Je pense qu'on est déjà entré dans l'ère du tout-spectacle. Depuis longtemps.
Le seul sport qui fournit encore de bonnes cohortes de contrôles positifs c'est l'athlétisme, où il y a relativement peu de structures organisées et structurées, beaucoup bricolent dans leur coin. Et les records qui tombent à peu près aussi vite que les suspensions ça n'a pas l'air de gêner tant que ça.
Dans le vélo, il y a moins d'argent qu'ailleurs, donc encore beaucoup de bricolage. Et en-dessous du WT, il y a vraiment très, très peu de moyens. Et donc encore quelques contrôles positifs (coucou

).
Mais les équipes se sont affûtées, la lutte anti-dopage classique est effectivement devenue quasiment inutile pour le sport professionnel de très haut-niveau. Les protocoles sont connus, maîtrisés. On joue avec tous les anciens jouets qu'on a appris à utiliser à bon escient, et on en trouve des nouveaux qui mettront des années à être ne serait-ce qu'envisagés comme dopants (comme le myorelaxant des Bahreïn sur le Tour). Et encore des années avant d'être interdits : Tramadol, corticos... C'est pas interdit => on a le droit.
Sans compter qu'on a cassé quelques outils (salbutamol, passeport biologique en Espagne récemment...) par manque de fermeté.
Mais dans tous les sports qui brassent beaucoup d'argent, l'ère du tout-spectacle est là depuis belle lurette. Vous imaginez Mbappé ou Messi positifs à un produit interdit et suspendus 4 ans ? Soyons sérieux.
Les scandales dans le foot en Italie depuis les années 90 n'ont finalement rien amené (à part une confirmation que les juges italiens sont vraiment coriaces sur ce point

), l'affaire Puerto a été circonscrite au vélo...
J'aime pas dire ça, ça fait un peu complotiste, mais le budget de l'AMA pour 2022 c'est 44 millions de dollars. Celui de l'AFLD 17 millions d'euros. Soit respectivement moins que Troyes et qu'Ajaccio en Ligue 1. Ne comparons pas avec les sports US ou les gros clubs de foot. Personne n'a intérêt à porter un coup au sport-business, et d'ailleurs allons plus loin, même si beaucoup ont sincèrement envie de faire le ménage et de lutter contre le dopage, un grand scandale porterait-il un vrai coup au sport-business ? Beaucoup de gens s'accommodent fort bien des perfs mutantes, tous sports confondus. Sans être dupes d'ailleurs, ils sont consentants au dopage finalement.
L'affaire Festina, le blitz, Ferrari, Puerto, Armstrong et Sky n'ont pas freiné l'afflux d'argent dans le vélo. Donc maintenant comme dans les autres sports, on pourrait imaginer que les grosses structures sont "too big to fail".
Le seul intérêt de la lutte anti-dopage aujourd'hui, c'est probablement juste d'empêcher de verser dans le tout n'importe quoi (quoique...) et surtout de fournir l'alibi de base de tout sportif "préparé" : jamais contrôlé positif.
Et si contrôlé positif : c'est pas moi, c'est ma femme/mon homme/ mon chien/ ma belle-mère/ ma déshydratation... On a plus le choix que l'embarras.