Avec un très bon style d'écriture qui permet de s'immerger dans les ambiances des différentes époques.
Les grimpeurs français
Modérateur : Modos VCN
Re: Les grimpeurs français
Superbe topic, très intéressant.
Avec un très bon style d'écriture qui permet de s'immerger dans les ambiances des différentes époques.

Avec un très bon style d'écriture qui permet de s'immerger dans les ambiances des différentes époques.
Re: Les grimpeurs français
Quel régal que ce topic!
Je bois ça comme du petit lait.
Bravo levrai-dufaux un super boulot!
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Bravo levrai-dufaux un super boulot!
-
marcella
Re: Les grimpeurs français
J'étais minot mais je me souviens très bien de M. Martinez et son maillot la Redoute.
En 1976 il courrait avec le filleul de mon grand-père.
En 1976 il courrait avec le filleul de mon grand-père.
Re: Les grimpeurs français
Un des grimpeurs les plus réguliers des années 70. Un vrai spécialiste du Tour. Il avait un côté Purito Rodriguez, aussi bien par son gabarit que par sa façon de placer des démarrages monstrueux à grosse braquasse sur les fins d'ascension. Il manquait peut-être d'ambition, dommage. Comme Fontan, je l'aurais vu plus haut dans le classement.levrai-dufaux a écrit : 02 juil. 2020, 17:01 19. Mariano MARTINEZ
Voilà qui devrait faire plaisir à Gato![]()
Martinez est l’une des nombreuses découvertes de Jean de Gribaldy. Espagnol de naissance, il est naturalisé français en 1963, couleurs sous lesquelles il se révèle aux yeux du grand public sur le Tour 1972 qu’il termine 6e à seulement 23 ans en ayant été parmi les meilleurs en montagne. Échappé avec Zoetemelk, il passe d’ailleurs proche d’un premier succès au sommet du Ballon d’Alsace.
L’année suivante, il est l’un des rares à surnager dans l’étape des Orres qu’il termine en troisième position juste devant Thévenet à "seulement"… 7 minutes d’Ocana !![]()
Malheureusement pour lui, il avait perdu toute chance de bien figurer au général suite à l’étape pavée où il avait concédé près de 20 minutes (il se classe tout de même 12e cette année-là).
En 1974, il est équipier de Van Impe. Sur le Tour, il est le seul à pouvoir suivre Merckx dans la difficile descente du Mont du Chat et se classe 2e de l’étape derrière le Cannibale. Il est ensuite le plus fort du groupe des favoris avec Poulidor de l’étape s’achevant au Tourmalet. Il conclut ce Tour en 8e position puis enchaine par un podium aux Championnats du monde derrière ces mêmes Merckx et Poulidor.
Par la suite, il se retrouve cantonné dans un rôle d’équipier de luxe et c’est finalement en 1978 qu’il décroche sa première victoire sur le Tour en devançant de quelques secondes Hinault à Saint-Lary-Soulan. Il remporte également le Grand Prix de la Montagne cette année-là après une lutte acharnée contre le Blaireau.
Deux ans plus tard, il remporte un autre succès d’étape en échappée cette fois-ci dans des circonstances assez rocambolesques (il chute le premier dans la descente de Joux-Plane mais finit par s’imposer… suite à une autre chute du coureur qui l’accompagnait !).
Re: Les grimpeurs français
biquet a écrit : 02 juil. 2020, 21:24Un des grimpeurs les plus réguliers des années 70. Un vrai spécialiste du Tour. Il avait un côté Purito Rodriguez, aussi bien par son gabarit que par sa façon de placer des démarrages monstrueux à grosse braquasse sur les fins d'ascension. Il manquait peut-être d'ambition, dommage. Comme Fontan, je l'aurais vu plus haut dans le classement.levrai-dufaux a écrit : 02 juil. 2020, 17:01 19. Mariano MARTINEZ
Voilà qui devrait faire plaisir à Gato![]()
Martinez est l’une des nombreuses découvertes de Jean de Gribaldy. Espagnol de naissance, il est naturalisé français en 1963, couleurs sous lesquelles il se révèle aux yeux du grand public sur le Tour 1972 qu’il termine 6e à seulement 23 ans en ayant été parmi les meilleurs en montagne. Échappé avec Zoetemelk, il passe d’ailleurs proche d’un premier succès au sommet du Ballon d’Alsace.
L’année suivante, il est l’un des rares à surnager dans l’étape des Orres qu’il termine en troisième position juste devant Thévenet à "seulement"… 7 minutes d’Ocana !![]()
Malheureusement pour lui, il avait perdu toute chance de bien figurer au général suite à l’étape pavée où il avait concédé près de 20 minutes (il se classe tout de même 12e cette année-là).
En 1974, il est équipier de Van Impe. Sur le Tour, il est le seul à pouvoir suivre Merckx dans la difficile descente du Mont du Chat et se classe 2e de l’étape derrière le Cannibale. Il est ensuite le plus fort du groupe des favoris avec Poulidor de l’étape s’achevant au Tourmalet. Il conclut ce Tour en 8e position puis enchaine par un podium aux Championnats du monde derrière ces mêmes Merckx et Poulidor.
Par la suite, il se retrouve cantonné dans un rôle d’équipier de luxe et c’est finalement en 1978 qu’il décroche sa première victoire sur le Tour en devançant de quelques secondes Hinault à Saint-Lary-Soulan. Il remporte également le Grand Prix de la Montagne cette année-là après une lutte acharnée contre le Blaireau.
