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Par Xav_38
#3101123
JohanMusée a écrit :
20 déc. 2019, 11:22
Super agréable de lire ce genre de récit ! Ça doit faire 15/16 ans que je lis assez souvent ce forum (surtout pour m’informer des pépites étrangères - comprendre pas belges - dans les topics Juniors/Espoirs) mais ,vu le sujet, j’ai envie de participer :smile: .
En tout cas bienvenue à toi, et merci au sucre d'avoir su attirer d'autres pratiquants des longues distances qui pourront nous régaler de leurs récits. :super:
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Par AlbatorConterdo
#3101173
JohanMusée a écrit :
20 déc. 2019, 11:22
Super agréable de lire ce genre de récit ! Ça doit faire 15/16 ans que je lis assez souvent ce forum (surtout pour m’informer des pépites étrangères - comprendre pas belges - dans les topics Juniors/Espoirs) mais ,vu le sujet, j’ai envie de participer :smile: .
Sud-américaines, donc. :spamafote:
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Par JohanMusée
#3101191
Oué, il y en bcp par là depuis quelques années, mais je trouve que c'est pas si déséquilibré que ça à ce niveau. Il me semble que c'est surtout qu'une proportion énorme de ces pépites essentiellement colombiennes confirme un minimum chez les pros par rapport à celles venant, au hasard, d'Italie ou des pays scandinaves. Mais c'est pas le sujet du topic :smile:
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Par Le sucre sportif
#3101224
Bienvenu Johan !
Au plaisir de lire tes récits : il fait moche, il bruine, il fait nuit donc ça pourrait être sympa de lire tes périples en attendant le printemps :super:

Concernant les balkans, j'ai surtout fait le bord d'Adriatique. Et je n'ai pas aimé la Croatie : trop de trafic, trop touristique. Mais en t'éloignant du littoral, tu pourrais te faire plaisir ! Ce que je retiens des Balkans, ce sont les lacs du nord de la Grèce, de l'Albanie (très peu touristique, très sauvage) et surtout le lac de Kotor au Monténégro :love:

Si tu y vas en VTT, tu pourrais te faire plaisir en faisant le tour du lac de Kotor :super:
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Par JohanMusée
#3101791
J’ai déjà fait avec mon sac à dos la Slovénie, la Bosnie, le Monténégro et la Serbie (La Croatie, je l’ai juste traversée en train mais je l’avais faite en voyage de rhétorique et ça ne m’intéresse pas pour le mêmes raisons que toi). Du coup, j’ai déjà fait la baie de Kotor et, effectivement, ça envoie du pâté... Si jamais je fais un périple dans le coin, j’hésiterai plus entre un Vienne-Sud de la Serbie ou relier la Grèce à la Serbie en passant par l’Albanie et le Kosovo. Mais si je fais ça je pense que je devrai investir dans un gravel.

Je vais p-ê raconter mon voyage en Suisse ou mon premier ultra que j’ai fait fin septembre pour passer le temps et la grisaille :smile: . En passant, je m’appelle pas Johan, c’était juste pour le jeux de mot moisi sur mon idole de jeunesse ;)
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Par JohanMusée
#3101802
Bon, je vais tenter de faire le récit de ma saison, qui s’est retrouvée un peu par hasard toute orientée vers un but : terminer mon premier ultra.

L’an dernier, alors que je lis les récits d’un vieux pote d’unif grand pratiquant d’ultra-endurance en cyclisme, je tombe sur le site d’un groupe organisant des courses longue-distances. Les gars semblent avoir un esprit tout à fait pas prise de tête ni « m’as-tu vu », loin du côté marchand de rêve et commercial à la sauce Instagram qu’on retrouve beaucoup trop à mon goût dans ce secteur.
Je vois qu’ils organisent une course traversant le pays du Nord au Sud : 360 bornes avec une fin de parcours pas facile-facile. Pour un premier pas vers les longues distances, voilà qui semble intéressant. La date ? Le 22 juin… Petit check rapide de l’agenda… Manque de bol, c’est une semaine seulement après le Doudou et donc beaucoup trop proche de l’ingurgitation de beaucoup trop de bières :champagne: ( Doudou = fête folklorique de la ville de Mons, à 20 bornes de chez moi. Si vous voulez voir à quoi ça ressemble, faites une petite recherche google, ça en vaut la peine :wink: ). Deux lignes plus bas, je lis que ce même groupe organise sa première course ultra en autonomie sur 725 bornes fin septembre. Banco ! 5 minutes plus tard, voilà mon inscription payée et validée. On est en avril, je viens de reprendre les sorties début du mois après une saison carnavalesque tardive (oui, on a un rapport à la fête et au folklore assez intense dans mon coin…), il y a plus qu’à !

