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Modérateur : Modos HP

#2639656
levrai-dufaux a écrit :
12 juil. 2017, 15:31
En regardant de plus près (ça me paraissait quand même long 8h25 pour 269 kms), j'ai lu cette aprem que l'étape remportée par Parra avait été escamotée pendant pratiquement 200 bornes par les coureurs et que le seul qui avait tenté d'attaquer en début d'étape avait été rappelé à l'ordre par Hinault en personne. Comme quoi on fustige Armstrong et les Sky, mais ça ne date pas d'hier ces attitudes d'intimidation :carton:
Joel Pelier non? Je me souviens qu'il s'était pris un savon par Hinault mais plus trop dans quelle étape.

Bon, Hinault, on aime ou pas le coureur mais le personnage aussi on aime ou pas. J'aime bien l'un mais nettement moins l'autre.
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Par marcella
#2639711
Pelier s'était fait remettre en place par Hinault, mais je ne sais pas si c'était sur cette étape.

Hinault, pour l'avoir rencontré quelque fois, porte bien son surnom de blaireau. :elephant:
Toujours dans les bons coups lorsqu'il fallait faire le coup de poing, notamment avec des grévistes qui voulaient bloquer le tour à Longwy en 79.
Il avait par contre été dans les meneurs lorsque le peloton avait fait grève en 78 pour gueuler contre les transferts et les demi-étapes.
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Par runnz
#2639947
C'est avec Hinault que j'ai grandit et je me suis vraiment intéressé au cyclisme grâce à lui.

Un vrai leader c'est ça : capable de dicter l'allure d'une étape ou d'une grève, c'est pareil.
Pas toujours sympa. Image

Vous l'avez sans tous vu quand il éjecte rudement du podium un manifestant pour une cause quelconque, oui c'est ça un leader, un homme qui aime s'imposer.
Par pasquin
#2642851
Bande de jeunes :elephant:

