Episode IV ...............Dans lequel le K montre son vrai visage....
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Le périple touchait à sa fin et Noé, gagné par une douce euphorie, se rapprochait chaque jour davantage de la consécration.
Le 19e tournoi avait pour cadre la montée du col des Fenêtres, un lieu de désolation, plus propice à accueillir un combat de chèvres qu'une noble joute chevaleresque....
Le sort, malicieux, avait choisi de proposer une revanche entre Noé et Kelmeur, et ce, dès le premier tour
Le combat avait à peine débuté que Kelmeur prenait soudain une initiative pour le moins déconcertante........

. Visiblement gêné par son heaume qui l'empêchait de respirer à sa convenance, il retirait prestement celui-ci, dévoilant à toute l'assistance, une vision d'effroi
La trogne du "
Fourbe" était méconnaissable, comme métamorphosée : les yeux révulsés, la chevelure roussie, hirsute, une bave verdâtre s'échappant de la commissure des lèvres.......le plus insoutenable restant le mouvement de balancier de sa tête pendante, qui dodelinait en émettant un atroce bruit de crécelle
Les rumeurs les plus diverses s'élevaient de la foule stupéfaite :
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Tuco (paternel, croyant à une supercherie) "Mais, que signifie cette mascarade, mon bon Kelmeur ? Mardi Gras est déjà loin derrière nous, il me semble

"
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Blouss (dans un sanglot) "Hélas ! Qu'est il arrivé à mon doux Kelmy pour que son harmonieux visage soit si cruellement défiguré ? Je n'ose imaginer ce qu'il en est du reste de son corps "
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Booze (sentencieux) "Je le supposais depuis toujours, c'est à présent une certitude : Satan l'habite"
Pétrifié par ce spectacle, incapable d'esquisser le moindre mouvement, Noé restait cloué sur place, sa bête terrorisée refusant d'avancer. Un coup, un seul, fut suffisant pour le désarçonner

. D'un bond, Kelmeur sautait alors sur le corps de son rival inanimé pour lui arracher la Cuirasse, puis renfourchant son destrier, il s'enfuyait avec son précieux butin, dans un nuage de poussière suffoquant.
L'instant de stupeur passé, tandis que Lolo se précipitait au chevet de son protégé, Tuco sentait son âme se remplir d'une énergie bouillonnante, qu'il avait cru à jamais disparue. Il renaissait, retrouvant la foi du combattant, qui avait fait de lui un des plus redoutés mercenaires d'Occident, du temps jadis où il guerroyait au service du grand-prince de Moscovie. Rassemblant ses compagnons les plus aguerris, Booze, Coalize et Albator, il entamait la poursuite du fuyard. Marollais et Nopik fort désireux d'en découdre, s'étaient également joints à la petite troupe.
Kelmeur n'avait pourtant pas la réputation d'être le plus esthétique des cavaliers

, mais pour une fois, son déhanchement incontrôlé se révélait d'une efficacité redoutable. Sans doute étaient-ce les vertus de cette nouvelle selle, que l'on disait miraculeuse, et dont il venait à peine de faire l'acquisition dans une boutique de Milan.
La foulée de sa monture, comme propulsée par une force surnaturelle, faisait merveille sur ces chemins muletiers empierrés, lui prodiguant déjà une solide avance sur ses poursuivants au passage du sommet.
Dans la descente vers la vallée, ceux-ci durent encore attendre Nopik qui, un temps empêtré, tardait à se réharnacher, perdant ainsi de nouvelles précieuses secondes. :boulet:
Lorsque l'on débouchait enfin, l'horizon était vide. Nulle trace de Kelmeur. Après quelques vaines recherches dans les bourgs environnants, il fallu se résoudre à l'évidence : le fuyard restait inatteignable, se terrant sans doute dans quelque sombre cahutte.
Au retour au campement, Tuco réunit ses principaux lieutenants pour tenir un bref conseil. Que décider quant à l'issue de ce 19e tournoi ?

. Les chevaliers étant fourbus et l'ambiance morose, on jugeât plus prudent de ne rien décider.
N'étions nous pas en Italie, après tout ?.....
...............A suivre................