Deux ans plus tard, il remporte un autre succès d’étape en échappée cette fois-ci dans des circonstances assez rocambolesques (il chute le premier dans la descente de Joux-Plane mais finit par s’imposer… suite à une autre chute du coureur qui l’accompagnait !).
![]()
Sur Mémoire du cyclisme,
je viens de regarder le déroulé de cette fameuse étape des Orres
Ce massacre.
Seulement la 8ème étape du Tour, mais une Taponne magnifique, à l'ancienne, 240 bornes avec Madeleine, Télégraphe, Galibier, Izoard et la montée finale des Orres.
Le 6ème de l'étape, Zoetemelk à 20 minutes
Le problème fut que les 2 dernières semaines du Tour furent bien longues; plus aucun suspence.
Le résumé, copié-collé du site Mémoire-du-cyclisme
122 partants.
Météo : temps variable puis beau en fin d'étape.
Cyrille Guimard doit renoncer et ne prend pas le départ.
- La course débute calmement et le col de La Madeleine est grimpé au train, Fuente est constamment en fin de peloton sauf sur la fin du col. Au sommet (km 35), Danguillaume passe le premier. Dans la descente, Aimar et Carletti se dégagent et font un écart de 1' mais un contre de Martos, Roques et Martins ramène tout le peloton au km 66.
- Au point-chaud de St-Michel de Maurienne (km 77.5), Hoban passe avec 50 m d'avance sur Pollentier. Dès les premières pentes du Télégraphe, la course explose. Fuente attaque à multiples reprises et il ne reste bientôt dans sa roue qu'Ocana et Thévenet. Les autres favoris sont vite à 30". A 7 km du sommet du col, Thévenet est obligé de laisser filer les deux Espagnols mais recolle un peu plus haut. Derrière Zoetemelk mène la chasse et le groupe revient à 25". A 3 km, le "peloton" revient à 50 mètres mais Fuente redémarre et seul Zoetemelk parvient à faire le bond pour rejoindre le trio de tête. A 2 km du col, Thévenet et Zoetemelk sont décrochés. Dans le dernier kilomètre, Fuente se détache. Au sommet du Télégraphe (km 89), Fuente en tête, à 50 m Ocana, à 25" Thévenet, à 45" Zoetemelk, à 55" Ovion, Lopez Carril & P. Torres, à 1'50" le peloton Van Impe, Poulidor, Van Springel.
- Au bas de la descente sur Valloire, Thévenet revient sur les deux Espagnols et Zoetemelk fera la jonction au pied du Galibier (km 95). A 13 km du col, Ovion, Torres & Lopez Carril reviennent à leur tour ce qui fait 7 coureurs en tête. A 11 km, Martinez est à 1'50", Genty, Galdos, Danguillaume, Delisle & Poulidor sont à 2'15", le groupe Van Impe, Van Springel à 2'30". A 7 km, Martinez est revenu à 40" et Genty à 50". Fuente place un démarrage et Lopez Carril rétrograde. Sur une nouvelle banderille aux 6 km, ce sont Zoetemelk, Torres et Thévenet qui lâchent prise. Ovion, défaillant, décroche brusquement tandis que Martinez à l'arrière continue sa belle remontée. Fuente se met dans la roue d'Ocana et le reste de l'ascension est monté au train. Au col du Galibier (km 111), Ocana passe en tête avec 5" d'avance sur Fuente, à 1'10" Thévenet, à 1'45" Martinez et Lopez Carril, à 3' Genty, à 3'45" Zoetemelk, à 4'30" Torres, à 4'50" le groupe Van Impe Van Springel, Poulidor, Ovion.
- Dans la descente Martinez et Lopez Carril reviennent sur Thévenet. Au ravitaillement de Serre-Chevalier (km 140), les deux Espagnols comptent 1' d'avance sur le trio de poursuite mais déjà 5'30" sur Périn, Lazcano et Mortensen et 5'40" sur un petit peloton des favoris.
- Au pied du col d'Izoard, ces écarts sont de 1'30" et 6'30". Luis Ocana monte tout le col avec Fuente dans sa roue qui ne relaie plus depuis le ravitaillement, tandis que derrière Thévenet est également seul à rouler, Martinez dans sa roue jusqu'à la ligne d'arrivée. Lopez Carril est très vite lâché. L'écart grandit dans des proportions importantes : 2'15" et 7'50" aux 10 km, 3'50" et 10'10" aux 2 km. Au sommet de l'Izoard (km 168), Fuente ne se gêne pas pour déborder Ocana, Thévenet et Martinez sont à 4'15", Lopez Carril à 9'20", le peloton des grands battus à 10'50". Dans la descente Martinez crève mais revient vite sur Thévenet.
- Au km 189, Ocana-Fuente possèdent 4'20" sur le duo français. Vers Guillestre (km 200), Fuente est obligé de changer de roue et Ocana ne se fait pas prier pour semer son hautain compatriote. Fuente est à 25" puis rapidement à 1'15", les poursuivants à 5'20". Ocana aborde la montée finale avec 2' sur son compatriote et 6'15" sur Thévenet & Martinez. Le "grupetto" de 1ère classe est pointé à plus d'un quart d'heure. Fuente se rapproche de l'homme de tête dans les 5 derniers kilomètres d'ascension mais Luis Ocana remporte avec panache cette étape. Fuente passe avec 58" de retard. Martinez et Thévenet arrivent environ 7' plus tard, Périn à 12'30" et les autres favoris à plus de 20'. Jacques Goddet fustigera leur manque de combativité et de dignité, désignant Périn, qui avec des moyens moindres, aura au moins lutté !
