La Mémoire des Courses

Forum consacré à l’histoire du cyclisme : palmarès de coureurs, récits de courses, classements anciens et jeux thématiques. Un espace pour débattre entre passionnés de la Petite Reine et redécouvrir les grandes heures du vélo.

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fred30
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Re: La Mémoire des Courses

gradouble a écrit : 05 déc. 2020, 19:14
fred30 a écrit : 04 déc. 2020, 18:16
En ce moment, je lorgne sur une étape de GT des années 70. A suivre :wink:

Tour 71 ou 73?
Peut-être :wink: ou peut-être pas :wink:
Il est clair que les deux tours que tu cites ne manquaient pas de moments forts. J'ai lu attentivement le résumé détaillé que tu as fait de l'étape des Orres en 73, sur le topic du vrai-dufaux : les grimpeurs français. Des batailles, des chantiers !
En voilà un résumé en vidéo d'ailleurs.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=HRKkxkQYS-A[/youtube]
Mais je m'aperçois en ce moment qu'il y a eu des jours dont on a moins parlé (du moins, c'est l'impression que j'ai) et qui ont été palpitants aussi.
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levrai-dufaux
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Re: La Mémoire des Courses

En attendant que Fred nous emmène dans les années 1970, je vous propose aujourd’hui un petit zoom sur le Paris-Tours 1921 dont nous fêterons le centenaire l’an prochain. :wink:

Il s’agit de l’une des éditions les plus légendaires de la "classique des feuilles mortes" qui, à l’époque, se disputait au printemps. Généralement courue deux à trois semaines après Paris-Roubaix, la course se présente alors comme une sorte de revanche de l’Enfer du Nord, bien que les difficultés soient tout autre.
D’ailleurs, de prime abord, les embûches du parcours ne sautent pas yeux. Le profil est relativement plat, le kilométrage modéré. On a souvent écrit que la principale difficulté de Paris-Tours était précisément son absence de difficultés. La course n’est-elle pas la seule grande classique internationale à manquer au palmarès du grand Eddy Merckx ? Celui-ci, bien que rarement présent, ne s’est pourtant pas désintéressé de l’épreuve. Dans ses carnets de route, il résume l’opinion générale : "Paris-Tours est une course spéciale. Il faut réunir beaucoup d’éléments de son côté pour réussir à y opérer une sélection. Les conditions atmosphériques y jouent, en premier lieu, un rôle important. Dans la plupart des courses en ligne, le problème impératif est, pour moi, de me débarrasser des sprinters avant la ligne d’arrivée. Une seule solution pour y atteindre : durcir la course, en exploitant les difficultés du parcours. Les difficultés de profil ou de terrain sont absentes à Paris-Tours. On ne peut compter, donc que sur le mauvais temps. La pluie ou le vent.". Comme nous allons le voir, il aurait pu ajouter la neige. :w00t:

En 1921, le cyclisme sur route se relève doucement de la Première Guerre mondiale qui a vu la mort de plusieurs grands champions. Lapize, Faber, Petit-Breton (trois vainqueurs du Tour de France), Oriani (vainqueur du Tour d’Italie) parmi bien d’autres sont tombés sur les champs de bataille. La situation économique catastrophique a poussé les principales équipes de cycles à se réunir au sein d’un consortium : c’est la naissance de l’équipe La Sportive dirigée par l’autoritaire Alphonse Baugé. L’idée était de permettre aux firmes de mutualiser les frais de course et de matériel.
En début d’année 1921, les frères Pélissier entrent en conflit avec Baugé et quittent avec fracas le consortium. Ils se retrouvent dans une petite structure (J.B Louvet), avec tous leurs adversaires ligués contre eux. Sur Paris-Roubaix, ces circonstances ne les empêchent pas de signer un doublé exceptionnel, Henri devançant Francis, après avoir vaincu à deux une opposition de plus de cent coureurs ! Le camouflé est monumental pour La Sportive et la revanche s’annonce brulante sur ce Paris-Tours.