… Il y a plus qu’à me concocter un programme d’entraînement crédible jusque-là, surtout. Le temps de quelques calculs et voilà mon premier test consistant fixé au 9 juin. J’ai un ami qui vit à Differdange au Luxembourg, j’irai de sa maison à la mienne d’une traite sur un parcours un minimum salé, avec un chargement supposé équivalent à ce que j’aurai pour la course. 250 bornes pour a priori plus ou moins 3.500m de dénivelé.
Deuxième gros test : fin juillet/début août, je profiterai de la proximité relative des maisons de campagne familiales avec la Suisse pour me faire un petit tour de ce pays de 5/6 jours en autonomie.
A ce stade, une question m’obsède. Faire un ultra, est-ce qu’il s’agit d’une très mauvaise bonne idée ou d’une très bonne mauvaise idée ? Elle me poursuivra avec plus ou moins de doutes jusqu’au moins la moitié de l’ultra en lui-même.

Suite au prochain épisode :smile: ;-)
Par jicébé
#3101871
Et moi aussi, j'habite à 20km de Mons, vers la frontière française.

Et le Doudou, je connais évidemment: j'en ai de nombreux souvenirs, dont certains disons ... brumeux (c'est l'Doudou, c'est l'Mama ... :banana: ) :saoul: :ambulance:

Bienvenue au Club!
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Par JohanMusée
#3101883
Braine-le-Comte, je vois bien mais je connais pas du tout. J'y passe parfois à vélo et tous les jours en train... Je viens de La Louvière, donc à 20km de Mons mais côté intérieur des terres.

Bon, voilà le premier récit : le premier test dans la préparation de l'Ultra.

Après deux gros mois de reprise, voilà mon premier gros test qui se profile : Differdange – Chez moi.

250km de prévus pour 3.500m de dénivelé.

Ça s’annonce costaud mais je suis plutôt confiant. Deux semaines plus avant, j’ai enchaîné 14 répétitions de la plus grosse côte de la région sur une sortie de 5h pour presque 1.800m de dénivelé à une fc basse, le tout sous la drache, le vent et 10°. J’y ai pris beaucoup de plaisir et je n’ai pas senti mes réserves s’entamer.

J’espère pouvoir tester trois choses :

1. Le matériel : j’inaugure mes sacoches et mon matériel de nuit ;

2. Le ravitaillement : j’ai déjà fait des dizaines de sorties de 5/6h de selle mais jamais plus. A voir comment mon corps digère des repas plus consistants pendant l’effort et maintenir mes réserves d’énergie le mieux possible ;

3. Le corps : j’estime l’effort à 10 ou 12h de selle. Avec pas mal de dénivelé, ça devrait suffire pour souligner des faiblesses musculaires là où je ne vais jamais assez loin pour les sentir et savoir quoi travailler dans les mois à venir. Tenant le renforcement musculaire en horreur, j’ai pour ambition de le travailler de la manière la plus ciblée et la plus efficace possible (comprendre, en faire le minimum :rabbit: ) .

La veille, je rejoins le Luxembourg en train avec mon vélo chargé comme si je devais commencé mon tour de Suisse (il le sera moins pour la course mais autant faire ça dans ce sens-là). Il y a un match des Diables et je compte le regarder avec mon ami avant de dormir quelques bonnes heures et de partir autour 3h30 du matin, histoire de vérifier mes luminaires. Après 4h de train et un petit 28km de vélo au départ d’Arlon, me voilà à Differdange. Un bon plat de pâtes et un bon match des Diables au calme, voilà qui semble raisonnable et agréable. En plus des pâtes, on me propose une soupe typique luxembourgeoise, assez grasse. Etant plutôt gourmand, j’accepte. Grosse erreur, voilà que je passe ma nuit sur le pot, une bouteille d’eau à la main afin de ne pas me déshydrater, le papier-cul dans l'autre..

