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Modérateur : Modos VCN

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Par Allobroges
#3395889
Pas de CR pour moi cette année donc pour mon dernier Trail 2021, je résume:

Reprise en juin avec 2 trails courts (20 bornes montée-descente) après une bonne prépa pour finir à chaque fois dans la 1ère partie du classement avec l'intention initiale d'allonger les distances durant l'été.
J'ai agrémenté le tout avec le terrible Cape Nore en VTT mi juin (85 bornes/10h) qui aura été une journée référence en terme de foncier.(perte de 2-3 kg toujours pas repris ce jour là)
Repos durant mes vacances juilletistes (1 ou 2 sorties de fond pour maintenir la forme)
Reprise en aout et dès la 1ère Rando VTT: Chuuuuuute à l'arrière du peloton: cote fêlée/hématome profond à la cuisse.
Je prévois quand même une sortie avec un touriste membre VCN 5 jours après qui aura pour effet d'empirer les blessures: je dois rester quasi alité durant 3 semaines...(et je dors très mal...)
Reprise début septembre et Trail court et dynamique fin septembre où je constate que les jambes reviennent progressivement...

1 semaine après, je m'aligne au Trail du Pays des Gaves (départ à coté d'Argeles Gazost): 27 bornes/ 1700 m D+
Hésitation à prendre part au 42 km/3000 D+ pour marquer le coup mais ce n'était pas raisonnable... :pt1cable:

Spécificité du Trail: c'est un Trail mystère: on prend le bus mais on ne connait pas le parcours; seul le 42 km a fuité; du coup fin fait de la projection à chaque changement d'orientation du bus, c'est assez drôle...

Départ dans le petit village de Salles (dans la descente du Spandelles 2022), je pars au milieu d'un peloton de 150 runners en restant très méfiant de la suite. Après 1 km de faux plat, on prend une piste à 10% et je suis un des seuls à continuer à monter en courant malgré l'absence de bâtons (mais je suis conscient u'il va falloir s'y mettre un jour...); je me calme avant de prendre un raidillon type KV durant 200-300 mètres, le nez quasi dans la terre avec même une corde tendue pour s'aider à escalader: les quadris prennent chers à cet endroit: je me retrouve avec mon voisin de bus que je lache au sommet: je m'étonne à bien relancer et reste avec une nana qui avance à bon rythme (stratégie thejulienne éprouvée :super: ).
Je lache les watts sur la 2ème partie de descente (dans un torrent asséché puis sur 2 km de route) où je reprends pas mal de monde.
Nouvelle ascension: le Mont du Gez que je connais plutôt bien: elle est plus douce mais finit par un terrible mur; j'ai fait le jump sur la 1ère fille que je lache dans une descente assez raide et technique constituée d'un single en forêt plus ou moins humide avec pierres et racines.
En bas, j'éprouve le besoin de souffler: je paie l'absence de travail en descente et je peine dans mes transitions: je récupère en marchant 3' après le ravito du bas ce qui permet aux 2 premières filles de me doubler...

Dernière ascension: elle est terrible: très raide en son pied; je reste à une 30aine de sec. de la 2ème fille mais les douleurs dans les cuisses apparaissent: je crains franchement les crampes...Mais surprise, je finis plutôt bien et fais une très belle dernière descente, me permettant de sprinter dans les 300 derniers mètres pour revenir à quelques secondes de la 2ème fille.

A l'arrivée, on me dit que je fais un super résultat mais je me prends pas trop la tête avec ça: je file à la douche, avale mon plat de pâtes et rentre illico: c'est quand je dois donner mon résultat à mes enfants à la maison que je me rends compte de la perf: 3h30, 23è au scratch et 2è de ma catégorie... :w00t: (j'aurai donc louper mon 1er podium...)

Quelques enseignements dans l'approche:
-le Trail court et rapide une semaine avant m'a fait beaucoup de bien: mon rythme de croisière était efficace
-d'autant que j'ai fais une petite sortie la veille qui m'a tout de suite mis dans le rythme, là aussi à renouveler
-approche diététique nouvelle: moins de maltodextrine et que de l'eau le matin
-St Yorre dégazéfiée (merci thejul pour le tuyau) + Hépar+ électrolytes: cocktail détonnant
-s'alimenter régulièrement la 1ère heure avant d'avoir moins d'appétit
- j'ai acquis de belles capacités de récupération cette année (y compris en course)

Voila, je finis une année mouvementée sur une bonne note même si reste la frustration de ne pas avoir pu progresser en terme de distance en course à cause de ma blessure alors que j'ai pu acquérir une très bonne base foncière.
Donc pas de semi marathon comme les autres années durant cet hiver, peut être une ou deux courtes courses locales pour l'entretien.
J'en garde pour 2022 avec, je l'espère, un +50 km au programme...(et potentiellement un gros raid VTT) :popcorn:
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Par CPTmatros
#3395933
J'adore le concept du trail mystère !!! :love:

Quelques très bons enseignements à tirer de ton post.

-le Trail court et rapide une semaine avant m'a fait beaucoup de bien: mon rythme de croisière était efficace
Pourquoi pas j'en ai fait un de 15 km 3 semaines avant l'échéance! :wink:

-d'autant que j'ai fais une petite sortie la veille qui m'a tout de suite mis dans le rythme, là aussi à renouveler
Fait aussi mais à J-2.

-St Yorre dégazéfiée (merci thejul pour le tuyau) + Hépar+ électrolytes: cocktail détonnant
Point très intéressant.
Je suis preneur du tuyau pour la Saint-Yorre aussi.
L'Hépar tiens j'y ai jamais pensé. Tu avais une réserve pendant le trail?
Tu enrichis de l'eau normale en électrolytes du coup dans la poche à eau?

-s'alimenter régulièrement la 1ère heure avant d'avoir moins d'appétit
Intéressant aussi sur les formats "courts". Sur du plus long de toute façon, obligé de s'alimenter tout du long et inutile d'anticiper..
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Par Thejul
#3396470
Bravo, t'es quand même rapide, c'est une qualité que j'envie.

Pour la St Yorre, aux ravitos je fais moitié eau/moitié st yorre, tu fermes la flasque, tu secoues un peu, tu évacue le gaz en pinçant un peu l'embout de la flasque.
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Par Thejul
#3399112
Bon, après quelques jours de repos, voici un petit CR de fin de saison. Attention, pavé.

