Je remets donc le descriptif du parcours :
Un petit zig-zag dans le village, avant d'aborder une descente étroite et rapide, qui nous amène à un petit \"coup de cul\", avant de brièvement redescendre et prendre un virage à gauche, qui nous amène sur un faux plat descendant, puis du plat, on tourne à gauche, faux plat montant, puis épingle vers la gauche relevé, faux plat montant jusqu'à la ligne d'arrivée qui elle, se situe au sommet d'une bosse courte, de 100 mètres, mais qui présente des pourcentages élevés. Bon en 2025 je dirais plus que ça fait 150 mètres que 100 mètres. J'ajoute également que cette année, il y a un peu de boue dans la descente, il a beaucoup venté et plu ces derniers jours.
Avant course :
47512 fois, c'est à peu près le nombre de clic sur les sites de météo pour voir l'évolution, avec une heureuse amélioration au fur et à mesure de la semaine, indiquant qu'à Montoussin, il ne pleuvrait plus à partir de 11h30 environ, ce qui est le cas, route un peu humide dans la descente et dans la montée au début mais ça a vite séché. Je retrouve pour l'échauffement un gars de mon club qui court dans la catégorie juste en dessous (il y a cette année 6 catégories adulte en FSGT qui est la fédération la plus fournie, je suis en 4 et lui en 5), on fait un premier tour de reco, pas rassuré par la descente, quelques trous à la fin de celle-ci et pas rassuré par les sensations, je souffle beaucoup, le cardio est haut (du mal à respirer avec les allergies?) mais on roule un peu vite je trouve, je fais le deuxième tour de reco avec un autre du club qui court cette fois avec moi. Le temps se réchauffe un petit peu, on est 40 sur la ligne dont 4 cadets qui terminent trois tours avant nous (cela aura une influence). On part pour 19 tours de circuit pour 60 kilomètres. 750 mètres de dénivelé positif.
Sur la ligne un gars vient me voir "tu serais pas tombé avec moi à Labastide Saint Georges l'an passé?" "ah oui oui" nous sommes un an jour pour jour après cette chute qui a failli mettre un terme à la compétition pour moi. Lui aussi d'ailleurs, vélo pété en deux, moi j'en avais eu pour 500 euros de réparation et une déchirure intercostale. Quelle joie de me rappeler de ça juste avant le départ.
La course :
Le premier tour est neutralisé, comme en 2016, partant quasiment en dernière ligne, je profite de la fin du tour pour remonter en première ligne. Puisque je ne suis pas rassuré par la descente, je décide de placer la première attaque de la journée, au pied du mur, rapidement contré par un cadet, on sort à cinq puis deux. Toutefois ça décide de ne pas relayer en haut, moi je décide de continuer (voulant rééditer l'exploit du gars de 2016?) me voilà seul à l'issue de la descente. Je me cale en position aéro dans les faux plats descendants, mais non, ça revient assez vite, il y a trois clubs bien représentés, Longages, les organisateurs, Villeneuve et Le Fousseret, ça va être compliqué, dès que je suis repris deux gars du Fousseret sortent, je fais l'effort pour pas me faire avoir bêtement c'était déjà arrivé comme cela l'an passé à Cap Découverte.
Je fais ensuite ma spéciale quand je suis pas mal (mieux qu'à l'échauffement) : je vais dans la plupart des coups, je brule donc de l'énergie pour des coups qui n'en sont pas. Au douzième kilomètre par contre, je reviens seul sur un gars qui venait de sortir juste avant, c'est à dire qu'il sort juste avant le mur, je sors dedans, on se retrouve à deux en haut et on se relaie, ça durera 2,5 kilomètres, mais encore une fois, les équipes veillent et les costauds aussi. Mon coéquipier tente à son tour, en roulant devant le peloton, il n'a pas de jump mais une vraie capacité à rouler fort longtemps, à un moment je fais le trou, ils partent à deux, un gars veut faire l'effort, je me mets à sa hauteur (et rien de plus je ne suis pas un Sky ou un Quick Step) il se rassoit, et il râle. D'autres coureurs nous ramènent. J'ai déjà beaucoup donné, le bas du dos charge avec tous ses efforts, j'ai grillé plusieurs cartouches, il est temps de redescendre dans le peloton, nous sommes à mi course. On va prendre peu après un tour aux cinquième catégorie.