Image La complicité des frères Pélissier sur le Tour 1923

Parmi les favoris, on retrouve, outre les frères Pélissier, le vieux Gaulois Christophe, vainqueur de l’édition 1920 et encore maudit sur le Tour 1919 alors qu’il filait vers la victoire. Sont également présents le formidable coureur de classiques, Louis Mottiat (vainqueur de Bordeaux-Paris, de Paris-Bruxelles, de Paris-Brest-Paris et de Liège Bastogne-Liège entre autres) ainsi que son compatriote Albert Dejonghe (vainqueur de Paris-Roubaix l’année suivante). On peut aussi noter la présence de Louis Heusghem, victorieux de Paris-Tours en 1912 et encore 2e sur Bordeaux-Paris en 1919 (son frère d’Hector est connu pour avoir écopé d’une pénalité d’une heure pour un changement de vélo alors qu’il était en tête au général sur le TDF 1922 !), Léon Scieur qui gagnera le Tour en cette année 1921 ainsi que d’Émile Masson, Firmin Lambot ou encore Jean Alavoine. En résumé : tous les meilleurs Belges et Français sont là, seuls les Italiens manquent à l’appel, comme cela sera malheureusement la norme durant la période fasciste.

Au départ de ce Paris-Tours, une soixantaine de coureurs s’élance peu après deux heures du matin sous un temps abominable. Près de 350 km les attendent. Sur des routes très mauvaises, un premier groupe se porte rapidement à l’avant, au sein duquel on retrouve les frères Pélissier, Mottiat ainsi que le solide Tiberghien. Transis de froid, ce groupe de 8 coureurs n’atteint le km 50 qu’à 5h37, avec une maigre avance sur un second peloton tandis qu’Alavoine figure en tête d’un troisième groupe.
À Chartes, au km 88, la situation devient invraisemblable. Les coureurs sont littéralement pris dans une gigantesque tempête de neige ! En quelques kilomètres, ce ne sont pas moins de 43 coureurs qui posent pied à terre, découragés par le froid glacial, les énormes rafales et les flocons qui s’abattent sur eux. À l’avant, le groupe de tête vole en éclat. Seul le Belge Mottiat est encore en mesure d’accompagner les frères Pélissier qui semblent partis pour rééditer leur exploit de Paris-Roubaix.
Et soudain, surprise : au kilomètre 135, alors qu’il se trouve tête, Henri abandonne à son tour, à bout de forces. Dépité, son frère veut lui emboîter le pas mais Henri l’en dissuade vivement : "Continue ! Moi je n’ai plus besoin d’un Paris-Tours pour m’imposer (il a déjà tout gagné). Il n’en est pas de même en ce qui te concerne. Accroche-toi. Tu dois gagner ! Va de l’avant ! Tu verras que tu en seras récompensé.".

Image

Galvanisé par son frère, Francis se porte seul à l’avant. Il distance Mottiat, lequel se fait dépasser par l’éternel Christophe, toujours redoutable dans des conditions apocalyptiques. Au km 197, après déjà plus de dix heures de selle, un regroupement s’est opéré en tête. À environ 150 km de l’arrivée, on retrouve Francis Pélissier, accompagné de nouveau de Mottiat et par Dejonghe. Christophe est encore en embuscade à moins de dix minutes.
Décidément inusable, le père « Cricri » refait petit à petit son retard tandis que Dejonghe, après s’être retrouvé seul en tête, est finalement distancé par ses trois adversaires. Ainsi, à 40 kilomètres de l’arrivée, Pélissier, Mottiat et Christophe sont encore ensemble, Dejonghe pointe à 15 minutes, tandis que le soleil a fait une timide apparition.

Quelques kilomètres plus loin, à la sortie de Chinon, Pélissier profite d’une cote pour placer un démarrage. Il distance Christophe et Mottiat. Rapidement il prend plus de deux minutes d’avance et semble filer vers la victoire. Hélàs ! La fin de cette course folle ne pouvait être que folle. Le voilà qui crève et perd en un clin d’œil le bénéfice de ses deux minutes. Ses deux poursuivants ne font pas priés pour le laisser sur place. Pélissier s’engage alors dans une formidable poursuite et, au pied de la cote d’Azay-le-Rideau, il n’a plus que 80 mètres de retard qu’il parvient à récupérer dans l'ascension. Tout est à refaire !