J’arrive à peine à fermer l’œil et à 2h du matin, l’éjection de la soupe s’étant calmée et en ayant marre d’attendre, je décide de partir. Le temps d’avaler un gatosport , à 2h30, je suis dehors. J’entame la route par une belle petite côte de 1,5km avec un mur de 500m à 14% pour passer la frontière française. Parfait pour se mettre en jambe et voir si le cœur ne monte pas trop vite :genance: .

Adorant prendre les petites routes, je suis du genre à préparer mes parcours assez minutieusement. Malheureusement, ça ne prévient pas toujours des galères et voilà que je me retrouve avec une route coupée infranchissable au bas de la descente suivant le premier mur. Pas le choix, retour en arrière, remontée de la côte, et itinéraire bis pour rejoindre l’affreuse ville de Longwy par des nationales plus larges . Voilà qui commence très bien.



Une fois Longwy passé, je suis de retour sur l’itinéraire prévu et des route plus accueillantes. La nuit, il fait froid mais la route semble nous appartenir. On croise 2/3 voitures de gens fêtards sur le retour mais surtout des chats. Après un départ un peu chaotique, les kilomètres commencent à défiler et, au bout de 2h30, je passe Virton et le ciel s’éclaircit petit à petit, laissant place à une lumière fantastique à l’approche des premiers méandres de la Semois et de Florenville. Le dénivelé était très doux de Longwy à Virton, il l’est toujours assez jusque Florenville. Florenville est atteint après 75km et 4h15 de route et j’en profite pour faire une pause déjeuner dans une boulangerie. La moyenne est en dessous des 20km/h en comptant les pauses et je me trouve assez lent, mais je me focalise sur mes pulsations. J’ai pour objectif de rester à 65% de fcm jusqu’au bout. Par contre, même si je m’y attendais, je constate que le poids du chargement influe pas mal le rendement dans les côtes.





Passé Florenville, les paysages sont magnifiques. Particulièrement entre Herbeumont, Mortehant et les Hayons. Mon tracé passe sans cesse des méandres de la Semois, où la lumière du soleil levant perce la brume pour donner une ambiance de tableau paysagiste au décors, aux plateaux la surplombant elle et la brume pour offrir des points de vue fantastiques. Ça monte dur, mais ça en vaut la peine et, vu mon rythme, ça passe facile. Ces routes devraient figurer en sens inverse sur le fin du parcours de mon ultra, ce passage fait donc un peu office de reconnaissance.







Après les Hayons, je suis sur un plateau jusque Gedinne et la descente sur la Meuse pour un court repassage en France. La route monte et descend de manière beaucoup plus courte et facile mais le vent souffle de face. Heureusement, il est assez faible ce jour-là et il sera en réalité plutôt favorable sur l’ensemble du parcours. A l’approche de Paliseul, je fais une pause casse-croûte. Je n’ai encore fait que 110km mais l’essentiel du dénivelé est derrière moi. Je suis bien mais je sens que la nuit a été quasiment inexistante et je me doute que je le paierai à un moment ou un autre. Mais tant que le coup de bambou n’est pas là, eh bien il n’existe pas et pas de raison de s’angoisser plus que ça J ! La nature est belle, je suis en pleine santé et je profite à fond du fait de rouler sur des routes toutes nouvelles pour moi.

Mine de rien, le soleil commence à taper et je tarde un peu trop à m’arrêter pour enduire ma vilaine peau de roux de crème solaire. Cette enfoirée se trouvait au fond de mon sac, que j’ai dû vider en entier pour la retrouver. Résultat, je me tape un coup de chaud et j’ai la peau qui brûle un peu. Dommage, tout était vraiment agréable jusqu’ici. Une petite côte précède la longue descente vers la Meuse. Au bas de la descente, je passe les 150km et je longe le fleuve sur 7/8 km et une très agréable piste cyclable en direction de Fumay où je compte faire une petite pause-café avant une sacrée côte pour ressortir de la vallée de la Meuse pour rejoindre le Viroinval. Petite discussion avec un cafetier :

Lui : D’où vous venez comme ça ?

Moi : De Differdange, au Luxembourg.

Lui : Non, pas où vous habitez, mais d’où vous venez en vélo ?

Moi : C’est ce que je viens de vous dire :smile:



Je fais moins le malin quelques minutes plus tard en remontant la vallée. La côte est bien connue du coin et s’appelle le Trou du Diable- 3km et 8% de moyenne. Après 160 bornes et avec le chargement, elle pique aux jambes et, pour la première fois, ça ne tourne plus rond du tout. Pourtant, j’y prend un certain plaisir, c’est plus long que tout ce que j’ai chez moi et il y a des faux airs de montagne.

