Le forum dédié aux fans d'histoire du cyclisme, de palmarès de coureurs, de courses, mais aussi de nombreux jeux organisés par nos animateurs. Vous retrouverez aussi ici les débats autour du cycle historique mis en place par David

Modérateur : Modos HP

#3182549
Bonjour à tous,
Voilà un moment que je n'ai pas posté ici ...
Je m'intéresse beaucoup en ce moment à l'histoire de notre sport et, étant né au début des années 90's, je me suis aperçu que je connaissais très mal l'état du cyclisme à la fin des années 80. J'ai donc visionné des résumés des Tours de cette époque et j'ai été émerveillé notamment par une étape, celle de Luz Ardiden en 1990 et ce final entre Greg LeMond et Miguel Indurain.
Image
Je trouve que cette étape est le reflet du passage de témoin entre une figure des années 80 et une qui va dominer la première partie des années 90. Dans un autre style, il y a un autre passage de témoin qui me vient à l'esprit, c'est Ullrich et Indurain à Hautacam en 1996 (pour la photo) et le clm de St Emilion.
Image
Je sais que bon nombre d'entre-vous ont une connaissance très précise de l'historie du cyclisme, avez-vous d'autres exemples en tête ?

Cordialement.
#3182640
Dans les passages de témoin récents, je pense à l'étape du Ventoux du Tour 2013 et la fameuse attaque de Froome assis sur la selle qui décramponne Contador lui enlevant là ses derniers espoirs de renverser la situation. Jamais Contador ne se retrouvera ensuite en position de prétendre à la victoire tandis que Froome enchaîne 4 succès.

Pour remonter plus loin que les excellents exemples de Xav, on peut évoquer la 16e étape du Tour 1949. Ce n'est pas un passage de témoin à proprement parler puisque Bartali et Coppi étaient bien sûr des rivaux établis. Mais, à l'échelle du Tour, il s'agit bien d'un passage de témoin. Sur le TDF, le patron c'était Gino à ce moment-là. Il est tenant du titre, vient de remporter l'épreuve à 10 ans d'intervalle (fait unique) et court pour égaler le record de Thys à l'époque (3 victoires). Coppi dispute son premier Tour. Il vient de nettement dominer Gino lors du Giro, le repoussant à plus de 20 minutes au général et a fait pression dans la foulée pour l'exclure de l'équipe italienne. Finalement, ils sont tous les deux au départ mais ce Tour commence mal pour Coppi, il perd beaucoup de temps en début d'épreuve et songe même à abandonner lors de l'étape arrivant à Saint Malo (il compte alors 36 minutes de retard au général).
Dans les Alpes, les deux Italiens s'affirment les meilleurs et se retrouvent en tête dans l'Izoard. On est le 18 juillet, jour des 35 ans de Bartali. Dans la descente vers Briançon, Bartali crève et on pense que Coppi va aller gagner l'étape et prendre le maillot jaune. Finalement, il n'en est rien : il laisse la victoire et le maillot à Gino. Différentes versions circulent dans ce que j'ai pu lire. Certains disent que Gino, légèrement moins fort dans l'Izoard, aurait demandé à Coppi de l'attendre en lui disant : "aujourd'hui, c'est mon anniversaire, demain tu gagneras le Tour". D'autres affirment qu'à l'image d'Armstrong avec Pantani au Ventoux, Coppi a fait cela pour humilier son rival, sachant qu'il restait un très long chrono sur lequel il n'aurait aucun mal à reprendre les 1'20 de retard qu'il comptait.
Quoi qu'il en soit, Coppi remporte le Tour cette année-là, profitant notamment d'une crevaison de Gino dans la dernière étape alpestre le lendemain. Bartali est 2e à 10 minutes, soit l'écart qu'il a perdu son son rival sur les deux chrono de ce Tour approximativement. Coppi est le premier à réaliser le doublé Giro-Tour et prend définitivement l'ascendant sur Gino : le premier atteint sa plénitude en 1949, forme qu'il confirmera l'année suivante en remportant de manière magistrale Paris Roubaix et la Flèche Wallonne avant de se blesser gravement, tandis que le second entame un inexorable déclin alors qu'il avait tenu la dragée haute à Coppi jusque là.

