Le forum dédié aux fans d'histoire du cyclisme, de palmarès de coureurs, de courses, mais aussi de nombreux jeux organisés par nos animateurs. Vous retrouverez aussi ici les débats autour du cycle historique mis en place par David

Modérateur : Modos HP

Avatar de l’utilisateur
Par Le sucre sportif
#2569067
Merci AngelB pour ton récit ! Comme Poulidor est plus populaire, on ne m'avait jamais conté la carrière d'Anquetil de façon neutre, mais toujours par rapport à Poulidor, en lui donnait le rôle du méchant gagnant... Mais ça me plaît de voir que ses résultats sont liés à des capacités hors normes en CLM et ce très jeune :jap:

Par contre, j'ai l'impression qu'il a eu une carrière relativement courte. C'était normal à l'époque où s'était un manque de motiviation lié au fait qu'il avait réussi tous ses objectifs ? Ou alors il était cramé physiquement et à préférer arrêté que de subir la comparaison face à Merckx ? D'ailleurs les duels Merckx-Anquetil ont globalement tournés à l'avantage de qui ?

Je pose beaucoup de questions mais j'adore les baroudeurs, espèce en voie de disparition, et Anquetil avait l'air d'être un rouleur/baroudeur hors-norme de ce que je comprends de ton récit :coeur:
Avatar de l’utilisateur
Par Xav_38
#2569075
Le sucre sportif a écrit : Par contre, j'ai l'impression qu'il a eu une carrière relativement courte. C'était normal à l'époque où s'était un manque de motiviation lié au fait qu'il avait réussi tous ses objectifs ? Ou alors il était cramé physiquement et à préférer arrêté que de subir la comparaison face à Merckx ? D'ailleurs les duels Merckx-Anquetil ont globalement tournés à l'avantage de qui ?
Il a tout de même été présent au premier plan de 1953 (son premier GP des Nations) à 1969 (victoire au Tour du Pays Basque), cela fait pas mal comme durée.

Sa dernière victoire sur le Tour était en 1964, mais il a continué à gagner de belles course par la suite :
1 Bordeaux-Paris (65)
2 Paris-Nice (65, 66)
1 Dauphiné (65)
2 GP des Nations (65,66)
1 Liege-Bastogne-Liege (66)
1 Tour de Catalogne (67)
1 Trophée Barachi (68)
1 Tour du Pays Basque (69)
Par angelsbdesign
#2569132
Par hasard je viens de tomber sur l'article de Jacques Anquetil sur Wikipédia... Je ne sais pas qui l'a rédigé mais je le trouve plutôt très complet et bien fait... (et ce n'est pas parce qu'il me cite parmi ses sources :green: !).

Je crois que chacun y trouvera des éléments de réponses aux questions qu'il se pose...
Moi j'avais répondu, uniquement sur la base de la question de tuco \"Qui a vu Anquetil ?\"...

C'est le privilège des vieux maîtres Ioda du passé connaître et d'être toujours capable de se passionner pour le présent et l'avenir !
\"Concentres-toi. Sens la Force affluer. Ni hors de toi, ni en toi, mais en toute chose. A travers la Force, d'autres choses tu verras, d'autres lieux. L'avenir… le passé… de vieux amis disparus. Toujours en mouvement est l'avenir.\" :jap:
Avatar de l’utilisateur
Par loloherrera
#2569144
Je pense qu'aujourd'hui encore, Anquetil peut être considéré comme le meilleur rouleur de tous les temps.
Le seul qui puisse contester cet état de fait est Indurain. Mais comme on dit, ça n'engage que moi joker.
Avatar de l’utilisateur
Par marcella
#2569501
Pour moi c'est Fausto Coppi, mais là aussi ça n'engage que moi car je ne suis pas objectif sur ce coup-là..
Par angelsbdesign
#2569527
marcella a écrit :Pour moi c'est Fausto Coppi, mais là aussi ça n'engage que moi car je ne suis pas objectif sur ce coup-là..
Je n'ai pas vu courir Coppi contre-la-montre :green: mais par contre je reconnais que je ne retrouvais pas l'allure d'Anquetil avec cet équilibre entre élégance, aérodynamisme et puissance chez Indurain que je ne trouvais personnellement pas très esthétique à voir rouler (plus en force et puissance)... Pour Coppi tout le monde dit qu'il avait une élégance et une fluidité exceptionnelle dans son style mais sur les photos il dégage moins de puissance qu'Anquetil...
... et toujours... "cela n'engage que moi !"(loloherrera, marcella & Co) :moqueur:
Par angelsbdesign
#2569582
marcella a écrit :Un petit lien vers une vidéo de 1959.

