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Modérateur : Modos HP

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Par levrai-dufaux
#3243319
CPTmatros a écrit :
12 oct. 2020, 13:26
Je viens de revoir l'exploit de Poli au Ventoux en 1994. 25' d'avance au pied. :ouch:
Finit avec un peu plus de 3' à Carpentras. Étape absolument mythique.
Très beau souvenir en effet qu'Eros Poli et ses 87 kg en tête au sommet du Ventoux :applaud:
Typiquement le genre d'étape qui ne pourrait plus advenir aujourd'hui et dans un sens, heureusement pour VCN, où elle aurait fait couler beaucoup d'encre. Entre les 40 km séparant le sommet du Ventoux et l'arrivée, la présence d'un seul homme en tête sur une telle étape, l'absence de poursuite des équipes de leaders qui laissent presque 25 minutes d'avance à l'échappée et finalement des favoris qui se neutralisent au général, il y en aurait plus d'un pour se plaindre et déplorer le spectacle :genance:
Il n'empêche, la victoire de Poli reste pour moi aussi une des plus marquantes et des plus émouvantes victoires d'échappée sur le Tour de France.

Petite anecdote sur l'étape : Indurain, déjà largement en tête au général, avait failli tout perdre en frôlant la sortie de route dans la descente du Ventoux :w00t:
Après cette étape, les coureurs escaladaient le lendemain l'Alpe d'Huez pour une arrivée au sommet. Je me demande si ce n'est pas la seule fois dans l'histoire du Tour que ces deux sommets s'enchainaient consécutivement.
Par fred30
#3243389
Eh bien moi je serai le premier à applaudir une nouvelle étape qui passerait par le Ventoux sans arrivée au sommet !

Le sommet à 40 bornes du but, et une bosse de 3ème ou 2ème catégorie entre le Ventoux et l'arrivée. Dans la région on peut en trouver.
Après les coureurs en feraient ce qu'ils voudraient, mais l'étape serait alléchante. :super:
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Par CPTmatros
#3243392
levrai-dufaux a écrit :
13 oct. 2020, 16:50
CPTmatros a écrit :
12 oct. 2020, 13:26
Je viens de revoir l'exploit de Poli au Ventoux en 1994. 25' d'avance au pied. :ouch:
Finit avec un peu plus de 3' à Carpentras. Étape absolument mythique.
Très beau souvenir en effet qu'Eros Poli et ses 87 kg en tête au sommet du Ventoux :applaud:
Typiquement le genre d'étape qui ne pourrait plus advenir aujourd'hui et dans un sens, heureusement pour VCN, où elle aurait fait couler beaucoup d'encre. Entre les 40 km séparant le sommet du Ventoux et l'arrivée, la présence d'un seul homme en tête sur une telle étape, l'absence de poursuite des équipes de leaders qui laissent presque 25 minutes d'avance à l'échappée et finalement des favoris qui se neutralisent au général, il y en aurait plus d'un pour se plaindre et déplorer le spectacle :genance:
Il n'empêche, la victoire de Poli reste pour moi aussi une des plus marquantes et des plus émouvantes victoires d'échappée sur le Tour de France.

