Le forum dédié aux fans d'histoire du cyclisme, de palmarès de coureurs, de courses, mais aussi de nombreux jeux organisés par nos animateurs. Vous retrouverez aussi ici les débats autour du cycle historique mis en place par David

Modérateur : Modos HP

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Par biquet
#3356026
Et ne pas oublier Delgado, dont la popularité reste inégalée en Espagne (j'ai déjà raconté mon anecdote des Lacs de Covadonga 2005 :green: ), et qui était aussi trés apprécié en France . Et qui reste ce gars plein d'humour et de malice, facilement accessible et disponible via son vieil ami FLaffargue. C'est vrai que le casting était top, d'autant que Mottet , l'homme qui détrona le monstre Kelly de sa place de n°1 Mondial (qu'il occupait depuis...Mars 1984 :ouch: ) au mois de Mars, a joué également un grand rôle dans le scénario de la course.
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Par AlbatorConterdo
#3356057
biquet a écrit :
11 juil. 2021, 11:04
Et ne pas oublier Delgado, dont la popularité reste inégalée en Espagne (j'ai déjà raconté mon anecdote des Lacs de Covadonga 2005 :green: ), et qui était aussi trés apprécié en France . Et qui reste ce gars plein d'humour et de malice, facilement accessible et disponible via son vieil ami FLaffargue. C'est vrai que le casting était top, d'autant que Mottet , l'homme qui détrona le monstre Kelly de sa place de n°1 Mondial (qu'il occupait depuis...Mars 1984 :ouch: ) au mois de Mars, a joué également un grand rôle dans le scénario de la course.
Tu peux nous rafraichir la mémoire ? :blush:
Par biquet
#3356625
OK. On était allé aux Lacs de Covadonga (quel régal !! :love: ) voir les Lacs de Covadonga et aussi des coureurs. On était plantés à 5 bornes du somment, sur le passage le plus raide, et je sais plus trop vers quelle heure, on entend un bruit sourd en contrebas. C'était la voiture TVE, avec Delgado à l'avant, qui se dirigeait vers la ligne d'arrivée pour le commentaire télé. Inutile de dire que le public était en transes, et une réflexion de 2 spectateurs a fait rire tout le monde: " Bon, on a vu Perico, maintenant on peut rentrer à la maison !!" :rieur: La course ne les intéressait que trés moyennement, quoi. C'était Delgado qu'ils voulaient voir. Incroyable le nombre de Falta Perico que j'ai pu lire sur les routes (pas seulement espagnoles) aprés la retraite du populaire ségovian, aprés 1994. Un copain journaliste à Mediabask, qui connait bien Francis Laffargue (qui reste un ami proche de Delgado) , me racontait la folie Delgado dans les années 80-90. C'était incroyable, et faut dire que Perico a toujours eu le sourire et la vanne facile. Des champions avec un vrai sens de l'humour et une humeur aussi égale, y en a pas eu des masses. Je me souviens perso du Critérium de Tarnos, en 1989, et c'était pareil. Delgado tel qu'en lui-même, jovial, cool. Un gars vraiment intéressant.
Dernière édition par biquet le 12 juil. 2021, 12:45, édité 1 fois.
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Par loloherrera
#3356641
Perso, j'ai aussi toujours beaucoup aimé Delgado. Son accent, sa sympathie, ses attaques...mon coureur préféré derrière qui vous savez.
C'est fou de se dire que l'affaire 88 n'a pas entaché sa cote de popularité. Etre fan de cyclisme, c'est quand même une gageure :genance:
Par AnatoleNovak
#3356667
Eté 1989, vacances en Grêce en famille, j'ai 13 ans.
Je me débrouille quasiment tout les jours pour trouver un exemplaire de l'Equipe chez les marchands de journaux. Nous sommes dans les Cyclades et le journal n'y arrive généralement que 2-3 jours après sa parution. Je viens de finir la lecture de l'article qui raconte la victoire de Fignon à Villard-de-Lans. Nous croisons dans la rue des français fraichement arrivés qui nous racontent spontanément l'épilogue du Tour. Impression d'irréalité...