Le trio de tête arrive alors dans la dernière côte répertoriée. Une nouvelle fois, Francis projette sa grande carcasse à l’avant et distance ses deux rivaux. Cette fois-ci c’est la bonne, il file vers son premier grand exploit. Au vélodrome de Tours, il devance finalement Mottiat d’1’32 et Christophe d’1’40 après pratiquement 15h d’efforts :applaud: :applaud:
Seulement huit coureurs terminent cette course dantesque et, 100 ans plus tard, leurs noms méritent bien d’être mentionnés : Dejonghe, 4e à 9’10, auteur également d’une très belle course, devance Moulet (5e à 58’40), Heusghem (6e à 1h04’00), Muller (7e à 2h44’00) et Herbette, arrivé la nuit tombée à 4h21 des premiers ! :agenou:

Par la suite, preuve de sa résistance, Francis deviendra un véritable spécialiste de Bordeaux-Paris, que ce soit en tant que coureur ou que directeur sportif. C'est également lui qui, des années plus tard, fera signer à Anquetil son premier contrat.
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Re: La Mémoire des Courses

Je viens de faire mon retard sur ce topic.

Merci beaucoup pour ces deux belles histoires très bien racontées. :love:
Ce topic s'annonce être un régal.
Les coureurs de votre enfance ici...

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runnz
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Re: La Mémoire des Courses

Merci, je n'avais jamais lu le détail de cette édition de Paris-Tours. À partir de quel livre tu t'es inspiré pour ce très beau récit.
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gradouble
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Re: La Mémoire des Courses

Incroyable et merci :super:
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Re: La Mémoire des Courses

gradouble a écrit : 08 déc. 2020, 20:02 Incroyable et merci :super:

Je répondais à levrai-dufaux;
"Incroyable et merci" n'est pas le nom d'un livre :elephant:
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Re: La Mémoire des Courses

Ces types-là étaient faits d'un bois très particulier quand même :w00t:
Quel courage il fallait pour faire ces distances sur ces vélos, sur ces routes ...
Merci à toi, je savais que tu alimenterais le topic :wink:

Je trouve que Paris-Tours a un parfum d'aventure avec cette distance. Ok moins long que Bordeaux-Paris ou Paris-Brest-Paris, mais quand même. Quand je vois le résumé de ces courses-là, je me dis que ce ne sont pas QUE des courses de vélo.

Pour compléter la remarque sur Anquetil quand F.Pelissier lui fait signer son premier contrat.
Aux journalistes qui ne sont pas familiers de la Normandie et qui se demandent qui est ce jeune coureur de seulement 19 ans, il annonce : "Messieurs, je vais faire gagner un gamin !" Et hop : 6'40'' dans les dents du deuxième :tonton: (GP des Nations 53)
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levrai-dufaux
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Re: La Mémoire des Courses

runnz a écrit : 08 déc. 2020, 19:39 Merci, je n'avais jamais lu le détail de cette édition de Paris-Tours. À partir de quel livre tu t'es inspiré pour ce très beau récit.
Je me suis directement basé sur le compte-rendu publié par l'Auto, dont les archives sont consultables sur le site de Gallica.

Merci à tous pour vos retours :jap:
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fred30
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Re: La Mémoire des Courses

Tour de France 1977

17ème étape : Chamonix – Alpe d’Huez.


Enfin ! Le Tour 1977 somnolait, ronronnait. Nous nous endormions parfois devant l’absence de spectacle, désespérante, et les positions des favoris figées depuis la 2ème étape. Il ne restait que cinq jours avant l’arrivée à Paris et nous étions en train de ranger cette édition parmi les moins palpitantes à suivre.

Thurau remplit le vide.

Image
Il y eut bien la révélation Thurau, sa jeunesse éclatante et sa classe naturelle, capable d’enlever prologue et CLM individuel, comme de s’imposer en plaine après avoir escaladé Tourmalet et Aubisque. Mais tout ceci était bien maigre en densité. Il y eut surtout le refus des coureurs de faire la course, agacés qu’ils étaient par les nombreux transferts et le passage dans les Pyrénées dès le 3 ème jour qui figea les positions. Il y eut l’échappée fleuve, solitaire et victorieuse de Bernard Quilfen à travers le Jura : 222 km face à soi-même pour une victoire mémorable. Mais là encore, les observateurs furent déçus de voir que les cols jurassiens étaient escamotés par les grands leaders. Nous attendions une explication, une envolée, un coureur qui mise tout afin de gagner quitte à perdre, une saine adversité qui pousse chacun à être une meilleure version de lui-même. Nous attendions en vain. Et puis, les coureurs se sont levés. Ils se sont réveillés. En sursaut. Ils ont piétiné leur torpeur comme des enfants jettent leur couette le matin du 25 décembre. Rongeaient-ils leur frein jusque-là ? Avaient-ils planifié cette explosion soudaine d’initiative, de jeu, de risque ?