Au soir de la 8ème étape, Luis Ocana n'a plus d'adversaires.
-
AnatoleNovak
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- levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français
Très heureux de lire votre intérêt pour les grimpeurs français, merci pour vos retours
En réponse à une remarque de biquet, et sans vouloir spoiler la suite du classement, je pense que si certains grimpeurs se retrouvent un peu plus bas qu'attendus, cela s'explique par la présence de quelques grands champions français qui ne sont pas catalogués comme grimpeurs mais qui ont su briller en montagne.
C'est d'ailleurs le cas du coureur qui suit...
17. Jean ALAVOINE

Né à Roubaix en 1888, sa gouaille en fait l’incarnation du "titi parisien" au sein du peloton. Deux fois champion de France, il se distingue essentiellement sur le Tour de France malgré quelques belles places d’honneur sur les classiques.
Vainqueur de 17 étapes entre 1909 et 1923, il détient le record du plus grand laps de temps entre deux succès d’étape sur la Grande Boucle. Quatre fois sur le podium (2e en 1919 et 1922, 3e en 1909 et 1914), il est également détenteur du record du plus long intervalle entre deux podiums sur le Tour. Encore 3e du Giro 1920 où il remporte trois étapes, il ne parvint jamais à remporter un GT (sa meilleure chance fut sur le Tour 1922 qu’il mena avant de perdre un temps considérable suite à plusieurs crevaisons).
Coureur complet, doté d’une belle pointe de vitesse, Alavoine est aussi un grimpeur remarquable. Sur les 17 étapes qu’il a remportées sur le Tour, il en gagne 6 dans les Pyrénées et 1 à Nice au terme de la boucle de Sospel. Sa domination dans les Pyrénées est totale en 1922 et 1923 où il remporte coup sur coup les deux étapes qui les traversent.
En 1922, il réalise un grand exploit dans l’étape Bayonne-Luchon qui comprenait l’enchaînement Aubisque-Tourmalet-Aspin-Peyresourde. Sans le Tourmalet, rendu impraticable par des avalanches, Alavoine s’échappe dès le pied de l’Aubisque avant d’accroître son avance dans les deux dernières difficultés. A l’arrivée, il s’impose au terme d’environ 150 km d’échappée avec plus d’un quart d’heure d’avance sur son premier poursuivant. Suivent Lambot, le vainqueur de ce Tour, et le "Vieux Gaulois", Christophe, à respectivement 31 et 38 minutes.
L’année suivante, Alavoine récidive en remportant l’étape de Luchon à 35 ans avec de nouveau un quart d’heure d’avance et pourtant l’opposition était de grande qualité avec Pélissier repoussé à 23 minutes, Bottecchia à 27 et Buysse à 36 (soit les trois vainqueurs du Tour entre 1923 et 1926 qui se sont tous distingués en montagne).
Alors qu’Alavoine était encore en lutte pour la victoire finale dans ce Tour, il doit abandonner suite à une chute dans la descente de l’Izoard. On ne le retrouvera plus à ce niveau les années suivantes.
En réponse à une remarque de biquet, et sans vouloir spoiler la suite du classement, je pense que si certains grimpeurs se retrouvent un peu plus bas qu'attendus, cela s'explique par la présence de quelques grands champions français qui ne sont pas catalogués comme grimpeurs mais qui ont su briller en montagne.
C'est d'ailleurs le cas du coureur qui suit...
17. Jean ALAVOINE

Né à Roubaix en 1888, sa gouaille en fait l’incarnation du "titi parisien" au sein du peloton. Deux fois champion de France, il se distingue essentiellement sur le Tour de France malgré quelques belles places d’honneur sur les classiques.
Vainqueur de 17 étapes entre 1909 et 1923, il détient le record du plus grand laps de temps entre deux succès d’étape sur la Grande Boucle. Quatre fois sur le podium (2e en 1919 et 1922, 3e en 1909 et 1914), il est également détenteur du record du plus long intervalle entre deux podiums sur le Tour. Encore 3e du Giro 1920 où il remporte trois étapes, il ne parvint jamais à remporter un GT (sa meilleure chance fut sur le Tour 1922 qu’il mena avant de perdre un temps considérable suite à plusieurs crevaisons).
Coureur complet, doté d’une belle pointe de vitesse, Alavoine est aussi un grimpeur remarquable. Sur les 17 étapes qu’il a remportées sur le Tour, il en gagne 6 dans les Pyrénées et 1 à Nice au terme de la boucle de Sospel. Sa domination dans les Pyrénées est totale en 1922 et 1923 où il remporte coup sur coup les deux étapes qui les traversent.
En 1922, il réalise un grand exploit dans l’étape Bayonne-Luchon qui comprenait l’enchaînement Aubisque-Tourmalet-Aspin-Peyresourde. Sans le Tourmalet, rendu impraticable par des avalanches, Alavoine s’échappe dès le pied de l’Aubisque avant d’accroître son avance dans les deux dernières difficultés. A l’arrivée, il s’impose au terme d’environ 150 km d’échappée avec plus d’un quart d’heure d’avance sur son premier poursuivant. Suivent Lambot, le vainqueur de ce Tour, et le "Vieux Gaulois", Christophe, à respectivement 31 et 38 minutes.