Image
#3183281
Xav_38 a écrit :
16 juin 2020, 14:23
Thévenet-Merckx en 1975. Il est souvent dit que cette photo est prise sur la montée de Pra-Loup lorsque le Thévenet rattrape Merckx et le dépasse :

Image
Plus que un passage de temoin ...
C est la fin de Merckx.
Il force trop sur ce Tour 75.
Le coup au foie, le medicament du medecin du Tour, la chute et fracture de la machoire, et le fait de pedaler pratiquement avec une jambe voir ses problemes recurrent.
Parle meme pas de l absence de Bruyere.
Trop c est trop.
En fin il lui restera un exploit Milán san remo 76.
Perso, thevenet un grand coureur et une grande personne. Pas assez estimee en France on dirait ...
#3183351
Pour avoir vécu l'apogée d'Eddy (bon anniversaire champion) et bien qu'ayant apprécié par chauvinisme les performances de Bernard Thévenet, je reste persuadé que s'il n'y avait pas eu cette chute dans la descente du col de Mente ... un passage de témoin Merckx-??? aurait pu se produire bien avant 1975.
Je pense que Luis Ocaña était le seul et unique coureur qui avait les moyens physique de perturber le mental et contrarier le destin d'Eddy .
#3184232
Le contre la montre de saint émilion était vraiment un passage de témoin, la majorité des observateurs l' avaient ressenti ce jour là, un grand partait et un autre s' affirmait dans cette épreuve de vérité, le dernier chrono en fin de Tour.
#3184247
ça n' a jamais collé entre toi et Janou c' est pas demain que ça changera.

La dernière fois que je l' ai vu il m' a parlé de votre première rencontre il m' a dit textuellement " dès que j' ai vu le pistolero j' ai su que c' était la plus grosse crapule du forum".

J' ai voulu modérer son propos puis je me suis rendu compte que personne t' arrivait à la cheville sur ce forum en terme de coups tordus, je devais bien admettre qu' il avait raison :green:
#3242093
levrai-dufaux a écrit :
16 juin 2020, 14:54
Dans les passages de témoin récents, je pense à l'étape du Ventoux du Tour 2013 et la fameuse attaque de Froome assis sur la selle qui décramponne Contador lui enlevant là ses derniers espoirs de renverser la situation. Jamais Contador ne se retrouvera ensuite en position de prétendre à la victoire tandis que Froome enchaîne 4 succès.

Pour remonter plus loin que les excellents exemples de Xav, on peut évoquer la 16e étape du Tour 1949. Ce n'est pas un passage de témoin à proprement parler puisque Bartali et Coppi étaient bien sûr des rivaux établis. Mais, à l'échelle du Tour, il s'agit bien d'un passage de témoin. Sur le TDF, le patron c'était Gino à ce moment-là. Il est tenant du titre, vient de remporter l'épreuve à 10 ans d'intervalle (fait unique) et court pour égaler le record de Thys à l'époque (3 victoires). Coppi dispute son premier Tour. Il vient de nettement dominer Gino lors du Giro, le repoussant à plus de 20 minutes au général et a fait pression dans la foulée pour l'exclure de l'équipe italienne. Finalement, ils sont tous les deux au départ mais ce Tour commence mal pour Coppi, il perd beaucoup de temps en début d'épreuve et songe même à abandonner lors de l'étape arrivant à Saint Malo (il compte alors 36 minutes de retard au général).
Dans les Alpes, les deux Italiens s'affirment les meilleurs et se retrouvent en tête dans l'Izoard. On est le 18 juillet, jour des 35 ans de Bartali. Dans la descente vers Briançon, Bartali crève et on pense que Coppi va aller gagner l'étape et prendre le maillot jaune. Finalement, il n'en est rien : il laisse la victoire et le maillot à Gino. Différentes versions circulent dans ce que j'ai pu lire. Certains disent que Gino, légèrement moins fort dans l'Izoard, aurait demandé à Coppi de l'attendre en lui disant : "aujourd'hui, c'est mon anniversaire, demain tu gagneras le Tour". D'autres affirment qu'à l'image d'Armstrong avec Pantani au Ventoux, Coppi a fait cela pour humilier son rival, sachant qu'il restait un très long chrono sur lequel il n'aurait aucun mal à reprendre les 1'20 de retard qu'il comptait.
Quoi qu'il en soit, Coppi remporte le Tour cette année-là, profitant notamment d'une crevaison de Gino dans la dernière étape alpestre le lendemain. Bartali est 2e à 10 minutes, soit l'écart qu'il a perdu son son rival sur les deux chrono de ce Tour approximativement. Coppi est le premier à réaliser le doublé Giro-Tour et prend définitivement l'ascendant sur Gino : le premier atteint sa plénitude en 1949, forme qu'il confirmera l'année suivante en remportant de manière magistrale Paris Roubaix et la Flèche Wallonne avant de se blesser gravement, tandis que le second entame un inexorable déclin alors qu'il avait tenu la dragée haute à Coppi jusque là.

