'aurait encouragé en insultant Bahamontes à plusieurs reprises.

Le lendemain Bahamontes attaque pour se "venger" de Ruiz mais personne ne l'aide indiquant que de nombreux coureurs se seraient ligués contre lui. Il explique aussi que Jose Antonio Elola, à l'époque ministre des Sports au sein de la dictature de Franco, lui avait envoyé un télégramme lui disant de faire la course en faveur de Loroño. Mais il n'y a aucune preuve de ce qu'il dit. En tout cas, personne n'a retrouvé le télégramme.
Douzième étape : sur la route de Saragosse Bahamontes attaque et Loroño le suit. Les deux ralentissent et en viennent quasiment aux mains. La fédération espagnole dit à Puig de calmer les deux coureurs et menace de les exclure.

On parle ensuite du Pacte de Huesca : comme quoi Bahamontes devait laisser gagner Loroño. Loroño explique que c'est une histoire inventée et que Puig lui avait seulement dit de laisser Bahamontes passer en tête des GPM.
Mais en vérité Bahamontes a seulement attaqué pour prendre les points au sommet d'une côte. Il n'aurait pas apprécié que Loroño le suive. Lluis Puig va à la hauteur de Loroño et lui dit que s'il ne laisse pas partir Bahamontes, il lui bloque la route avec la voiture.

Suite au "Pacte de Huesca", Bahamontes décide de quitter la course la nuit mais son agent, Evaristo Murtra, lui remonte le moral et le dissuade de laisser Loroño remporter la course. La situation sera de nouveau tendue. Bernardo Ruiz explique que les deux coureurs s'insultent le reste de la course. Au final Loroño remportera la Vuelta 1957 malgré des attaques de Bahamontes.
Les tensions sont aussi bien présentes sur le Tour 1957 et 1958 et juste avant celui de 1959. Dalmacio Langarica, ami de Loroño, est celui qui dirige la sélection espagnole. Problème, Loroño, qui avait quand même un sale caractère, refuse d'être équipier pour Bahamontes. Du coup pour régler le problème, Langarica le dégage de la sélection. Résultat : Loroño et Langarica vont arrêter de se parler pendant 10 ans. D'ailleurs, il se prend 1 mois de suspension par la fédération espagnole pour avoir insulté Langarica.
Tu fais bien de préciser que cette édition a été organisée par El Pueblo Vasco. Il y a eu des affrontements entre les supporters de Bahamontes et de Loroño. Il y en a qui avait "attaqué" l'entraîneur de Bahamontes, apparemment c'était le père de Roberto Laiseka. Un autre aurait essayé de mettre le feu au bâtiment de la fédération espagnole lorsque Loroño est exclu de la sélection espagnole avant le Tour de France 1959. Bon, on peut penser que tout ça a été un peu accentué. D'ailleurs, aussi bien Loroño et Bahamontes, ont minimisé les faits après leur retraite.
Bref, une période du cyclisme espagnol très amusante à connaître 70 ans plus tard.
