Je suis entièrement d'accord avec toi sur l'idée d'avoir une grosse étape de montagne en début de Tour, et pour les mêmes raisons. D'ailleurs, l'étape que tu as tracée serait magnifique pour lancer le Tour 2020.
Un schéma que j'aimerais voir sur le Tour c'est : un massif montagneux dans la première semaine, le 2ème dans la seconde semaine et une troisième semaine piégeuse avec massif intermédiaire/minis classiques ardennaises/pavés. Par exemple je vois bien une dernière semaine qui passerait par les Vosges puis irait dans le Nord.
Mais malheureusement, je ne crois pas du tout que ce soit la tendance.
J'avais lu une récente interview de Gouvenou, dans laquelle on voit que lui et les organisateurs ont été profondément marqué par la PSM 2015. Désormais le mot d'ordre, c'est préserver le suspense à tout prix : la montagne est construite de façon à éviter qu'un scénario comme celui de la PSM se reproduise. Je cite (l'interview est sur le site Le Gruppetto) :
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L’enchaînement Romme-Colombière est très exigeant, nous l’avons vu en 2009 avec les frères Schleck et Contador.
Les deux cols ne sont pas très longs mais présentent de beaux pourcentages (aux alentours des 8% de moyenne, ndlr) et c’est ce qui en fait un enchaînement rude.
Nous avons en mémoire l’expérience un peu douloureuse de la Pierre-Saint-Martin en 2015 où nous avions proposé une transition plaine-montagne avec l’arrivée en montée sèche, cette fois-ci nous avons préféré choisir plusieurs cols pour que la mise en route soit plus douce. Lors de l’étape de la Pierre-Saint-Martin il avait fait si chaud que le passage de la plaine à la montagne avait été vécu comme un vrai coup de massue par de nombreux coureurs. Cette année ce sera une arrivée en descente, peut-être que les attaques vont être moins franches dans la Colombière ce qui fait que
malgré la difficulté, nous ne devrions pas perdre les 3/4 des favoris."
ASO fait ici une grosse erreur de diagnostic selon moi.
Certes, Froome avait assommé le Tour à la PSM. Mais cela n'a pas empêché ce Tour 2015 d'offrir du très beau spectacle en montagne, et même du suspense avec un retournement de la hiérarchie entre les Alpes et les Pyrénées (Quintana prenant l'ascendant en fin de Tour). Vouloir entretenir le suspense est une chose, le faire au détriment du spectacle en est une autre.
Là on voit quand même que ASO, consciemment, dilue la difficulté pour ne pas que les premières étapes de montagne soient trop sélectives entre les leaders. Le résultat est totalement contre-productif : les leaders sont soit inhibés par un parcours trop édulcoré ou bien préfèrent remettre à plus tard, sur un terrain plus propice, leurs offensives. Résultat : pas d'attaque, comme dans cette étape du Grand Bornand, et un sentiment complètement artificiel d'homogénéité du niveau des meilleurs en montagne qui contribue à l'attentisme des coureurs, car ils se craignent davantage et ont l'impression de ne pas avoir beaucoup de cartouches par rapport aux autres.