Mon premier souvenir d'un Colombien est une photo dans Miroir du Cyclisme de "Cochise" Rodriguez qui venait de gagner le Baracchi avec Gimondi. Ayant plutôt l'âge de m'intéresser aux cowboys et aux indiens c'est probablement ce surnom qui a fait tilt chez le gamin que j'étais. J'ai un vague souvenir de sa présence sur le Tour 1975 (27e) comme équipier de Gimondi.
Il venait de passer pro à 30 ans. J'ai appris bien plus tard qu'il avait fini 3 tours d'Italie en gagnant deux étapes avant de retourner en Colombie. Sans oublier une carrière amateur avec, notamment, un doublé Tour de Colombie-Clasico RCN à 21 ans et un titre de Champion du Monde de poursuite.
Dommage que Lucho n'ait pas eu ses facultés de rouleur et quelques équipiers assurant sur le plat, il aurait pu viser bien davantage. Il faut dire aussi qu'avec les 200 kms cumulés sur les TDF de ces années-là, c'était mission impossible et je pense qu'il a fait au mieux de ses possibilités.
Par Crabtree
#2661279
Excusez-moi de dériver du sujet initial mais Martin Emilio Rodriguez Gutierrez alias Cochise m'inspire beaucoup plus que Lucho Herrera pour être franc même si je respecte l'admiration que certains portent à ce dernier et vu qu'il a été cité, je me permets d'intervenir. Avant Cochise, le premier Colombien à passer pro était Giovanni Jimenez Ocampo. Lui aussi était atypique pour un Colombien puisqu'il a abouti sur le circuit des kermesses belges. Il est le premier Colombien à avoir terminé le Tour des Flandres. Lors des Championnats du monde de Zolder en 2002, il s'est occupé du logement de l'équipe colombienne, si je ne m'abuse (il a longtemps tenu une cafétaria à Ruisbroeck près de Bruxelles, je ne sais pas s'il l'a toujours). Cochise, en revanche, était un coureur phénoménal. Son surnom lui vient du western "La flèche brisée", l'un des premiers films qu'il ait vu au cinéma à l'age de 7 ans, avec James Stewart dans le rôle principal mais il était impressionné par l'acteur qui jouait le rôle du vrai chef Apache Cochise (il ne savait pas que c'était un Américain blanc dont le nom m'échappe). Cochise n'aurait jamais du passer pro. En 1972, le président de la fédération colombienne, qu'il gênait probablement, s'est rendu compte qu'aux Jeux olympiques de Mexico quatre ans plus tôt, Cochise portait un maillot de marque avec Ole Ritter qui préparait son record de l'heure. Du coup, il était exclu des Jeux olympiques de Munich. D'où sa célèbre phrase: "En Colombie, on meurt plus de jalousie que de cancer". C'était du reste un mal pour un bien puisque cela lui permettait de réellement passer pro. Son entraineur italien Claudio Costa qui avait "préparé" son record amateur de l'heure l'a mis en contact avec Bianchi/Salvarani. D'après lesiteducyclisme.net, Cochise aurait couru pour Salvarani en 1972 mais je ne peux pas confirmé cette information. Toujours est-il qu'il dispute alors le Championnat du monde de poursuite avec les professionnels (alors qu'il est le champion en titre, chez les amateurs, sa victoire contre Joseph Fuchs a eu un grand retentissement en Colombie) et est battu en quart de finale par Ferdinand Bracke. Il passe donc chez Bianchi en 1973 avec le rôle unique de gregario de luxe pour Felice Gimondi. Il devait l'accompagner dans tous ses entraînements. Il a fallu qu'il loge pas loin de chez lui. Et très souvent, il était plus fort que son leader en montagne dans les Grands Tours. Finalement, il n'aura eu que très peu de liberté. Ses plus belles victoires pro, outre le Trophée Baracchi et les deux étapes du Tour d'Italie furent certainement le GP de Camaiore, le Tour des Marches et si je ne m'abuse une étape de la Cronostaffetta. En 1974, il échoue pour à peine 5" avec Gösta Pettersson dans le Trophée Baracchi contre la paire Francesco Moser/Roy Schuiten. Il semble d'ailleurs que ce soit plus Pettersson qui a failli dans le final que Cochise. À noter qu'à cette même époque en 1974, un autre champion colombien passait pro: Rafael Niño. Dominateur sur le circuit colombien, Niño n'a cependant jamais brillé en Europe. 1974 fut sa seule saison. À noter aussi que plusieurs vedettes européenne en cette fin de saison 1974 sont allés disputer une course richement dotée (en narcodollars?) en Colombie. Je ne me souviens plus du nom. Il y avait notamment Felice Gimondi et Domingo Perurena. Eddy Merckx a du renoncé pour une blessure au genou. Bien sûr, les Européens n'ont pu rivaliser avec les Colombiens sur leurs "hauteurs".
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Par runnz
#2662371
J'ai bien aimé aussi l'histoire des premiers Colombien en Europe, moi j'imaginais Alfonzo Florez vainqueur du Tour de l'Avenir 1980 un jour rivaliser avec Hinault. :sylvain84:

Autrement, j'ai étudié un peu le siteducyclisme, pour leur Ranking il est vraiment basique et ne tient pas compte des résultats avant 2006, quelques courses pas plus loin que 2004.