Rais des Bogomiles - 101 km - 4500 d+

J'avais en tête depuis longtemps cette envie de passer la barre des 100 kms, de vivre une aventure longue, une rencontre avec soi, une connexion forte avec le temps, l'environnement.

La Genèse


Fin 2019, je me suis inscrit sur un ultra avec des potes qui devait avoir lieu en mai 2020, reporté évidemment, et re-reporté cette année. Normalement, il est toujours prévu donc, pour 2022. Sauf qu'entre temps, mes acolytes ont ou avaient tous déjà passé cette barre des 100, notamment lors de 2 off organisés cette année auxquels je n'ai pu participé pour cause de petite tendinite pour l'un, et de dispo pour l'autre.

J'avais envie de me frotter à cette distance cette année car tout l'hiver, je m'étais enfilé de bonnes grosses sorties chaque dimanche, entre 25 et 50km, sous toutes conditions. Du coup, au hasard d'une publi Facebook, j'ai vu ce trail fin octobre, période idéale car me laissant du temps de préparation, une distance idéale également avec un dénivelé raisonnable, des barrière horaires larges et je savais le terrain pas hyper technique voire roulant. De plus, la région de Carcassonne avec sa célèbre cité promettait une belle ballade. Du coup hop-hop, on réfléchit pas trop et on s'inscrit.

La prépa


Passé ce moment d'euphorie, on retombe vite dans la réalité. La mienne était simple, je trouvais que je ne progressais pas, que malgré mes grosses séances, mes lectures et mes connaissances en terme d’entraînement, il manquait quelque chose.

Après réflexion, j'ai décidé de sauter le pas, de faire appel à un coach à distance pour déléguer ma prépa, avoir un œil extérieur sur ma pratique. Début de l'expérience début juillet, soit quasi 4 mois de prépa entrecoupés de vacances et d'impératifs familiaux divers mais prenant (2 de mes enfants ont préparés le concours d'entrée au conservatoire, beaucoup de déplacement en cours particuliers etc).

Globalement, la prépa fût studieuse. Je me suis envoyé de sacrées séances, c'était variés, avec au départ pas mal de PPG, reprise du vélo, vitesse, côte...4 à 6 séances semaines. Une semaine où j'ai pas pu réaliser les séances car trop d'impératif familiaux: c'est con mais ces séances ratées ont été capitales. Au début je culpabilisais, puis j'ai pu prendre du recul et accepter que l'adaptation était également une des clés de la réussite. Pas d'énormes séances comme je me l'imaginais, beaucoup de rando-course, max 3 heures, pas mal de balayages d'allures...un seule sortie vraiment longue de 44 bornes et surtout un WE choc. Sur ce dernier le défi était simple : mini 80 bornes, du D+, sur deux jours. Je faisais comme je voulais. J'ai fait 50 le samedi dans les Pyrénées, 2*15 le lendemain.

Se genre de défi te fait aussi cogiter pas mal sur tes stratégies d'alimentations et d'hydratation, sur aussi le matériel à utiliser. J'ai vite compris que le matos, c'était un peu accessoire, que ça rassure plus qu'autre chose mais que c'est souvent un investissement plus plaisir qu'ayant un réel apport, sauf pour les chaussures/chaussettes. En terme d'alimentation, manger régulièrement est important, j'arrive à saturation du sucré après 5-6 heures d'efforts, les barres finissent par être difficile à mâcher, je suis plus purées. Je sue beaucoup, je dois m'enfiler mini 500 ml par heure, voire 1 litre. Ces points sont essentiels car avec le profil j'ai mis en place une stratégie de course pour minimiser les coups de mou inhérents à des efforts si long.

D'après mes calculs je partais sur 18 à 20 heures d'efforts, pas d'objectifs particuliers si ce n'est apprendre à connaître la distance, profiter de l'expérience, bref kiffer la vie. J'avais découpé la course en fonction des étapes clés. Première partie de course tranquille jusqu'au 20eme, ensuite partie la plus délicate car concentrant la majeure partie du D+ jusqu'au 45ème km, base de vie au 50eme soit à mi-course, je devais y arriver le plus frais possible, me changer (short, t-shirt, chaussettes et chaussures), me restaurer et me reposer. Ensuite les ravitos étaient positionnés tous les 10 kms environs, soit souvent, ce qui permettait de se poser souvent si jamais pour rallier l'arrivée.

A la fin de la préparation, début octobre, je me sentais prêt physiquement et mentalement. Je savais que sauf pépins physiques, météo exécrable, j'avais les capacités de rallier l'arrivée. Tout en restant humble face à ce défi, je voulais partir au combat.

Veille de course

J'ai prévu pour cette première d'arriver la veille, dormir à l'hôtel pour être dispo dans la tête et ne pas avoir à gérer d'éventuels imprévus.

Le départ avait lieu à 9h00, permettant en plus de faire un bon petit déjeuner. Je vais donc retirer mon dossard le jeudi soir, pas grand monde sur place, c'est vite expédié. J'ai réussi à me garer proche hôtel et arrivée, sur une place gratos, tout va bien. Sauf que...on m'annonce que le sac de délestage pour la base de vie du 50eme sera rendu le lendemain vers 10h30-11h00 et que je n'ai pas l'intention de rester jusqu'à cette heure. Adaptation encore, je décide de me passer de ce sac, de ne pas me changer, de garder la même tenue. Après une nuit de réflexion, j'ai mis dans le sac un t-shirt de rechange et un buff.

Je passe une soirée tranquille à l'hôtel, à regarder squid game, mangeant une belle portion de riz avec jambon blanc, crème dessert soja chocolat. Je fais le job quoi. Couché à 23 heures, nuit moyennement agitée à cause de ce foutu sac de délestage et la question existentielle bâtons/pas bätons. Levé à 06h30, direction p'tit dej, café, banane, jambon, œuf, et mini chocolatine. Impec, j'ai fait le plein de bonnes choses. Je remonte, me prépare (caca de la peur, check!), je déconne sur MSN avec la team de 8-2 et reçois quelques messages d'encouragements (merci Allo), Je file ensuite vers la ligne de départ. J'y arrive avec un peu plus d'une demie heure d'avance.