Trois cols hors catégorie : les marches de la gloire
Cette étape qui empruntait les cols de la Madeleine, du Glandon, et la montée finale de l’Alpe d’Huez, restera comme le nectar de ce Tour à la saveur amère. Le col de la Madeleine s’est monté au train et a commencé d’essorer ce qui restait du peloton : 88 coureurs au départ. Une fois dans le col du Glandon, nous étions en train d’épier les attitudes des prétendants à la victoire finale. Ce matin encore, Thévenet maillot jaune était suivi de D.Thurau à 11 secondes, de Van Impe à 33 secondes, Kuiper était à 49 secondes et Zoetemelk à 1’.13’’. Alors, même si la veille Merckx avait confirmé son déclin sur les pentes de la Forclaz et accusé un débours de 2.37 sur cette seule étape, les prétendants étaient encore nombreux.
A 6 km du sommet du Glandon, Van Impe a attaqué franchement et s’est hissé vers le sommet. Le vainqueur sortant a décidé de faire « tapis » et de laisser ses tripes sur la route. Derrière, très rapidement ce fut un par un. Thévenet défendait son maillot accompagné de Zoetemelk, Kuiper et Galdos. Ce dernier lâcha un peu plus loin et les trois hommes virent l’ardoisier leur annoncer des écarts toujours grandissants. Au sommet du col du Glandon, le grimpeur belge avait 1’25’’ d’avance sur ses rivaux. Il restait une soixantaine de kilomètres à parcourir. A l’arrière, Thévenet fit preuve d’un sang-froid et d’un courage remarquables car Zoetemelk et Kuiper ne le relayaient pas ou très peu. Il comprit vite qu’il ne devait pas se livrer à corps perdu car ses deux adversaires attendaient le moment opportun pour le contrer.

Image

Les 21 virages de l'Alpe d'Huez : le parfait ascenseur émotionnel.
Au Bourg d’Oisans, le groupe maillot jaune constata les dégâts : Van Impe avait désormais 2’45’’ d’avance. Et il semblait encore fringant, sautillant sur ses pédales et relançant à chaque occasion. Cela faisait une quarantaine de kilomètres qu’il était maillot jaune virtuel. Sont-ce les manches du dit maillot qui se mirent à peser sur ses épaules ? Sous l’effet du travail de Thévenet héroïque, il commença à perdre du temps. Thévenet surveillait du coin de l’œil Kuiper et Zoetemelk, quoique ce dernier se montrât moins à l'aise en apparence.
L’inévitable arriva alors : Kuiper porta une violente attaque à un peu plus de 5 km du sommet. Alors enfin, après l’épopée solitaire, nous vîmes quatre favoris du tour un par un, dans un final à distance au couteau. Kuiper avait aiguisé sa lame et donna toutes les forces qui lui restaient afin de faire la différence rapidement. Les secondes s’égrenaient au profit du hollandais, Van Impe faiblissant toujours un peu plus. Les jambes du belge ne tournaient plus rond et il dût sentir le souffle de Kuiper derrière lui.

Image

Alors qu’il perdait du temps de manière très rapide, une voiture suiveuse le fit alors tomber sur le trottoir ! Sans chercher à masquer son désarroi, Van Impe remonta sur sa machine, fit quelques mètres avant de se rendre compte que son boyau était crevé et sa roue cassée ! C’en était trop. C’est en ces circonstances qu’il vit Kuiper le dépasser et se diriger vers la victoire d’étape. Un peu plus haut, après avoir changé de vélo, il vit Thévenet le dépasser, le maillot jaune ayant lui-même, quelques hectomètres plus bas, évité le pire en passant entre une voiture et le trottoir in extremis face à cet écran de véhicules suiveurs qui prenait toute la largeur de la route : une moto de l’organisation avait chuté et désorganisé ce capharnaüm mobile. Thévenet regarda cette cohue d'un air incrédule et s'échina à sauver sa peau.
A ce moment c’est Kuiper qui était devant au classement virtuel. Seul comme il l’avait été depuis le Glandon, Thévenet continua de se défendre dans un effort à peine humain. Il reprit une dizaine de secondes à Kuiper lors des derniers kilomètres, juste assez pour conserver son paletot.