Merci en tout cas Albator pour le récit! :super:
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Par AlbatorConterdo
#3356694
AnatoleNovak a écrit :
12 juil. 2021, 13:15
Eté 1989, vacances en Grêce en famille, j'ai 13 ans.
Je me débrouille quasiment tout les jours pour trouver un exemplaire de l'Equipe chez les marchands de journaux. Nous sommes dans les Cyclades et le journal n'y arrive généralement que 2-3 jours après sa parution. Je viens de finir la lecture de l'article qui raconte la victoire de Fignon à Villard-de-Lans. Nous croisons dans la rue des français fraichement arrivés qui nous racontent spontanément l'épilogue du Tour. Impression d'irréalité...

Merci en tout cas Albator pour le récit! :super:
:jap:
Je prends quelques vacances puis j'essaierai de renouveler l'exercice avec le Tour 87, probablement mon préféré.
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Par runnz
#3356943
Je ne suis pas intervenu et je passais de temps en temps, je connaissais trop bien ce Tour 89' dans ses moindres détails, j'ai longtemps conservé tous les journaux L'Équipe de ce Tour.
Ma conclusion à l'époque et encore aujourd'hui c'est que Fignon n'a pas perdu le Tour le dernier jour, mais dans l'étape de l'Alpe d'Huez où il a beaucoup trop attendu avant de placer son attaque à 4 kms de l'arrivée, il était dans un bon jour et pouvait attaquer au moins 2 ou 3 kms plus tôt et Lemond se prenait au moins 2 minutes de retard tellement il n'avait plus de répondant il faisait du poker face mais il devait s'accrocher dès les premiers lacets.

Lemond n'a jamais mentionné cet épisode, après y avoir longuement réfléchit, je crois qu'il n'a pas voulu en rajouter sur les regrets de Fignon même après plusieurs années.

Bravo Albator, un des meilleurs sujets de ce forum. :super:
Mais avec la concurrence du Tour actuel qui se déroulait en même temps, impossible d'obtenir une plus grande audience.
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Par levrai-dufaux
#3357326
loloherrera a écrit :
10 juil. 2021, 18:29
levrai-dufaux a écrit :
16 juin 2021, 00:04
:love: :love: :love: :love:

Ce Tour de France est juste exceptionnel, j'espère que ce sera l'occasion de revenir sur la "légende" selon laquelle Delgado était le plus costaud sans son départ catastrophique :hehe:
Alors, on y revient ? :green:
On peut bien évidemment pas refaire l'Histoire, mais lançons le débat...

Certes, Delgado a "bénéficié" de son retard du prologue en partant sous de meilleures conditions climatiques lors du CLM de Rennes...mais tout de même, je vois pas comment l'espagnol aurait pu être battu à la régulière sur ce Tour.
Capable de plus que limiter en chrono, c'était le plus fort en montagne. Et il n'aurait pas eu à se dévoiler aussi tôt lors de la grande étape pyrénéennes, où il a peut-être laissé des forces pour les Alpes.
Bref, pour moi, il était largement en course pour la gagne.
Attention, je ne dis pas que Delgado n'aurait pas été dans la course à la victoire sans sa boulette du prologue. Compte tenu de sa position finale (3e) et de son retard sur Lemond (3'34) malgré les 2'40 qu'il a laissé en route le jour du prologue, il n'y a pas de débat sur le fait qu'il aurait été un client pour la gagne.