A ce moment là, je suis plutôt stressé par ce qui m'attend, cet inconnu auquel je me frotterai sous peu. Les concurrents arrivent au compte-goutte. Des sportifs, affûtés, mollets saillants, qui sentent l'expérience, voulant en découdre...vient alors la question : « mais qu'est-ce que je fous là ? ». A vrai dire, dans ce milieu, je ne me sens pas forcément légitime. La météo sera parfaite à priori, pas de pluie, 11 à 18°, un peu de vent.

La course (enfin!)

Après le sempiternel clapping d'avant départ effectué au son d'un speaker qui braille dans la sono, le départ est donné. Nous sommes 208 inscrits, j'imagine 200 partants, soit au final peu de monde. Pas grave, c'est pas Meetic ici, j'y vais pas pour faire des rencontres.

Bref, 09h00, c'est parti. Je pars cool, veillant à ne pas me cramer, restant vers le dernier tiers des participants. Bon rapidement le rythme ne me convient pas, j'accélère (enfin modérément) pour être plus dans mon allure de confort. Je profite, on longe la citadelle, on part sur des routes, puis des chemins dans la vignes. C'est chouette. On arrive sur le lac de Cavayère au 6eme km, je pensais qu'il devais y avoir un ravito en liquide. On avait été informé qu'il n'y en aurait pas, j'ai loupé l'info. Pas grave, je tiendrai jusqu’au prochain, au 19eme km, première barrière horaire. On rejoins des forêts de pins et de chênes verts dans des singles sympas. Ça monte, ça descend, c'est joueur. Je cale mon rythme sur un couple qui vient de Condrieu. On parle pinard, of course. Je sais qu'ils sont dans un rythme où je suis clairement en dedans. Je les accompagne volontairement en mode gestion. Je m'alimente avec ma première barre (Cliff, pour les amateurs), n'oublie pas de boire régulièrement. Bon après quelques temps, je les dépose en montée, puis je me retrouve seul. J'arrive sans soucis au premier ravito, avec 1h45 d'avance sur la barrière horaire et 30 minutes sur mes prévisions. Je vais devoir ralentir, me dis-je à cet instant. J'apprendrai par la suite que je suis à ce passage 105eme. Pas mal, milieu de peloton. J'avale une flasque complète d'eau, rempli avant de repartir avec une d'ISO+, une remplie mi St Yorre, mi eau plate. Je mange une morceau de banane, un carré de chocolat, deux trois abricots secs et je repars en filmant des conneries que je partage à mes proches.

Sur cette deuxième portion, on a 13 kms avec une belle montée. Cette montée est superbe, on arrive dans des petits cirques ouverts, laissant de belles vues sur des forêts aux belles couleurs d'automne. Je poursuis sur mon rythme, sans trop me poser de question. Je suis frais, tout va bien. Après des up and down en forêt, le parcours change pour une large piste qui s'avère être une piste d'une zone militaire. On croise beaucoup de bidasses en manœuvre, c'est sympa. Eux sont chargés comme des ânes comparés à nous et nos sacs minimalistes. C'est partie est super sympas, un morceau de piste qui descend je déroule et double quelques coureurs. Sur toutes les parties roulantes j'avais comme stratégie de courir le max, considérant que c'était des kms « gratos ». On déboule sur une portion bitumée, un petit village pittoresque, le premier que l'on voit depuis le départ, passage en sous-bois. Le ravito du 32eme arrive rapidement, après 4h30 et 1500 de D+ avalés. Ravito en eau uniquement...alors que c'était inscrit eau et solide. Heureusement, j'avais de quoi me ravitailler, ayant même emporté plus que prévu (toujours à cause de cette histoire de sac de délestage). J'avale une purée Athlet, une flasque d'eau, rempli mes flasques comme Iso+ et 50/50 eau plate/pétillante. Je suis la stratégie. Je refais une vidéo et du coup voit sur MSN que je suis 96eme (merci les potos du suivi). Je suis content, je n'osai imaginé ça, un peu effrayé car ça me semble trop vu mon niveau. Osef, je verrai bien si j'ai un coup de mou, tant pis.

Je repars donc assez vite pour la portion la plus délicate. D'ailleurs, ne pas rester aux ravitos est une bonne chose. Quasi 1000 de D+ en 7 kms. Là ça devient plus compliqué, surtout qu'on a des passage de barrière via escabeau. Ça grimpe, ça vente, certains sortent les vestes (pas moi j'ai tout le temps chaud). Je grimpe bien, j'avale ces 7 kms et commence la descente. Et là vers le 44èeme, alerte crampe au mollet droit. Oh, rien d’alarmant, juste un petit pincement. Je ne panique pas, les crampes c'est rien, ça passe. Il suffit d'être vigilant (ne pas trébucher ou tomber quoi), de dérouler de manière souple et ça passe. Du coup, je descends peinard, quelques gars me doublent dont 2 jeunes qui ont l'air bien frais. Je poursuis ma stratégie alimentation/nutrition même si sur cette portion de 18km entre deux ravitos le liquide vient à manquer. Heureusement je vois le château d'Arques (magnifique), lieu de la base de vie, qui approche...sauf que ces tortionnaires nous font faire un beau détour pour y accéder. Je marche 1km avec un gars sympa pour finalement entrer dans le château à 16h17. Dans mes prévisions optimistes, je comptais y arrivé vers 18 heures. Je vise l'efficacité au niveau de ce gros ravitos. Je bois une flasque d'eau, pose mes affaires sur une chaise, vais chercher une soupe, une assiette avec jambon/patates douces. Je m'assois pour manger, retourne chercher une soupe. Bois du coca (j'en bois jamais, mais là, le coca prend une saveur différente), et manger 5-6 Mikado (régression, j'en avais plus manger depuis l'enfance je pense). Je change mon haut, mon buff, prépare ma frontale pour la nuit qui arrive sans la mettre. Je remplis mes flasques, je suis prêt à repartir. 28 minutes d'arrêt, je ne sais pas où j'en suis niveau classement mais je sais qu'il ne faut pas que je m'attarde surtout pour faire le max du parcours de jour. Après le 65ème sur le papier le profil est plus doux. Je ne le savais pas mais j'ai pointé 87ème à ce stade de la course.