Petite anecdote sur l'étape : Indurain, déjà largement en tête au général, avait failli tout perdre en frôlant la sortie de route dans la descente du Ventoux :w00t:
Après cette étape, les coureurs escaladaient le lendemain l'Alpe d'Huez pour une arrivée au sommet. Je me demande si ce n'est pas la seule fois dans l'histoire du Tour que ces deux sommets s'enchainaient consécutivement.
Du coup je viens d'enchainer avec l'Alpe 1994. :super:
Victoire en échappée de Conti sans doute le plus succès de sa carrière.
Un coureur régulier plusieurs top 10 en GT.
Derrière, Pantani faisait le show en battant le record de la montée qu'il améliorera l'année suivante.
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Par levrai-dufaux
#3243595
Les temps d'ascension de l'Alpe d'Huez ces années-là sont vraiment un reflet de la vitesse à laquelle l'EPO s'est généralisé dans le peloton, mais aussi du perfectionnement très rapide des protocoles et des charges ingérées.
Avant la montée de 1994, le record d'ascension appartenait au trio Indurain-Bugno-Leblanc lors de la montée de 1991 en 40'30. A ce moment-là, c'était déjà une formidable avancée par rapport au 41'44 réalisé par Herrera en 1987.
Eh bien, en 1994, Roberto Conti, alors échappée sur l'étape de l'Alpe et grimpeur en second rideau sur cette édition du Tour, allait lui-même battre le temps d'Indurain et Bugno en escalant l'Alpe d'Huez en 40'20 :rieur:
Ce jour-là, ce sont pas moins de huit coureurs qui améliorent le record existant (Pantani, Virenque, Indurain, Leblanc, Poulnikov, Ugrumov, Zülle et Conti donc).
Pantani, en réalisant 37'15, explose même le record de 1991 de plus de trois minutes :tonton:
Il y a d'ailleurs une scène dans cette ascension de l'Alpe qui symbolise bien ce passage à "l'ère des mobylettes". Lorsque Pantani laisse sur place Pensec qui était échappé, celui-ci en lève les bras au ciel tellement il est sidéré par la vitesse à laquelle il est dépassé ! Bien sûr, Pensec n'était plus dans ses meilleurs années, mais on parle d'un coureur qui avait deux top 10 sur le Tour au milieu des années 1980. Malheureusement, je n'ai pas réussi à retrouver la photo sur internet, peut-être que certains y parviendront mieux que moi, mais l'image résume bien le passage des années 1980 à 1990 en vélo.
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Par levrai-dufaux
#3243781
CPTmatros a écrit :
14 oct. 2020, 13:09
Après Pensec était échappé logique qu'il se fasse déposer tout de même.
Bien sûr. Ce que je trouve frappant n'est pas que Pensec soit déposé, mais sa réaction qui traduit le brutal changement de rythme dans les ascensions en quelques années. C'est assez fou de voir ce coureur capable d'un top 10 à la pédale lors de l'étape gagnée par le duo Hinault-Lemond à l'Alpe d'Huez en 1986 être complètement désabusé par le rythme de Pantani et incapable de prendre sa roue ne serait-ce que quelques mètres.
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Par CPTmatros
#3244635
Je viens de revoir la trilogie Ugrumov.

VAL THORENS:
Le matin de l'étape, il est 9e à 14'. Il part dans l'échappée matinale où il réalise l'ensemble du travail. Il n'est battu que par l'opportuniste Rodriguez (raton?). Il reprend 1' à Pantani et 2'40 aux autres favoris (Indurain Leblanc Virenque notamment).

CLUSES:
Rebelote le lendemain il est encore relativement loin au CG (11'30). Il bénéficie certainement d'une certaine marge de manoeuvre mais tout de même étonnant qu'on le laisse partir.
Le groupe contient Lino, Kasputis notamment. En bon voisin, le Lituanien fera un bout de chemin avec lui dans la vallée. Seul à résister au groupe des favoris, Ugrumov l'emporte avec 2'40 sur Indurain et Virenque, 3'25 sur Pantani et Conti, 3'30 sur Leblanc, volant littéralement sur les pédales.

MORZINE CLM:
Mais le chef d'oeuvre ultime de Piotr reste ce CLM, qui marque la dernière étape alpestre de ce Tour 1994. Frais comme un gardon, le Gewiss ne ressent pas les efforts de ces deux chevauchées fantastiques et enchaine un 3e jour à très gros niveau. Explosant toute la concurrence, il gagne avec 1'38 sur Pantani et surtout 3'16 sur le roi Miguel (qui ne l'a sans doute pas fait à fond compte tenu de son avance au CG mais tout de même, 3'!!) et 3'50 sur Leblanc. Virenque prend un tir plus de 6'!

Voilà comment en 3 jours remonter de la 10e à la seconde place du CG et terminer dauphin d'Indurain.
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Par AlbatorConterdo
#3244636
Tu les as vues avec les commentaires de l'époque, ceux où P.Chêne et Thévenet rêvent de le voir en futur adversaire d'Indurain dans les années à venir ? :genance:
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Par CPTmatros
#3244638
AlbatorConterdo a écrit :
16 oct. 2020, 18:53
Tu les as vues avec les commentaires de l'époque, ceux où P.Chêne et Thévenet rêvent de le voir en futur adversaire d'Indurain dans les années à venir ? :genance:
Oui exactement. :green:
Elles sont toutes dispos sur Youtube dorénavant.
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Par CPTmatros
#3244750


La dernière fois qu'on n'a pas vu un sprint sur les Champs (si on met de côté Vino).

Et quel final avec Chêne dans toute sa splendeur. :ouch:
J'avais oublié à quel point c'était intense!!
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Par levrai-dufaux
#3244809
Merci CPT d'avoir évoqué ce Tour de France 1994.

