LA SEPTIEME COMPAGNIE DE ST TROPEZ
Nous sommes le samedi 10 septembre, des millions de français sont ce soir-là devant leurs transistors afin d’écouter une annonce tonitruante : le grand industriel Jacques Tricatel, connu pour ses chaines de restauration rapide, va faire son entrée dans le monde du sport. Et pas n’importe quel sport puisqu’il s’agit de la petite reine avec pour unique but de retrouver un français remporter la plus prestigieuse de toutes les courses : la Science de La Course.
« Je sais que la France attend depuis des décennies qu’un coureur remporte de nouveau cette course qui nous échappe maintes fois, je me suis donc levé un matin, rasé la tête, laissé pousser un bouc et une idée de génie m’est apparue : mettre en place un partenariat public-privé mais pas n’importe lequel, avec la fine fleur de notre armée ! »
« Tout cela est fort alléchant Mr Tricatel, mais qui seront vos 6 coureurs pour cet ambition projet ? »
« A l’heure actuelle, rien n’est vraiment signé mais tout sera prêt le jour J, ne vous inquiétez pas. » Répond Tricatel avec aplomb. Mais cela ne rassure guère le journaliste, qui sent venir la saucisse de Morteau à plein nez :
« Enfin la course débute dans 48h et vous n’avez signé aucun coureur, ça sent le pschitt What did you expect Schweppes tout ça ».
« Les meilleurs éléments de l’armée seront recrutés à temps et je peux même vous annoncer que nous tentons absolument TOUT pour sortir de sa retraite l’ancien maillot jaune de la Course aux Nonnes j’ai nommé « Le Glaude siffleur » ! ».
Le lendemain, à la caserne St François Pignon où il était d’astreinte, le Sergent-Chef Chaudard reçu une missive de sa hiérarchie l’ordonnant de participer à la course en compagnie de ses 2 fidèles soldats Tassin et Pithivier. En effet, ces 2 derniers, sous les conseils avisés de leur Sergent-Chef, écumaient les courses Elites du coin et se firent un joli palmarès grâce à des stratégies audacieuses que peu voire pas de suiveurs comprenaient.
« Mais vous allez participer Chef ? » demandèrent en chœur Tassin et Pithivier.
« Oui car il y a déjà un directeur sportif sur place, un certain Fabio c’était Lulli, c’était Lullo, c’était Lito oh Lullito. Il préfère que je vous donne directement les consignes dans le peloton pour réagir au plus vite »
« J’espère qu’il y aura du saucisson à l’ail pour les ravitos chef, car c’est pas avec la bouffe de Mr Tricatel que Tassin il va passer les ponts d’autoroutes »
« Oui ne vous inquiétez, pour les ravitos, c’est l’armée qui a tout commandé à l’entreprise Batoutoutou, vous aurez du boudin aussi bien sûr. Par contre, préparez vos affaires, on sera parachuté demain à la première heure à sur la côte Méditerranéenne pour récupérer le reste de l’équipe. Puis on finira à vélo pour s’échauffer »
« Que vous avez toujours des bonnes idées, chef » acquiesça Pithivier.
Le lendemain, nos amis de la 7ème compagnie se dirigèrent vers le commissariat de Saint Tropez comme prévu à vélo.
« Chef, vous avez une idée de nos adversaires sur la course ? » demanda Tassin
« J’ai cru comprendre qu’il y aurait 12 équipes face à nous et les candidats les plus redoutables seront notamment Richard Viguane, Pierre Groslent, Cav, Aldo Fitler… »
Le Sergent-Chef Chaudard entendit un grand fracas derrière lui et s’aperçut que Tassin et Pithivier avaient tous les 2 chuté.
« Mais qu’est-ce qui vous prend, vous tenez plus sur vélo ou quoi ? » demande circonspect Chaudard
« Encore des boschs chefs ? » dit Tassin d’une voix tremblante
« Non parce qu’à chaque fois, on a eu de la chance contre eux Chef et puis moi je les supporte pas les boschs avec leurs « Groupir ! Groupir » … » ajouta Pithivier.
« Non mais ne vous inquiétez, ce sont nos amis maintenant les chleuhs et apparemment cet Aldo est plus drôle que méchant de ce que j’ai entendu. Ah tiens nous voilà arriver à St Tropez »
Arrivés sur place, nos 3 compères de la 7ème demandèrent à rencontrer le maréchal des logis-chef Cruchot et on les conduisit dans son bureau :
« Fougasse ? Mais qu’est-ce vous faites accoutrer comme ça bon sang et je croyais que vous étiez malade ! » interpella Cruchot en regardant avec de grands yeux Pithivier.