Donc je repars en marchant, les jambes sont grippées suite à cet arrêt, impossible de courir. Je sais que c'est normal, que d'ici quelques centaines de mètres ça ira mieux. Et de toutes façons, on a le droit à une grosse montée sur une large piste pendant 5-6 kms. Je double 2-3 participants, sur les montées je suis fort. Longue descente à partir du 60ème, je me surprend à courir, avec aisance, sur le plat également, voir je me permets d’accélérer sur certaines portions. Je me sens fort, je suis bien, je sais que cet instant ne durera pas et que souvent ces instants sont suivis de moments dans le durs. Pas grave, je profite, c'est beau le trail. J'arrive au ravitos du 65eme rapidement finalement, à 18h50 soit bien avant la nuit. Je poursuis ma stratégie hydratation/alimentation, sauf que je prends quasi plus que du salé (et toujours un fond de coca). Je sais que je suis pas mal au niveau classement, j'imaginais 80ème. Je passe en mode compétiteur, chose qui ne m'était plus arrivé depuis...je ne sais plus quand.

Je repars avec un couple d'anglais. En quelques mètres on rejoins une forêt dense, et une descente où l'on décide de sortir nos frontales. On se suit dans la descente, sur le plat puis sur un petit coup de cul, je les dépose. Cette portion est descendante sur la majorité des 9kms. Sauf que c'est la nuit, et qu'on arrive dans l'enfer...des portions pavées, mais avec des galets, des singles tracés dans les bois remplis de racines et cailloux, des pierriers. Je me cogne les pieds, je fais gaffe car une chute peut être compliquée à gérer à cet instant de la course. Du coup, les kms imaginés « faciles » ne le sont pas, surtout que la nuit+la fatigue+le fait que je n'ai pas mes lunettes de vue rendent l'exercice périlleux. Je rejoins le ravitos du 73eme, situé dans une salle des fêtes, il fait bon, je poursuis ma stratégie (vous l'aurez compris non?), je fais vite, j'ai envie de continuer sur ma lancée, sur MSN sans avoir connaissance de mon classement je vois qu'on dis que je fais une belle course.

Je ressors après 5 minutes, en marchant. Sauf que là j'ai du me remettre à courir, j'étais transi de froid. J'hésite à faire demi-tour pour enfiler un haut manche longue (listé dans le matos obligatoire). Je n'ai pas envie de perdre des places, je tente le coup en me disant qu'en courant je me réchaufferai. Ce qui est le cas. Je poursuis mes efforts, c'est toujours aussi peu roulant, mais sur les portions qui le sont je peux encore courir à un bon rythme. Je m'étonnes. Il n'y a que 6,5 kms entre les deux ravitos. Je sais qu'une soupe m'attend là-bas. Le village arrive rapidement, je vois des lumières, je vide une flasque où j'avais mis de la poudre que je ne pouvais plus avaler, suis le balisage et un frontale....une grosse montée, une belle descente, je rejoins le gars devant et lui dit que le ravitos se mérite...sauf qu'en fait le ravitos est derrière nous. Je l'ai loupé une bifurcation (comme d'autres, je l'apprendrai plus tard), tant pis, je ferai les 11km avec juste les ¾ d'une flasque. Sauf que à un moment, bah j'ai eu soif. Et là, à un moment, passage à gué...je réfléchis pas, je bois l'eau qui coule. A ce moment, je me dis que suite à ce ravito louper, pour genre 200m et un pointage, je pourrai être disqualifié. Je commence à imaginer les explications à faire à l'orga, la trace strava à fournir... Cette partie de course est difficile, du 72ème au 80ème, c'est montées/descentes en permanence. Je commence à peiner mais je tiens bon. Je vois les frontales devant, l'objectif est à chaque fois de la rejoindre, les déposer. Et ça marche, je dépose notamment les deux jeunes cités auparavant.

Arrive alors le dernier ravito, au 90ème. Que de la St Yorre, je bois, j'explique au pointage que j'ai loupé le CP précédent, à priori c'est pas grave. Il est 23h30, il reste 10km. Quoiqu'il arrive j'aurai fait une belle course, je savais que je serai finisher dès le 65ème. Bon, allez, je ne m'attarde pas, je voulais finir, si possible avant 1h du mat, et surtout ne pas me refroidir...sauf qu'en sortant du chapiteau, je suis encore saisi par le froid. Et hop, je sprint (enfin après 90 bornes le sprint est relatif), je me réchauffe, je continu à viser les frontales devant (je regarde aussi derrière). Je ne le savais pas mais j'étais alors 62ème. Je double quelques gars, me fait également doublé par d'autres. A un moment je double un gars, je veux le déposer, prends quelques mètres d'avance puis panne de jambes. Les quadris disent stop. Je marche, il revient sur moi, je vois de frontales qui reviennent, je relance avec une foulées pas du tout aérienne à 7,30 au kilo...je rejoins le gars, on finira ensemble finalement. Après quelques zigs-zags dans les vignes, on arrive sur la cité pas illuminées à cette heure, dommage. Mais on la parcoure en pleine nuit, seuls, c'est hyper sympa. On descend vers la ville nouvelle, on passe le pont vieux, plus que 100 mètres avant l'arrivée, je le laisse passer devant, après tout je n'ai pas réussi à le déposer, il mérite cette place. Immense joie en passant la ligne, avant 1h du mat, en 15h58...à la 58ème place. Truc de ouf comme on dit !

Je file vers le ravito, en fait y'en a pas, juste du liquide. Je prends une douche, et vers 2h du mat prends la route pour rejoindre la maison. Au passage, pause gastronomique à la première station service d'autoroute ouverte pour défoncer des sandwichs Daunat ou Sodebo, bref de la pure gastronomie.

L'after


Au final après 4 jours, quasi plus de courbatures. Deux jours raplaplas où je passais mon temps à dormir/manger, avec un peu de marche (lol, vois l'état du marcheur). 3 ongles noirs, aucune ampoule. J'ai grave kiffé, j'ai kiffé la prépa, kiffé l'aventure, kiffé le résultat, et je kiff déjà la suite.