Je me suis repenché sur son tracé suite à tes commentaires et, il s'agit sans nul doute de l'un des Tours les plus montagneux de l'ère Jean-Marie Leblanc et des années 90. Un tracé clairement "anti-Indurain" qui devrait nous faire réfléchir sur nos souhaits présents pour équilibrer les tracés du Tour.

Si l'on regarde les étapes de montagne en détails, on avait :
- 2 arrivées au sommet dans les Pyrénées à Hautacam et Luz-Ardiden. L'arrivée à Hautacam (la première de l'histoire du Tour) se faisait au terme d'une étape certes plate mais longue de 263 km. Le lendemain, l'ascension de Luz-Ardiden était précédée d'un enchaînement Peyresourde/Aspin/Tourmalet. Seulement deux étapes donc, mais sacrément costaud pour un premier massif si l'on compare aux standards actuels.
- Un passage par le Ventoux la veille des Alpes
- 4 grosses étapes alpestres avec : arrivée à l'Alpe d'Huez, suivi d'un enchaînement Glandon/Madeleine/Val Thorens le lendemain puis une troisième étape comprenant les cols de la Croix Fry et de la Colombière dans le final. Enfin, la 4e étape était terrible, un chrono de près de 50 bornes avec l'ascension vers Avoriaz (je ne crois pas qu'Indurain l'ait fait sur la réserve, il réalise simplement une mauvaise performance ce jour-là).

A côté de cette véritable orgie de montagne (5 arrivées au sommet + le Ventoux + le Tourmalet), il y avait un contre-la-montre par équipes de 66 km et un chrono individuel plat de 64 bornes en première semaine.

Résultat ? Quelques belles chevauchées de Virenque et Ugrumov mais aucun suspense pour la victoire finale. Rominger, le seul à avoir limité la casse après les chronos, est loin du compte dès l'arrivée à Hautacam. Leblanc, Virenque et Pantani sont à peu près au même niveau que Miguel en montagne, mais ils avaient respectivement 8'37, 14'44 et 14'46 de retard avant les Pyrénées.
De quoi voir venir... à tel point qu'Indurain ne prenait même pas la peine de répondre à leurs attaques. Si ma mémoire est bonne, dans l'Alpe d'Huez, il ne cherche pas à répondre au démarrage de Virenque alors que celui-ci est 2e du général et il se contente de le contrôler dans les derniers kilomètres en accélérant. Dans l'ère moderne, j'ai peu d'exemples en tête d'un maillot jaune qui choisit délibérément de ne pas répondre à une attaque de son second au général lors d'une étape de montagne tellement il a une marge confortable.

Lorsque l'on compare ce tracé à ceux qui sont proposés actuellement, on se dit que les difficultés ont été grandement atténuées de nos jours pour préserver le sacro-saint suspense si cher à ASO : aujourd'hui il y a à la fois moins de contre-la-montre et moins de difficultés dans les étapes de montagne proposées.
Il n'est pas étonnant que nous ayons si souvent le sentiment d'assister à une course d'attente lorsque tout est fait de la part de l'organisateur pour inciter les coureurs à attendre les derniers jours pour véritablement s'attaquer.
En revanche, le Tour 1994 nous montre aussi qu'il ne suffit pas de rajouter un long chrono plat en première semaine avant la montagne pour garantir du spectacle dans celle-ci. Car si l'édition 94 fut bien meilleure que la précédente (pas bien difficile...), elle n'est pas non plus une grande cuvée. Pour en rester ces années-là, le Tour 95 est nettement au-dessus à mon avis.
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Par CPTmatros
#3244820
Merci pour ce complément d'informations ! :super:
Je me suis fait la réflexion que ce Tour était hyper montagneux et, avec les près de 200 km de chrono (!!), les organismes ont du être mis à rude épreuve.
A Saint Point lors de l'étape 20, les coureurs roulent les 2/3 de l'étape en dedans à la demande de Luc Leblanc pour faire souffler tout le monde.
La victoire de Seigneur n'est à mon avis pas étrangère à la fatigue des équipiers des sprinteurs, au tracé et au nombre d'abandons/manque d'équipiers.

Tu as raison il n'y a pas eu trop de suspense mais l'ère Indurain est faite ainsi. Il étaitt tellement supérieur en chrono (chrono plat surtout donc) que cela lui laissait une marge suffisante pour contrôler de loin.
Si on transfère un tracé récent sur un Tour Indurain, qui sait s'il n'aurait pas été battu?

J'enchainerai avec 1995 un peu plus tard. :wink:

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