Là où il y a débat en revanche au sujet de ce Tour 1989, c'est sur la question de savoir qui était le plus fort entre Lemond, Fignon et Delgado. J'ai souvent lu que Delgado aurait gagné ce Tour de France sans son faux-départ. C'est avec cette affirmation que je ne suis pas d'accord.
A mes yeux, Delgado n'a justifié son statut de meilleur grimpeur du monde ni dans les Pyrénées, ni dans les Alpes. Dans les Pyrénées, son retard l'a obligé à courir contre-nature en lançant une offensive lointaine dans l'étape de Superbagnères. Dans ce registre, il est battu pour l'étape par Millar qui s'était pourtant lancé à l'attaque avant lui. Quant aux Alpes, Delgado est clairement dominé par Fignon. Le Français a une mauvaise journée dans l'étape de l'Izoard, mais ce jour-là, on oublie que Delgado est incapable de distancer Lemond. Le lendemain, il s'accroche très difficilement à Fignon dans l'Alpe avant d'être nettement devancé dans l'étape arrivant à Villard-de-Lans.
Globalement, il me semble donc que le Delgado du Tour 1989 était moins fort en montagne que celui des éditions 1987 et 1988, ce qu'incarne sa performance relativement moyenne sur le chrono d'Orcières où il était favori. Fignon et Lemond étaient certes limites dans les Pyrénées mais, si Delgado n'avait pas accumulé autant de retard, je pense qu'il se serait contenté d'une attaque dans le final de l'étape et n'aurait pas fait de grosses différences. Avec les chronos et la forme de Fignon dans les Alpes, il me semble que le Français aurait pu battre l'Espagnol.

Car par moi, celui qui a perdu ce Tour de France alors qu'il avait tout pour le gagner, c'est Fignon. S'il a connu de mauvaises journées et était moins fort sur l'ensemble de l'épreuve qu'en 1984, il a aussi sorti des performances de tout premier plan. Sa victoire à Villard-de-Lans est le plus bel exploit de cette édition. Son panache avec Mottet sur la route de Marseille témoigne aussi de sa grande condition physique au milieu d'une année 1989 exceptionnelle pour lui.
Puisqu'on s'amuse à refaire l'histoire, je pense que sans sa blessure à la selle dans les derniers jours, il gagnait sans problème ce Tour de France et que la question "Delgado aurait-il gagné sans sa boulette du prologue ?" ne se serait même pas posé ! :green:

Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que l'erreur de Delgado aura eu une très grande influence sur le déroulement de ce Tour et qu'il est bien difficile d'imaginer à quoi il aurait ressemblé avec un Perico plus proche de ses 2 rivaux au général.
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Par levrai-dufaux
#3357333
runnz a écrit :
13 juil. 2021, 07:26
Je ne suis pas intervenu et je passais de temps en temps, je connaissais trop bien ce Tour 89' dans ses moindres détails, j'ai longtemps conservé tous les journaux L'Équipe de ce Tour.
Ma conclusion à l'époque et encore aujourd'hui c'est que Fignon n'a pas perdu le Tour le dernier jour, mais dans l'étape de l'Alpe d'Huez où il a beaucoup trop attendu avant de placer son attaque à 4 kms de l'arrivée, il était dans un bon jour et pouvait attaquer au moins 2 ou 3 kms plus tôt et Lemond se prenait au moins 2 minutes de retard tellement il n'avait plus de répondant il faisait du poker face mais il devait s'accrocher dès les premiers lacets.

Lemond n'a jamais mentionné cet épisode, après y avoir longuement réfléchit, je crois qu'il n'a pas voulu en rajouter sur les regrets de Fignon même après plusieurs années.

Bravo Albator, un des meilleurs sujets de ce forum. :super:
Mais avec la concurrence du Tour actuel qui se déroulait en même temps, impossible d'obtenir une plus grande audience.
C'est également ce que dit Fignon dans son autobiographie.
Cependant, pour nuancer, lorsque l'étape a été rediffusée l'an dernier sur la chaine l'Equipe, Fignon disait en interview sur le ligne d'arrivée que le rythme effréné de Rondon dans l'ascension l'avait mis dans le rouge et qu'il n'avait retrouvé des couleurs qu'à 5 km de l'arrivée. Il attaque sous la banderole des 4 km. Il aurait sans doute pu attaquer 500m plus tôt mais pas beaucoup plus (sur qui aurait été suffisant cela dit pour ces fichues 8 secondes !!).

