levrai-dufaux a écrit : 27 avr. 2018, 13:21

A l'instar des sprinteurs, gagner sur les Champs Elysées pour un baroudeur constitue pratiquement un monument tant la difficulté est grande. Eddy Seigneur en 1994 est le seul à y être parvenu sur les 30 dernières années (Vinokourov en 2005 l'emportant plutôt en finisseur).
Merci pour les photos ! Je n'ai pas vu la victoire d'Eddy Seigneur en direct mais elle est tellement mythique que tout les ans, les commentateurs rappellaient l'exploit d'Eddy Seigneur sur les champs en pronostiquant la victoire d'un sprinteur. L'exception qui confirme la règle
A mon avis, la réduction du nombre de coureurs par équipes va surtout avantager les leaders endurants qui pourront profiter bien plutôt qu'auparavant du manque d'équipiers de leurs conccurents pour tenter leur chance (comme on l'a vu sur les classiques) et je l'espère, les purs grimpeurs en montagne qui pourront plus facilement s'échapper face à des trains réduits.
Mais ce qui favorise le plus les baroudeurs matinaux, amha, c'est la stratégie de leur équipe : avec un équipier de moins, le leader peut demander à un baroudeur de le protéger plutôt que de s'échapper, car sa garde rapprochée est réduite. Les baroudeurs sont le plus souvent dans des équipes où il n'y a pas de coureurs qui visent le général (EF, Dimension Data, Lotto Soudal, les conti-pro) et on les voit plus souvent dans des courses non WT, car le niveau est plus hétérogène (moins de leaders, moins de sprinteurs favoris donc moins d'équipes pour rouler) et plus d'équipes avec des baroudeurs dans leur équipe.
Le constat triste de l'an passé, c'est que les 12 équipes qui ont un favoris/outsiders capable d'aller chercher un top 10/top 5 vont rouler, et donc s'il n'y a que trois clampains qui partent c'est mort ! Surtout face à des armadas comme QST sur le plat ou SKY dans les montagnes.
Comme le dit bien Offredo, il faudrait que les équipes qui ont peu de chances de jouer la gagne (qui n'ont pas l'un des 3 favoris) puissent laisser leur chance à leurs baroudeurs plutôt que de les faire cramer en tête de peloton pour favoriser les favoris
Sur le Romandie, hier, on avait peu de sprinteurs pour la gagne, car peu d'étapes de plat au programme donc peu d'équipes pour rouler. Et pour peu que l'équipe du favori soit faible (sur ce point, la réduction des équipes aide les baroudeurs) et ne veuille pas assumer la poursuite trop tôt, ou un rythme trop élevé, ça peut aller au bout !
Je pense que les De Gendt et les Luis-Léon Sanchez, en plus d'avoir fait leurs preuves et d'avoir la confiance de leurs DS, connaissent en fonction du contexte l'étape à viser sur une course par étape, et donc font mouche très souvent, ce ne sont pas que des bêtes à rouler, il y a du métier derrière