http://footage.framepool.com/fr/shot/37 ... s-anquetil
Très démonstrative :good:
Du coup c'est plutôt à Baldini, qu'Indurain me ferait penser...
Rivière était présenté (avant son accident) comme un rival capable de surpasser Anquetil (il lui avait d'ailleurs ravi le record de l'heure) mais quand on voit apparaître Anquetil dans la vidéo il n'y a plus photo... La perfection de sa position parait surnaturelle... mais il était vraiment capable de garder cette position sans la moindre variation durant l'effort ! Il faut l'avoir vu pour le croire ! :coeur:
Par Crabtree
#2569612
Il est vrai que Poulidor était très avare, il faut voir comme illustration le témoignage de Robert Poulot sur la victoire de Rolf Wolfshohl, leur équipier et grand champion allemand au Tour d'Espagne de 1965, pourtant les deux hommes se sont réconciliés depuis. Rolf a même participé en 2014 à une cyclosportive de 750km de Dachau à Oradour à l'initiative des supporters limousin de Poulidor et André Dufraisse l'autre grand champion de cyclocross. Cependant, Ryamond Poulidor devait être très poli, il n'ya qu'à voir comment sa fille a éduqué ses deux petits-enfants. Ce qui me rends Poulidor sympathique c'est qu'il était très proche des anarchistes célinien Michel Audiard ou Antoine Blondin, un paysan du Limousin qui a perdu deux ans de sa carrière pour cause de service militaire en Algérie. Le grand mérite de Poulidor est d'avoir pu s'adapter aux nouvelles normes et conditions de courses après la génération Merckx. Les méthodes d'entrainement avaient changé. La diététique a évolué. Anquetil, par exemple, ne croyait pas à l'entrainement par intervalle qu'avait initié Coppi et qui se développait à son époque. Rik Van Steenbergen non plus. Le Britannique Brian Robinson était un adepte de cette méthode. À l'époque de Merckx, ces méthodes se généralisaient. Jean-Pierre Monseré et les frère De Vlaeminck les ont adopté très tôt chez les amateurs. Un programme très varié qui n'avait rien à voir avec les entrainement vu uniquement en terme de volume comme d'antan. Les premières années Merckx furent creuses pour Poulidor et de nombreux coureurs des années 1960 n'ont pas pu passer la décennie parce qu'ils n'ont pas pu s'adapter comme le regretté Roger Pingeon, Michele Dancelli ou Jan Janssen. Poulidor pouvait prendre le même chemin et pourtant il a fini par revenie au premier plan vers 1972. Certains pointeront ses liens avec le Docteur Mabuse mais je ne crois pas que de nouvelles substances dopantes aient pu expliquer sont retour au premier plan (je ne l'exclus cependant pas). Louis Caput avait argumenté dès 1971 dans la période relativement creuse de POulidor que la concurrence était nettement plus importante qu'à sa propre époque où la plupart dont lui par ignorance ne faisait pas \"le métier\". Il disait aussi qu'Anquetil avait gagné un Tour de France contre Marcel Janssens et que Gösta Pettersson et Joop Zoetemelk étaient de meilleures coureurs que Marcel Janssens. En 1974, il rappelait qu'en 1964, Poulidor ne se soignait pas et n'avait aucune notion de diététique. IL pouvait donc être un meilleur coureur à 38 ans qu'à 28 ans. J'ajoute qu'en 1972, Poulidor a battu Merckx sur Paris-Nice (Merckx amoindri par une grave chute à Saint-Étienne) en grimpant e Col d'Eze en 20 minutes 04. Ce temps l'aurait permis à 36 ans de figurer dans les 10 premiers du chrono du Col d'Eze de 2012 remporté par Richie Porte, malgré un vélo de deux kilos plus lourd, sans les jantes aérodynamiques et autres améliorations techniques et alors que plusieurs coureurs de cette course-là étaient des tricheurs notoires. C'est bien la preuve que les anciens n'auraient pas été surclassés comme on le prétend parfois. Sur le circuit Camilien Houde de Montréal, Merckx et Poulidor ont bouclé le dernier tour en 19 minutes 36 secondes de mémoire, ce n'est qu'une à deux minutes de plus que les coureurs actuels du GP de Montréal, sur le même parcours très exactement, en sachant que c'était alors la canicule, qu'il avait une course plus longue à boucler et qu'il faut toujours prendre en compte les améliorations techniques. Je parle sous le contrôle de spécialistes du wattage.
Avatar de l’utilisateur
Par Coeur-de-Lyon
#2569620
loloherrera a écrit :Je pense qu'aujourd'hui encore, Anquetil peut être considéré comme le meilleur rouleur de tous les temps.
Le seul qui puisse contester cet état de fait est Indurain. Mais comme on dit, ça n'engage que moi joker.
C'est pas Boardman ? :elephant:
Avatar de l’utilisateur
Par Baignereau
#2569649
angelsbdesign a écrit :
marcella a écrit :Pour moi c'est Fausto Coppi, mais là aussi ça n'engage que moi car je ne suis pas objectif sur ce coup-là..
Je n'ai pas vu courir Coppi contre-la-montre :green: mais par contre je reconnais que je ne retrouvais pas l'allure d'Anquetil avec cet équilibre entre élégance, aérodynamisme et puissance chez Indurain que je ne trouvais personnellement pas très esthétique à voir rouler (plus en force et puissance)... Pour Coppi tout le monde dit qu'il avait une élégance et une fluidité exceptionnelle dans son style mais sur les photos il dégage moins de puissance qu'Anquetil...
... et toujours... "cela n'engage que moi !"(loloherrera, marcella & Co) :moqueur:
Et que dire de l'exploit d'Hugo Koblet sur le Tour 51 entre Brive et Agen même si c'était une étape en ligne. Il devait envoyer sévère en chrono le bel Hugo...
Avatar de l’utilisateur
Par loloherrera
#2569659
Ah le pédaleur de charme...les années 50, c'était de la folie. Coppi, bartali (sur le déclin), Kubler, Koblet, Magni, Bobet, Van Steenbergen...et j'en oublie, peut-être la période la plus incroyable niveau champions.
Avatar de l’utilisateur
Par runnz
#2569696
Je reproduis le témoignage de Geminiani sur le championnat du Monde de 1953. Peu avant Coppi était depuis longtemps considéré comme ayant le plus beau palmarès sauf que le Mondial lui avait toujours échappé, souvent par malchance, absence sur blessure… Bref il ne pouvait plus trop attendre.