Merci Albator pour cette excellente rétrospective, je me réjouis d'avance de te lire sur le Tour 1987 :agenou:
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Par AlbatorConterdo
#3357339
levrai-dufaux a écrit :
13 juil. 2021, 17:59

Merci Albator pour cette excellente rétrospective, je me réjouis d'avance de te lire sur le Tour 1987 :agenou:
C'est les bons côtés du _déclin : j'ai le temps pour ce genre de choses, désormais :green:
Par biquet
#3357561
levrai-dufaux a écrit :
13 juil. 2021, 17:53
loloherrera a écrit :
10 juil. 2021, 18:29


Alors, on y revient ? :green:
On peut bien évidemment pas refaire l'Histoire, mais lançons le débat...

Certes, Delgado a "bénéficié" de son retard du prologue en partant sous de meilleures conditions climatiques lors du CLM de Rennes...mais tout de même, je vois pas comment l'espagnol aurait pu être battu à la régulière sur ce Tour.
Capable de plus que limiter en chrono, c'était le plus fort en montagne. Et il n'aurait pas eu à se dévoiler aussi tôt lors de la grande étape pyrénéennes, où il a peut-être laissé des forces pour les Alpes.
Bref, pour moi, il était largement en course pour la gagne.
Attention, je ne dis pas que Delgado n'aurait pas été dans la course à la victoire sans sa boulette du prologue. Compte tenu de sa position finale (3e) et de son retard sur Lemond (3'34) malgré les 2'40 qu'il a laissé en route le jour du prologue, il n'y a pas de débat sur le fait qu'il aurait été un client pour la gagne.

Là où il y a débat en revanche au sujet de ce Tour 1989, c'est sur la question de savoir qui était le plus fort entre Lemond, Fignon et Delgado. J'ai souvent lu que Delgado aurait gagné ce Tour de France sans son faux-départ. C'est avec cette affirmation que je ne suis pas d'accord.
A mes yeux, Delgado n'a justifié son statut de meilleur grimpeur du monde ni dans les Pyrénées, ni dans les Alpes. Dans les Pyrénées, son retard l'a obligé à courir contre-nature en lançant une offensive lointaine dans l'étape de Superbagnères. Dans ce registre, il est battu pour l'étape par Millar qui s'était pourtant lancé à l'attaque avant lui. Quant aux Alpes, Delgado est clairement dominé par Fignon. Le Français a une mauvaise journée dans l'étape de l'Izoard, mais ce jour-là, on oublie que Delgado est incapable de distancer Lemond. Le lendemain, il s'accroche très difficilement à Fignon dans l'Alpe avant d'être nettement devancé dans l'étape arrivant à Villard-de-Lans.
Globalement, il me semble donc que le Delgado du Tour 1989 était moins fort en montagne que celui des éditions 1987 et 1988, ce qu'incarne sa performance relativement moyenne sur le chrono d'Orcières où il était favori. Fignon et Lemond étaient certes limites dans les Pyrénées mais, si Delgado n'avait pas accumulé autant de retard, je pense qu'il se serait contenté d'une attaque dans le final de l'étape et n'aurait pas fait de grosses différences. Avec les chronos et la forme de Fignon dans les Alpes, il me semble que le Français aurait pu battre l'Espagnol.

Car par moi, celui qui a perdu ce Tour de France alors qu'il avait tout pour le gagner, c'est Fignon. S'il a connu de mauvaises journées et était moins fort sur l'ensemble de l'épreuve qu'en 1984, il a aussi sorti des performances de tout premier plan. Sa victoire à Villard-de-Lans est le plus bel exploit de cette édition. Son panache avec Mottet sur la route de Marseille témoigne aussi de sa grande condition physique au milieu d'une année 1989 exceptionnelle pour lui.
Puisqu'on s'amuse à refaire l'histoire, je pense que sans sa blessure à la selle dans les derniers jours, il gagnait sans problème ce Tour de France et que la question "Delgado aurait-il gagné sans sa boulette du prologue ?" ne se serait même pas posé ! :green:

Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que l'erreur de Delgado aura eu une très grande influence sur le déroulement de ce Tour et qu'il est bien difficile d'imaginer à quoi il aurait ressemblé avec un Perico plus proche de ses 2 rivaux au général.
Pas d'accord, car même si Delgado n'était pas vraiment dominateur en montagne (c'était pas Herrera, hein, il n'était que son dauphin), c'était le plus stable et le plus régulier, bref, celui qui a traversé le plus rapidement les 2 massifs. Il n'a jamais explosé l'opposition, mais contrairement à ses 2 adversaires, il n'a pas connu non plus de véritable mauvaise journée. Et sur un Tour aussi difficile, c'était primordial. Delgado a fini les Alpes plutôt dans le dur (on l'a bien vu dans l'Alpe), moins bien que Fignon, mais sur l'ensemble des 2 massifs, clm en côte compris, c'était clairement le plus constant des 3.

En faisant le calcul des temps de l'ensemble des étapes de montagne, on obtenait le classement suivant:

1 Delgado
2 Theunisse 2'36"
3 Fignon 4'30"
4 Lemond 5'15"
5 Rooks 6'40"

On pourrait opposer le fait que Delgado est sorti au pied d'Aspin parce qu'on l'a laissé partir, mais en fait, Fignon n'était pas en mesure de faire autre chose. Il était déjà bien content d'être là, Guimard et lui-même l'avouant aprés l'étape. Quant à Lemond, il a fait du Lemond, quoi: " C'est pas à moi de rouler, j'ai pas d'équipier.." Comme la veille vers Cambasque, il voulait laisser tout le poids de la poursuite à Fignon, mais celui-ci n'avait pas les moyens d'intervenir. Je suis persuadé que Delgado aurait remporté le Tour sans son départ calamiteux, mais des opinions opposées sont tout aussi recevables. D'ailleurs, d'autres affirment aussi que Lemond aurait remporté aisément ce Tour s'il avait disposé d'une équipe correcte autour de lui, et que dans ce cas, il aurait éliminé plus tôt Fignon, dans l'étape Pyrénéenne ou dans celle de Briançon, avec l'appui d'un Millar et d'un Cornillet. Fort possible, mais bon, il n'était pas encore chez Z, il devait faire avec ce qu'il avait.
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Par levrai-dufaux
#3358256
biquet a écrit :
14 juil. 2021, 10:48
levrai-dufaux a écrit :
13 juil. 2021, 17:53


Attention, je ne dis pas que Delgado n'aurait pas été dans la course à la victoire sans sa boulette du prologue. Compte tenu de sa position finale (3e) et de son retard sur Lemond (3'34) malgré les 2'40 qu'il a laissé en route le jour du prologue, il n'y a pas de débat sur le fait qu'il aurait été un client pour la gagne.

Là où il y a débat en revanche au sujet de ce Tour 1989, c'est sur la question de savoir qui était le plus fort entre Lemond, Fignon et Delgado. J'ai souvent lu que Delgado aurait gagné ce Tour de France sans son faux-départ. C'est avec cette affirmation que je ne suis pas d'accord.
A mes yeux, Delgado n'a justifié son statut de meilleur grimpeur du monde ni dans les Pyrénées, ni dans les Alpes. Dans les Pyrénées, son retard l'a obligé à courir contre-nature en lançant une offensive lointaine dans l'étape de Superbagnères. Dans ce registre, il est battu pour l'étape par Millar qui s'était pourtant lancé à l'attaque avant lui. Quant aux Alpes, Delgado est clairement dominé par Fignon. Le Français a une mauvaise journée dans l'étape de l'Izoard, mais ce jour-là, on oublie que Delgado est incapable de distancer Lemond. Le lendemain, il s'accroche très difficilement à Fignon dans l'Alpe avant d'être nettement devancé dans l'étape arrivant à Villard-de-Lans.
Globalement, il me semble donc que le Delgado du Tour 1989 était moins fort en montagne que celui des éditions 1987 et 1988, ce qu'incarne sa performance relativement moyenne sur le chrono d'Orcières où il était favori. Fignon et Lemond étaient certes limites dans les Pyrénées mais, si Delgado n'avait pas accumulé autant de retard, je pense qu'il se serait contenté d'une attaque dans le final de l'étape et n'aurait pas fait de grosses différences. Avec les chronos et la forme de Fignon dans les Alpes, il me semble que le Français aurait pu battre l'Espagnol.