L’année suivante, Alavoine récidive en remportant l’étape de Luchon à 35 ans avec de nouveau un quart d’heure d’avance et pourtant l’opposition était de grande qualité avec Pélissier repoussé à 23 minutes, Bottecchia à 27 et Buysse à 36 (soit les trois vainqueurs du Tour entre 1923 et 1926 qui se sont tous distingués en montagne).
Alors qu’Alavoine était encore en lutte pour la victoire finale dans ce Tour, il doit abandonner suite à une chute dans la descente de l’Izoard. On ne le retrouvera plus à ce niveau les années suivantes.
- levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français
16. Benoît FAURE

Un seul top 10 dans le Tour (8e en 1930), une seule victoire d’étape sur l’épreuve : à la froide lecture du palmarès de Faure, on pourrait se dire que ce Stéphanois, surnommé "la Souris" en raison de sa petite taille et de sa malice, figure un peu haut dans ce classement.
Mais le cyclisme ne se résume pas à des chiffres et Faure est l’un des tout meilleurs grimpeurs purs que la France ait connu. Escaladeur hors pair, il était en revanche un piètre descendeur et rouleur, ce qui lui a coûté quelques victoires (Desgrange disait de lui qu'il "descendait comme une chaussette"
).
Il a longtemps couru au niveau régional et c’est en qualité de touriste-routier (individuel) qu’il signe ses premiers coups d’éclat sur le Tour. Agé de 30 ans, il s’impose à Nice en 1929 avant d’exploser les records d’ascension de l’Aubisque et du Tourmalet l’année suivante. Bien parti pour triompher de nouveau à Nice après avoir franchi le col de Braus avec six minutes d'avance, il est victime de semeurs de clous et voit la victoire lui échapper...
Encore étincelant dans les Alpes, l’Auto le désigne comme le meilleur grimpeur de ce Tour 1930 qu’il finit premier dans la catégorie des touristes-routiers.
Intégré à l’équipe de France l’année suivante, il souffre de l’épaule suite à une chute et se retrouve cantonné à un rôle de porteur de bidons. Il retrouve tout son éclat en individuel en 1932 en étant le seul à pouvoir suivre Trueba dans le Tourmalet. Rattrapé sur le plat, il se classe 2e l’étape derrière Pesenti. Dans les Alpes, il subit le même sort : après avoir franchi le col d’Allos en tête, il est de nouveau repris et finit 3e à Gap.
Coureur très endurant (deux podiums sur Bordeaux-Paris en 1936 et 1937), on le retrouve des années plus tard en tête pendant près de 500 km lors de Paris-Brest et retour… alors âge de 49 ans !

Un seul top 10 dans le Tour (8e en 1930), une seule victoire d’étape sur l’épreuve : à la froide lecture du palmarès de Faure, on pourrait se dire que ce Stéphanois, surnommé "la Souris" en raison de sa petite taille et de sa malice, figure un peu haut dans ce classement.
Mais le cyclisme ne se résume pas à des chiffres et Faure est l’un des tout meilleurs grimpeurs purs que la France ait connu. Escaladeur hors pair, il était en revanche un piètre descendeur et rouleur, ce qui lui a coûté quelques victoires (Desgrange disait de lui qu'il "descendait comme une chaussette"
Il a longtemps couru au niveau régional et c’est en qualité de touriste-routier (individuel) qu’il signe ses premiers coups d’éclat sur le Tour. Agé de 30 ans, il s’impose à Nice en 1929 avant d’exploser les records d’ascension de l’Aubisque et du Tourmalet l’année suivante. Bien parti pour triompher de nouveau à Nice après avoir franchi le col de Braus avec six minutes d'avance, il est victime de semeurs de clous et voit la victoire lui échapper...
Encore étincelant dans les Alpes, l’Auto le désigne comme le meilleur grimpeur de ce Tour 1930 qu’il finit premier dans la catégorie des touristes-routiers.
Intégré à l’équipe de France l’année suivante, il souffre de l’épaule suite à une chute et se retrouve cantonné à un rôle de porteur de bidons. Il retrouve tout son éclat en individuel en 1932 en étant le seul à pouvoir suivre Trueba dans le Tourmalet. Rattrapé sur le plat, il se classe 2e l’étape derrière Pesenti. Dans les Alpes, il subit le même sort : après avoir franchi le col d’Allos en tête, il est de nouveau repris et finit 3e à Gap.
Coureur très endurant (deux podiums sur Bordeaux-Paris en 1936 et 1937), on le retrouve des années plus tard en tête pendant près de 500 km lors de Paris-Brest et retour… alors âge de 49 ans !
Dernière modification par levrai-dufaux le 04 juil. 2020, 22:35, modifié 1 fois.
- levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français
15. Romain BARDET

Grimpeur d’une grande régularité, il me paraît quelque peu sous-coté, en raison peut-être d’un manque d’explosivité dans ses démarrages.
Bardet est un vrai spécialiste du Tour de France où ses performances en montagne ont été constantes à un très haut niveau entre 2014 et 2018. Il y a remporté 3 étapes et conquis le maillot à pois l’an dernier.
Deux fois sur le podium en 2016 et 2017, son succès le plus marquant est sans doute sa victoire à Peyragudes où il règle le groupe de favoris pour s’adjuger l’étape au terme d’un raidar à 16%.
Également brillant sur le Dauphiné (2e en 2016, 3e en 2018), il s’y est imposé à Pra-Loup en 2015 et avait été un des animateurs de la dernière étape de l’édition 2014 qui avait vu Talansky renverser Contador et Froome.