« Excusez-nous Chef Cruchot, je me présente Sergent-Chef Chaudard de la 7ème et voici les soldats Tassin et Pithivier. Vous devez confondre ce dernier avec un autre sans doute. Nous avons un ordre de mission à vous transmettre de toute urgence »
« Si le Chef appelle Mr Cruchot aussi Chef, moi je vais me mélanger les pinceaux » soupire Tassin.
Le chef Cruchot lit alors attentivement la missive qui lui a transmis Chaudard puis fixe ce dernier du regard :
« C’est non ! »
« Comment ça c’est non ?! Ce sont des ordres d’en haut, on n’a pas d’autres choix que d’accepter chef Cruchot. Et puis on a besoin de vous pour remporter la course… »
« Je ne courrai JAMAIS avec un sponsor Tricatel ! Avec ma biche nous avons mangé dans un de ses restaurants sur une aire d’autoroute il y a un mois et nous avons eu des pustules grosses comme une pièce de deux francs ensuite donc c’est NON, tout sauf un sponsor Tricatel ! » s’emporte Cruchot.
« Bon écoutez Chef Cruchot, je vais en informer de suite le Général De Lutaisse, vous avez un téléphone ? »
Après un coup de fil au général, ce dernier demanda au Sergent-Chef de patienter quelques instants le temps de trouver de solution. 30 minutes et 2 pastis-olives plus tard, le général rappelle :
« Bon Chef Cruchot, le général a trouvé un compromis avec Tricatel : il ne met pas son nom sur les maillots mais il veut du coup que son neveu soit dans l’équipe, ça vous va ? » demande Chaudard
« C’est d’accord s’il arrête aussi de servir des huitres à la pistache à son restaurant de l’aire d’autoroute de Moulins Sud »
« Le général dit qu’il s’arrangera, il vous donne sa parole Chef Cruchot ! » lance d’un ton rassuré Chaudard
« Marché conclu ! »
Nos 4 futurs coéquipiers s’empoignèrent pour fêter la nouvelle quand le Chef Cruchot demanda :
« Et la course débute quand et où ? »
« Ce soir 20h à Chéan-Celin. Ah et il nous faut un 6ème gars dans l’équipe aussi. » répondit Chaudard.
« MON SIFFLET !!! »
Le Chef-Cruchot rameuta sa brigade et leur dit de partir de suite au sommet du Col d’Eze pour aller chercher du saucisson.
« C’est une course et le premier qui reviendra partira avec nous de ce pas à bord de l’Estafette direction Chéan-Ancelin ! »
Les 4 membres de la brigade sautèrent sur leurs vélos et partirent sur les chapeaux de roue direction le Col d’Eze. Pendant ce temps, Cruchot appela sa biche pour lui ramener ses affaires pour la course.
2 heures après, Merlot était le premier arrivé !
« Bien joué Merlot, allez vite préparer vos affaires et donner le saucisson aux messieurs de la 7ème pour manger sur le trajet. »
« Le…le…le sauci… le saucisson ? »
« Vous n’avez pas le saucisson Merlot ? »
« Non »
« Vous n’avez pas le saucisson Merlot ? »
« Non »
« VOUS N’AVEZ PAS LE SAUCISSON MERLOT !!!! » s’emportèrent Cruchot en frappant Merlot sur le crâne de manière répétée comme un pic-vert.
« Oh monsieur Cruchot, il y a un autre de vos gars qui arrive » dit Pithivier
« OH ! BERLICOT ! Vous avez le saucisson Berlicot ? » lança Cruchot.
« Oui chef ! » répondit un Berlicot en sueur.
« Parfait, prenez 4-5 slips et montez dans l’Estafette, plus une seconde à perdre ! »
« Je peux conduire l’Estafette monsieur Cruchot, j’ai toujours rêvé d’en conduire une ! » demande Tassin.
« Mais Tassin vous n’êtes pas juif au moins ? »
« Pas à ma connaissance non Mr Cruchot »
« Très bien, montez, direction Chéan-Ancelin ! »
« C’est parti, Opération CA FA MANOEUFRER ! » Cria Pithivier!