Merci pour ce post.guigui22 a écrit : 13 déc. 2024, 00:03 Assez surpris de l'arrêt de Lefevere, je ne m'y attendais vraiment pas.
Il me semblait assez ancré dans le paysage cycliste, et me semblait assez "indéboulonnable".
Au vu de l'article (merci pour les partages, c'est exactement ce que je venais chercher en venant sur ce topic), il y a eu une discussion entre lui et le propriétaire de l'équipe; on ne sait pas trop si il s'est gentiment fait sortir ou si c'est un réel commun accord. Peut être aussi qu'il avait une forme de lassitude (qu'on peut un peu lire à travers l'interview sur le fait que les gens se "plaignent" au service course, et la difficulté de toujours batailler pour l'argent).
Après, je pense que c'est une bonne chose, même si rien ne prouve que le nouveau sera mieux.
Lefevere, de mon point de vue extérieur, ça m'a toujours fait penser à cette figure managériale très paternaliste, très à l'ancienne, voulant fonctionner en famille. "Le wolfpack".
Beaucoup de manager aiment jouer le "bon père de famille". A priori, sur le papier, ça peut sonner bien.
Dans la pratique ça cache souvent beaucoup de difficultés managériales et organisationnelles :
- des relations infantilisées, avec des employés (staff ou coureur) qui sont donc déresponsabilisés
- des gros besoins de validation hiérarchiques, donc une forme de lenteur administrative, et de frein à la créativité/innovation
- des besoins de reconnaissance exacerbés car ce sont en réalité des besoins d'amour père/enfant qui se jouent là
- des relations de dépendance, où l'employé ne sait plus agir en autonomie sans son manager; et le manager qui se complait dans ce pouvoir et ce rôle de "sachant/grand manitou"
- à l'image de beaucoup de familles, beaucoup de non-dits
- un pouvoir managérial qui va trop loin dans l'emprise sur l'employé, en pensant que c'est son enfant et qu'il "lui appartient". Ca amène souvent à des dérives sur le temps perso/privé (et donc à des potentiels burn-out ou des abus de pouvoir)
- ce dernier élément pouvant virer au toxique voir ultra toxique lorsque poussé à l'extrême (cas Levefere/Alaphilippe/Rousse typiquement)
Maintenant, tout ça, de l'extérieur j'en sais rien. Y'a que ceux qui sont dedans qui peuvent le savoir. Et probablement que même si c'est le cas, certains (lorsque tu es le fils prodige) le vivent très bien, et d'autres qui le vivent mal (le revers de la médaille, le fils "vilain petit canard) sont probablement déjà partis depuis longtemps.
Et comme souvent, dans ces cas là, c'est très dur de "cracher dans la soupe". Ceux avec qui ça se passerait mal, ils sont passé à autre choses, n'ont pas envie d'avoir d'ennui, ne veulent pas d'histoire dans la presse, donc préfèrent ne rien dire et faire leur vie de leur côté.
Donc de l'extérieur, en général on ne voit même pas 1% de ce qu'il se passe.
Ce que j'ai pu constater de Lefevere :
- il a un palmarès long comme le bras
- il a eu une très belle longévité
- il a su lancer ou relancer des cyclistes au top niveau mondial, voir même leur prime carrière pour certains (Boonen, Kittel, Cav, Alaph, Gilbert etc)
- l'équipe a été une machine à victoire pendant des années
- l'équipe a su montrer un vrai collectif, et le wolfpack n'était pas qu'un mot, ça s'est vu sur le vélo à plusieurs reprises, notamment sur les classiques et les sprints
- il a eu des propos toxique en interview, un nombre de fois beaucoup trop important pour penser que c'était une "erreur de parcours"
C'était donc un sacré personnage du milieu cycliste, dans le bon et le mauvais.
Mais perso, je ne pourrai jamais le qualifier de "meilleur manager sportif de tous les temps". Quand tu vois sa toxicité par moment, c'est juste incompatible avec le fait d'être un bon manager. Tu peux tellement faire mieux.
On sent une certaine expérience dans la description du système managérial "familial", avec tout ce qu'il comporte.