«J’ai réétudié minutieusement aussi la facilité dérisoire avec laquelle Coppi a gagné ce championnat mondial à Lugano. C’était à n’y pas croire : quand je l’ai vu démarrer avec son 47X21, sans crier gare, j’ai tenté de réagir, et je suis même remonté à quelque mètres de sa roue arrière. Impossible de recoller, car Fausto a relancé son action de plus belle… Il a remonté tout le groupe dans lequel je me trouvais en compagnie de Louison Bobet, et en cinq cents mètres, il nous en a mis deux cents dans la vue ! Croyez-moi, ce fut l’une des plus grandes surprises de ma carrière. Jamais je n’avais vu coureur assassiner tous ses pairs avec une telle maestria… On en parle encore entre anciens coursiers, quand on compte sur les doigts les exploits de légende. Celui-là en fait partie, comme l’échappée de Koblet, dans l’étape Brive-Agen du Tour 1951.

Je renforce l’anecdote par ce souvenir : à un tour et demi de l’arrivée, seul le Belge Germain Derycke s’accrochait par la grâce de Dieu à la roue de Coppi, sur les bords du lac de Lugano. Se sachant vite au sprint, le rouleur flamand distribuait des sourires, m’a-t-on rapporté, en passant devant la tribune de presse dans le sillage de Fausto. Mais celui-là lui ôta toutes ses illusions, en plaçant un second démarrage qui décramponna le Belge, vainqueur de Paris-Roubaix la même année. Tenez-vous bien : en un peu plus d’un tour du circuit Coppi distança Derycke de plus de six minutes ! Chapeau bas, Messeigneurs… » (1)


---

J'avais fait un concours basé surtout sur les CLM des étapes. Les chiffres c'est moins émouvant que les actions on est bien d'accord. Mais pour ne pas oublié ceux qui se sont souvent illustré sur les chrono, je remets le TOP10 via les calculs qui ne tranche jamais franchement les hiérarchies.