En retrait depuis sa deuxième place aux Championnats du monde 2018, Bardet semble aujourd’hui être à la recherche de son second souffle en montagne. A bientôt 30 ans, est-il capable de rebondir après une saison décevante ? Il avait été en mesure de suivre Quintana et Porte dans le Mont Faron en début d'année avant que la saison ne soit interrompue.

Grimpeur d’une grande régularité, il me paraît quelque peu sous-coté, en raison peut-être d’un manque d’explosivité dans ses démarrages.
Bardet est un vrai spécialiste du Tour de France où ses performances en montagne ont été constantes à un très haut niveau entre 2014 et 2018. Il y a remporté 3 étapes et conquis le maillot à pois l’an dernier.
Deux fois sur le podium en 2016 et 2017, son succès le plus marquant est sans doute sa victoire à Peyragudes où il règle le groupe de favoris pour s’adjuger l’étape au terme d’un raidar à 16%.
Également brillant sur le Dauphiné (2e en 2016, 3e en 2018), il s’y est imposé à Pra-Loup en 2015 et avait été un des animateurs de la dernière étape de l’édition 2014 qui avait vu Talansky renverser Contador et Froome.
En retrait depuis sa deuxième place aux Championnats du monde 2018, Bardet semble aujourd’hui être à la recherche de son second souffle en montagne. A bientôt 30 ans, est-il capable de rebondir après une saison décevante ? Il avait été en mesure de suivre Quintana et Porte dans le Mont Faron en début d'année avant que la saison ne soit interrompue.
- levrai-dufaux
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Re: Les grimpeurs français
Merci pour ce compte-rendugradouble a écrit : 03 juil. 2020, 09:05
Sur Mémoire du cyclisme,
je viens de regarder le déroulé de cette fameuse étape des Orres![]()
Ce massacre.
Seulement la 8ème étape du Tour, mais une Taponne magnifique, à l'ancienne, 240 bornes avec Madeleine, Télégraphe, Galibier, Izoard et la montée finale des Orres.
Le 6ème de l'étape, Zoetemelk à 20 minutes![]()
![]()
Le problème fut que les 2 dernières semaines du Tour furent bien longues; plus aucun suspence.
Le résumé, copié-collé du site Mémoire-du-cyclisme
122 partants.
Météo : temps variable puis beau en fin d'étape.
Cyrille Guimard doit renoncer et ne prend pas le départ.
- La course débute calmement et le col de La Madeleine est grimpé au train, Fuente est constamment en fin de peloton sauf sur la fin du col. Au sommet (km 35), Danguillaume passe le premier. Dans la descente, Aimar et Carletti se dégagent et font un écart de 1' mais un contre de Martos, Roques et Martins ramène tout le peloton au km 66.
- Au point-chaud de St-Michel de Maurienne (km 77.5), Hoban passe avec 50 m d'avance sur Pollentier. Dès les premières pentes du Télégraphe, la course explose. Fuente attaque à multiples reprises et il ne reste bientôt dans sa roue qu'Ocana et Thévenet. Les autres favoris sont vite à 30". A 7 km du sommet du col, Thévenet est obligé de laisser filer les deux Espagnols mais recolle un peu plus haut. Derrière Zoetemelk mène la chasse et le groupe revient à 25". A 3 km, le "peloton" revient à 50 mètres mais Fuente redémarre et seul Zoetemelk parvient à faire le bond pour rejoindre le trio de tête. A 2 km du col, Thévenet et Zoetemelk sont décrochés. Dans le dernier kilomètre, Fuente se détache. Au sommet du Télégraphe (km 89), Fuente en tête, à 50 m Ocana, à 25" Thévenet, à 45" Zoetemelk, à 55" Ovion, Lopez Carril & P. Torres, à 1'50" le peloton Van Impe, Poulidor, Van Springel.
- Au bas de la descente sur Valloire, Thévenet revient sur les deux Espagnols et Zoetemelk fera la jonction au pied du Galibier (km 95). A 13 km du col, Ovion, Torres & Lopez Carril reviennent à leur tour ce qui fait 7 coureurs en tête. A 11 km, Martinez est à 1'50", Genty, Galdos, Danguillaume, Delisle & Poulidor sont à 2'15", le groupe Van Impe, Van Springel à 2'30". A 7 km, Martinez est revenu à 40" et Genty à 50". Fuente place un démarrage et Lopez Carril rétrograde. Sur une nouvelle banderille aux 6 km, ce sont Zoetemelk, Torres et Thévenet qui lâchent prise. Ovion, défaillant, décroche brusquement tandis que Martinez à l'arrière continue sa belle remontée. Fuente se met dans la roue d'Ocana et le reste de l'ascension est monté au train. Au col du Galibier (km 111), Ocana passe en tête avec 5" d'avance sur Fuente, à 1'10" Thévenet, à 1'45" Martinez et Lopez Carril, à 3' Genty, à 3'45" Zoetemelk, à 4'30" Torres, à 4'50" le groupe Van Impe Van Springel, Poulidor, Ovion.
- Dans la descente Martinez et Lopez Carril reviennent sur Thévenet. Au ravitaillement de Serre-Chevalier (km 140), les deux Espagnols comptent 1' d'avance sur le trio de poursuite mais déjà 5'30" sur Périn, Lazcano et Mortensen et 5'40" sur un petit peloton des favoris.
