Racemousse a écrit : 21 mars 2026, 18:07
-Vélomen- a écrit : 21 mars 2026, 17:56
Si c'est le cas, la course va redevenir ce qu'elle était et ce qui faisait son charme : une bagarre "indécise" entre sprinteurs et puncheurs.
Avec un
départ réel à 2 km du sommet du Poggio. Youpi !
(Nan, j'exagère, cette course à toujours eu un final palpitant. Mais on oublie un peu vite à quel point on se faisait chi... jusque, au mieux, au pied du Poggio, avant que Pogacar n'en fasse un objectif sérieux.)
Oui mais on ne savait pas ce qui allait se passer, on attendait fébrilement pour savoir si ça bougerait ou monterait vite la Cipressa. On s'enthousiasmait pour chaque mouvement. Dés que la course était lancé "tôt" (sans forcément faire d'écart), que des écarts étaient réalisés dans le Poggio et/ou que des coureurs piégeaient le peloton (je reviens à l'édition 2017) c'était déjà une belle course.
Là on sait que ça partira au plus tard dans la Cipressa. On sait qu'il y aura de grosses différences, que 2 ou 3 coureurs voire 1 peuvent aller au bout en y sortant alors que déjà le faire en partant dans le Poggio paraissait il y a peu fou. Quand Nibali part presque au pied en 2018 ça paraissait un exploit. Maintenant c'est minable.
Pogacar banalise l'exceptionnel pour paraphraser Boyon sur Phelps. Comme il banalise l'attaque gagnante dans la Redoute tant espéré sous le joug valvierdien des années 2010's qui finalement a maintenant autant de saveur que le sprint dans Ans, la tension montante et le suspense en moins. Il produit de l'exploit et de l'insensé en version fast-food. L'inéluctable annihile l'émotion, la surprise, la tension. L'imprévu n'existe plus, le plus fort gagne toujours et souvent exactement comme attendu. MSR est de par sa nature le symbole de tout cela car course d'attente montée en puissance devenue feu d'artifice géant, concours de watts et rouleau comkresseur.
N'oublions que c'est à l'époque aux monuments/classiques ce que le TDF est aux CPE: la course où les perfs nucléaires et les numéros les plus grotesques étaient le plus visibles, déjà parce qu'on compare les temps de la Cipressa et du Poggio (comme on le fait pour les cols). C'est de nouveau le cas ces dernières saisons. Et dire que Démarre gagnait il y a 10 ans, Gosse il y a 15 ans et Pozzato il y a 20 ans dans des courses serrées et animées (moins 2016)