Des conséquences à tous les étages
Ce soir Thévenet est sur un fil, mais ce fil est jaune et il fait 8 millimètres. « Je préfère avoir fait cet effort et être en jaune pour 8 secondes qu’avoir fait un effort plus raisonnable et être derrière au classement. 8 secondes, c’est important pour le contre-la-montre qui arrive. » Kuiper a fait un rapproché qui l’autorise à rêver, et Zoetemelk a perdu l’espoir d’enfin s’imposer. Il a terminé l’étape à 4.40 de son compatriote et se retrouve à 5’12’’ au général. Thurau et Merckx ont pris ce qu’on appelle un éclat, respectivement à 12’30’’ et 13’10’’.
Quant à Van Impe, celui qui a allumé la mèche ayant tout fait exploser, il a cédé et termine troisième de l’étape à 2’06’’. Il terminera probablement troisième cette année mais le Tour de France peut le remercier d’avoir tenté de renverser la table. « J’ai joué, j’ai perdu » a-t-il déclaré à la presse.

D’autres que lui ont perdu plus gros encore, 30 coureurs étant éliminés car hors délais en haut de la station iséroise.
Jacques Esclassan a le sourire. Ses deux rivaux pour le maillot vert sont invités à rentrer chez eux.

Classement de l'étape :
1 - H.Kuiper
2 - B.Thévenet, à 41"
3 - Van Impe, à 2'06"
4 - F.Galdos, à 2'59"
5 - J.Zoetemelk, à 4'40"

Classement général :
1 - B.Thévenet
2 - H.Kuiper, à 8"
3 - L.Van Impe, à 1'.58"
4 - F.Galdos, à 4'14"
5 - J.Zoetemelk, à 5'12"
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fred30
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Re: La Mémoire des Courses

Aucune réaction ?
Personne n'a de souvenirs de cette étape, ou une anecdote à son sujet ?
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Re: La Mémoire des Courses

Je viens de me faire les 3 récits! Quel régal! :applaud: :applaud:
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Re: La Mémoire des Courses

fred30 a écrit : 13 déc. 2020, 17:59 Aucune réaction ?
Personne n'a de souvenirs de cette étape, ou une anecdote à son sujet ?
Pas d'anecdote mais j'en garde quelques souvenirs, j'étais pourtant tout minot, car le filleul de mon grand-père faisait le tour comme gregario de L. van Impe.
J'entends encore Daniel Pautrat et Jean-Michel Leulliot annoncer sa chute.
Autant vous dire que l'on était déçu dans la famille.

Je me suis consolé, lors d'un critérium d'après tour, où j'avais récupéré une casquette de la BP Lejeune.
Je l'ai longtemps gardé comme une relique celle-là !
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Re: La Mémoire des Courses

Ce qui condamna sans doute Van Impe, c'est le vent de face dans la portion plate avant Bourg d'Oisans, où son petit gabarit a payé la note sur les pentes de l'Alpe. Sa chute est malheureuse, mais il aurait de toute façon été rejoint car il était cuit.
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gradouble
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Re: La Mémoire des Courses

fred30 a écrit : 13 déc. 2020, 17:59 Aucune réaction ?
Personne n'a de souvenirs de cette étape, ou une anecdote à son sujet ?

Ne t'inquiètes pas, on a lu :wink:

Bon, moi j'ai pas connu, j'avais vu les images de cette étape il y a quelques années.
Honnêtement, elle n'est pas mal; mais pas dantesque je trouve.
Ce Tour 77 me semble avoir été bien triste quand même. Et je ne suis pas un grand fan des 4 principaux protagonistes de cette étape.
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Re: La Mémoire des Courses

Merci pour ce nouveau récit Fred! :super:
Une époque que je n'ai pas connue mais visiblement les réputations de ratons des Néerlandais n'étaient pas usurpées. :green:
J'imagine la gueule des suiveurs quand Kuiper a contré Thévenet... :genance:
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