- Au pied du col d'Izoard, ces écarts sont de 1'30" et 6'30". Luis Ocana monte tout le col avec Fuente dans sa roue qui ne relaie plus depuis le ravitaillement, tandis que derrière Thévenet est également seul à rouler, Martinez dans sa roue jusqu'à la ligne d'arrivée. Lopez Carril est très vite lâché. L'écart grandit dans des proportions importantes : 2'15" et 7'50" aux 10 km, 3'50" et 10'10" aux 2 km. Au sommet de l'Izoard (km 168), Fuente ne se gêne pas pour déborder Ocana, Thévenet et Martinez sont à 4'15", Lopez Carril à 9'20", le peloton des grands battus à 10'50". Dans la descente Martinez crève mais revient vite sur Thévenet.
- Au km 189, Ocana-Fuente possèdent 4'20" sur le duo français. Vers Guillestre (km 200), Fuente est obligé de changer de roue et Ocana ne se fait pas prier pour semer son hautain compatriote. Fuente est à 25" puis rapidement à 1'15", les poursuivants à 5'20". Ocana aborde la montée finale avec 2' sur son compatriote et 6'15" sur Thévenet & Martinez. Le "grupetto" de 1ère classe est pointé à plus d'un quart d'heure. Fuente se rapproche de l'homme de tête dans les 5 derniers kilomètres d'ascension mais Luis Ocana remporte avec panache cette étape. Fuente passe avec 58" de retard. Martinez et Thévenet arrivent environ 7' plus tard, Périn à 12'30" et les autres favoris à plus de 20'. Jacques Goddet fustigera leur manque de combativité et de dignité, désignant Périn, qui avec des moyens moindres, aura au moins lutté !
Au soir de la 8ème étape, Luis Ocana n'a plus d'adversaires.
C'est vrai qu'à sa lecture, on réalise que le groupe Zoetemelk-Van Impe-Van Springel perd beaucoup de temps sur la fin. Pour aller dans le sens de Goddet, il est probable que l'entente ait été mauvaise dans ce groupe après l'Izoard mais, même si certains auraient pu mieux limiter les dégâts, ils auraient terminé à plus de 10 minutes
Ocana a vraiment réalisé un exploit incroyable et les performances de Thévenet et Martinez sont à saluer !
Re: Les grimpeurs français
Un phénomène !! Comme Trueba, il a couru en une époque particulièrement défavorable aux purs grimpeurs. Voici ce que disait le légendaire Vicente à son sujet, relativement au Tour 1930: " En aquella vuelta yo tuve que luchar como un demonio contra el MEJOR ESCALADOR que he conocido en mi vida: el francès Faure. Era un monstruo escalando." ( "Semana" du 27 Juillet 1965)levrai-dufaux a écrit : 03 juil. 2020, 18:11 16. Benoît FAURE
Un seul top 10 dans le Tour (8e en 1930), une seule victoire d’étape sur l’épreuve : à la froide lecture du palmarès de Faure, on pourrait se dire que ce Stéphanois, surnommé "la Souris" en raison de sa petite taille et de sa malice, figure un peu haut dans ce classement.
Mais le cyclisme ne se résume pas à des chiffres et Faure est l’un des tout meilleurs grimpeurs purs que la France ait connu. Escaladeur hors pair, il était en revanche un piètre descendeur et rouleur, ce qui lui a coûté quelques victoires (Desgrange disait de lui qu'il "descendait comme une chaussette").
Il a longtemps couru au niveau régional et c’est en qualité de touriste-routier (individuel) qu’il signe ses premiers coups d’éclat sur le Tour. Agé de 30 ans, il s’impose à Nice en 1929 avant d’exploser les records d’ascension de l’Aubisque et du Tourmalet l’année suivante. Bien parti pour triompher de nouveau à Nice après avoir franchi le col de Braus avec six minutes d'avance, il est victime de semeurs de clous et voit la victoire lui échapper...
Encore étincelant dans les Alpes, l’Auto le désigne comme le meilleur grimpeur de ce Tour 1930 qu’il finit premier dans la catégorie des touristes-routiers.
Intégré à l’équipe de France l’année suivante, il souffre de l’épaule suite à une chute et se retrouve cantonné à un rôle de porteur de bidons. Il retrouve tout son éclat en individuel en 1932 en étant le seul à pouvoir suivre Trueba dans le Tourmalet. Rattrapé sur le plat, il se classe 2e l’étape derrière Pesenti. Dans les Alpes, il subit le même sort : après avoir franchi le col d’Allos en tête, il est de nouveau repris et finit 3e à Gap.
Coureur très endurant (deux podiums sur Bordeaux-Paris en 1936 et 1937), on le retrouve des années plus tard en tête pendant près de 500 km lors de Paris-Brest et retour… alors âge de 49 ans !![]()
Quand on pense que Trueba a affronté les Frantz, Bottechia, Fontan, Vietto, Ezquerra, Maes, Vervaecke et même Binda, ça en dit long sur la facilité de Faure dans les grandes ascensions. Les 2 petits formats s'étaient d'ailleurs livré de sacrés duels, 2 ans plus tard, dans le cadre d'un classement officieux de la montagne (Trueba l'avait emporté de peu au décompte des points, mais ce n'est que l'année suivante que le Grand Prix du Meilleur Grimpeur allait voir réellement le jour).