Car par moi, celui qui a perdu ce Tour de France alors qu'il avait tout pour le gagner, c'est Fignon. S'il a connu de mauvaises journées et était moins fort sur l'ensemble de l'épreuve qu'en 1984, il a aussi sorti des performances de tout premier plan. Sa victoire à Villard-de-Lans est le plus bel exploit de cette édition. Son panache avec Mottet sur la route de Marseille témoigne aussi de sa grande condition physique au milieu d'une année 1989 exceptionnelle pour lui.
Puisqu'on s'amuse à refaire l'histoire, je pense que sans sa blessure à la selle dans les derniers jours, il gagnait sans problème ce Tour de France et que la question "Delgado aurait-il gagné sans sa boulette du prologue ?" ne se serait même pas posé ! :green:

Quoi qu'il en soit, ce qui est certain, c'est que l'erreur de Delgado aura eu une très grande influence sur le déroulement de ce Tour et qu'il est bien difficile d'imaginer à quoi il aurait ressemblé avec un Perico plus proche de ses 2 rivaux au général.
Pas d'accord, car même si Delgado n'était pas vraiment dominateur en montagne (c'était pas Herrera, hein, il n'était que son dauphin), c'était le plus stable et le plus régulier, bref, celui qui a traversé le plus rapidement les 2 massifs. Il n'a jamais explosé l'opposition, mais contrairement à ses 2 adversaires, il n'a pas connu non plus de véritable mauvaise journée. Et sur un Tour aussi difficile, c'était primordial. Delgado a fini les Alpes plutôt dans le dur (on l'a bien vu dans l'Alpe), moins bien que Fignon, mais sur l'ensemble des 2 massifs, clm en côte compris, c'était clairement le plus constant des 3.

En faisant le calcul des temps de l'ensemble des étapes de montagne, on obtenait le classement suivant:

1 Delgado
2 Theunisse 2'36"
3 Fignon 4'30"
4 Lemond 5'15"
5 Rooks 6'40"

On pourrait opposer le fait que Delgado est sorti au pied d'Aspin parce qu'on l'a laissé partir, mais en fait, Fignon n'était pas en mesure de faire autre chose. Il était déjà bien content d'être là, Guimard et lui-même l'avouant aprés l'étape. Quant à Lemond, il a fait du Lemond, quoi: " C'est pas à moi de rouler, j'ai pas d'équipier.." Comme la veille vers Cambasque, il voulait laisser tout le poids de la poursuite à Fignon, mais celui-ci n'avait pas les moyens d'intervenir. Je suis persuadé que Delgado aurait remporté le Tour sans son départ calamiteux, mais des opinions opposées sont tout aussi recevables. D'ailleurs, d'autres affirment aussi que Lemond aurait remporté aisément ce Tour s'il avait disposé d'une équipe correcte autour de lui, et que dans ce cas, il aurait éliminé plus tôt Fignon, dans l'étape Pyrénéenne ou dans celle de Briançon, avec l'appui d'un Millar et d'un Cornillet. Fort possible, mais bon, il n'était pas encore chez Z, il devait faire avec ce qu'il avait.
Je comprends totalement ton point de vue.
Pour ma part, je me méfierais tout de même des déclarations en course de Fignon et Guimard. Ces deux-là étaient très malins et il ne faut pas perdre de vue le facteur psychologique de leurs déclarations. A mon sens, ils étaient très embêtés du rapproché de Delgado au général, mais il fallait garder la face en rejetant la mauvaise opération sur Lemond qui n'aurait pas assumé son statut de maillot jaune plutôt que sur Fignon.
A mon sens, dans l'étape de Superbagnères, Fignon n'était pas aussi mal qu'il l'a prétendu à l'arrivée. La plus grosse part de l'avance prise par le trio Millar-Mottet-Delgado tient à la mésentente du groupe des poursuivants où le maillot jaune sans équipe n'était pas en mesure de prendre la poursuite à sa charge, tandis que les Système U et les PDM se rejetaient la responsabilité de la poursuite, laissant l'écart grandir démesurément jusqu'à atteindre 5 minutes au pied de Peyresourde.
Dans l'ascension finale, si Fignon n'a pas été en mesure de suivre Rooks et Theunisse, c'est tout de même lui qui imprime le tempo et réduit l'écart avec les hommes de tête avant de lâcher Lemond dans les derniers hectomètres.