Je croyais que le Ranking "all time" de PCS était le plus atroce, au moins il fait l'effort de remonter au début du cyclisme même si le palmarès des Anciens est à 80% incomplet, ceux des années 50', c'est un peu mieux 50% environ, plus on approche des années 2000 et plus ils sont complets. Mais bon avec toutes les sanctions rétroactives, difficile d'y prêter un quelconque crédit, les coureurs actuels sont bien trop avantagés avec toutes les petites courses qui se sont multipliées. Suffit de comparer le palmarès de Cavendish (8e historique) avec celui de Darrigade 94e, on regarde une bonne année 1961 par exemple et comparez avec la 2013 du Cav' ... :genance:
Par loveclimb
#2662399
Merci d'avoir créé ce topic et bienvenu au club!
Autant dans d'autres sport, même que je suis avec autant d'assiduité que le vélo, je ne suis pas dans l'idolâtrie, autant lucho fut l'exception qui confirme la règle !
Rie' qu'à entendre à la radio son nom, qu'il était échappé, j'étais dans tous mes états.
Pour moi il offre le tour 1985 au blaireau.
Rir' que des la 1 ère étape de montagne a avoriaz, il aurait pu lâcher Hinault quand il voulait et il lui met 7 secondes au sprint en 300m...
Le lendemain rebelotte il revient sur para et le laisse gagner.
Mon plus grand souvenir reste l'étape de luz ardiden en 1987 où il était dans le peloton puis remonte de groupe en groupe, et échoue a moins de 20 secondes de perico, en lui reprenant beaucoup de temps. Il était clairement le plus fort!
La vuelta victorieuse, et la chevauchée aux lacs de covadonga! Grande Lucho.
J'aimais sa (leur) relative faiblesse sut le plat, dans les clm et les bordures.
Je déteste les colombiens moderne style uran botero, gavrilia and co.
Me font penser aux brésiliens en foot qui se sont européanisés et ont perdu leur qualité naturelle de virtuose du ballon rond...
Chacun ses qualités !
Même si malheureusement dans le cyclisme moderne tout le monde fait presque tout, j'ai du mal avec l'idée des gars complet.
J'aime pinot "nul" en descente et moyen en clm et très fort dans les cols!
Pour recentrer, lucho Herrera grimpeur n.1 et aux antipodes des épiciers du vélo moderne...
Par biquet
#2662613
loloherrera a écrit :
12 juil. 2017, 16:21
Ah c'est clair, quand le blaireau voulait passer une journée peinard, t'avais intérêt à te faire tout petit. Le patron.(ou le dictateur, c'est selon)
Hinault était malin. La veille, il s'était dépensé sans compter lors de son pas de 2 exécuté avec Lucho, vers Avoriaz. Il s'était montré impressionnant sur le Pas de Morgins, au point de mettre Herrera en limite de rupture, mais au fil des km, il s'était étiolé et avait souffert sur la montée vers Avoriaz. D'ailleurs, si Lucho ne l'a pas largué, c'était à la suite d'un arrangement verbal, pressenti d'ailleurs par Anquetil dans son commentaire.

Et le lendemain, se profilait une étape de moyenne-montagne, très piégeuse, très casse-patte. Hinault avait imposé un couvre-feu en usant d'un prétexte très fin: " L'étape est longue et dure, elle peut mettre bcp de coureurs hors-délais si ça bagarre. Attendons les 50 derniers km pour faire la course." :rieur:

Evidemment, le Blaireau cherchait surtout à se protéger des offensives lointaines des grimpeurs. Pour faire la police, y avait lui et Duclos. Le pauvre Patrocinio Jiménez a failli se retrouver dans le fossé, 2 ans auparavant. :hate:
Par biquet
#2662619
Gamin, j'aimais bcp Herrera, mais j'adorais Delgado. J'étais fasciné par l'explosivité de Perico, même s'il ne tenait pas toujours la distance. Lucho m'impressionnait moins lors de ses attaques, mais il était bien plus aérien et dégageait une énorme impression de facilité. C'était le meilleur grimpeur de sa génération, devant Delgado et Parra.

Je pense qu'il aurait pu remporter 1 Giro, s'il avait préparé cette épreuve lors de ses meilleures saisons (84 à 88). Par contre, le Tour lui était inaccessible: trop de chronos, trop d'étapes de plaine. En Juillet, Delgado (qui n'atteignait son meilleur rendement qu'en été) était bien plus dangereux que lui pour les Roche, Lemond, Fignon, Mottet et autres Bernard.
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