PS: vous avez remarqué que je n'ai suivi personne de la gente féminine? :elephant:

PPS: merci au courageux qui ont tout lu
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Par Allobroges
#3399162
:agenou: :agenou: :agenou:
Prix du récit de l'année :super:
Je savais qu'habituellement tu t'arrêtais trop longtemps aux ravitos... :siffle:

Je lis que ca a un peu ralé avec la montée vertigineuse sur Bugarach, c'était pas sur le 101 alors?

petit kiff à suivre ton évolution (malgré l'inquiétant loupé...)

pour tout dire, l'ultra est dans un coin de ma tête pour 2022...(peut être au GRP?) et ton épreuve renforce ce désir mais bon, faut déjà que j'dépasse les 50 bornes... :popcorn:
Dernière édition par Allobroges le 27 oct. 2021, 15:21, édité 1 fois.
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Par Allobroges
#3399169
CPTmatros a écrit :
16 oct. 2021, 13:43
J'adore le concept du trail mystère !!! :love:

Quelques très bons enseignements à tirer de ton post.

-le Trail court et rapide une semaine avant m'a fait beaucoup de bien: mon rythme de croisière était efficace
Pourquoi pas j'en ai fait un de 15 km 3 semaines avant l'échéance! :wink:

-d'autant que j'ai fais une petite sortie la veille qui m'a tout de suite mis dans le rythme, là aussi à renouveler
Fait aussi mais à J-2.

-St Yorre dégazéfiée (merci thejul pour le tuyau) + Hépar+ électrolytes: cocktail détonnant
Point très intéressant.
Je suis preneur du tuyau pour la Saint-Yorre aussi.
L'Hépar tiens j'y ai jamais pensé. Tu avais une réserve pendant le trail?
Tu enrichis de l'eau normale en électrolytes du coup dans la poche à eau?

-s'alimenter régulièrement la 1ère heure avant d'avoir moins d'appétit
Intéressant aussi sur les formats "courts". Sur du plus long de toute façon, obligé de s'alimenter tout du long et inutile d'anticiper..
pardon, j'avais oublié de te répondre:
J'ai tout simplement mélangé St Yorre dégazéifiée, Hépar et pastilles d'electrolytes dans ma poche 2 litres. (il me reste 0.5 l à l'arrivée)
J'ai eu un début de crampe très léger qui est passé assez rapidement et je me suis senti fort sur la dernière demi heure.
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Par CPTmatros
#3399176
Un récit savoureux et complet. :applaud: :applaud:
Bravo encore pour ta performance hyper solide et ta gestion de course (quasi) parfaite.

Cette course m'intéresse à moyen terme.
Du coup tu confirmes c'est pas hyper technique? Pas mal de caillasse par endroit j'imagine?
Ca m'a l'air un peu light niveau ravitos d'après ton récit non?
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Par Thejul
#3399228
Non aux ravitos y'avait ce qu'il fallait mais j'ai beaucoup tourné avec ce que j'avais car plus sage. Je dirais que c'est un choix idéal pour taper les 100 kms, pas simple mais accessible. Tu peux foncer.
Par TotalBoudy
#3399283
Thejul a écrit :
27 oct. 2021, 12:26
Bon, après quelques jours de repos, voici un petit CR de fin de saison. Attention, pavé.

Rais des Bogomiles - 101 km - 4500 d+

J'avais en tête depuis longtemps cette envie de passer la barre des 100 kms, de vivre une aventure longue, une rencontre avec soi, une connexion forte avec le temps, l'environnement.

La Genèse


Fin 2019, je me suis inscrit sur un ultra avec des potes qui devait avoir lieu en mai 2020, reporté évidemment, et re-reporté cette année. Normalement, il est toujours prévu donc, pour 2022. Sauf qu'entre temps, mes acolytes ont ou avaient tous déjà passé cette barre des 100, notamment lors de 2 off organisés cette année auxquels je n'ai pu participé pour cause de petite tendinite pour l'un, et de dispo pour l'autre.

J'avais envie de me frotter à cette distance cette année car tout l'hiver, je m'étais enfilé de bonnes grosses sorties chaque dimanche, entre 25 et 50km, sous toutes conditions. Du coup, au hasard d'une publi Facebook, j'ai vu ce trail fin octobre, période idéale car me laissant du temps de préparation, une distance idéale également avec un dénivelé raisonnable, des barrière horaires larges et je savais le terrain pas hyper technique voire roulant. De plus, la région de Carcassonne avec sa célèbre cité promettait une belle ballade. Du coup hop-hop, on réfléchit pas trop et on s'inscrit.

La prépa


Passé ce moment d'euphorie, on retombe vite dans la réalité. La mienne était simple, je trouvais que je ne progressais pas, que malgré mes grosses séances, mes lectures et mes connaissances en terme d’entraînement, il manquait quelque chose.

Après réflexion, j'ai décidé de sauter le pas, de faire appel à un coach à distance pour déléguer ma prépa, avoir un œil extérieur sur ma pratique. Début de l'expérience début juillet, soit quasi 4 mois de prépa entrecoupés de vacances et d'impératifs familiaux divers mais prenant (2 de mes enfants ont préparés le concours d'entrée au conservatoire, beaucoup de déplacement en cours particuliers etc).

Globalement, la prépa fût studieuse. Je me suis envoyé de sacrées séances, c'était variés, avec au départ pas mal de PPG, reprise du vélo, vitesse, côte...4 à 6 séances semaines. Une semaine où j'ai pas pu réaliser les séances car trop d'impératif familiaux: c'est con mais ces séances ratées ont été capitales. Au début je culpabilisais, puis j'ai pu prendre du recul et accepter que l'adaptation était également une des clés de la réussite. Pas d'énormes séances comme je me l'imaginais, beaucoup de rando-course, max 3 heures, pas mal de balayages d'allures...un seule sortie vraiment longue de 44 bornes et surtout un WE choc. Sur ce dernier le défi était simple : mini 80 bornes, du D+, sur deux jours. Je faisais comme je voulais. J'ai fait 50 le samedi dans les Pyrénées, 2*15 le lendemain.

Se genre de défi te fait aussi cogiter pas mal sur tes stratégies d'alimentations et d'hydratation, sur aussi le matériel à utiliser. J'ai vite compris que le matos, c'était un peu accessoire, que ça rassure plus qu'autre chose mais que c'est souvent un investissement plus plaisir qu'ayant un réel apport, sauf pour les chaussures/chaussettes. En terme d'alimentation, manger régulièrement est important, j'arrive à saturation du sucré après 5-6 heures d'efforts, les barres finissent par être difficile à mâcher, je suis plus purées. Je sue beaucoup, je dois m'enfiler mini 500 ml par heure, voire 1 litre. Ces points sont essentiels car avec le profil j'ai mis en place une stratégie de course pour minimiser les coups de mou inhérents à des efforts si long.