En bref, je ne crois pas que Delgado ait démontré une grande supériorité physique ce jour-là. A mon sens, Rooks et Theunisse étaient au moins aussi forts, mais l'Espagnol a profité de la configuration de la course (mésentente de ses poursuivants, faiblesse de l'équipe de Lemond) et de son retard pour prendre beaucoup de champ. S'il avait été mieux placé au général, il me paraît assez certain qu'il n'attaque pas d'aussi loin, ou alors, s'il fait la même attaque, qu'il est directement pris en chasse par ses rivaux. Le plus probable reste qu'il aurait attaqué dans l'ascension finale et je ne suis pas sûr qu'il aurait fait beaucoup plus de différences que le duo PDM sur Fignon (22 secondes)
Par biquet
#3359181
levrai-dufaux a écrit :
15 juil. 2021, 10:35
biquet a écrit :
14 juil. 2021, 10:48


Pas d'accord, car même si Delgado n'était pas vraiment dominateur en montagne (c'était pas Herrera, hein, il n'était que son dauphin), c'était le plus stable et le plus régulier, bref, celui qui a traversé le plus rapidement les 2 massifs. Il n'a jamais explosé l'opposition, mais contrairement à ses 2 adversaires, il n'a pas connu non plus de véritable mauvaise journée. Et sur un Tour aussi difficile, c'était primordial. Delgado a fini les Alpes plutôt dans le dur (on l'a bien vu dans l'Alpe), moins bien que Fignon, mais sur l'ensemble des 2 massifs, clm en côte compris, c'était clairement le plus constant des 3.

En faisant le calcul des temps de l'ensemble des étapes de montagne, on obtenait le classement suivant:

1 Delgado
2 Theunisse 2'36"
3 Fignon 4'30"
4 Lemond 5'15"
5 Rooks 6'40"

On pourrait opposer le fait que Delgado est sorti au pied d'Aspin parce qu'on l'a laissé partir, mais en fait, Fignon n'était pas en mesure de faire autre chose. Il était déjà bien content d'être là, Guimard et lui-même l'avouant aprés l'étape. Quant à Lemond, il a fait du Lemond, quoi: " C'est pas à moi de rouler, j'ai pas d'équipier.." Comme la veille vers Cambasque, il voulait laisser tout le poids de la poursuite à Fignon, mais celui-ci n'avait pas les moyens d'intervenir. Je suis persuadé que Delgado aurait remporté le Tour sans son départ calamiteux, mais des opinions opposées sont tout aussi recevables. D'ailleurs, d'autres affirment aussi que Lemond aurait remporté aisément ce Tour s'il avait disposé d'une équipe correcte autour de lui, et que dans ce cas, il aurait éliminé plus tôt Fignon, dans l'étape Pyrénéenne ou dans celle de Briançon, avec l'appui d'un Millar et d'un Cornillet. Fort possible, mais bon, il n'était pas encore chez Z, il devait faire avec ce qu'il avait.
Je comprends totalement ton point de vue.
Pour ma part, je me méfierais tout de même des déclarations en course de Fignon et Guimard. Ces deux-là étaient très malins et il ne faut pas perdre de vue le facteur psychologique de leurs déclarations. A mon sens, ils étaient très embêtés du rapproché de Delgado au général, mais il fallait garder la face en rejetant la mauvaise opération sur Lemond qui n'aurait pas assumé son statut de maillot jaune plutôt que sur Fignon.
A mon sens, dans l'étape de Superbagnères, Fignon n'était pas aussi mal qu'il l'a prétendu à l'arrivée. La plus grosse part de l'avance prise par le trio Millar-Mottet-Delgado tient à la mésentente du groupe des poursuivants où le maillot jaune sans équipe n'était pas en mesure de prendre la poursuite à sa charge, tandis que les Système U et les PDM se rejetaient la responsabilité de la poursuite, laissant l'écart grandir démesurément jusqu'à atteindre 5 minutes au pied de Peyresourde.
Dans l'ascension finale, si Fignon n'a pas été en mesure de suivre Rooks et Theunisse, c'est tout de même lui qui imprime le tempo et réduit l'écart avec les hommes de tête avant de lâcher Lemond dans les derniers hectomètres.