1 . J. Anquetil .. 1880
2 . B. Hinault .. 1840
3 . M. Indurain .. 1684
4 . E. Merckx .. 1675
5 . T. Rominger .. 1515
6 . R. Poulidor .. 1426
7 . F. Moser .. 1395
8 . F. Coppi .. 1350
9 . J. Ullrich .. 1334
10 . C. Boardman .. 1329

disq. L. Armstrong .. 1504

---

(1) \"MES GÉANTS DU CYCLISME\" chez Calmann Levy, peut-être encore disponible.
Par Crabtree
#2569893
Comme je l'ai montré dans mon intervention précédente, dans les années cinquante, les coureurs ne se soignaient pas et ne connaissaient pas les méthodes d'entrainement les plus efficaces si ce n'est Coppi qui était en avance sur son temps (Geminiani y faisait référence dans \"Mes cinq géants du cyclisme\"). C'est la raison pour laquelle il dominait et c'est ce dont on doit se souvenir de lui. Quand de plus jeunes ont copié ses méthodes, il a eu beaucoup plus de mal. Par réciprocité, on peut dire que la concurrence a son époque n'est pas du tout au niveau. Le témoignage de Louis Caput est essentiel pour comprendre cet état des choses. La plupart des coureurs dont lui-même ne faisaient pas \"le métier\", par ignorance. À l'époque d'Eddy Merckx, pratiquement tous les coureurs faisaient le métier, tous appliquaient les entrainements par intervalles en plus des entrainements d'endurance ou autres méthodes, tous ont commencé dans les années 1970 surtout à se soigner au niveau de la diététique. Le niveau était largement supérieur aux années cinquante. Même cette décennie-là peut vous sembler plus \"glamour\" (mais j'ai des raisons de penser que le cyclisme n'avait rien perdu de sa popularité en Italie à l'époque d'Eddy Merckx).
Avatar de l’utilisateur
Par loloherrera
#2569938
Bah évidemment que les méthodes d'entrainement, le matériel évolue. Mais je ne comprends pas ta comparaison 50-70.
Si j'adore les années 50, c'est de par ses champions, leur légende, un côté \"aventurier\" avec très peu de tv...
Pourquoi comparer le niveau ?
Avatar de l’utilisateur
Par Noé
#2569941
loloherrera a écrit :Bah évidemment que les méthodes d'entrainement, le matériel évolue. Mais je ne comprends pas ta comparaison 50-70.
Si j'adore les années 50, c'est de par ses champions, leur légende, un côté "aventurier" avec très peu de tv...
Pourquoi comparer le niveau ?
Bof, du côté de Direct énergie les méthodes n'ont pas beaucoup évolué depuis les années 70' apparemment... :green:
Avatar de l’utilisateur
Par tuco
#2570399
Crabtree a écrit :Il J'ajoute qu'en 1972, Poulidor a battu Merckx sur Paris-Nice (Merckx amoindri par une grave chute à Saint-Étienne) en grimpant e Col d'Eze en 20 minutes 04. Ce temps l'aurait permis à 36 ans de figurer dans les 10 premiers du chrono du Col d'Eze de 2012 remporté par Richie Porte, malgré un vélo de deux kilos plus lourd, sans les jantes aérodynamiques et autres améliorations techniques.

:good: :good: :good: :good:


j'ai quoté ça pour pas alourdir la page et quoter tout, mais tout ton post est génial, bourré d'infos.Il manque juste peut-être des aérations de paragraphes mais vraiment, quel régal !


question : d'où tu sors l'info sur le chrono de 72 ? C'est génial, ça, mais j'aimerai vraiment avoir la source (je ne remets absolument pas, je tiens à le préciser, l'info en doute, c'est juste que je voudrais savoir qui a eu l'idée de comparer, comment et où)
Avatar de l’utilisateur
Par tuco
#2570404
loloherrera a écrit :Ah le pédaleur de charme...les années 50, c'était de la folie. Coppi, bartali (sur le déclin), Kubler, Koblet, Magni, Bobet, Van Steenbergen...et j'en oublie, peut-être la période la plus incroyable niveau champions.

les années 1904-1914 et 1968-1978 sont pas mal non plus.


les années 2007-2017 idem, à un degré moindre. Enfin perso, quand je compare les top 10 2010' à ceux des années 80/90/2000, je trouve avantage à notre époque.
TRANSFERTS 2019 - 2020 (7E ÉDITION)

Faut quand même avouer que si Cofidis recrut[…]

ROUTE 209: Championnats nationaux

N'ayant pas trouvé les horaires pour l'Espa[…]

Tour de France 2019

On s'est tellement fait rouler par des Nerokin[…]

Vital Concept - B&B Hotels 2019

Sans parler de revenir à un niveau 2011-2[…]

Toute l'actualité cycliste sur notre site   Accéder au site