Image
levrai-dufaux : toujours au top !

Ce n'était pas sur le Tour de France, mais je pense aussi au Paris-Nice 1969.
Merckx est déjà un cador, il a gagné le Giro, Milan-San Remo, Paris-Roubaix et a déjà un titre mondial dans son escarcelle. C'est la dernière saison d'Anquetil, et même s'il a failli gagner le Tour d'Italie en 1967, sa dernière saison éclatante remonte à 1965. Il est au crépuscule de sa carrière. Il gagnera encore le Tour du Pays Basque au printemps et puis s'éclipsera.

Sur Paris-Nice, Merckx met tout le monde d'accord et s'impose devant Poulidor, 2ème, et Anquetil, 3ème.
Mais le symbole d'un astre qui s'éteint et qui ne brille plus même dans son domaine de prédilection, c'est Merckx qui rejoint et dépasse Anquetil sur le CLM du Col d'Eze. Le Normand avait déjà été battu sur certains chronos (Rivière, et aussi Gaul sur un chrono en côte notamment), mais n'avait jamais été rejoint sur un parcours. Et Anquetil de déclarer : "ça y est, nous sommes dans l'ère Merckx." :jap:
Au final je trouve le classement de ce Paris-Nice très symbolique.
Anquetil court détendu en 1969, comme si les résultats n'importaient plus vraiment. Il est sur le podium, Merckx sur la place qui sera la sienne pour toujours ou presque, et Poulidor au milieu qui fera le lien entre les deux super-champions. Comme un poil à gratter valeureux qui n'abdique pas vraiment.
Je n'ai pas trouvé de photo de Merckx dépassant Anquetil, mais la suivante illustre bien mes propos, je crois.

Image
#3242158
Pour moi, une des plus belles courses de l'histoire, mais aussi un des plus beaux passages de témoins : Paris-Roubaix 2002.
Sur le coup de l'immense déception du Ronde de la semaine précédente, le vieux Lion hésite à prendre sa retraite brusquement. A la suite d'un souper, Lefevere le convainc de pousser au moins jusque Roubaix le dimanche suivant.