En bref, je ne crois pas que Delgado ait démontré une grande supériorité physique ce jour-là. A mon sens, Rooks et Theunisse étaient au moins aussi forts, mais l'Espagnol a profité de la configuration de la course (mésentente de ses poursuivants, faiblesse de l'équipe de Lemond) et de son retard pour prendre beaucoup de champ. S'il avait été mieux placé au général, il me paraît assez certain qu'il n'attaque pas d'aussi loin, ou alors, s'il fait la même attaque, qu'il est directement pris en chasse par ses rivaux. Le plus probable reste qu'il aurait attaqué dans l'ascension finale et je ne suis pas sûr qu'il aurait fait beaucoup plus de différences que le duo PDM sur Fignon (22 secondes)
J'ai jamais dit que Delgado avait démontré une grande supériorité physique, mais il me semble que c'est un peu facile de spéculer en disant que les 2 néerlandais étaient au moins aussi forts. Le meilleur homme des Pyrénées, sans pour autant écraser la concurrence, était Perico. Pourquoi Theunisse n'a pas pu garder sa roue dans Cambasque, par exemple ??

Je rajoute aussi que le ségovian n'était pas sorti avec Mottet et Millar dans Tourmalet (sans doute une erreur, d'ailleurs), et qu'il a du réaliser un sacré effort dans Aspin pour revenir sur eux, qui s'étaient lancé dans une opération au long cours. Alors que les 2, à l'avant, s'entendaient comme larrons en foire. Quant aux déclarations de Guimard et Fignon sur son mauvais passage à Peyresourde, on peut en douter (tout comme on peut douter de tout ce que disent les coureurs et les DS, finalement), mais pour avoir revu la VHS "L'Histoire du Tour 1989", commenté par Patrick Montel, on voit quand même clairement un Fignon en difficulé, le visage trés grimaçant, réintégrant le groupe Lemond dans Aspin, en compagnie de Kelly et quelques autres. J'ai vraiment la sensation qu'il était, effectivement, mal ce jour-là, avant de se refaire une santé dans Superbagnères (à la Poulidor du Pla d'Adet 1974, entres autres). Si Fignon avait été dans un bon état de forme, jamais il n'aurait laissé partir Delgado, comme d'ailleurs il n'a jamais voulu lui laisser prendre du champ dans Cambasque, emmenant encore Lemond dans sa roue.

Là ou je suis d'accord avec toi, c'est que si Delgado avait été bien placé au général, il ne serait jamais sorti dans Aspin, et aurait fait du Perico: un numéro dans les derniers km. Comme l'année précédente. Depuis son erreur fatale dans La Plagne 87 (attaque à 13 bornes du sommet, lui qui était un finisseur de la montagne), il spéculait sur 2 choses pour gagner le Tour: ses progrès clm (on était loin du jeune grimpeur des années 82-86 qui prenait régulièrement des tôles) et son coup de rein dans les derniers km des montées finales. Charly Mottet a eu cette phrase, à ce sujet: " Quand les derniers hectomètres arrivaient, on savait tous que Delgado allait nous en mettre une. Mais y avait rien à faire, il nous passait devant le nez et on devait le laisser partir." Delgado n'était pas Herrera, et il l'admettait lui-même, mais c'était le n°2 des grimpeurs période 2è moitié des années 80 (Parra n°3). Avec l'avantage de ses progrès en chrono par rapport au légendaire Lucho.
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