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Re: Les grimpeurs français
C'est marrant que tu aies retrouvé cette citation car je me souviens avoir lu le même commentaire de Trueba dans un compte-rendu du Tour 1934 à l'adresse de... Vietto cette fois-cibiquet a écrit : 03 juil. 2020, 19:49
Un phénomène !! Comme Trueba, il a couru en une époque particulièrement défavorable aux purs grimpeurs. Voici ce que disait le légendaire Vicente à son sujet, relativement au Tour 1930: " En aquella vuelta yo tuve que luchar como un demonio contra el MEJOR ESCALADOR que he conocido en mi vida: el francès Faure. Era un monstruo escalando." ( "Semana" du 27 Juillet 1965)
Quand on pense que Trueba a affronté les Frantz, Bottechia, Fontan, Vietto, Ezquerra, Maes, Vervaecke et même Binda, ça en dit long sur la facilité de Faure dans les grandes ascensions. Les 2 petits formats s'étaient d'ailleurs livré de sacrés duels, 2 ans plus tard, dans le cadre d'un classement officieux de la montagne (Trueba l'avait emporté de peu au décompte des points, mais ce n'est que l'année suivante que le Grand Prix du Meilleur Grimpeur allait voir réellement le jour).
Trueba ajoutait ne jamais avoir vu de grimpeur aussi fort et qu'il reviendrait en 1935 pour essayer de prendre sa revanche.
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Re: Les grimpeurs français
14. Apo LAZARIDÈS

Probablement le plus gros gâchis de ce classement. Du haut de ses 1m63, Lazaridès se présente comme le disciple de René Vietto auquel il voue une dévotion totale et sans doute excessive.
Il commence par se signaler en 1946 sur les courses qui se substituent au Tour cette année-là. Lazaridès remporte tout d’abord l’étape des Alpes de la Ronde de France dont il prend la 5e place au général avant de s’imposer à la surprise générale dans Monaco-Paris, le "Petit Tour de France" organisé par Goddet. Plus que prometteur à seulement 20 ans.
Il se distingue ensuite sur le Tour 1947 qu’il dispute dans une équipe régionale en réalisant une formidable montée du Galibier. Lancé à la poursuite de Camellini, un honnête grimpeur, il lui reprend pas moins de 8 minutes dans l’ascension ! Hélas, deux crevaisons dans la descente lui font perdre tout espoir de revenir sur la tête et il se classe 3e de l’étape. Dans l’étape suivante, il joue les équipiers de Vietto avec lequel il s’échappe dans le col d’Allos et qu’il accompagne jusqu’à Digne où il se classe 2e derrière son mentor en ayant repoussé le groupe Robic à 6’30.
Intenable, Lazaridès franchit encore en tête le col de Braus le lendemain mais il est rattrapé et dépasser par Camellini dans la descente et se classe encore 3e de l’étape. Dans la grande étape pyrénéenne, il assiste de nouveau Vietto défaillant ce jour-là.
L’année suivante, Lazaridès intègre l’équipe de France sur le Tour mais entre Bobet qui se révèle et Vietto qui croit encore en ses chances, il ne peut jouer sa carte personnelle. L’étape reliant Briançon à Aix-les-Bains, disputée dans des conditions apocalyptiques (Bartali dira ne jamais avoir connu d’étapes aussi difficile), est à ce titre symptomatique. Lazaridès est d’abord contraint d’attendre Vietto en grande difficulté dans le Galibier, ce qui le repousse à plus de 17 minutes de la tête. Revenu à une dizaine de minutes dans la vallée, il est libéré par Vietto dans le col de Porte. Il remonte à la 2e place derrière l’intouchable Bartali auquel il reprend tout de même presque 4 minutes dans l’ascension ! Dans le col du Cucheron, il reprend près d’une minute supplémentaire et pointe à 5’40 au sommet. Son improbable remontée est toutefois interrompue par le DS de l’équipe de France, Archambaud, qui lui demande d’attendre Bobet cette fois !! Lazaridès n’avait aucune chance de reprendre Bartali mais il aurait fini 2e de cette étape extraordinaire autrement.
Quelques semaines plus tard, il profite du marquage entre Coppi et Bartali au mondial sur le difficile circuit de Valkenburg pour mener à son terme une échappée matinale mais il échoue à la 2e place, battu au sprint par Schotte.
En 1949, Lazaridès remporte le Trophée des Grimpeurs puis obtient son meilleur classement sur le Tour en terminant 9e. Dans la grande étape pyrénéenne, il est le seul à pouvoir accompagner Coppi dans le Tourmalet. Tandis que le campionissimo connaît une ascension du Peyresourde difficile (il y est victime d’une crevaison notamment), Apo voit revenir sur lui son frère Lucien et Robic. Alors que les trois s’apprêtent à se disputer l’étape, Apo est renversé par une voiture qui lui écrase son vélo et il termine finalement à plus de 6 minutes après avoir passé toute l’étape en tête…
On le retrouve dans les Alpes, où il se montre le meilleur avec Robic… loin derrière Coppi et Bartali qui dominent leur sujet cette fois-ci.
Encore tout jeune, puisqu’il n’a que 23 ans, on ne le reverra pourtant plus jamais à ce niveau sur le Tour. En 1950, après une belle 2e place au Dauphiné, il disparaît des radars. Manquant de rigueur, d’implication et d’ambition, la suite de sa carrière n’est pas en adéquation avec son incroyable talent.

Probablement le plus gros gâchis de ce classement. Du haut de ses 1m63, Lazaridès se présente comme le disciple de René Vietto auquel il voue une dévotion totale et sans doute excessive.