Ce 14 avril 2002, la météo est dantesque : pluie, froid et vent. Les favoris sont Tafi, Van Petegem, Hincapie, Knaven, Wesemann et, bien sûr, Museeuw.
Comme à son habitude, une échappée a pris ses aises sur la première partie asphaltée du parcours. Ils sont 16, parmi lesquels Mattan, Gouvenou, Cassani, Van Heeswijk, Bodrogi, De Clercq, Hunter, Sivakov, Hondo,... Et un jeune belge de l'US Postal, Tom Boonen. Quand la télé prend l'antenne, les visages sont déjà aussi marqués qu'ils sont maculés de boue. Arenberg est terrible, les coureurs semblent à l'agonie sur les pavés noyés dans une boue grasse et abondante. L'avance des échappés se réduit au fur-et-à-mesure que le groupe lui-même perd des plumes. Alors qu'un groupe de cadors avec notamment Wesemann, Hincapie, Museeuw et Knaven fond sur eux, ils sont encore 9. Dont Tom Boonen. Excellente pioche pour Hincapie, pense-t-on alors.
Lorsque la jonction s'opère, à Orchies, le jeune belge se met tout de suite à la planche pour son leader. Alors qu'il était déjà peu avare d'efforts dans l'échappée, le voilà qui donne, croit-on, ses dernières forces pour l'Américain. Le jeune coureur a de grosses références chez les espoirs et on l'annonce déjà comme un grand talent, il confirme très vite au-delà des espérances. Sur le poste télé, les commentaires commencent à se faire admiratifs du gamin. Mais très vite, dans le secteur de Mérignies, Museeuw place une terrible accélération. Personne n'est en mesure de prendre sa roue et une terrible poursuite s'engage. Boonen, encore lui, prend l'essentiel des relais. Alors qu'il est encore appelé "Tim Boonen, le jeune américain" sur France TV, les commentateurs belges parlent presque autant de son numéro que de celui de Museeuw, qui ne cesse de créer l'écart à l'avant. D'autant plus qu'en poursuite, ils ne sont plus que deux : Boonen et Hincapie. "Il en fait trop! Il va trop loin!" s'exclame De Vlaeminck, moitié inquiet, moitié subjugué, sur Sporza. Il confirme dans un premier temps ses propos, parce qu'un US Postal est tombé de fatigue dans le fossé. Logiquement, ce ne peut être que le jeune néo-pro. Mais "Ce n'est pas Boonen, c'est Hincapie!" s'exclament les commentateurs, complétement ébahis.
Devant, le Lion des Flandres creuse des écarts d'un autre temps. C'est avec 3 minutes et 4 secondes d'avance qu'il remporte sa 10ème classique de la défunte Coupe du Monde. Boonen, rejoint par Wesemann, n'a plus vraiment eu la force de sprinter pour la seconde place dans le vélodrome. Sur le podium, les journalistes annoncent la passation de pouvoir en direct.
Ce jour-là, Museeuw est resté le roi, mais il a déjà fait la place au suivant. En Belgique, les familles ont éteint la télé doublement heureuses. Celui qu'elles attendaient tous a remporté la course, mais la crainte du vide que provoquerait sa retraite a disparu.

Dernière édition par JohanMusée le 12 oct. 2020, 11:19, édité 2 fois.
#3242767
gradouble a écrit :
11 oct. 2020, 20:47
Très bien le texte.

Et merci d'ailleurs pour l'ensemble de tes messages et ta culture cycliste vue de la Belgique.
C'est toujours bien intéressant :super:
Merci :smile:
Pour revenir sur Paris-Roubaix 2002, c'est certainement une de mes deux ou trois plus belles après-midi cycliste, mais avec le recul, il y a quand-même un petit arrière-goût amer.
Le moment aurait été parfait pour que Museeuw prenne sa retraite. Il a d'ailleurs hésité. Mais le sentiment de force du jour, l’appât d'une victoire en Coupe du Monde, et l'attrait d'un CdM à domicile en fin de saison l'en ont dissuadé, je pense. Je ne suis pas du tout naïf et j'imagine bien que les pratiques borderline (pour être gentil) de mon idole de jeunesse n'ont pas commencé en 2003/2004 avec l'affaire Landuyt, mais cette dernière rajoute au sentiment étrange que ce jour-là, il a manqué l'opportunité d'une sortie exceptionnelle.

Ricardo Vilela (Burgos-BH) proche de W52-FC Porto.

Groupama-FDJ 2020

J'avais jeté un coup d'oeil aux "stori[…]

Pourquoi il n'a pas gagné ?

Wilfried Nelissen parce que un policier a voulu le[…]

VUELTA en relais 2020

Relais de GARCIA SOSA Jhojan Orlando

Toute l'actualité cycliste sur notre site   Accéder au site