Jusqu'au 40ème kilomètre, j'arrive à me contrôler, je récupère, en tout cas autant que cela est possible sur un circuit en prise comme cela, je suis un ou deux coups puis je repars à l'intérieur du peloton, je déconnecte, je regarde qui arrive (les concurrents en 1-2 et 3ème catégorie arrivent leur course étant après la notre), c'est un état psychologique assez spécial en course pour me passer l'envie de faire des efforts, donc je "sors" de la course. 45ème kilomètre, mon collègue se remet en tête de peloton et sur une relance, un petit trou se fait, un coureur le rejoint, il reste 5 tours. Ils partent et personne ne roule vraiment. L'écart se creuse pendant deux tours, probablement 30 secondes. Sauf que je vous rappelle que les cadets s'arrêtent trois tours avant nous, alors certes au début de leur dernier tour on ralentit car ils remontent tous mais ne veulent pas rouler (ce qui est compréhensible) mais la deuxième moitié du tour, un gars du Fousseret qui a deux cadets dans son équipe va imprimer un fort rythme. Les cadets montent au sprint... et moi aussi puisque je prends la roue d'un coureur qui en profite.
L'écart s'est donc bien réduit, je me mets devant dans la descente, milieu de la route étroite, en roue libre, sur le coup de cul derrière, je joue au con avec le coureur venu à mes côtés "il reste combien de tours?" "ah ok", la route étant trop étroite pour permettre de nous dépasser, je fais le virage en bas en tête, tout doucement, et on est à 35 km/h sur les faux plats descendants. Deux effets : les deux de tête ont repris un peu de temps, on se fait salement contrer sur les faux plats descendants grande route avec un différentiel de vitesse monstrueux. Le peloton commence à vraiment s'agiter, mais c'est pas encore ça.
La fin de course :
Avant dernier tour, là ça y est, ça s'excite, pas dans la bosse précédent cette avant dernier tour mais dans la descente et surtout sur les faux plats descendants, le vent s'est un peu levé, avec la relance avant ça explose de partout, on doit être 5 ou 6 groupes. Les deux de tête, puis trois coureurs, puis quatre, puis mon groupe, et derrière je sais pas comment c'est. J'ai la chance d'être dans la roue d'un gars de Carcassonne que je sais être très fort et vaillant. Il me ramène sur le troisième groupe au moment où on arrive sur les faux plats montants, je jump solo sur le deuxième groupe qui devient rapidement le premier, "point zéro" comme dirait Guimard même si pas tout à fait car mon coéquipier a continué à son rythme et est 10 mètres devant un peloton qui n'accélère pas, ça sent l'effort qui vient de peser dans les jambes et dans le cardio... Mais pas pour moi, ou en tout cas, moins pour moi.
Mon coéquipier est en bout de course, juste devant, j'y vais, un peu à l'instar du bas de la dernière ascension à Plaimont, "j'attaque pour voir si ça suit et ensuite j'enclenche" à 850 watts...
Je n'avais plus rien à ce moment là, j'étais gueule ouverte en recherche d'oxygène, mal partout, et je me suis dit "sprint jusqu'en haut" et je l'ai fait, je sais pas où je suis allé chercher ça, mais je l'ai fait.
Un dernier coup d'oeil derrière à 30 mètres de la ligne, ils sont pas là, je lève les bras rapidement, ah je l'ai imaginé cette victoire, dans plein de situations possibles, mais là je suis comme entouré de blanc, j'entends au loin le speaker, et je reprends vite le guidon, je suis mort, j'ai besoin d'oxygène, les premiers concurrents me passent avec le différentiel de vitesse, mais j'ai gagné!
Franchement, peut être le plus actif de la course, on a vu du Lavaur toute la course, et je prends l’initiative de sortir en me disant que je pouvais tenir sur 4 kilomètres, la souffrance, la victoire sans contestation seul. Trop content.
Des photos de la course : https://www.strava.com/activities/13837343538 (elles sont dans l'ordre inverse de la course) avec l'attaque en fin de premier tour, puis quand je sors avec le gars en jaune, la fin de mon attaque au passage du dernier tour et la victoire avec le peloton en fond (je termine avec 5 secondes d'avance sur le deuxième).
C'est la première, avec la manière, je m'en souviendrais, je suis très content de ma course.