D'après mes calculs je partais sur 18 à 20 heures d'efforts, pas d'objectifs particuliers si ce n'est apprendre à connaître la distance, profiter de l'expérience, bref kiffer la vie. J'avais découpé la course en fonction des étapes clés. Première partie de course tranquille jusqu'au 20eme, ensuite partie la plus délicate car concentrant la majeure partie du D+ jusqu'au 45ème km, base de vie au 50eme soit à mi-course, je devais y arriver le plus frais possible, me changer (short, t-shirt, chaussettes et chaussures), me restaurer et me reposer. Ensuite les ravitos étaient positionnés tous les 10 kms environs, soit souvent, ce qui permettait de se poser souvent si jamais pour rallier l'arrivée.

A la fin de la préparation, début octobre, je me sentais prêt physiquement et mentalement. Je savais que sauf pépins physiques, météo exécrable, j'avais les capacités de rallier l'arrivée. Tout en restant humble face à ce défi, je voulais partir au combat.

Veille de course

J'ai prévu pour cette première d'arriver la veille, dormir à l'hôtel pour être dispo dans la tête et ne pas avoir à gérer d'éventuels imprévus.

Le départ avait lieu à 9h00, permettant en plus de faire un bon petit déjeuner. Je vais donc retirer mon dossard le jeudi soir, pas grand monde sur place, c'est vite expédié. J'ai réussi à me garer proche hôtel et arrivée, sur une place gratos, tout va bien. Sauf que...on m'annonce que le sac de délestage pour la base de vie du 50eme sera rendu le lendemain vers 10h30-11h00 et que je n'ai pas l'intention de rester jusqu'à cette heure. Adaptation encore, je décide de me passer de ce sac, de ne pas me changer, de garder la même tenue. Après une nuit de réflexion, j'ai mis dans le sac un t-shirt de rechange et un buff.

Je passe une soirée tranquille à l'hôtel, à regarder squid game, mangeant une belle portion de riz avec jambon blanc, crème dessert soja chocolat. Je fais le job quoi. Couché à 23 heures, nuit moyennement agitée à cause de ce foutu sac de délestage et la question existentielle bâtons/pas bätons. Levé à 06h30, direction p'tit dej, café, banane, jambon, œuf, et mini chocolatine. Impec, j'ai fait le plein de bonnes choses. Je remonte, me prépare (caca de la peur, check!), je déconne sur MSN avec la team de 8-2 et reçois quelques messages d'encouragements (merci Allo), Je file ensuite vers la ligne de départ. J'y arrive avec un peu plus d'une demie heure d'avance.

A ce moment là, je suis plutôt stressé par ce qui m'attend, cet inconnu auquel je me frotterai sous peu. Les concurrents arrivent au compte-goutte. Des sportifs, affûtés, mollets saillants, qui sentent l'expérience, voulant en découdre...vient alors la question : « mais qu'est-ce que je fous là ? ». A vrai dire, dans ce milieu, je ne me sens pas forcément légitime. La météo sera parfaite à priori, pas de pluie, 11 à 18°, un peu de vent.

La course (enfin!)

Après le sempiternel clapping d'avant départ effectué au son d'un speaker qui braille dans la sono, le départ est donné. Nous sommes 208 inscrits, j'imagine 200 partants, soit au final peu de monde. Pas grave, c'est pas Meetic ici, j'y vais pas pour faire des rencontres.

Bref, 09h00, c'est parti. Je pars cool, veillant à ne pas me cramer, restant vers le dernier tiers des participants. Bon rapidement le rythme ne me convient pas, j'accélère (enfin modérément) pour être plus dans mon allure de confort. Je profite, on longe la citadelle, on part sur des routes, puis des chemins dans la vignes. C'est chouette. On arrive sur le lac de Cavayère au 6eme km, je pensais qu'il devais y avoir un ravito en liquide. On avait été informé qu'il n'y en aurait pas, j'ai loupé l'info. Pas grave, je tiendrai jusqu’au prochain, au 19eme km, première barrière horaire. On rejoins des forêts de pins et de chênes verts dans des singles sympas. Ça monte, ça descend, c'est joueur. Je cale mon rythme sur un couple qui vient de Condrieu. On parle pinard, of course. Je sais qu'ils sont dans un rythme où je suis clairement en dedans. Je les accompagne volontairement en mode gestion. Je m'alimente avec ma première barre (Cliff, pour les amateurs), n'oublie pas de boire régulièrement. Bon après quelques temps, je les dépose en montée, puis je me retrouve seul. J'arrive sans soucis au premier ravito, avec 1h45 d'avance sur la barrière horaire et 30 minutes sur mes prévisions. Je vais devoir ralentir, me dis-je à cet instant. J'apprendrai par la suite que je suis à ce passage 105eme. Pas mal, milieu de peloton. J'avale une flasque complète d'eau, rempli avant de repartir avec une d'ISO+, une remplie mi St Yorre, mi eau plate. Je mange une morceau de banane, un carré de chocolat, deux trois abricots secs et je repars en filmant des conneries que je partage à mes proches.

Sur cette deuxième portion, on a 13 kms avec une belle montée. Cette montée est superbe, on arrive dans des petits cirques ouverts, laissant de belles vues sur des forêts aux belles couleurs d'automne. Je poursuis sur mon rythme, sans trop me poser de question. Je suis frais, tout va bien. Après des up and down en forêt, le parcours change pour une large piste qui s'avère être une piste d'une zone militaire. On croise beaucoup de bidasses en manœuvre, c'est sympa. Eux sont chargés comme des ânes comparés à nous et nos sacs minimalistes. C'est partie est super sympas, un morceau de piste qui descend je déroule et double quelques coureurs. Sur toutes les parties roulantes j'avais comme stratégie de courir le max, considérant que c'était des kms « gratos ». On déboule sur une portion bitumée, un petit village pittoresque, le premier que l'on voit depuis le départ, passage en sous-bois. Le ravito du 32eme arrive rapidement, après 4h30 et 1500 de D+ avalés. Ravito en eau uniquement...alors que c'était inscrit eau et solide. Heureusement, j'avais de quoi me ravitailler, ayant même emporté plus que prévu (toujours à cause de cette histoire de sac de délestage). J'avale une purée Athlet, une flasque d'eau, rempli mes flasques comme Iso+ et 50/50 eau plate/pétillante. Je suis la stratégie. Je refais une vidéo et du coup voit sur MSN que je suis 96eme (merci les potos du suivi). Je suis content, je n'osai imaginé ça, un peu effrayé car ça me semble trop vu mon niveau. Osef, je verrai bien si j'ai un coup de mou, tant pis.