Il commence par se signaler en 1946 sur les courses qui se substituent au Tour cette année-là. Lazaridès remporte tout d’abord l’étape des Alpes de la Ronde de France dont il prend la 5e place au général avant de s’imposer à la surprise générale dans Monaco-Paris, le "Petit Tour de France" organisé par Goddet. Plus que prometteur à seulement 20 ans.
Il se distingue ensuite sur le Tour 1947 qu’il dispute dans une équipe régionale en réalisant une formidable montée du Galibier. Lancé à la poursuite de Camellini, un honnête grimpeur, il lui reprend pas moins de 8 minutes dans l’ascension ! Hélas, deux crevaisons dans la descente lui font perdre tout espoir de revenir sur la tête et il se classe 3e de l’étape. Dans l’étape suivante, il joue les équipiers de Vietto avec lequel il s’échappe dans le col d’Allos et qu’il accompagne jusqu’à Digne où il se classe 2e derrière son mentor en ayant repoussé le groupe Robic à 6’30.
Intenable, Lazaridès franchit encore en tête le col de Braus le lendemain mais il est rattrapé et dépasser par Camellini dans la descente et se classe encore 3e de l’étape. Dans la grande étape pyrénéenne, il assiste de nouveau Vietto défaillant ce jour-là.
L’année suivante, Lazaridès intègre l’équipe de France sur le Tour mais entre Bobet qui se révèle et Vietto qui croit encore en ses chances, il ne peut jouer sa carte personnelle. L’étape reliant Briançon à Aix-les-Bains, disputée dans des conditions apocalyptiques (Bartali dira ne jamais avoir connu d’étapes aussi difficile), est à ce titre symptomatique. Lazaridès est d’abord contraint d’attendre Vietto en grande difficulté dans le Galibier, ce qui le repousse à plus de 17 minutes de la tête. Revenu à une dizaine de minutes dans la vallée, il est libéré par Vietto dans le col de Porte. Il remonte à la 2e place derrière l’intouchable Bartali auquel il reprend tout de même presque 4 minutes dans l’ascension ! Dans le col du Cucheron, il reprend près d’une minute supplémentaire et pointe à 5’40 au sommet. Son improbable remontée est toutefois interrompue par le DS de l’équipe de France, Archambaud, qui lui demande d’attendre Bobet cette fois !! Lazaridès n’avait aucune chance de reprendre Bartali mais il aurait fini 2e de cette étape extraordinaire autrement.
Quelques semaines plus tard, il profite du marquage entre Coppi et Bartali au mondial sur le difficile circuit de Valkenburg pour mener à son terme une échappée matinale mais il échoue à la 2e place, battu au sprint par Schotte.
En 1949, Lazaridès remporte le Trophée des Grimpeurs puis obtient son meilleur classement sur le Tour en terminant 9e. Dans la grande étape pyrénéenne, il est le seul à pouvoir accompagner Coppi dans le Tourmalet. Tandis que le campionissimo connaît une ascension du Peyresourde difficile (il y est victime d’une crevaison notamment), Apo voit revenir sur lui son frère Lucien et Robic. Alors que les trois s’apprêtent à se disputer l’étape, Apo est renversé par une voiture qui lui écrase son vélo et il termine finalement à plus de 6 minutes après avoir passé toute l’étape en tête…
On le retrouve dans les Alpes, où il se montre le meilleur avec Robic… loin derrière Coppi et Bartali qui dominent leur sujet cette fois-ci.
Encore tout jeune, puisqu’il n’a que 23 ans, on ne le reverra pourtant plus jamais à ce niveau sur le Tour. En 1950, après une belle 2e place au Dauphiné, il disparaît des radars. Manquant de rigueur, d’implication et d’ambition, la suite de sa carrière n’est pas en adéquation avec son incroyable talent.
Re: Les grimpeurs français
On dira donc que Faure en 1930 (dans lequel l'espagnol était nettement moins bien préparé qu'en 1932 et surtout 1933) et Vietto en 1934 ont été les 2 grimpeurs qui ont le plus marqué Vicente Trueba.levrai-dufaux a écrit : 04 juil. 2020, 18:02C'est marrant que tu aies retrouvé cette citation car je me souviens avoir lu le même commentaire de Trueba dans un compte-rendu du Tour 1934 à l'adresse de... Vietto cette fois-cibiquet a écrit : 03 juil. 2020, 19:49
Un phénomène !! Comme Trueba, il a couru en une époque particulièrement défavorable aux purs grimpeurs. Voici ce que disait le légendaire Vicente à son sujet, relativement au Tour 1930: " En aquella vuelta yo tuve que luchar como un demonio contra el MEJOR ESCALADOR que he conocido en mi vida: el francès Faure. Era un monstruo escalando." ( "Semana" du 27 Juillet 1965)
Quand on pense que Trueba a affronté les Frantz, Bottechia, Fontan, Vietto, Ezquerra, Maes, Vervaecke et même Binda, ça en dit long sur la facilité de Faure dans les grandes ascensions. Les 2 petits formats s'étaient d'ailleurs livré de sacrés duels, 2 ans plus tard, dans le cadre d'un classement officieux de la montagne (Trueba l'avait emporté de peu au décompte des points, mais ce n'est que l'année suivante que le Grand Prix du Meilleur Grimpeur allait voir réellement le jour).![]()
Trueba ajoutait ne jamais avoir vu de grimpeur aussi fort et qu'il reviendrait en 1935 pour essayer de prendre sa revanche.