Malheureusement, les sensations moyennes ressenties présagent un gros passage à vide de deux bonnes heures. Alors que j’attendais la traversée du Viroinval avec impatience, y ayant passé plusieurs de mes camps scouts durant mon enfance et mon adolescence, celle-ci ne sera qu’un long calvaire. Coup de barre et douleur piquante aux lombaires dès que ça grimpe, je me rassure en me disant que c’est ce que j’étais venu chercher. J’ai respecté à la lettre mon plan de ravitaillement mais la mauvaise nuit et le coup de chaud n’ont pas dû aider.

J’avoue ne pas trop me souvenir de mon trajet jusque Philippeville et les abords du Lac de L’Eau d’Heure. Il y a des moments où on se met en mode pilote automatique et où on se vide l’esprit. Je n’avais plus connu ça depuis ma période trails d’il y a quelques années, sur un vélo c’est la première fois. Plus question de profiter de paysage et prendre des photos. Je commence à avoir envie d’arriver.

Presque heureusement, le temps se couvre et, à Philippeville, la pluie s’invite. Je me demande si elle ne me réveille pas un peu, mais en tout cas je reprends du plaisir. D’ici quelques kilomètres, je me retrouverai vers sur mes routes d’entraînement et ça me rassure. Un peu comme quand, sur le retour des vacances, on voit réapparaître des noms familiers sur des plaques d’autoroute. Me voilà dans l’entre Sambre et Meuse et, une fois Walcourt derrière moi, je retrouve un ravel (chemin de promenade adapté aux vélos en Belgique) bien connu qui descend lentement vers Thuin, la Sambre et ses jardins suspendus. Pourtant, ici non plus pas question de profiter du paysage, la pluie s’est transformée en bonne vieille drache nationale et ne s’arrête plus.

Petite péripétie, en plein milieu du ravel vers Thuin et au milieu de nulle part (je connais bien le coin), je tombe nez à nez avec un très jeune chaton. Il n’a pas l’air bien fier sous cette drache et je m’arrête pour essayer de le récupérer. Après une approche progressive et alors qu’il s’est approché à un mètre de moi, voilà un coup de tonnerre qui met à plat ma tentative. La bête a fui danse les taillis en dessous du pont sur lequel je me trouvais et je ne la reverrai plus. Tant pis pour la mission sauvetage, il est temps de boucler les trente derniers km.

L’air de rien, il y en déjà 220 dans les pattes.

Maintenant, plus rien à battre de la gestion, c'est le déluge et ça caille sévère. En danseuse dès que ça ressemble à un peu plus qu'un faux plat, premièrement parce que ça me fait aller plus vite, deuxièmement parce que ça soulage les lombaires. Remontée de Thuin vers Binche, 8 bornes pour chez moi. J'ai plus qu'une image en tête : une bonne douche chaude.

J'arrive chez moi très content de pouvoir retirer le maelstrom qu'à créer ma transpiration, la crème solaire et les couches agglomérées de vêtements. Tout ça dans un évier et ma tronche sous la douche, content d'être arrivé mais satisfait d'une première bonne mauvaise idée accomplie.

Bilan de l'affaire :
  • 1.
Je dois renforcer tout ce qui se trouve près des lombaires ;
  • 2.
je suis arrivé au bout, ce qui me fait penser que je suis sur la bonne voie ;
  • 3.
les pauses sont quand-même vite chronophages (j'ai oublie de préciser que la course de 725km doit absolument se boucler en moins de 48h) ;
  • 4.
le potage luxo, ça coûte cher en papier toilette.

Récap' :

251,34km, 3.630m de dénivelé positif, 14h10 en comptant les pauses et 11h21 sans, et entre 65 et 70% de fcm.
La semaine suivante, j'ai pu profiter à excès du Doudou la conscience plus que tranquille :champagne:

PS: si on m'explique comment, il y a moyen que j'insère des images.
Dernière édition par JohanMusée le 27 déc. 2019, 09:59, édité 6 fois.
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Par AlbatorConterdo
#3101886
Lorsque tu postes, tu peux utiliser la baliseImage située en haut entre l'icone de la "bulle" et celui de la "chaîne"
dans cette balise, tu insères alors l'adresse de l'image
si c'est une image provenant de ton ordi, il faut préalablement la mettre sur un site de banque d'image, afin de lui donner une adresse
sinon, la balise [img-resize=][/img-resize] permet de régler en + sa taille (mettre un nombre,généralement compris entre 200 et 800 après "resize")

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Par Ilnur majka
#3101902
Wahou beaux recits ,j'adooooooooore :love:
le moment du passage a vide après la longue cote a du être vraiment une avec une démobilisation complet du tonus musculaire
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Par JohanMusée
#3102362
Deuxième partie du récit : Tour de Suisse – 1ère étape.