Je repars donc assez vite pour la portion la plus délicate. D'ailleurs, ne pas rester aux ravitos est une bonne chose. Quasi 1000 de D+ en 7 kms. Là ça devient plus compliqué, surtout qu'on a des passage de barrière via escabeau. Ça grimpe, ça vente, certains sortent les vestes (pas moi j'ai tout le temps chaud). Je grimpe bien, j'avale ces 7 kms et commence la descente. Et là vers le 44èeme, alerte crampe au mollet droit. Oh, rien d’alarmant, juste un petit pincement. Je ne panique pas, les crampes c'est rien, ça passe. Il suffit d'être vigilant (ne pas trébucher ou tomber quoi), de dérouler de manière souple et ça passe. Du coup, je descends peinard, quelques gars me doublent dont 2 jeunes qui ont l'air bien frais. Je poursuis ma stratégie alimentation/nutrition même si sur cette portion de 18km entre deux ravitos le liquide vient à manquer. Heureusement je vois le château d'Arques (magnifique), lieu de la base de vie, qui approche...sauf que ces tortionnaires nous font faire un beau détour pour y accéder. Je marche 1km avec un gars sympa pour finalement entrer dans le château à 16h17. Dans mes prévisions optimistes, je comptais y arrivé vers 18 heures. Je vise l'efficacité au niveau de ce gros ravitos. Je bois une flasque d'eau, pose mes affaires sur une chaise, vais chercher une soupe, une assiette avec jambon/patates douces. Je m'assois pour manger, retourne chercher une soupe. Bois du coca (j'en bois jamais, mais là, le coca prend une saveur différente), et manger 5-6 Mikado (régression, j'en avais plus manger depuis l'enfance je pense). Je change mon haut, mon buff, prépare ma frontale pour la nuit qui arrive sans la mettre. Je remplis mes flasques, je suis prêt à repartir. 28 minutes d'arrêt, je ne sais pas où j'en suis niveau classement mais je sais qu'il ne faut pas que je m'attarde surtout pour faire le max du parcours de jour. Après le 65ème sur le papier le profil est plus doux. Je ne le savais pas mais j'ai pointé 87ème à ce stade de la course.

Donc je repars en marchant, les jambes sont grippées suite à cet arrêt, impossible de courir. Je sais que c'est normal, que d'ici quelques centaines de mètres ça ira mieux. Et de toutes façons, on a le droit à une grosse montée sur une large piste pendant 5-6 kms. Je double 2-3 participants, sur les montées je suis fort. Longue descente à partir du 60ème, je me surprend à courir, avec aisance, sur le plat également, voir je me permets d’accélérer sur certaines portions. Je me sens fort, je suis bien, je sais que cet instant ne durera pas et que souvent ces instants sont suivis de moments dans le durs. Pas grave, je profite, c'est beau le trail. J'arrive au ravitos du 65eme rapidement finalement, à 18h50 soit bien avant la nuit. Je poursuis ma stratégie hydratation/alimentation, sauf que je prends quasi plus que du salé (et toujours un fond de coca). Je sais que je suis pas mal au niveau classement, j'imaginais 80ème. Je passe en mode compétiteur, chose qui ne m'était plus arrivé depuis...je ne sais plus quand.

Je repars avec un couple d'anglais. En quelques mètres on rejoins une forêt dense, et une descente où l'on décide de sortir nos frontales. On se suit dans la descente, sur le plat puis sur un petit coup de cul, je les dépose. Cette portion est descendante sur la majorité des 9kms. Sauf que c'est la nuit, et qu'on arrive dans l'enfer...des portions pavées, mais avec des galets, des singles tracés dans les bois remplis de racines et cailloux, des pierriers. Je me cogne les pieds, je fais gaffe car une chute peut être compliquée à gérer à cet instant de la course. Du coup, les kms imaginés « faciles » ne le sont pas, surtout que la nuit+la fatigue+le fait que je n'ai pas mes lunettes de vue rendent l'exercice périlleux. Je rejoins le ravitos du 73eme, situé dans une salle des fêtes, il fait bon, je poursuis ma stratégie (vous l'aurez compris non?), je fais vite, j'ai envie de continuer sur ma lancée, sur MSN sans avoir connaissance de mon classement je vois qu'on dis que je fais une belle course.

Je ressors après 5 minutes, en marchant. Sauf que là j'ai du me remettre à courir, j'étais transi de froid. J'hésite à faire demi-tour pour enfiler un haut manche longue (listé dans le matos obligatoire). Je n'ai pas envie de perdre des places, je tente le coup en me disant qu'en courant je me réchaufferai. Ce qui est le cas. Je poursuis mes efforts, c'est toujours aussi peu roulant, mais sur les portions qui le sont je peux encore courir à un bon rythme. Je m'étonnes. Il n'y a que 6,5 kms entre les deux ravitos. Je sais qu'une soupe m'attend là-bas. Le village arrive rapidement, je vois des lumières, je vide une flasque où j'avais mis de la poudre que je ne pouvais plus avaler, suis le balisage et un frontale....une grosse montée, une belle descente, je rejoins le gars devant et lui dit que le ravitos se mérite...sauf qu'en fait le ravitos est derrière nous. Je l'ai loupé une bifurcation (comme d'autres, je l'apprendrai plus tard), tant pis, je ferai les 11km avec juste les ¾ d'une flasque. Sauf que à un moment, bah j'ai eu soif. Et là, à un moment, passage à gué...je réfléchis pas, je bois l'eau qui coule. A ce moment, je me dis que suite à ce ravito louper, pour genre 200m et un pointage, je pourrai être disqualifié. Je commence à imaginer les explications à faire à l'orga, la trace strava à fournir... Cette partie de course est difficile, du 72ème au 80ème, c'est montées/descentes en permanence. Je commence à peiner mais je tiens bon. Je vois les frontales devant, l'objectif est à chaque fois de la rejoindre, les déposer. Et ça marche, je dépose notamment les deux jeunes cités auparavant.

