pascualito a écrit :D’un style pur, horizontal et immobile, il avait suscité la fascination d’une certain René Vietto qui affirmait avec un brin d’exagération « Vous lui aurez mis un verre rempli d’eau sur la tête qu’il aurait escaladé le Tourmalet sans renverser la moindre goutte ». Ce style si particulier, avait inspiré le Roi René, qui avait copié le style de son idole.
Et les très rares images qu'on peut voir de Binda en action confirment totalement les écrits de l'époque. Le type ne faisait qu'un avec son vélo, rien ne bougeait, c'était hallucinant.
On peut voir notamment sa victoire au sprint sur la cendrée de Milan, au terme du Giro 1933. Il rentre en 2è position sur le vélodrome, on le voit bien posé sur son vélo, les mains au fond du cintre, et y a absolument rien qui bouge !! Le tronc, les bras, les épaules, rien ne bronche, et on voit le mec juste derrière qui se déhanche comme un malade pour tenter de le passer.. ( DVD "Histoire du Cyclisme", chez Alpamedia )
Dans un autre Doc, sur la chaine italienne Logos TV, il y a des images de Binda remportant le Giro 1927. On le voit distancer ses adversaires dans une côte, et c'est exactement le même scénario: 2 mecs à l'agonie derrière une statue pédalante !! Binda a les mains sur les cocottes de freins, il garde le buste haut, et il les laisse dans la Pampa, sans donner l'impression de souffrir. Il semblait se balader, ce type, même en grimpant !! ( Logos TV, "L'histoire et les champions")
Un artiste, tout simplement. D'ailleurs, il se faisait siffler par le public italien. Trop dominateur, trop facile. A l'époque, on était encore dans la légende des "Forçats de la Route", les gens s'identifiaient à la souffrance des coureurs, et un mec qui gagnait en donnant le sentiment d'être en promenade du dimanche, ça passait pas trop.

La pesanteur se dirige toujours vers le bas et le pognon vers la frontière suisse. (cavanna)