On est déjà fin juillet et tout se passe pour le mieux dans la préparation. J’ai réussi à m’astreindre au renforcement musculaire et je n’ai plus rien eu à signaler du côté des lombaires. Depuis mi-juin, j’enchaîne les week-end à deux sorties de 5h avec une petite dernière sortie d’une dizaine d’heures trois semaines avant mon tour. Mais dans les Flandres et sur un parcours majoritairement plat. Il y a juste question poids que ça coince un peu. Contrairement à chaque année à la même période, je n’arrive pas à me discipliner de ce côté-là.

Quand je râle au boulot parce qu’il y a pas de douches et que, s’il y en avait, ça me permettrait de faire deux fois par semaine les trajets à vélo alors que j’habite à 55 bornes via les voies cyclables, les gens me regardent bizarrement alors que je trouve ça tout à fait raisonnable. La normalité change et je ressens la même incompréhension qu’il y a quelques années quand je disais à mes potes à l’apéro du samedi que j’avais fait un petit 20km de course dans les bois au matin, mais tranquille. Je dois être dans le bon.

Pour ce petit tour au - deuxième - pays du chocolat, j’ai mis expressément la barre très haut, sans doute trop. Je sais avant de démarrer que ça sera compliqué de le terminer dans les délais que je me suis imposé. Je pourrais diviser le truc en facile deux étapes de plus, mais un rassemblement familial ayant lieu le week-end suivant celui de mon départ, c’est impossible. De toute façon, si je suis aussi là pour voir du pays, j’y vais surtout pour toucher mes limites.
C’est ma première expérience en autonomie et, comme tout bon débutant, je me suis chargé comme un baudet. Prêt à affronter toutes les galères, de la crevaison à l’attaque nucléaire (vous me direz pour ce dernier cas qu’ il y a pas meilleur pays que la Suisse :-D).
Tout compris, mon destrier pèse plus de 17 kg. Autant dire que je vais voir de près à quoi ressemble l’ascension d’un col en surpoids…



Plan pour la première journée : prendre le train depuis Dijon jusque Frasne, rejoindre le Lac Léman aux abords de Lausanne en passant par le lac de Joux, longer le Léman jusque Montreux et idéalement pousser jusque Martigny. Ce qui devrait faire une arrivée assez tard, vu que les horaires de trains ne me permettent pas d’arriver à Frasne avant midi. La première partie sera très vallonnée avant une deuxième partie beaucoup plus soft le long du lac et une troisième totalement plate une fois passé Montreux et le Rhône atteint.
Je me suis ménagé les deux semaines précédant les vacances et c’est peu dire que j’ai des fourmis dans les pattes au matin du départ. Malheureusement, la météo est tout sauf belle. Pluie, pluie et encore pluie jusqu’au moins le lac Léman. Et en plus, il fait assez frais. J’espère trouver un endroit bien sec pour le soir.

Arrivé en gare de Frasne, c’est enfin parti pour de bon. J’ai 35 km jusqu’à la frontière Suisse et la route est déserte. Il faut dire qu’il tombe des trombes d’eau. Une dizaine de bornes plus tard et enfin le premier zakouski : le Col du Lancier, 3 km à 7%. Il passe crème mais ça commence vraiment à cailler sévère. Ça ne fait pas une heure que je suis parti et je suis déjà trempé. La descente qui suit vers Mouthe et la source du Doubs n'arrange rien. Une remontée m’attends (avec notamment un petit mur de 1km à 11% qui fait plaisir parce qu’il passe tout seul) avant de descendre vers la Suisse et d'y arriver via Les Charbonnières et Le Pont entre les lacs de Joux et Brenat. Arrivé là-bas, je suis trempé et gelé. Petit coup d’œil sur la température indiquée sur le gps : 4°. Pas mal pour un 28 juillet... Un petit arrêt café et chocolat chaud s’impose. Je vérifie la météo qui m'indique que la pluie va baisser en intensité. Du coup, je me change déjà. Je devrais pouvoir rester sec si j’attends l’accalmie. Ce que je fais avec difficulté, mais une petite discussion avec des gens du coin fait passer le temps.