Arrive alors le dernier ravito, au 90ème. Que de la St Yorre, je bois, j'explique au pointage que j'ai loupé le CP précédent, à priori c'est pas grave. Il est 23h30, il reste 10km. Quoiqu'il arrive j'aurai fait une belle course, je savais que je serai finisher dès le 65ème. Bon, allez, je ne m'attarde pas, je voulais finir, si possible avant 1h du mat, et surtout ne pas me refroidir...sauf qu'en sortant du chapiteau, je suis encore saisi par le froid. Et hop, je sprint (enfin après 90 bornes le sprint est relatif), je me réchauffe, je continu à viser les frontales devant (je regarde aussi derrière). Je ne le savais pas mais j'étais alors 62ème. Je double quelques gars, me fait également doublé par d'autres. A un moment je double un gars, je veux le déposer, prends quelques mètres d'avance puis panne de jambes. Les quadris disent stop. Je marche, il revient sur moi, je vois de frontales qui reviennent, je relance avec une foulées pas du tout aérienne à 7,30 au kilo...je rejoins le gars, on finira ensemble finalement. Après quelques zigs-zags dans les vignes, on arrive sur la cité pas illuminées à cette heure, dommage. Mais on la parcoure en pleine nuit, seuls, c'est hyper sympa. On descend vers la ville nouvelle, on passe le pont vieux, plus que 100 mètres avant l'arrivée, je le laisse passer devant, après tout je n'ai pas réussi à le déposer, il mérite cette place. Immense joie en passant la ligne, avant 1h du mat, en 15h58...à la 58ème place. Truc de ouf comme on dit !

Je file vers le ravito, en fait y'en a pas, juste du liquide. Je prends une douche, et vers 2h du mat prends la route pour rejoindre la maison. Au passage, pause gastronomique à la première station service d'autoroute ouverte pour défoncer des sandwichs Daunat ou Sodebo, bref de la pure gastronomie.

L'after


Au final après 4 jours, quasi plus de courbatures. Deux jours raplaplas où je passais mon temps à dormir/manger, avec un peu de marche (lol, vois l'état du marcheur). 3 ongles noirs, aucune ampoule. J'ai grave kiffé, j'ai kiffé la prépa, kiffé l'aventure, kiffé le résultat, et je kiff déjà la suite.

PS: vous avez remarqué que je n'ai suivi personne de la gente féminine? :elephant:

PPS: merci au courageux qui ont tout lu
Ca fait envie ce genre de récit !
Beaucoup de trail auparavant avant de se lancer sur ce genre de distance ?
ps : un débutant qui a fait son premier trail (27 km) cet été :smile:
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Par Thejul
#3399286
Oui, pas mal, j'ai été progressif. Aujourd'hui, je peux dire que je fais 27 kms les doigts dans le nez, ce qui n'était pas le cas y'a trois quatre ans.
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Par Mancebo82
#3399515
Je prends connaissance du récit de Jul qui ne m'avait pas dit qu'il l'avait fait le coquinou. :green:

T'ayant suivi tout le long (oui je fais parti de la team du 8-2 :green: ) c'est sympa d'avoir le détail de ton aventure après avoir eu en live les petites vidéos et tes quelques brèves impressions.

En tout cas on avait bien flippé avec Allo notamment quand t'es pas passé à la balise de Ladern sur Lauquet (t'imagines pas le nombre de fois où j'ai fait refresh :rieur: ).

Et enfin encore bravo évidemment, l'an prochain on s'en fait un sympa ensemble j'espère (coucou Allo :pompom: ), mais pas un 100, max la moitié. :genance:
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Par Allobroges
#3399557
Avec grand plaisir :super:
Si possible à partir de juin (avril et mai devraient être pris). Se trouver un parcours qui vous convient, je m'adapterais... :wink:
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Par Allobroges
#3399559
Je pensais justement au GRP pour mon objectif de >50, idéalement le 80

Ou bien je me reporte sur le 70 de la course des étoiles (en plus, c'est tous les 2 ans, 3 avec le covid) ou les Templiers... :reflexion:

A voir en fonction de ce que vous voulez (montagne? roulant? mythique?)
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Par CPTmatros
#3399561
Allobroges a écrit :
28 oct. 2021, 23:35
Je pensais justement au GRP pour mon objectif de >50, idéalement le 80

Ou bien je me reporte sur le 70 de la course des étoiles (en plus, c'est tous les 2 ans, 3 avec le covid) ou les Templiers... :reflexion:

A voir en fonction de ce que vous voulez (montagne? roulant? mythique?)
Après une autre possibilité est de se rendre sur un même événement quitte à faire des courses différentes.
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Par Allobroges
#3399577
Le probleme c'est que les courses sont souvent décalées, donc au final, au mieux, on se croise... :reflexion:
Pourquoi pas GRP, faut voir...
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Par Mancebo82
#3399594
Ah ouais le GRP carrément les gars vois êtes des chauds. :green:

Puis c'est fin août ça non ? Vu que je vais certainement marathonner (avec Jul entre autre d'ailleurs) vers octobre ça ne m'arrange pas la période.

Juin c'est pas mal je trouve, j'avais montré à Jul le Font Romeu Nature Trail, le 45 kms pour 1800 de D+ me semblait raisonnable pour débuter sur la distance en trail pour moi, mais pour les amateurs y'a aussi un 70 kms pour 2800 de D+, même si c'est vrai que je rejoins Allo c'est plus commode de faire la même course.

Bref sur la période avant l'été j'suis chaud aussi ça me semble pas mal.
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Par Allobroges
#3399607
Sur les trails de montagne du même format de juin/début juillet, il y a:

- Trail du cagire 35 km - 2400D+
- Gavarnie Trail 45 km 2700D+
- St Lary Patou Trail 42 km
- Luchon Aneto trail: LA VENASQUE 45km 2800D+
- Les Balcons de Cauterets 47 km

Sinon, on peut faire autre chose que de la montagne, ca ne me pose pas de problème (j'en ai parfois ras le bol du format montée-descente...)
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