Je repars sous une bruine assez légère en me disant que pour Martigny, c’est un peu rappé. Ça sera déjà bien de passer Montreux. En repartant, je sais que je sais que ça va grimper pendant 5km avant d’amorcer une grosse descente et puis de piquer vers Lausanne. Je suis vraiment pas déçu par la grimpette et par le parcours que je me suis tracé. Je quitte les grosses routes pour de toutes petites qui passent littéralement au milieu de troupeaux vaches à cloches. Plus de doute, ce coup-ci je suis bien en Suisse ! Au sommet, une descente fort pentue et étroite débute. Inutile de dire qu’avec mon paquetage pour Tombouctou, les plaquettes de freins prennent cher sur des chemins descendant à plus de 10%... Au bout de deux km de descente, ma roue arrière se bloque net! Je manque de chuter mais je me rattrape. La route étant dégueulasse et trempée, je pense d’abord qu’une crasse est venue bloquer ma roue. Putain merde ! C’est la jante qui s’est littéralement déformée ! J’avais pourtant fait passer un check-up à mon vélo avant le départ. Le gars m’avait bien dit qu’elle était usée mais qu’il y avait pas encore de souci à se faire malgré le voyage prévu.

Me voilà au milieu de nulle part, sous la pluie et une jante éclatée en plein dimanche. Martigny ce soir, c’est bien râpé… Check de Google Map, il y a un village qui s’appelle L’Isle à 4 ou 5 bornes. Pas d’avance, il faut marcher jusque-là ! Arrivé au village, je vois qu’il y a de l’animation, j’arrive en pleine fête locale et défilé de chars. Je me renseigne pour savoir si un vélociste existe par hasard dans le coin et si il est ouvert le lundi. On me dit que j’ai pas le choix : train jusque Morges, où j’ai plus qu’à prier pour trouver un gars qui saura me remplacer la roue…

Là où j’aspirais à la l’apparition du lac à vélo, me voilà dans un train, penaud et mouillé avec mon vélo sous le bras vers un bled que je connais pas. L’occasion de croiser des jeunes gars en uniforme qui rentrent à la caserne et de vérifier que la ponctualité suisse n’est pas une légende.
En gare de Morges, je n’ai qu’un seul objectif : trouver un endroit où dormir. Et là, je vais découvrir l’efficacité géniale d’un site sur lequel je m’étais inscrit deux semaines avant : Warmshowers ! Deux/trois coups de fil et voilà mon sauveur génial qui débarque en pick up et m’amène dans sa famille. Il a l’accent et il est plus qu’accueillant. En deux temps trois mouvements, me voilà assis à une table pour souper avec vue sur le lac Léman et des gens charmants. Le tout après une douche bien chaude. En plus j’ai pu faire une lessive. Comme quoi, ça sert à rien de paniquer, et sur ce coup je suis assez content de moi et d’avoir gardé mon calme. Le gars connaît un vélociste chez lequel il m’emmènera demain à la première heure. Je passe la soirée à discuter avec toute la famille et je me couche repus, au sec et dans un lit douillet. Je prends la chose de manière philosophe : ça m’aura fait un échauffement et demain, je pourrai profiter d’une promenade sur les bords du lac en pleine forme !

Recap’ du jour :

52,74 km, 973m de dénivelé, une roue en moins, une histoire à raconter en plus.
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Par JohanMusée
#3102406
Suisse – 2ème jour

Bordel c’est bon de se réveiller au sec ! En plus de ça, c’est grand soleil :-D. Il me manque plus qu’une roue arrière à mon bonheur. Un bon petit déjeuner et en route chez le vélociste dès son ouverture. Je suis pressé de reprendre ma route ! Malheureusement, il faut un peu attendre, le mécano n’arrive pas avant 9h30. En attendant, petit tour de lèche-vitrine dans le magasin et discussion avec la femme du proprio. 45 minutes plus tard, le gars est arrivé et mon vélo à une nouvelle roue et mon compte en banque est plus léger. Sous le soleil et au bord du Léman, j’ai l’impression d’enfin démarrer mes vacances. Je pars motivé à bloc !

Les ennuis de la veille ont eu ça de positif : je profite d’un décors sublime sous un soleil d’été qui l’est non moins. Putain quel pied ! Et avec ça le vent s’annonce favorable toute la journée. Je vais pouvoir pousser assez loin ! Pourquoi pas atteindre les contreforts du Nufenenpass, histoire de le passer avec des jambes fraiches le lendemain ?
Bref, me voilà reparti avec la pêche.

Le lac est sublime. Dès la sortie de Lausanne, je grimpe sur les contreforts et je vogue au milieu des vignes jusque Vevey. Le pied intégral ! Et deuxième confirmation de cliché après la ponctualité de la veille : la Suisse, c’est propre. Les routes sont nickelles, les pistes cyclables assez belles et toujours logiques… Ça change de ma Wallonie natale et fait presque passer les pistes cyclables flamandes pour des chancres. Il n’y a que le respect du cycliste par l’automobiliste qui semble inférieur, mais rien de grave. Parce que le Suisse semble assez poli.



Le temps d’une quarantaine de km et me voilà qui passe Montreux. Je suis un peu déçu de déjà devoir quitter le lac mais j’ai hâte de voir apparaître la montagne, la vraie, celle des pics enneigés. Avant ça, une longue procession m’attend le long du Rhône, que je trouve bien vite à mes côté après Montreux. Une petite café à l’UCI à Aigle et me voilà qui déroule, gentiment poussé par un léger vent de dos, vers Martigny.





J’ai l’impression de rouler au milieu d’un large couloir plat, s’amincissant au fur-et-à-mesure et délimité des deux côtés par des montagnes, avec en son milieu un Rhône qui doit paraître bien maigrelet à un Lyonnais.
Sur le chemin, je rencontre un hollandais. Son but ? Dépasser les 20.000m de dénivelé sur sa semaine… Inutile de dire qu’il voyage plus léger que moi. En tout cas il a le gabarit pour et nous nous quittons à l’approche de Martigny, où je m’arrête manger une pizza quand lui va se manger la Forclaz.
La pause est agréable mais le temps passe vite et je n’ai pas perdu de vue mon objectif de me rapprocher un maximum du pied du Nufenen. Au sortir de Martigny, je bifurque à l’Est en suivant le Rhône en direction de Sion. Le vent reste de la partie et semble continuer de s’engouffrer dans ce couloir par le bon sens. J’arrive à Sion sans trop voir le temps passer, même si, comme je l’apprends depuis quelques semaines, avec un chargement il faut lâcher du regard la moyenne horaire. Il est déjà 17h, j’ai fait 120km et, comme déjà répété, je veux encore taper un max de bornes pour la journée.



Mine de rien, le soleil a bien tapé et le ravitaillement en eau pour la soirée et la nuit devient mon premier objet d’inquiétude. J’ai déjà acheter mon souper à Sion mais pour ce qui est de l’eau, je n’allais pas m’alourdir de trop. Encore quelques dizaines de km et me voilà en territoire germanophone. Le paysage change, la montagne se fait plus oppressante en bord de vallée et le soleil se couche lentement. Les jambes sont toujours là et, à Gamsen, 50km après Sion, et alors qu’un camping me tend les bras, je décide juste d’y remplir mes gourdes et mes flasques prévues en supplément pour la nuit, et de continuer un peu. Je trouverai bien un endroit calme où poser mon sac de couchage.
Mais très vite, le soleil se couche et la vallée se réduit à peau de chagrin. Il n’y a plus que le Rhône au milieu des montagnes.
Au bout de 15km supplémentaires, je décide de prendre un petit chemin de traverse grimpant sur les contreforts du fleuve bien chétif et de trouver un petit endroit où coincer mon sac. Après quelques centaines de mètres, je le trouve et décide d’arrêter ma journée là.
Il est presque 22h et j’ai faim. Le Fleuve, très tortueux et violent à cet endroit, fait un boucan d’enfer. J’ai prévu le coup avec des boule quies mais elles ne semblent pas suffisantes. On dirait que j’aurais dû profiter du camping… C’est pas grave, j’apprends.
J’espère pouvoir un peu dormir parce que le lendemain, terminé le plat et les bords fluviaux.



Recap’ de la journée : 186km, 1.545m de dénivelé (quand même) et 8h19 de selle.
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